Aussi éloquent soit-il, le document ne constitue qu’une partie d’un volumineux rapport d’enquête rendu public mercredi par la police fédérale. Celle-ci affirme avoir réuni suffisamment de preuves pour recommander l’inculpation de l’ancien président et celle de l’un de ses fils, le député Eduardo Bolsonaro, exilé aux Etats-Unis, pour « coercition » et tentative d’entrave à la justice. Il encourt pour cette affaire jusqu’à douze ans de détention.
brésil
Au Brésil, les dissensions au sein du clan Bolsonaro exposées par la police : « Espèce d’ingrat de merde »
Les forces de sécurité brésiliennes ont rendu public un rapport préconisant l’inculpation de l’ancien président, et de son fils Eduardo, exilé aux Etats-Unis, pour tentative d’entrave à la justice. Le jugement sur la tentative de coup d’Etat sera discuté à partir du 2 septembre.

Courage, fuyons ? A deux semaines du verdict de son procès pour tentative de coup d’Etat, Jair Bolsonaro voit s’aggraver un peu plus ses ennuis judiciaires. Mercredi 20 août, la police brésilienne a révélé avoir retrouvé des messages sur le téléphone portable de l’ancien président brésilien, trahissant son intention de prendre la fuite vers l’Argentine pour y réclamer l’asile politique. Un nouveau coup dur, désastreux en matière d’image.
Selon les forces de sécurité, le dirigeant d’extrême droite aurait sauvegardé dans son smartphone, le 10 février 2024, une demande officielle de protection internationale à son allié, le président argentin, Javier Milei. « Je suis, dans mon pays d’origine, persécuté pour des motifs et des délits essentiellement politiques », écrit Jair Bolsonaro dans une missive de trente-trois pages, rédigée quelques jours après le déclenchement d’une vaste opération de police visant plusieurs de ses proches.
Au Brésil, les Guarani-Kaiowa en quête de leurs terres ancestrales : « On vit dans la peur, les Blancs nous tirent dessus »

ReportageAu Mato Grosso do Sul, Etat frontalier du Paraguay, les indigènes qui essaient de récupérer les territoires dont ils ont été spoliés se heurtent aux violences des grands fermiers. Une tragédie face à laquelle la gauche au pouvoir reste largement impuissante.
Dans l’étendue d’un désert, sans ombres ni contours, un éclat de poussière à l’horizon suffit à susciter la panique. Les hommes, visages striés de peinture ocre, saisissent des bâtons cérémoniels utilisés comme armes de guerre. A l’arrière, les gamins crient, courent, cherchent du secours dans le regard des mères et des vieillards inquiets aux épaules rentrées. Mais vite, la rumeur de l’attaque s’éloigne. Ce n’était qu’une voiture de passage, perdue sur la route. Le village respire, jusqu’au prochain panache.

Aux confins du Centre-Ouest brésilien, Kurusu Amba est un point infime, indiscernable : une poignée de tentes en plastique et de branchages, abritant des indigènes guarani-kaiowa, campant sur des matelas posés à même le sol, malgré le froid. Pas d’électricité, pas d’eau, sinon celle d’un ruisseau saturé de pesticides. Sous une bâche, la tête d’un sanglier à barbe blanche cuit sur un brasero improvisé. Il a fallu près de dix heures au chasseur du jour, armé d’une simple lance et atteint d’une maladie des yeux, pour harponner la bête.
Mais le ciel bleu infini est lourd de menaces. Il y a d’abord celle des capangas, ces hommes de main des fermiers à la gâchette facile quand il s’agit de chasser l’indigène. « On vit dans la peur. Les Blancs nous tirent dessus, à la carabine, presque tous les jours », confie Celia Perreira, 27 ans, une Kaiowa au visage peint de noir de jais. A la première alerte, tout le monde court se mettre à l’abri dans les bosquets. « On y reste toute la nuit sans bouger, au milieu des scorpions et des serpents », raconte-t-elle.
(source: lemonde.fr)
ONU : le Brésil et l’Inde demandent des sièges permanents au Conseil de sécurité
Le président brésilien Lula a jugé «inacceptable» que des nations «de la taille de l’Inde et du Brésil» ne soient pas des membres permanents.

