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Israël: Refonte judiciaire: Des deux côtés, la certitude d’une crise constitutionnelle à venir

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Que se passera-t-il si la réforme judiciaire va à son terme, qu’elle est rejetée par la Cour et que la Knesset s’oppose à cette décision ? Qui l’emportera – la Cour ou la Knesset ?

Des étudiants manifestent contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 9 mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

JTA — Dans un pays qui est profondément divisé, dans un pays où se rendre au mouvement pro-démocratie est devenu un rituel hebdomadaire pour un grand nombre, une conviction au moins semble être encore partagée entre la gauche et la droite : Israël semble se diriger tout droit vers une crise constitutionnelle.

Cette crise – que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifiée de « panne gouvernementale » pendant une récente visite en Allemagne – serait implacablement entraînée par les législations actuellement avancées par Netanyahu et qui bouleverseraient le système israélien de la justice.

Les propositions – qui, selon leurs partisans, sont nécessaire pour freiner une Cour qui, selon eux, serait en proie à un excès de zèle mais qui, disent les critiques, viendraient menacer le caractère démocratique d’Israël – renforceraient le contrôle de la coalition sur les juges à la Cour suprême et permettraient à la Knesset de passer outre un jugement rendu par la Haute-cour avec une majorité simple.

Une crise constitutionnelle a lieu quand un pays doit faire face à une crise insoluble entre des branches du gouvernement en concurrence. D’autres pays ont pu se redresser suite à des crises constitutionnelles dans le passé – les États-Unis en ont connu plusieurs au fil des siècles et notamment à la période qui avait finalement mené à la guerre civile, ainsi que dans le sillage de cette dernière – mais ce rétablissement peut être difficile et la défiance perdurer longtemps.

Dans le cas d’Israël, que se passera-t-il si la Knesset adopte la législation sur la refonte du système judiciaire, que la Cour la rejette et que la Knesset refuse de se soumettre à cette décision ? Qui jouira de l’autorité finale : La Cour ou le Parlement ?

La seule réponse à apporter à cette question, pour le moment, est que la situation serait dramatique pour une démocratie vieille de seulement 75 ans

« L’idée même que le gouvernement ne puisse pas se conformer à un jugement de la Cour suprême, qu’il puisse l’ignorer représenterait une crise sans précédent », commente Michal Saliternik, professeure de droit au Collège académique de Netanya.

Des manifestants portant une énorme Déclaration d’Indépendance lors d’un rassemblement à Tel Aviv pour protester contre les plans du gouvernement visant à remanier le système judiciaire, le 18 février 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Certains Israéliens voient une opportunité dans ce moment dangereux. Dans un rebondissement quelque peu ironique, le pays se trouve au bord du précipice, face à une crise constitutionnelle, mais il n’est pas doté d’une constitution. Le pari est risqué mais un conflit entre la Cour et la coalition, explique Tamar Megiddo, experte en droit internationale, pourrait tout simplement obliger Israël à entrer dans le long et difficile processus de rédaction d’une constitution qui ancrerait dans le marbre l’équilibre à respecter entre les différentes autorités qui gouvernent le pays.

« Le système constitutionnel tout entier, ici, tient par du ruban adhésif », explique Meggido, qui enseigne au Collège du droit et des Affaires, aux abords de Tel Aviv.

« C’est ridicule. Nous n’avons aucune protection de notre régime constitutionnel, aucune protection de notre séparation des pouvoirs, aucune protection de l’équilibre des pouvoirs et aucune protection des droits de l’Homme. La seule raison pour laquelle ce système a fonctionné, au cours des 75 dernières années, a été que nous étions de bonne foi », dit-elle. Lire la suite »

La santé florissante de l’industrie de défense israélienne

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Les exportations israéliennes d’armement ont atteint un record de 11,5 milliards d’euros en 2022 contre 6,8 milliards en 2019 ; Israël est le 9e exportateur mondial du secteur

Illustration : Un missile Arrow 3 lancé depuis la base aérienne de Palmachim dans le centre d’Israël, le 10 décembre 2015. (Crédit : Ministère de la Défense)
décembre 2015. (Crédit : Ministère de la Défense)

Elle se nourrit d’un état de conflit permanent depuis 1948 et surfe sur la course aux armements, relancée notamment par la guerre en Ukraine : l’industrie de défense israélienne jouit d’une croissance soutenue et d’une image flatteuse auprès de ses clients.

