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«C’est sans précédent dans l’histoire» : Israël interdit l’UNRWA et provoque un tollé international

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Une distribution d’aide humanitaire de l’UNRWA dans la bande de Gaza le 28 septembre 2024. Omar Ashtawy/apaimages/Imago/ABACAPRESS.COM

L’adoption inédite de deux lois entravant les activités de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens met en jeu la vie de centaines de milliers de civils.

La première interdit toutes les activités de l’agence de l’ONU sur le territoire israélien, autrement dit dans la partie orientale de Jérusalem, qu’Israël a annexée. Le deuxième texte va entraver gravement le fonctionnement de l’UNRWA en multipliant les obstacles bureaucratiques et en bloquant, notamment, les transferts de fonds pour assurer les salaires et le paiement des fournitures.

Si cette interdiction est mise en œuvre, « c’est un désastre, notamment en raison de l’impact qu’elle aura probablement sur les opérations humanitaires à Gaza et dans plusieurs parties de la Cisjordanie », occupée par Israël, a déclaré à l’AFP Juliette Touma, la porte-parole de l’UNRWA. Elle rappelle que l’agence est « la principale responsable, (….) notamment en matière d’abris, de nourriture et de soins de santé de base ». Des actions essentielles dans l’enclave palestinienne de Gaza, dévastée par plus d’un an de bombardements israéliens, qui ont tué plus de 40.000 Palestiniens, selon le Hamas, dont au moins 223 membres du personnel de l’UNRWA.

(… lire les motivations d’Israël)

 

Guerre au Proche-Orient : le Parlement vote une loi interdisant les activités de l’UNRWA en Israël, provoquant un tollé international

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L’agence de l’ONU a dénoncé une mesure « scandaleuse » à son encontre, alors qu’elle est le principal acteur des opérations humanitaires dans la bande de Gaza.

Au Parlement israélien, à Jérusalem, le 28 octobre 2024. DEBBIE HILL / VIA REUTERS

Le Parlement israélien a voté, lundi 28 octobre, à une écrasante majorité, en faveur d’un projet de loi interdisant les activités en Israël de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), provoquant un tollé international. L’agence a dénoncé une mesure « scandaleuse » à son encontre, alors qu’elle est le principal acteur des opérations humanitaires dans la bande de Gaza, assiégée et dévastée par plus d’un an de guerre entre Israël et le Hamas.

Israël, depuis longtemps très critique à l’égard de l’agence, a accusé des employés de l’UNRWA d’avoir participé au massacre perpétré sur son sol par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023, qui a déclenché les représailles israéliennes.

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L’UNRWA en question

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UNRWA, l’acronyme de l’infamie ? Un rapport qu’Israël a transmis à son allié américain ainsi qu’à la direction de l’UNRWA le ferait penser. Des extraits en furent publiés le dimanche 28 janvier par le New York Times. Le rapport israélien dénonce la participation de douze fonctionnaires (dont neuf enseignants et un travailleur social) de l’UNRWA aux attaques terroristes du 7 octobre 2023. Dix d’entre eux feraient partie du Hamas, un autre affilié au jihad islamique. L’un d’eux aurait directement participé au massacre de 97 personnes dans le kibboutz Be’eri.

UNRWA, «United Nations Relief and Works Agency», Agence de secours et de travaux des Nations unies (dédiés aux réfugiés palestiniens dans le Proche-Orient), agence d’aide humanitaire, créée en 1949. Elle subvient aux besoins de 5,9 millions de réfugiés (à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Jordanie, en Syrie), descendants des 700.000 Palestiniens déplacés à la suite de la création de l’État d’Israël en mai 1948 et de la guerre israélo-arabe qui s’ensuivit.

Après les révélations de ce 26 janvier 2024, le jour même de l’ordonnance de la CIJ (Cour internationale de Justice) condamnant Israël pour génocide sur la base, entre autres, de rapports de l’UNRWA, dix-sept pays suspendent leur financement à l’Agence.

Le communiqué du 26 janvier 2024, de Philippe Lazzarini, Commissaire Général de l’Agence, est explicite : «The Israeli authorities have provided UNRWA with information about the alleged involvment of several UNRWA employees in the horrific attacks ont Israel on 7 october. (…) «acts of terror» (…) «UNRWA reiterates its condemnation in the strongest possible terms of the abhorrent attacks on 7 october and calls for the immediate and unconditionnal release of all Israeli hostages and their safe return to their families». Mais, tous les employés de l’UNRWA partagent-ils les sentiments exprimés par les mots de leur Commissaire Général ?

États-Unis, Canada, Australie, Japon, Italie, Royaume-Uni, Finlande, Allemagne, Pays-Bas, France, Suisse, Autriche, Suède, Nouvelle-Zélande, Islande, Roumanie, Estonie, Union européenne, ont suspendu leur financement. Ce qui n’est pas sans conséquences quand on consulte le le Top 10 des États donateurs de l’UNRWA pour 2022 : États-Unis (344 millions USD), Allemagne (202 millions USD), Union européenne (114 millions USD), Suède (61 millions USD), Norvège (34 millions USD), Japon (30 millions USD), France (29 millions USD), Arabie saoudite (27 millions USD), Suisse (25,5 millions USD), Turquie (25 millions USD).

Cette crise à l’UNRWA m’aura permis d’apprendre que les principaux donateurs de l’Agence (États-Unis en tête) sont finalement ceux que les rues arabes (et palestiniennes) aiment insulter en brûlant spectaculairement, par exemple, la bannière étoilée. Aujourd’hui, ils découvrent que sans les 30% de la participation américaine au milliard de dollars du budget, c’est la survie d’un million de Palestiniens qui serait en péril.

Autre enseignement, dans le Top 20 de l’aide aux Palestiniens via l’UNRWA, ne figure que quatre pays musulmans : Arabie saoudite, Turquie, Koweit, Qatar.

Suite aux accusations d’Israël, le Canada (23,7 millions USD à l’UNRWA en 2022) a décidé de confier son aide d’urgence de 30 millions de dollars à d’autres organismes comme l’UNICEF ou la Croix-Rouge. Parce que, dans la bande de Gaza, outre l’UNRWA, travaille par exemple également l’OCHOA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, Bureau de coordination des aides humanitaires). La suspension des financements inquièterait donc davantage les pays arabes riverains qui accueillent une importante communauté palestinienne (240.000 au Liban, 2.000.000 en Jordanie…).

Neuf des employés incriminés ont été aussitôt licenciés. Les autorités onusiennes s’engagent à faire mener des investigations internes. La formule est-elle crédible ? C’est bien la raison de la proposition alternative de la Commission européenne d’un audit extérieur par des experts indépendants.

Nasolo-Valiavo Andriamihaja  – lexpress.mg