Un rôle d’appui. C’est ce que devrait jouer Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, dans l’accompagnement du processus de sortie de Transition à Madagascar. Selon le communiqué de la réunion extraordinaire du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui s’est tenue par visioconférence mercredi, il sera chargé d’appuyer le comité des Sages de l’organisation, qui sera déployé dans la Grande Île avant mars 2026.
« Le Sommet a approuvé le déploiement, d’ici mars 2026, du comité des Sages de la SADC (…). Cette mission sera chargée d’appuyer, avec le soutien du Groupe de référence pour la médiation et le Secrétariat, les processus en cours visant à rétablir la stabilité politique, la démocratie et la paix dans la République de Madagascar », rapporte le communiqué. La missive ajoute qu’il est demandé à ce comité des Sages de « solliciter l’appui » de Joaquim Chissano, qui conserve le titre d’envoyé spécial de la SADC à Madagascar.
« (…) présenter le contexte des interventions antérieures et préciser les questions en suspens, notamment celles concernant les réformes constitutionnelles, les processus électoraux et l’état de droit, conformément au Traité de la SADC », sera ainsi demandé à l’ancien président du Mozambique. Joaquim Chissano est apparu dans le paysage politique malgache durant le processus de sortie de crise et de Transition entre 2009 et 2013. Il était alors le médiateur principal dépêché par la SADC.
Depuis, l’ancien chef d’État est visiblement devenu la personne de référence de l’organisation régionale sur les soubresauts politiques dans la Grande Île.
Quand la passion dépasse le terrain : au Maroc comme à Madagascar, la jeunesse admire ses champions, mais refuse de laisser la gloire sportive dissimuler les échecs des politiques publiques. Les stades remplis et les titres remportés ne suffisent plus. La Gen Z veut des infrastructures dignes, non seulement pour les compétitions, mais pour vivre.
De Rabat à Antananarivo, un langage commun s’impose, celui des réseaux sociaux. Hashtags, montages vidéo, messages de sportifs en soutien. La Gen Z a su transformer la culture numérique en outil de contestation. Le sport n’est plus seulement un divertissement, mais un révélateur des fractures sociales et un amplificateur de voix.
Ainsi, le sport devient paradoxalement l’un des terrains de lutte de cette génération symbole de fierté nationale, mais aussi miroir des injustices qui nourrissent sa colère.
Le football, le volley ou encore le basket sont censés unir les peuples par la passion du jeu. Mais ces dernières semaines, au Maroc comme à Madagascar, ils se retrouvent au cœur d’une contestation portée par une génération Z décidée à réclamer davantage que des exploits sportifs.
Des stades flambant neufs, mais des hôpitaux à l’abandon. Au Maroc, les projecteurs étaient tournés vers la CAN 2025 et le Mondial 2030. Pourtant, la colère de la jeunesse est montée dans les tribunes puis dans la rue. Le collectif Gen Z 212 a pris pour cible l’écart criant entre les milliards investis dans des stades modernes et l’état catastrophique des hôpitaux et des écoles. L’émotion a explosé après le décès de huit femmes enceintes à Agadir, révélant la fragilité du système de santé publique.
Des stars des Lions de l’Atlas, comme Nayef Aguerd (OM) ou Yacine Bounou (Al-Hilal), ont osé briser le silence. Sur leurs réseaux, ils ont exprimé leur solidarité avec les manifestants, rappelant que « les stades sont là, mais où sont les hôpitaux ? ». Un geste rare qui donne au football une dimension politique inattendue.
A Madagascar, la Gen Z s’empare aussi des terrains. A Antananarivo, la jeunesse malgache a suivi une trajectoire parallèle. Derrière le mouvement Gen Z Madagascar, né sur les réseaux sociaux, des milliers de jeunes ont dénoncé les inégalités et le manque de perspectives. Là aussi, le sport a servi de miroir. Tandis que le pays vibre au rythme des exploits des Barea et des basketteurs Ankoay, la jeunesse rappelle que les victoires sur le terrain ne suffisent pas si l’avenir reste bouché en dehors.