Les exportations israéliennes d’armement ont atteint un record de 11,5 milliards d’euros en 2022 contre 6,8 milliards en 2019. L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) classe Israël comme le 9e exportateur mondial du secteur.

En août, les États-Unis ont validé la vente du système américano-israélien de défense antimissiles Arrow-3 à l’Allemagne, un contrat de 3,5 milliards de dollars présenté comme « le plus gros jamais signé » par l’Israël.

erlin l’a intégré dans son projet, combattu par Paris, de « bouclier du ciel européen » composé de son système antiaérien Iris-T (courte portée), du Patriot américain (moyenne portée) et d’Arrow-3 (longue portée).

Développé par Israel Aerospace Industries (IAI) avec l’Américain Boeing, Arrow-3 est censé intercepter des engins – éventuellement porteurs d’ogives nucléaires – au-dessus de l’atmosphère avec une portée qui irait jusqu’à 2 400 km.

Autre contrat de prestige, la Finlande, le lendemain de son adhésion à l’Otan en avril, a annoncé convoiter le système anti-missile israélien « Fronde de David » pour 316 millions d’euros, pour contrer missiles de croisières, drones et roquettes à une distance comprise entre 40 et 300 kilomètres.

Le système de défense antimissile israélien « Fronde de David ». (Crédit : Ministère de la Défense)

« Capables et efficaces » 

Des succès largement soutenus par Washington. En 2021, le Département d’État évoquait plus de 125 milliards de dollars versés depuis la création d’Israël en 1948 dans le cadre de l’assistance militaire bilatérale. Ces programmes ont permis « la transformation des forces de défense israéliennes en une des armées les plus capables et les plus efficaces », assurait-il alors.

En février 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a douché les espoirs de paix en Europe. Israël s’est abstenu de vendre des armes à l’Ukraine.

Mais la guerre « a créé une demande pour les systèmes militaires partout dans le monde, bénéficiant à toutes les industries de défense occidentales, de même qu’à Israël », explique Uzi Rubin, expert à l’Institut de Jérusalem pour la stratégie et la sécurité (JISS) et père du programme de défense anti-missiles israélien.

Elliot Chapman, analyste Moyen-Orient et Afrique du Nord pour la société britannique de renseignement Janes, relève que 41 % des pays ciblés à l’export par Israël en 2019 étaient des pays européens.

Pour autant, ces derniers « sont plus attentifs que jamais à la conservation de leurs capacités propres », tempère-t-il. Notamment Paris, dont le président Emmanuel Macron défend avec ardeur « l’autonomie stratégique » du vieux continent.

Enjeux régionaux 

L’affrontement entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, dont le dernier avatar a tourné à la victoire éclair de Bakou, a aussi permis à Israël de s’illustrer : ses drones vendus à l’Azerbaïdjan ont démontré leur efficacité lors de leur précédent affrontement en 2020.

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Accord «historique» entre l’Allemagne et Israël sur l’achat du bouclier antimissiles Arrow

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Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius (droite) et le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant (gauche) à Berlin, le 28 septembre 2023. TOBIAS SCHWARZ / AFP

Arrow-3, le niveau supérieur de ce dispositif antimissiles, est destiné à intercepter des engins au-dessus de l’atmosphère avec une portée qui pourrait aller jusqu’à 2400 km. Le contrat est estimé à 3,5 milliards de dollars.

L’Allemagne, en phase de réarmement depuis l’invasion russe de l’Ukraine, a entériné jeudi 28 septembre l’achat à Israël du système de défense antimissiles Arrow-3, un accord «historique» qui doit aussi contribuer à sécuriser le ciel européen. Le système Arrow, dont la livraison est attendue en 2025, «préparera la défense aérienne allemande pour l’avenir», a déclaré le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius lors de la signature de l’accord commercial à Berlin avec son homologue israélien Yoav Gallant. «C’est, sans exagération, un jour historique pour nos deux nations», a souligné M. Pistorius.

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Netanyahu Tells UN “New Middle East” Coming as Israel/Saudi Peace Deal Looms

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On today’s Watchman Newscast, host Erick Stakelbeck breaks down Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu’s speech today to the UN General Assembly.