Le Brésil et l’Inde ont demandé mardi à pouvoir siéger en tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, dans une déclaration commune pendant une visite du premier ministre indien Narendra Modi au Brésil, où il a rencontré le président Lula.
Les deux poids lourds d’Asie et d’Amérique latine se sont entretenus après leur participation dimanche et lundi à Rio à un sommet des Brics, groupe de pays émergents qui comprend également la Chine et la Russie, et entend rééquilibrer l’ordre mondial face à l’Occident.
Dans une déclaration conjointe mardi, Narendra Modi et Lula ont appelé à une «vaste réforme du Conseil de sécurité» des Nations unies. Ce dernier compte cinq membres permanents, disposant d’un droit de veto: la France, le Royaume-Uni, la Chine, les États-Unis et la Russie.
«Renforcer la voix du Sud global»
Dix autres pays se succèdent de manière cyclique en tant que membres non-permanents, sans le droit de veto permettant de bloquer toute résolution de l’instance. L’Inde et le Brésil ont réaffirmé «leur soutien mutuel» à leurs candidatures «pour occuper des sièges permanents dans un Conseil de sécurité élargi». Les deux pays «ont un potentiel extraordinaire et c’est pour cela que nous revendiquons» un tel rôle au sein de l’ONU, a affirmé Lula, aux côtés de Narendra Modi.
Il a jugé «inacceptable» que des nations «de la taille de l’Inde et du Brésil» ne soient pas des membres permanents. De son côté, Narendra Modi a qualifié la relation bilatérale de «pilier important de la stabilité et de l’équilibre» mondial. Les BRICS, composés de 11 pays, ont fait part de leur volonté de réforme afin de «renforcer la voix du Sud global», selon leur déclaration en fin de sommet.
D’après le texte, la Chine et la Russie appuient les candidatures de leurs deux partenaires. Le Conseil de sécurité de l’ONU a été critiqué dernièrement pour son inaction face aux guerres en Ukraine et à Gaza, provoquée par les vétos de la Russie dans le premier dossier, puis des États-Unis dans le second.
(source: lefigaro.fr)
Brics : un sommet à Rio pour rejeter le protectionnisme de Donald Trump
Sans Xi Jinping ni Vladimir Poutine, les Brics vont tenter, en sommet dimanche et lundi à Rio de Janeiro, de faire bloc dans un monde bouleversé par les initiatives de Donald Trump, face auquel la prudence devrait toutefois être de mise. Entourée d’un dispositif de sécurité impressionnant, la ville accueillera le sommet annuel du groupe des grands pays émergents (11 nations dont Brésil, Chine, Inde, Russie et Afrique du Sud) qui représentent près de la moitié de la population mondiale et 40% du PIB de la planète.
« Foolish…’: Putin’s right hand torches Western powers in BRICS speech | Lavrov goes all-Out
In a blistering speech at the BRICS Summit, Russian Foreign Minister Sergey Lavrov—Putin’s right hand on global diplomacy—unleashed a searing attack on Western powers, accusing them of neocolonialism, hypocrisy, and global destabilization.
With unflinching resolve, Lavrov declared the Western-led world order “broken,” urging BRICS nations to rise as a counterweight to U.S. and EU dominance. His fiery rhetoric electrified the summit, signalling Moscow’s deepening defiance and its push for a new multipolar world.
Unis dans leur volonté de peser face à l’Occident, les BRICS peinent à s’accorder sur des ambitions communes
Le 17ᵉ sommet du groupe de pays émergents se tiendra dimanche et lundi à Rio. Les absences du président chinois, Xi Jinping, et de son homologue russe, Vladimir Poutine, affaiblissent toutefois la portée, en particulier politique, de l’événement.