Le sarcasme est devenu une arme. La proposition d’Andry Rajoelina de recruter des ministres sur LinkedIn a été tournée en ridicule par des mêmes viraux, souvent détournés avec des images de sportifs et de compétitions nationales.
Le gouvernement espère atteindre 4,8 % de croissance en 2026.
Le gouvernement vise une croissance de 4,8 % en 2026, avec un PIB estimé à 100 181 milliards d’ariary, selon la lettre de cadrage du Projet de loi de finances (PLF) adoptée en conseil des ministres. Cette trajectoire s’appuie sur quatre priorités : l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et le développement humain. Le plan prévoit l’autosuffisance rizicole, la diversification agricole, le recours aux énergies renouvelables, la modernisation des routes, ports et aéroports, ainsi que des investissements dans l’éducation, la santé, l’eau potable et la protection sociale.
L’objectif reste ambitieux, car Madagascar a enregistré une croissance de 4,2 % en 2024, avec un taux d’inflation élevé de 7,1 %.
Le FMI prévoit pour 2025 une croissance de 3,9 %, contre 4,6 % auparavant, avec une inflation attendue à 8,4 %. La Banque mondiale estime que la croissance pourrait s’accélérer à 4,7 % en moyenne entre 2025 et 2027, grâce aux secteurs du textile, mines et services, à condition que les réformes structurelles continuent. Le FMI et la Banque mondiale soulignent que la croissance pourrait être freinée par des obstacles structurels persistants, notamment la faible productivité, l’accès limité au financement et l’infrastructure énergétique insuffisante. Lire la suite »
Bâtir un partenariat stratégique au service des peuples a été au cœur du premier Forum de dialogue entre la SADC et les États-Unis.
Des priorités concrètes
L’événement s’est tenu le 13 août 2025 à Antananarivo. La rencontre marque une étape majeure pour Madagascar et la région. L’objectif du Forum consiste à renforcer la coopération régionale et internationale. Trois avancées majeures ont été annoncées. L’adoption de Termes de Référence clairs garantit un dialogue régulier et durable. La création d’une plateforme de coordination facilite la préparation des discussions techniques et ministérielles. La définition de priorités concrètes concerne la paix, la sécurité et la gouvernance, ainsi que la santé, la résilience face aux pandémies, le commerce, l’investissement, l’énergie et les ressources minières.
Une nouvelle ère de partenariat
Selon Eric Ratsimbazafy, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, « nos peuples et nos gouvernements peuvent accomplir davantage si nous continuons à œuvrer ensemble ». L’intégration régionale et l’élargissement des marchés offrent à l’Afrique australe l’opportunité de diversifier les exportations et d’améliorer la compétitivité industrielle. Les représentants américains ont réaffirmé leur engagement. Le soutien portera sur des projets dans l’énergie durable, la transformation locale et la santé publique. Cette coopération favorisera aussi les échanges techniques et économiques dans la région. Le Forum vise à structurer un dialogue régulier et à stimuler les coopérations techniques. L’événement cherche également à impulser des avancées concrètes dans le commerce et l’industrialisation. Les participants ont souligné l’importance de maintenir cette dynamique pour consolider la stabilité régionale et ouvrir de nouvelles voies de développement inclusif. En effet, ce premier Forum ouvre la voie à une nouvelle ère de partenariat stratégique. « Le dialogue, la coopération et le partage des bénéfices sont essentiels pour le développement économique et social de Madagascar et de l’Afrique australe» a ajouté le SG.
Fily Sissoko est le nouveau directeur de division du Groupe de la Banque mondiale pour le Mozambique, Madagascar, Maurice, les Comores et les Seychelles. Il succède à Idah Pswarayi-Riddihough, qui a occupé ce poste pendant quatre ans et demi.
De nationalité ivoirienne, Fily Sissoko dispose de plus de 23 ans d’expérience dans le développement à travers l’Afrique, l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud et le Pacifique. Plus récemment, il a été directeur pays de la Banque mondiale pour le Togo, basé à Lomé. Auparavant, il était responsable de la pratique mondiale de la gouvernance pour la région Asie de l’Est et Pacifique. Il a commencé sa carrière à la Banque mondiale en 2002 en tant que spécialiste de la gestion financière à Dakar, au Sénégal, et a depuis occupé plusieurs postes de direction dans ce domaine.
