Motif: « Pratique d’abus de pouvoir politique et d’utilisation abusive des médias dans les élections »
Le tribunal électoral brésilien a atteint, vendredi, la majorité nécessaire à une condamnation de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro pour « abus de pouvoir ». Cela le rendra inéligible durant huit ans pour s’être livré à de la désinformation avant sa défaite à l’élection présidentielle de 2022. Jair Bolsonaro a qualifié le vote de « coup de poignard dans le dos » et a déjà indiqué qu’il saisirait la Cour suprême.
Le premier sommet du BRIC s’est tenu à Ekaterinbourg, en Russie, le 16 juin de la même année, où les chefs d’État en question ont convenu de renforcer le dialogue et la coopération entre eux.
L’année suivante, à Brasilia, au Brésil, en avril 2010, s’est tenu le deuxième Sommet, où les dirigeants de ces pays ont souligné la nécessité d’un système intergouvernemental mondial multidimensionnel.
Puis, lors de leur troisième réunion à New York en septembre 2010, les BRIC se sont mis d’accord sur l’entrée de l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud a réussi à adhérer après un effort soutenu du fait de sa politique étrangère active, cette coalition d’Etats la faisant passer de « BRIC » à « BRICS ».
Lors du quatrième sommet en mars 2012 à New Delhi, en Inde, une première annonce a été faite de la création d’une nouvelle banque de développement (NDB), qui a été officialisée lors de leur cinquième sommet à Durban, en Afrique du Sud, en 2013, avec l’intention claire de l’indépendance des BRICS par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, les États-Unis et l’Union européenne. L’accord pour sa création, après avoir résolu des différends sur des questions d’organisation, a finalement été conclu en 2014, lors de la sixième réunion des BRICS à Fortaleza, au Brésil.
Les pays BRICS représentent 40 % de la population mondiale, soit plus de 3,1 milliards de personnes. Les BRICS font coexister des pays avec différents degrés de développement et différentes stratégies.
Le Brésil est le plus grand pays d’Amérique du Sud, tant en population (environ 213 millions) qu’en superficie, puisqu’il occupe à lui seul 1/3 de l’Amérique du Sud. C’est aussi le quatrième pays le plus riche des Amériques en termes de PIB. Cependant, il ne dispose pas d’infrastructures appropriées (réseau routier et ferroviaire insuffisant, infrastructures portuaires insuffisantes, etc.) et en combinaison avec des inégalités économiques extrêmes (1 citoyen sur 4 vit dans la pauvreté absolue) ne lui permettent pas d’émerger comme une superpuissance économique.Selonl’indice de compétitivité mondiale du Forum économique mondial, le Brésil se classait au 108e rang sur 137 économies en 2017 en termes de qualité générale de ses infrastructures.Des scandales de corruption sont également présents dans le pays. Le Brésil traite des questions régionales. Lire la suite »
« Tous ceux qui ont participé aux actes putschistes seront punis », a assuré le président brésilien, le 18 janvier. Dans son camp, certains trouvent au contraire que le coup de balai du chef de l’Etat ne va pas assez loin.
Le président brésilien, Lula, s’adresse aux gouverneurs des Etats fédérés, à Brasilia, le 9 janvier 2023, au lendemain de la mise à sac des bâtiments institutionnels par des partisans de l’ex-président Jair Bolsonaro. MAURO PIMENTEL / AFP
C’était une réunion négociée de longue date et inscrite en rouge à l’agenda du chef de l’Etat brésilien. Ce vendredi 20 janvier, Luiz Inacio Lula da Silva a reçu au palais présidentiel du Planalto les principaux commandants de l’armée nationale. La rencontre, organisée moins de deux semaines après le saccage des institutions de Brasilia, dont les militaires sont accusés d’être en partie responsables, était des plus attendues.
Sous le feu des critiques, le général Julio Cesar de Arruda, l’amiral Marcos Sampaio Olsen et le lieutenant-brigadier Marcelo Kanitz Damasceno, respectivement chefs de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air, ont affiché des mines graves. L’ambiance n’était pourtant pas au règlement de comptes, mais plutôt à la réconciliation. Les émeutes du 8 janvier n’ont officiellement pas été abordées lors de la réunion. « Nous avons parlé de la capacité de création d’emplois que le Brésil possède dans l’industrie de la défense », a assuré, face à la presse, le ministre de la défense, José Mucio.