Le moment de la riposte du Sud global à Donald Trump est-il arrivé ? C’est ce que certains espèrent, alors que se tiendra le dimanche 6 et le lundi 7 juillet à Rio de Janeiro le 17e sommet du groupe des BRICS. Un événement très attendu, dans le contexte de la hausse des tarifs douaniers américains, mais aussi de la guerre en Ukraine et des conflits au Moyen-Orient.
Depuis 2023, le « bloc » n’a cessé de s’élargir. Il rassemble désormais onze pays, représentant environ la moitié de la population et 30 % du produit intérieur brut mondial. Aux membres historiques que sont le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud se sont progressivement ajoutés l’Arabie saoudite, l’Egypte, l’Ethiopie, les Emirats arabes unis, l’Iran et l’Indonésie. A Rio seront également présents dix Etats « associés » (Biélorussie, Bolivie, Kazakhstan, Thaïlande, Cuba, Ouganda, Malaisie, Nigeria, Vietnam et Ouzbékistan).
Préparé avec soin par les Brésiliens, le sommet se tiendra pourtant en l’absence de deux figures de poids : Vladimir Poutine et Xi Jinping. Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, le président russe participera à l’événement par visioconférence. « Le gouvernement brésilien n’a pas pu adopter une position claire qui permettrait à notre président de participer à cette rencontre », a regretté Iouri Ouchakov, le conseiller diplomatique du Kremlin, qui a précisé que M. Poutine serait remplacé par son ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Brésil : l’ancien président Jair Bolsonaro inculpé pour un projet de « coup d’Etat » contre son successeur Lula
Selon le parquet brésilien, l’ex-chef d’Etat d’extrême droite ainsi que trente-trois autres suspects ont conspiré afin qu’il puisse se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale de 2022 face au candidat socialiste. La Cour suprême doit décider de l’ouverture ou non d’un procès.

Le parquet brésilien évoque une tentative de « coup d’Etat ». Battu lors de l’élection d’octobre 2022, le président brésilien sortant de l’époque, Jair Bolsonaro, a été inculpé, mardi 18 février, pour un projet présumé de putsch visant à empêcher le retour au pouvoir de son successeur, Luiz Inacio Lula da Silva – dit Lula –, vainqueur avec 50,9 % des voix.
L’ancien président d’extrême droite (2019-2022) et trente-trois autres suspects sont « accusés d’avoir incité et exécuté des actes contraires aux trois pouvoirs et à l’Etat de droit démocratique », a annoncé le parquet brésilien.
Selon le communiqué publié, cette conspiration présumée « avait pour leaders le président [Bolsonaro] et son candidat à la vice-présidence [Walter Braga Netto], qui, alliés à d’autres individus, civils et militaires, ont tenté d’empêcher, de façon coordonnée, que le résultat de l’élection présidentielle de 2022 soit appliqué ».
« Les investigations ont révélé [que le plan de coup d’Etat] envisageait jusqu’à la mort du président et du vice-président élus, ainsi que celle d’un juge de la Cour suprême. Ce plan avait le consentement du président » Bolsonaro, a précisé le parquet.
L’acte d’accusation justifiant les inculpations a été remis à la Cour suprême, qui doit à présent décider de l’ouverture ou non d’un procès. Il précise que l’ancien chef d’Etat a été inculpé notamment pour projet présumé de « coup d’Etat », « tentative d’abolition violente de l’Etat de droit démocratique » et « organisation criminelle armée ». Si un procès est ouvert, Jair Bolsonaro encourra une peine de douze à quarante ans d’emprisonnement.
Au G20 de Rio, la grande mésentente entre les Occidentaux et les Etats émergents du Sud
Le président brésilien Lula a voulu évité les sujets qui fâchent, comme la guerre en Ukraine. Mais celle-ci a pesé sur la rencontre, alors que Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, était convié en marge du sommet.