Fily Sissoko dirigera l’engagement du Groupe de la Banque mondiale avec les gouvernements, les partenaires au développement et les autres parties prenantes. Il aura pour mission de faire avancer les initiatives alignées sur les priorités nationales et la vision de la Banque mondiale d’un monde sans pauvreté sur une planète vivable.
La visite d’État de la présidente de la Slovénie ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre Antananarivo et Ljubljana.
Andry Rajoelina et Nataša Pirc Musar vont visiter le centre Akamasoa aujourd’hui
La présidente de la République de Slovénie, Nataša Pirc Musar, effectue une visite d’État officielle de deux jours dans le pays, les 3 et 4 juin. Accueillie dès la soirée du lundi 2 juin à l’aéroport international d’Ivato par la ministre des Affaires étrangères, Rafaravavitafika Rasata, cette visite marque un jalon diplomatique significatif, tant par sa portée symbolique que stratégique. Il s’agit de la toute première visite d’un chef d’État slovène dans la Grande île, et la deuxième visite d’un dirigeant européen en 2024 après celle du président français Emmanuel Macron.
Le point culminant de cette visite a eu lieu hier lundi 3 juin, avec la rencontre entre la présidente slovène et le président de la République Andry Rajoelina au palais d’État d’Iavoloha. La cérémonie d’accueil a suivi tous les protocoles en vigueur pour une visite d’État : salves de canon, honneurs militaires et exécution des hymnes nationaux des deux pays ont précédé les échanges bilatéraux. Le développement durable a été placé au centre des discussions entre les deux parties. Andry Rajoelina a salué l’expérience slovène dans la transition verte et les énergies renouvelables, soulignant que Madagascar ambitionne d’atteindre un mix énergétique à 80% vert grâce au solaire, à l’hydroélectricité et à l’éolien. Il a exprimé son souhait d’engager une coopération technique et technologique avec la Slovénie pour appuyer les efforts de décentralisation énergétique, notamment dans les zones rurales.
Mémorandum d’entente
La relance de la coopération bilatérale entre les deux pays était également à l’ordre du jour.
La venue du président français Emmanuel Macron à Madagascar à partir du 23 avril prochain fait des vagues. Des appels à manifestation et de contestation ont été lancés sur les réseaux sociaux par des partis politiques, particulièrement ceux de l’opposition. Les uns envisagent de descendre dans les rues, d’autres prévoient de faire sonner des cloches ou de faire des bruits avec les couvercles de marmites.
Les gesticulations des autorités autour de cette visite officielle du président français attisent les mécontentements. Les mesures contraignantes obligeant entre autres les fonctionnaires à nettoyer les rues où Emmanuel Macron va passer. La question de double nationalité du président malgache est également revenue sur le tapis.
Le Préfet d’Antananarivo, le Général Angelo Ravelonarivo, a fait savoir hier que la Préfecture se prépare à d’éventuelles perturbations pendant et après le Sommet de la COI. « Nous suivons de près tout acte que l’opposition envisage de faire contre cet événement », a-t-il déclaré, L’Organisation Militaire de Crise (OMC) et l’État-Major Mixte Opérationnel National (EMMONAT) ont déjà mis en place des mesures préventives, affirme le préfet.
Selon plusieurs sources diplomatiques, Emmanuel Macron devrait être accompagné d’une importante délégation d’environ 80 personnes, composée de chefs d’entreprises et de diplomates.
Dans un communiqué publié hier, la Banque mondiale appelle à libérer l’investissement privé pour accroitre et améliorer l’accès à l’énergie dans pays.
