Sud-Liban
« Des forteresses médiévales retrouvent au Moyen-Orient leur dimension militaire »
La récente réoccupation par Israël du château de Beaufort, au Sud-Liban, fait écho à la militarisation de citadelles multiséculaires au cours de la longue guerre de Syrie, observe l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique.
Les Croisades n’ont pas toujours été un affrontement entre un bloc chrétien et un bloc islamique tous deux homogènes. En 1139, le roi franc de Jérusalem et l’émir musulman de Damas s’accordent pour contrer la menace de Zengi, le champion du jihad, alors maître du nord de la Syrie. C’est ainsi qu’un promontoire dominant le sud du Liban, du haut de ses 700 mètres, est transféré par les troupes damascènes aux Croisés qui y construisent un « Beau Fort ».
Conquise par Saladin en 1192, la citadelle est restituée aux Croisés en 1240 du fait des querelles qui déchirent les descendants de Saladin. Le château de Beaufort a beau être consolidé par les Templiers, il tombe en 1268 aux mains des Mamelouks. Chacun de ces occupants successifs ajoute sa touche à la forteresse, jusqu’à ce qu’elle perde son intérêt militaire durant les quatre siècles de domination ottomane, de 1516 à 1918. La citadelle disputée n’est plus qu’un monument historique, restauré au XXe siècle, avant de devenir une des attractions touristiques du Liban.