arabie saoudite
Attaques en Arabie Saoudite : l’Iran exclut tout dialogue avec Washington
L’Iran réfute les accusations américaines
Le réveil de l’Iran
L’Iran est désormais un acteur incontournable dans un Moyen-Orient en pleine recomposition. Avec son allié russe et son voisin turc, la République islamique entend tirer un maximum de bénéfices de l’accord historique sur son programme nucléaire signé en juillet 2015. Bénéfice déjà visible pour le pétrole. En 2016, ses exportations de brut ont doublé.
Invité de Geopolitis : Mohammad-Reza Djalili, ancien professeur IHEID Genève.
Le mythe d’un « Otan arabe »

Selon Reuters, le Pentagone prépare un sommet, les 12 et 13 octobre prochain, pour créer la Middle East Strategic Alliance (MESA) (Alliance stratégique pour le Moyen-Orient [1]. Il s’agirait d’une alliance d’États du Golfe autour de l’Arabie saoudite, plus la Jordanie et l’Égypte.
Cette initiative est présentée comme la volonté de Washington de sous-traiter militairement une pression militaire contre l’Iran.
Cependant, elle rencontre plusieurs obstacles :
En premier lieu, elle exclut de fait le Qatar (en raison de son conflit avec l’Arabie saoudite et les Émirats ; conflit alimenté par les États-Unis) et Oman (le médiateur de la région). Simultanément à cette initiative, le Pentagone devrait donc étendre sa base au Qatar.
Il sera difficile de faire travailler ces États comme des partenaires égaux, l’Arabie saoudite n’ayant jamais accepté de considérer ses petits voisins comme tels.
Si tous les États sollicités ne manqueront pas de participer tant que Washington distribuera des formations et du matériel, ils seront moins nombreux à poursuivre en cas de conflit, comme on l’a vu au Yémen.
La région a beaucoup changé depuis la Guerre froide et le Pacte de Bagdad. À l’époque cette organisation militaire anti-soviétique était pilotée par le Royaume-Uni en s’appuyant sur l’Iran.
Plus sérieusement, la création de cette alliance permettrait aux États-Unis de poursuivre leurs ventes d’armes dans la région, sans avoir à y déclencher de nouvelle guerre.
À terme, cette alliance pourrait être utilisée pour faire pression non seulement sur l’Iran, mais aussi sur la Turquie.
[1] “Trump seeks to revive ’Arab NATO’ to confront Iran”, Yara Bayoumy, Jonathan Landay & Warren Strobel, Reuters, July 27, 2018.
L’Arabie saoudite construira 560 mosquées « modèles » (sic) au Bangladesh

L’Arabie saoudite a débuté un programme de construction de 560 mosquées au Bangladesh a annoncé à Dacca, le Premier ministre Sheikh Hasina en pleine campagne électorale.
Les imams wahhabites de ces « mosquées modèles » diffuseront « le message de paix de l’islam » a-t-elle précisé. Chaque mosquée sera dotée d’un centre culturel.
Elles mailleront chaque district du pays ce qui prouve qu’elles ne répondent pas à une carence, mais à un dessein stratégique.
Répondant à l’inquiétude des minorités hindoues et chrétienne, la Sheikha a précisé que ce programme garantissait à tous les citoyens de pratiquer leur propre religion, conformément à l’esprit de l’islam.
Le même programme avait été organisé par l’Arabie saoudite en Algérie à la fin des années 80. Il avait séparé la population rurale des institutions de l’État et l’avait rassemblée derrière les imams wahhabites, préparant le pays à l’attaque des jihadistes et à la guerre civile.
L’Arabie saoudite s’était engagée, lors du discours du président Trump à Riyad, en mai 2017, à ne plus utiliser l’islam comme moyen de répandre le jihadisme.
(source: voltairenet)
La Ligue arabe condamne l’Iran à l’unanimité pour « actes hostiles et provocations » dans la région
L’Arabie Saoudite reçoit le soutien de la Ligue arabe dans la crise diplomatique qui l’oppose à l’Iran. Réunis dimanche 19 Novembre 2017 au Caire à la demande de Ryad, les chefs de la diplomatie des pays de la Ligue arabe ont exprimé leur « solidarité totale » face je cite aux « actes hostiles et provocations de l’Iran ». Ils ont condamné les manifestations et l’attaque contre l’ambassade saoudienne en Iran.
800 milliards de dollars confisqués en Arabie saoudite