L’Etat s’est fixé un objectif ambitieux d’atteindre 80 % d’accès à l’électricité d’ici 2030. Sans le soutien du secteur privé, atteindre cet objectif est impossible, déclare la Banque mondiale. Actuellement, seulement 36 % de la population bénéficie d’un accès à l’électricité, souvent de manière inconstante, rendant la situation critique tant pour les ménages que pour les entreprises. Pour répondre à ces défis énérgétiques, la Banque mondiale estime qu’il est impératif de mobiliser 7,2 milliards de dollars, dont 4,5 milliards provenant du secteur privé.
La participation du secteur privé est cruciale pour résoudre le crise énérgétique, rappelle la banque mondiale. Il est impératif de créer un climat de confiance et un cadre propice à l’investissement. Cela passe notamment par l’amélioration de la viabilité financière et opérationnelle de la Jirama et un environnement fiable où les investisseurs sont assurés de rentabiliser leur projets, poursuit-elle.
La Banque mondiale soutient que pour catalyser l’investissement privé et moderniser le secteur de l’énergie, les mesures à prendre sont claires : rénover les centrales existantes, encourager l’essor de nouvelles installations solaires et renforcer les réseaux de transport et de distribution. Ces changements pourraient permettre d’ajouter 130 MW à la capacité de production d’ici fin 2026, une avance nécessaire pour réduire les coupures d’électricité.
Des projets comme le LEAD (Least Cost Electricity Access Development), soutenant les entreprises privées en zones reculées, et le Fonds DECIM (Digital and Energy Connectivity for Inclusion in Madagascar), créé pour l’inclusion énergétique, montrent que la mobilisation du secteur privé est non seulement possible mais bénéfique, déclare la Banque mondiale.
Des membres de la délégation malgache durant l’EPU devant le CDH, aux Nations unies, à Genève, le 27 janvier.
Quatre-vingt-deux pays ont pris part à l’Examen périodique universel de Madagascar auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Au total, ils ont émis deux cent trente-quatre recommandations.
Une rivière de recommandations. C’est ce que les quatre-vingt-deux pays, sur les quatre-vingt-neuf inscrits, ont adressé à Madagascar lors de son Examen périodique universel (EPU), qui s’est déroulé devant le Conseil des droits de l’Homme (CDH) des Nations unies, à Genève, la semaine dernière.
Selon un communiqué publié par le ministère de la Justice sur sa page Facebook, «deux cent trente-quatre recommandations ont été émises de façon fraternelle pour une amélioration continue des efforts pour l’essor et la défense des droits de l’Homme». Toujours d’après la missive ministérielle, ces recommandations se déclinent principalement en onze catégories.
La protection des droits des personnes vulnérables, des droits de l’enfant, les droits des femmes, la lutte contre les discriminations, la santé maternelle et infantile sont prises en compte dans ces recommandations. La lutte contre la traite d’êtres humains, ou encore le renforcement de la lutte contre la corruption, font aussi partie des sujets ayant fait l’objet de recommandations de la part des pays qui ont pris part à l’EPU de la Grande île.
La prohibition des exactions extrajudiciaires ou encore le renforcement de la démocratie font aussi partie des points sur lesquels des recommandations ont été faites pour la Grande île. Lors du grand oral de l’EPU, qui s’est tenu le 27 janvier, la question des exécutions sommaires, ou encore la proportionnalité et la légalité de l’usage de la force par les Forces de défense et de sécurité (FDS), a été le sujet de remarques et de recommandations orales de la part de l’assistance.
La question de la liberté d’expression et celle du droit de faire une manifestation publique pacifique ont également été pointées du doigt. Lors des recommandations orales, des pays ont aussi émis des recommandations au sujet de la castration chirurgicale des violeurs d’enfants et sur l’Interruption thérapeutique de grossesse (ITG). La France, par exemple, a demandé que les dispositions sur la castration soient retirées du code pénal.
Processus volontaire
Parmi les membres de la délégation malgache à Genève, la députée Gabrielle Raby Savatsarah, présidente de la commission juridique à l’Assemblée nationale, a défendu la castration en affirmant que «l’État a pris cette décision afin d’adopter de nouvelles formes de répression à la hauteur de la gravité du viol. Il s’agit surtout de dissuader et de neutraliser les prédateurs sexuels en les soumettant à la castration chimique.»