Netanyahu vowed that a “new Middle East” is on the horizon as an Israel/Saudi peace deal draws near and reaffirmed that Israel would never allow Iran to acquire nuclear weapons.

He also predicted that Israel would play a lead role in the rise of A.I. Will Bibi’s blueprint for these issues come to fruition and does it have prophetic implications?

Netanyahu : la proposition initiale de refonte judiciaire était « mauvaise »

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Dans un entretien avec Elon Musk, le Premier ministre a toutefois indiqué qu’Israël devait redéfinir la manière dont le pays sélectionne ses juges

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle avec Elon Musk lors d’une discussion diffusée en direct sur X, anciennement Twitter, à l’usine Tesla de Fremont, en Californie, le 18 septembre 2023. (Capture d’écran : X/ used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que la proposition de refonte radicale du système judiciaire israélien qui a été avancée par son gouvernement avait été « mauvaise ». Se référant apparemment et en particulier à la dite « clause dérogatoire » – qui aurait interdit à la Cour suprême de bloquer un texte de loi adopté par la Knesset – il a évoqué une « erreur » qui, en prétendant régler un déséquilibre, en aurait créé un autre. Mais il a par ailleurs indiqué qu’il avait toujours l’intention de changer la composition de la commission chargée de la sélection des juges en Israël, ce qu’il a estimé être « une correction mineure ».

Ces propos – qui ont été tenus pendant un échange avec le milliardaire américain Elon Musk, à San Francisco, une conversation qui a été diffusée en direct sur X, anciennement Twitter, le réseau social dont Musk est le propriétaire – ressemble à une sorte de volte-face publique de la part de Netanyahu qui, au mois de janvier, avait autorisé son gouvernement à faire avancer ce projet très controversé de refonte du système judiciaire israélien et ses nombreuses législations à un rythme effréné, et ce, malgré un mouvement de protestation populaire massif et l’opposition exprimée par d’innombrables responsables de premier plan. Il avait défendu ces réformes dans de multiples déclarations et autres apparitions devant les médias.

Netanyahu avait suspendu ce plan à la fin du mois de mars alors que le pays menaçait réellement de sombrer dans le chaos, avec des manifestations intenses, des menaces de grève nationale et des menaces proférées par des dizaines de milliers de réservistes, qui affirmaient qu’ils refuseraient de se présenter au service si le projet devait aller de l’avant. Certains projets de loi sont restés en suspens depuis, mais la loi du « caractère raisonnable » – interdisant à la Cour de réexaminer les décisions gouvernementales et ministérielles à l’aune de leur « caractère raisonnable » – a été adoptée par la Knesset en juillet. Un autre texte de loi, qui restructurerait la commission chargée de nommer les juges au sein de l’État juif, attend d’être présenté à son vote final.

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Baharav Miara à Levin : « Les menaces de limogeage ne me feront pas taire »

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Gali Baharav-Miara  [Procureure générale] promet de continuer à demander des comptes à la coalition si elle agit contre la loi et nie priver le gouvernement de représentation juridique

La procureure générale Gali Baharav-Miara lors d’une conférence de la section israélienne de l’Association of Corporate Counsel (ACC), à Tel Aviv, le 5 juillet 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Dans un courrier adressé jeudi au ministre de la Justice Yariv Levin, la procureure générale Gali Baharav-Miara a fait savoir que les menaces de limogeage ne la dissuaderaient pas de s’opposer aux mesures du gouvernement qu’elle juge illégales.

Cette lettre est une réponse à une mise en cause par Levin la veille. Dans ce document, elle rappelle qu’elle a l’obligation de signifier au gouvernement lorsque ses actions ne sont pas conformes à la loi, expliquant qu’il est faux de dire, comme le font ses détracteurs, que son opposition fréquente aux politiques et lois voulues par le gouvernement le privent d’une véritable représentation juridique.

Levin a critiqué mercredi la procureure générale pour son prétendu refus de le représenter fidèlement et de manière appropriée lors des recours auprès de la Cour Suprême, et notamment celui concernant son refus de réunir le Comité de sélection judiciaire, et son opposition fréquente aux lois et mesures gouvernementales.