Selon le Wall Street Journal, le total des biens confisqués aux adversaires et rivaux politiques du prince héritier Mohammed Ben Salmane (« MBS ») s’élèverait à 800 milliards de dollars [1].
Cette somme pourrait encore augmenter de 550 milliards de dollars pour atteindre 1 250 milliards de dollars. Cependant, une grande partie de ces avoirs est stationnée à l’étranger ce qui contraindra l’Arabie saoudite à faire valoir ses droits.
La répression actuelle permettrait ainsi au royaume de rétablir sa situation financière, gravement affectée par la baisse persistante des cours du pétrole.
Selon l’association des banques d’Arabie, plus de 1 700 comptes bancaires auraient été placés sous scellés.
(Voltairenet)
[1] “Saudis Target Up to $800 Billion in Assets”, Margherita Stancati & Summer Said, Wall Street Journal, November 8, 2017.
La France demande à l’Arabie saoudite de libérer le PM libanais
Le gouvernement français est intervenu auprès du prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane, pour qu’il libère le Premier ministre libanais, Saad Hariri, actuellement aux arrêts à l’hôtel Ritz de Riyad avec plusieurs des personnalités arrêtées lors du coup de Palais. Il est impossible de le joindre.

Monsieur Hariri a annoncé depuis l’hôtel Ritz qu’il démissionnait de ses fonctions au Liban. Cependant, selon la Constitution libanaise, il reste en charge des affaires courantes dans l’attente de son successeur. Il a informé directement le président Michel Aoun par téléphone de sa démission, mais n’en a pas exposé le motif.
Dans un discours télévisé, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a pris la défense de Saad Hariri, leader de la Coalition opposée à son parti. Il a dénoncé une ingérence saoudienne dans les affaires libanaises.
Le président Michel Aoun a réuni lundi matin un Conseil de défense au palais de Baabda pour déterminer les réactions à la disparition inattendue du Premier ministre. Il ne semble pas considérer comme valide une démission par téléphone et ne devrait en tenir compte que si le Premier ministre revenait au Liban la lui annoncer en personne.
La classe dirigeante libanaise fait preuve de circonspection, à l’exception de l’ancien directeur de la Police, Achraf Rifi, rentré d’exil pour succéder à Saad Hariri. Selon lui, le président Aoun doit prendre ses responsabilités et choisir d’urgence un nouveau Premier ministre.
Saad Hariri ayant la double nationalité saoudo-libanaise, il ne peut bénéficier de l’immunité diplomatique en Arabie saoudite.
(source: Voltairenet)
La démission de Hariri livre le Liban tout entier à la guerre des axes

La démission samedi de Saad Hariri (lire biographie) de la tête du gouvernement libanais a surpris l’ensemble de la classe politique, y compris son propre parti, lequel jusqu’à vendredi encore répétait à l’envi qu’une démission du Premier ministre était exclue. Elle a surtout suscité de nombreuses craintes liées à l’incertitude et aux dangers éventuels auxquels le pays est désormais confronté.
Car plus que le fait lui-même, ce sont les motivations et, surtout, les multiples conséquences de cette démarche, pour le moins inhabituelle aux niveaux aussi bien de la forme que du fond, qui effraient les différents milieux politiques. « Franchement, le Liban est assez petit et faible pour pouvoir assumer les conséquences économiques et politiques de cette démission », s’est empressé de commenter Walid Joumblatt sur son compte Twitter, avant de préconiser avec insistance le dialogue, anticipant de la sorte la crise politique que l’initiative haririenne risque fort de provoquer au plan local.
Dénonciation, compréhension: les réactions au Liban face à la procédure inédite
L’Arabie saoudite autorisera les femmes à se rendre dans les stades à partir de 2018
Les autorités d’Arabie saoudite vont autoriser les femmes à assister à des évènements sportifs dans trois stades du pays à partir de 2018, une première dans ce royaume ultraconservateur.
« Début de la préparation de trois stades à Riyad, Jeddah (ouest) et Dammam (est) pour accueillir des familles à partir de début 2018 », a annoncé l’Autorité générale du sport sur Twitter.
Elles y étaient jusque là interdites en raison de la règle de séparation des sexes dans l’espace public – règle qui imposera des travaux d’aménagement dans les stades existants. Le 23 septembre, les femmes avaient déjà pu venir assister aux feux d’artifice et célébrations de la fête nationale saoudienne dans le stade de Riyad.
Un assouplissement progressif pour les femmes
Cette décision intervient alors que le royaume du Golfe a récemment entamé un assouplissement des restrictions imposées aux femmes.
En septembre, le roi Salmane a autorisé les Saoudiennes à conduire à partir de juin 2018, une décision historique dans le dernier pays au monde qui interdisait aux femmes de prendre le volant.
L’Arabie saoudite s’apprête à changer de politique étrangère
L’Arabie saoudite continue à se préparer à l’abdication du roi Salmane et à son remplacement par son fils, le prince Mohammed.
En premier lieu, elle se prépare à se retirer du Yémen. Bien que le prince Mohammed soit à l’origine du conflit, il a compris qu’il ne pouvait pas le gagner et pourrait renvoyer la responsabilité de cette désastreuse aventure sur le roi Salmane. Cette approche est confirmée par des e-mails échangés entre l’ambassadeur US Martin Indyk et l’ambassadeur des Emirats arabes unis, rendus publics par Middle East Eye [1].

