Commune Urbaine d’Atananarivo : Feno Ralambomanana, nouveau PDS

C’est le dénouement d’un long feuilleton politico-juridique qui tenait la capitale en haleine. Par voie d’arrêté ministériel publié hier, le député Fenoherintsoa Ralambomanana a été officiellement nommé président de la Délégation spéciale (PDS) de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA).
Le suspense est enfin levé
Plus d’un mois après le séisme provoqué par le Conseil d’État, lequel avait annulé l’intégralité des voix de l’ancienne maire Harilala Ramanantsoa lors des dernières municipales, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a tranché. L’arrêté n°14 580/2026, publié hier, marque un tournant : la gestion de la Ville des Mille est confiée à un élu du parti Tiako i Madagasikara (TIM), le désormais ancien député du IIIe arrondissement, Fenoherintsoa Ralambomanana.
Réhabilitation
Sur le plan juridique, cette nomination s’appuie sur l’article 130 de la loi n°2014-020. Le texte stipule l’institution d’une Délégation spéciale pour exercer les fonctions dévolues au maire et au bureau exécutif de la CUA. Feno Ralambomanana sera assisté de deux vice-présidents de la Délégation spéciale, Nirina Thierry Ralaiarison et Ny Hery Mananjara Ranaivoson. Pour les partisans de Marc Ravalomanana, c’est bien plus qu’une simple procédure administrative ; c’est un « ouf » de soulagement et, surtout, une forme de réhabilitation. Le TIM n’a en effet jamais cessé de clamer que la victoire du 11 décembre 2024 lui avait été «ravie » par des manœuvres frauduleuses.
Leader
Le nouveau PDS n’est pas un inconnu des travées de Tsimbazaza. Élu sous les couleurs de la formation de l’ancien président Marc Ravalomanana, Feno Ralambomanana effectue actuellement son deuxième mandat de député. Homme de terrain, il s’est illustré par son activisme lors des manifestations du Hetsika Fotsy avant les présidentielles de 2023. Plus récemment, il était aux premières loges des mouvements des « Gen Z » en septembre et octobre 2025, confirmant son statut de leader d’une jeunesse engagée.
Revanche symbolique
Dans les rangs du parti au sifflet, on savoure cette nomination comme une revanche symbolique contre l’appareil d’État de l’ancienne gestion « orange ». Le parti a d’ailleurs immédiatement félicité le nouveau magistrat de la ville, lui promettant un soutien sans faille. Cependant, dans les salons feutrés de la politique tananarivienne, cette décision est également interprétée comme un geste d’ouverture, voire un « clin d’œil » de la part des responsables de la Refondation. Alors que Marc Ravalomanana a souvent déploré que son parti ne soit pas considéré à sa juste valeur, le choix d’un cadre issu de la Jeunesse TIM pour diriger la capitale jusqu’aux prochaines élections, conformément à la décision du Conseil d’État, pourrait apaiser un climat social souvent électrique. Pour Feno Ralambomanana, le défi est désormais immense : gérer une capitale aux multiples urgences en attendant le verdict définitif des urnes.
(source: Julien R. – Midi M/kara)