Levin estime que l’attitude de la procureure générale prive le gouvernement de représentation devant la Cour Suprême et, plus largement, d’une vraie relation de travail entre le gouvernement et le elle.

Pour plusieurs députés de l’opposition et organes de surveillance, c’est une façon pour le ministre de préparer le terrain pour le limogeage de Baharav-Miara, que plusieurs ministres appellent de leurs vœux mais dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu a écarté la perspective.

« Ce ne sont pas ces accusations infondées, conçues pour donner le sentiment d’un manque de coopération ou que le gouvernement actuel est traité différemment du précédent, ou mêne ces menaces de limogeage entendues dans les médias, qui vont me dissuader, moi ou mon équipe, de continuer à faire notre travail », a répliqué jeudi Baharav-Miara. Lire la suite »

Les jeunes catholiques hébraïques d’Israël émerveillés par les JMJ

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Les jeunes catholiques hébraïques d’Israël à Lisbonne

Au milieu de centaines d’autres, le drapeau israélien aussi a flotté sur les JMJ de Lisbonne grâce à la présence d’un groupe de jeunes du vicariat saint Jacques de Jérusalem pour les catholiques de langue hébreu.

Eran Melamed – Jérusalem

Au cœur de Lisbonne, où la tradition rencontre la modernité et où l’histoire murmure à travers les rues pavées, une petite communauté israélienne d’une grande diversité était présente. Leur participation était organisée par le vicariat Saint-Jacques pour les catholiques de langue hébraïque, qui, au cœur de Jérusalem, est un témoignage vivant de l’interaction harmonieuse de la foi, de la culture et de l’identité. Au sein de ce rassemblement mondial dynamique, un groupe de jeunes exceptionnel a vu le jour.

Dans un monde qui célèbre sa diversité, le groupe de jeunes du vicariat de Saint-Jacques brille comme un phare d’unité. Ils tissent ensemble la riche tapisserie de l’héritage des catholiques de langue hébraïque avec le charme captivant des JMJ, incarnant la mosaïque vibrante du catholicisme contemporain. Les jeunes, qui ont chacun leur propre histoire et leur propre parcours, forment une communauté soudée, liée par une foi partagée et un pèlerinage collectif.

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Pour la 32e semaine, les foules rassemblées dans tout Israël contre la refonte

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Un ex-général reproche à Netanyahu de « livrer le pays à des élus d’extrême-droite qui violent la loi » ; si la coalition défie les injonctions de la Cour, Israël pourrait être bloqué

Des dizaines de milliers d’Israéliens ont manifesté samedi à Tel Aviv, et dans d’autres villes du pays contre la refonte du système judiciaire, donnant ainsi le coup d’envoi de la 32e semaine consécutive de manifestations contre le projet législatif, quelques jours après que le gouvernement a indiqué qu’il avait toujours l’intention d’adopter la partie la plus importante du projet en dépit d’une massive opposition.

Lors de la principale manifestation à Tel Aviv, plus de 100 000 personnes étaient présentes, selon la Treizième chaîne, qui a cité des données de la société CrowdSolutions. D’autres rassemblements ont eu lieu dans plus de 150 endroits différents.

Les manifestants se sont rassemblés au carrefour Kaplan pour le rassemblement principal et des centaines d’entre eux ont marché jusqu’au domicile du président de la Knesset, Amir Ohana, en scandant « nous n’avons pas peur », en agitant des drapeaux et en faisant retentir des klaxons, avant d’être finalement repoussés par la police. Les domiciles des ministres ont été l’un des principaux lieux de manifestation contre le remaniement depuis le début du mouvement, faisant écho aux tactiques employées l’an dernier par l’opposition alors dirigée par Benjamin Netanyahu, qui a finalement renversé le gouvernement précédent et ramené le chef du parti Likud au pouvoir.

es dizaines de manifestants de Tel Aviv ont également défilé sur l’artère principale Yigal Alon, cherchant à bloquer la circulation, alors que la police s’apprêtait à les évacuer.

Plus tôt dans la soirée, la police a arrêté trois Palestiniens, âgés de 16, 20 et 25 ans – entrés illégalement en Israël – à proximité de la rue Kaplan. Tous trois sont originaires du village d’Aqraba, en Cisjordanie, a indiqué la police, ajoutant qu’ils étaient vraisemblablement en Israël de façon illégale pour y travailler et qu’ils ont été arrêtés en raison de l’état d’alerte élevé de la police, qui assurait la sécurité de la manifestation.