En second lieu, l’Arabie cesserait d’être le champion des sunnites face aux chiites pour redevenir celui des arabes face aux perses. Riyad pourrait ainsi trouver une issue à la guerre civile qui se déroule actuellement dans la région de Qatif où les populations saoudiennes chiites se sont soulevées [2]. Là encore, c’est le prince Mohamed qui, en suggérant d’exécuter le leader de l’opposition, le cheikh El-Nimr, a suscité cette révolte, mais le changement de roi fournirait une excuse aux erreurs du passé [3]. Cette idée semble confirmée par les réceptions officielles du leader chiite irakien Moqtada Sadr à Riyad [4] et du chargé d’affaires saoudien au Liban, Walid Boukhari, par le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan. Toujours dans cette logique, l’Arabie saoudite vient de rouvrir les postes frontières d’Arar et de Jumaima avec l’Irak, fermés depuis plus de trente ans.
Ces deux changements effectués, le futur roi Mohamed pourrait annoncer une aide saoudienne à la reconstruction de la Syrie de manière à relativiser la générosité de l’Iran. On parle ici de sommes considérables. L’arrêt du soutien de Riyad aux jihadistes depuis le discours de Donald Trump du 21 mai 2017 va dans ce sens. Il semble que la Syrie se prépare également à ce revirement comme l’atteste la tenue de la Foire commerciale annuelle de Damas qui n’avait pas eu lieu durant toute la guerre.
Le prince Mohamed, qui agit de manière impulsive, serait capable de remettre ses propres décisions en cause. Si tel est le cas, le changement de souverain en Arabie saoudite pourrait amener la paix dans son pays, ainsi qu’au Yémen et en Syrie.
(source: voltairenet.org/)
[1] “EXCLUSIVE : Saudi crown prince wants out of Yemen war, email leak reveals”, Clayton Swisher & David Hearst, Middle East Eye, August 14, 2017.
[2] « La guerre civile se poursuit à Qatif (Arabie saoudite) », Réseau Voltaire, 14 août 2017.
[3] « La mort du cheikh El-Nimr fait vaciller le régime des Saoud », par André Chamy, Réseau Voltaire, 3 janvier 2016.
[4] « Moqtada Sadr en visite en Arabie saoudite et aux Émirats », Réseau Voltaire, 16 août 2017.
39 ans après, Riyad reconnaît les accords de Camp David
L’Égypte a finalement remis les îles de Tiran et Sanafir à l’Arabie saoudite, conformément à sa promesse du 11 avril 2016 [1].

Ce faisant, Riyad s’est engagé à respecter les accords de Camp David selon lesquels le propriétaire de ces deux îlots ne doit pas entraver la circulation du détroit et laisser librement circuler les navires israéliens.
De nombreux Égyptiens avaient contesté la décision du président al-Sissi de transfert de souveraineté. Pour leur faire accepter, le gouvernement égyptien avait prétendu ne jamais avoir réellement possédé ces territoires. Mais les faits sont têtus et les deux îles appartenaient au Caire depuis la Convention de Londres de 1840. Pour contraindre l’Égypte à se séparer de Tiran et Sanafir, l’Arabie saoudite bloqua d’abord ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars. En définitive, le parlement égyptien a validé l’accord à la sauvette.
La reconnaissance de facto des accords de Camp David de 1978 (c’est-à-dire de la paix séparée de l’Égypte et d’Israël) devrait permettre l’assouplissement des règles entre les deux pays. Nous avions déjà annoncé l’accord secret conclu entre Tel-Aviv et Riyad en juin 2015 [2], le rôle de l’armée israélienne au sein de la Force commune « arabe » au Yémen [3] et l’achat de bombes atomiques tactiques par la famille des Séoud à Israël [4]. Elle devrait avoir d’importantes conséquences sur la question palestinienne.
[1] « L’accord israélo-saoudo-égyptien sur les îles de Tiran et Sanafir », Réseau Voltaire, 29 avril 2016.
[2] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.
[3] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 avril 2015.
[4] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.
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