Au dernier rang et tout sourire. Une « photo de famille » a bien eu lieu, dès le premier jour du sommet du G20, lundi 18 novembre à Rio de Janeiro (Brésil), en présence de Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Moscou, le 24 février 2022, les dirigeants des vingt principales économies de la planète évitaient de s’afficher en compagnie du ministre des affaires étrangères de Vladimir Poutine. Cette fois, la présidence brésilienne a usé d’un subterfuge pour rassembler les uns et les autres, non pas sous la bannière officielle du G20, mais au nom de l’Alliance contre la faim, grande priorité du président Lula pour l’occasion. Le président français, Emmanuel Macron a même profité du moment pour serrer la main, sans lui parler, au chef de la diplomatie russe. Pour l’anecdote, un second cliché a été pris, mardi, sans Sergueï Lavrov cette fois, mais avec le président américain, Joe Biden, absent la veille.
Lula aura tout fait pour éviter une empoignade sur l’Ukraine, afin de ne pas creuser davantage le fossé, Lire la suite »
Au Brésil, la délicate position du président Lula face à la crise vénézuélienne
Alors que le chef de l’Etat brésilien réitère ses demandes au Vénézuélien Nicolas Maduro de publier les procès-verbaux du scrutin du 28 juillet, la direction du Parti des travailleurs a reconnu la victoire du chavisme.
Faire respecter la norme démocratique sans s’aliéner un allié historique : voilà la difficile équation que tente de résoudre le gouvernement de Luiz Inacio Lula da Silva face à la crise électorale au Venezuela. Depuis la présidentielle du 28 juillet, dont le président, Nicolas Maduro, revendique la victoire avec 51 % des voix, le chef de l’Etat brésilien multiplie les appels au pouvoir chaviste à publier les procès-verbaux des bureaux de vote. Lundi 5 août, encore, Lula signait avec Emmanuel Macron un communiqué en ce sens, disant soutenir « l’aspiration du peuple vénézuélien à une élection transparente ».
Pourtant, six jours plus tôt, l’ex-métallurgiste ne voyait « rien de grave » dans la situation en cours chez son voisin. A cette date, la répression des soutiens du candidat de l’opposition, Edmundo Gonzalez Urrutia, qui assure avoir obtenu 70 % des suffrages, avait déjà fait 11 morts. Au 8 août, le bilan atteignait 24 tués, selon diverses organisations de défense des droits humains.
Les apparentes oscillations du président brésilien peuvent d’abord s’expliquer par l’impératif de ne pas connaître le même sort que les sept pays (Argentine, Chili, Costa Rica, Panama, Pérou, République dominicaine et Uruguay) qui ont vu leurs ambassadeurs à Caracas renvoyés le 29 juillet, après avoir demandé la preuve des résultats.
« Un réel risque de guerre civile »
Car le Brésil mène, avec la Colombie et le Mexique, une coalition de pays dirigés par la gauche espérant pouvoir profiter de leur relative proximité avec le régime chaviste pour trouver une issue aux tensions en cours. Jeudi, les trois pays ont publié un nouveau communiqué conjoint, rappelant qu’il « est souhaitable de permettre une vérification impartiale des résultats, dans le respect du principe fondamental de la souveraineté populaire ».
(suite dans: lemonde.fr)
Brésil • En route vers la victoire – Coupe du Monde de Football 1970
L’exceptionnel talent individuel des joueurs brésiliens, marié à un irrésistible jeu collectif inspiré par le « roi » légendaire Pelé: un vrai régal pour les yeux!
Pays-Bas • En route vers la Finale – COUPE DU MONDE 1974
Quand l’ADN parle… De nombreux Brésiliens à la recherche de leurs racines africaines
Si plus de la moitié de la population brésilienne a la peau noire, peu de Brésiliens ont une idée précise de leurs origines. Ils connaissent seulement leur histoire dans les grandes lignes et savent que leurs ancêtres africains avaient été réduits en esclaves lors de la traite négrière.
Après l’abolition de l’esclavage au Brésil en 1888, le ministre des Finances d’alors, Ruy Barbosa, avait d’ailleurs demandé la destruction de tout documents relatifs à l’esclavage… Mais aujourd’hui, de nombreux Brésiliens veulent connaître leur histoire et certains réalisent même des tests ADN. Reportage de nos correspondantes, Fanny Lothaire et Louise Raulais.