Le week-end dernier, le policier municipal Hen Amir, 42 ans, a été abattu à Tel Aviv par un membre du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien – lui aussi entré illégalement en Israël.

Des dizaines de milliers d’Israéliens ont manifesté samedi à Tel Aviv, et dans d’autres villes du pays contre la refonte du système judiciaire, donnant ainsi le coup d’envoi de la 32e semaine consécutive de manifestations contre le projet législatif, quelques jours après que le gouvernement a indiqué qu’il avait toujours l’intention d’adopter la partie la plus importante du projet en dépit d’une massive opposition.

Lors de la principale manifestation à Tel Aviv, plus de 100 000 personnes étaient présentes, selon la Treizième chaîne, qui a cité des données de la société CrowdSolutions. D’autres rassemblements ont eu lieu dans plus de 150 endroits différents.

Les manifestants se sont rassemblés au carrefour Kaplan pour le rassemblement principal et des centaines d’entre eux ont marché jusqu’au domicile du président de la Knesset, Amir Ohana, en scandant « nous n’avons pas peur », en agitant des drapeaux et en faisant retentir des klaxons, avant d’être finalement repoussés par la police. Les domiciles des ministres ont été l’un des principaux lieux de manifestation contre le remaniement depuis le début du mouvement, faisant écho aux tactiques employées l’an dernier par l’opposition alors dirigée par Benjamin Netanyahu, qui a finalement renversé le gouvernement précédent et ramené le chef du parti Likud au pouvoir.

Des dizaines de manifestants de Tel Aviv ont également défilé sur l’artère principale Yigal Alon, cherchant à bloquer la circulation, alors que la police s’apprêtait à les évacuer.

Plus tôt dans la soirée, la police a arrêté trois Palestiniens, âgés de 16, 20 et 25 ans – entrés illégalement en Israël – à proximité de la rue Kaplan. Tous trois sont originaires du village d’Aqraba, en Cisjordanie, a indiqué la police, ajoutant qu’ils étaient vraisemblablement en Israël de façon illégale pour y travailler et qu’ils ont été arrêtés en raison de l’état d’alerte élevé de la police, qui assurait la sécurité de la manifestation.

Le week-end dernier, le policier municipal Hen Amir, 42 ans, a été abattu à Tel Aviv par un membre du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien – lui aussi entré illégalement en Israël.

Parmi les participants au rassemblement de Tel Aviv, le général à la retraite Amiram Levin a lancé un appel déchirant aux ministres du Likud pour qu’ils « fassent preuve de courage » et s’opposent à la législation de la coalition de la refonte du système judiciaire.

Levin, qui a dirigé à plusieurs reprises le Commandement du Nord de Tsahal, a commandé l’unité d’élite Sayeret Matkal et a été directeur-adjoint de l’agence de renseignement du Mossad, a accusé le Premier ministre de vouloir livrer le pays à des criminels.

« Bibi veut donner les clés du pays à un groupe d’horribles ministres, dont certains sont des criminels condamnés et des réfractaires au service militaire, à des ministres qui encouragent le massacre des Palestiniens soumis à notre autorité, à un ministre raciste qui pille le budget de l’État et bloque les fonds destinés aux Arabes, simplement parce qu’ils sont Arabes. À un ministre de la Justice qui veut une seule branche du gouvernement et pas de système judiciaire indépendant », a déclaré Levin, faisant apparemment référence au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, au ministre des Finances, Bezalel Smotrich, au ministre de la Justice, Yariv Levin, et à d’autres membres orthodoxes du cabinet.

Il a ajouté que certains des ministres les plus radicaux « ne savent pas ce qu’est la démocratie parce qu’eux et leurs assistants ont grandi dans un ‘pays’ qui n’en a pas », en faisant référence aux membres du gouvernement qui vivent en Cisjordanie – sous régime militaire israélien.

L’ancien général Amiram Levin s’exprimant lors d’une manifestation contre la refonte judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 12 août 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous ne laisserons pas Bibi et son groupe de ministres transformer Israël en dictature. Nous ne le permettrons pas et nous ne resterons pas silencieux jusqu’à ce que nous gagnions », a-t-il ajouté en utilisant le surnom du Premier ministre.

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Israël : le Parlement vote une mesure clé de la réforme judiciaire

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Le Parlement israélien a voté lundi une mesure clé de la réforme judiciaire controversée visant à limiter la possibilité pour la Cour suprême d’invalider une décision du gouvernement.

Sur fond de Tisha BeAv, Netanyahu lance un processus d’autodestruction impardonnable

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Tout en appuyant l’idée des pourparlers pour une refonte basée sur le consensus, la coalition s’empresse de faire approuver le projet de loi sur la « raisonnabilité »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une cérémonie à la mémoire du leader sioniste Zeev Jabotinsky, au mont Herzl, à Jérusalem, le 18 juillet 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui, dès son retour au pouvoir en décembre, a immédiatement lancé ce processus impardonnable de destruction des freins et contrepoids démocratiques d’Israël en neutralisant la Haute Cour, semble plus déterminé que jamais à le mener à bien.

Lors de sa conversation téléphonique fatidique avec Joe Biden lundi, selon le compte-rendu de son propre bureau, il a dit au président américain que le premier élément du paquet de réformes – interdisant aux tribunaux d’utiliser la notion juridique du « caractère raisonnable » pour examiner les décisions du gouvernement et des ministres – serait approuvé par la Knesset la semaine prochaine.

Tout en assurant qu’il chercherait à obtenir un consensus plus large sur les autres éléments à venir de son paquet de réformes – qui comprend des lois visant à donner à la coalition gouvernementale un contrôle quasi-absolu sur la nomination des juges et à réduire radicalement la capacité de la Haute Cour à protéger les droits fondamentaux des Israéliens contre les abus du gouvernement – il a également déclaré au président que de tels efforts étaient probablement inutiles, puisque, selon lui, l’opposition n’était pas disposée à négocier un compromis et n’était pas en mesure de le faire.

Pour Netanyahu, comme c’est le cas depuis le début de la campagne électorale de l’année dernière – lorsqu’il a tout fait, y compris intégrer des politiciens racistes, homophobes, misogynes et suprémacistes juifs, afin de maximiser ses chances de victoire – l’équation a toujours été simple : s’il ne met pas les tribunaux sur la touche et ne permet pas à ses partenaires de coalition d’adopter des lois que les juges auraient sinon invalidées, il est politiquement fini.

Il s’agissait et il s’agit toujours d’un choix entre la refonte et l’abandon.

Et Netanyahu a suivi avec détermination son chemin dévastateur depuis la première semaine où son gouvernement, rassemblant Likud, extrême-droite et ultra-orthodoxes, a pris ses fonctions. Lorsqu’il a fait une pause en mars, c’était par nécessité plutôt que par magnanimité consensuelle, car son limogeage du ministre de la Défense Yoav Gallant, pour avoir osé s’opposer publiquement au blitz législatif, avait déclenché une nouvelle vague d’opposition publique et une brève manifestation de méfiance de la part d’une minorité de la coalition qui, depuis lors, est largement rentrée dans le rang.

Des manifestants défilant avec des drapeaux nationaux lors d’une « journée de résistance » pour protester contre les projets de réforme judiciaire du gouvernement, près de la Cour suprême, à Jérusalem, le 18 juillet 2023. (Crédit : Ronaldo Schmidt/AFP)

Son intérêt n’est pas seulement personnel, il est aussi à court-terme. Il y a quelques jours à peine, déjà oublié dans le cycle fou de l’actualité israélienne, Netanyahu a été hospitalisé pour une déshydratation – peut-être après un malaise chez lui, on ne nous l’a pas dit – et il est maintenant équipé d’un moniteur cardiaque. Il a 73 ans. En cas d’incapacité, qui prendrait le relais ? Le ministre de la Justice Yariv Levin, le vice-Premier ministre ? L’ancien vice-Premier ministre Aryeh Deri, évincé du cabinet par les juges en raison de son abus récidiviste des fonds publics ? Ou quelqu’un d’autre encore moins enclin à respecter les valeurs démocratiques et juives libérales fondamentales d’Israël ?

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