Ces derniers jours, les révélations compromettantes se sont pourtant accumulées sur le rôle pour le moins trouble de l’armée dans la mise à sac des palais de Brasilia. En cause, il y a d’abord la passivité, voire la connivence des « vert olive » (le surnom des militaires brésiliens) face aux campements d’extrême droite, installés des semaines durant devant les casernes. Mais, aussi et surtout, leur action le jour même des événements.
Le Brésil a tremblé ce dimanche, quand plusieurs centaines de manifestants pro-Bolsonaro ont envahi les lieux de pouvoir dans la capitale. Le président Lula a déploré des incidents « sans précédent dans l’histoire » du pays.
Lieux de pouvoir attaqués au Brésil : pluie de réactions dans le monde
Des centaines de partisans de l’ex-président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro ont envahi dimanche le Congrès, le palais présidentiel et la Cour suprême à Brasilia, une semaine après l’investiture du président de gauche Lula dont ils refusent l’élection. Voici les principales réactions à l’étranger.
Tout juste investi, le nouveau chef d’Etat de gauche a signé de nombreux décrets allant à contre-courant de la politique de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro.
Le nouveau président brésilien Lula, à Brasilia, le 2 janvier 2023. EVARISTO SA / AFP
A peine vingt-quatre heures après sa cérémonie d’investiture dans la capitale, le nouveau président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, a commencé à mettre en œuvre ses principales promesses de campagne.
L’icône de la gauche de 77 ans entend marquer rapidement de son empreinte son troisième mandat – il a déjà dirigé le pays de 2003 à 2011 – en prenant le contrepied du gouvernement de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro qui a quitté le pays et manqué l’intronisation de son rival, dimanche.
Par le biais d’un décret publié lundi 2 janvier au Journal officiel, Lula a ainsi pris des mesures pour limiter l’usage des armes. Il a suspendu pour deux mois les nouveaux enregistrements d’armes et de munitions pour les chasseurs, collectionneurs et tireurs sportifs (regroupés sous le sigle CAC). Cette catégorie a vu son arsenal tripler sous les quatre années de mandat de Bolsonaro, pour atteindre un million d’armes enregistrées. Le nouveau président a aussi créé un groupe de travail chargé de proposer un nouveau règlement pour le « Statut du désarmement » – en vigueur depuis 2003 et son premier gouvernement de l’époque – qui vise à désarmer les civils.
« Le décret sur le contrôle des armes cherche à clore la période irresponsable du “tout est permis”, incompatible avec la Constitution », a assuré sur Twitter Flavio Dino, ministre de la justice et de la sécurité publique, qui a également prévu un « recensement général des armes existantes au Brésil ».
« L’achat d’une arme à feu est exceptionnel et n’est pas la même chose que d’acheter des tomates au coin de la rue », a justifié M. Dino.
À la tête du Brésil entre 2003 et 2010, Lula réalise un retour inattendu après être passé par la case prison en 2018, pour une affaire de corruption.
CARL DE SOUZA / AFP Lula salue ses partisans en quittant le bureau de vote, lors du second tour de l’élection présidentielle, à Sao Paulo, au Brésil, le 30 octobre.
Lula a obtenu 50,9% des voix contre 49,1% pour son adversaire d’extrême droite, qui ne s’était toujours pas manifesté lundi matin. Un peu moins de 2 millions de voix les séparent, pour une participation qui frôle les 80 %, soit une légère progression par rapport au précédent scrutin de 2018.
Il est « mathématiquement élu », a officialisé la justice brésilienne peu après minuit (heure de Paris).
Acclamé par une impressionnante marée rouge de centaines de milliers de partisans massés sur l’Avenida Paulista de Sao Paulo, Lula a prôné la « paix et l’unité » après son élection. « On m’avait enterré vivant ! », a lancé l’icône inoxydable de la gauche, qui a comparé sa victoire à une « résurrection ».
Le Vénézuélien Gregorio Mirabal, à la tête de la Coordination des organisations autochtones du bassin amazonien (Coica). CARLOS MANDUJANO / AFP
Réunis pour le 5e sommet des Peuples indigènes, dirigeants amazoniens et enquêteurs des neuf pays ont présenté un rapport démontrant que l’Amazonie se trouve à un point de non-retour à cause de la déforestation.
«Alerte rouge» en Amazonie: 26% de l’écosystème du poumon vert de la planète est irréversiblement détruit à cause de la déforestation, du narcotrafic et de la contamination, ont averti mardi 6 septembre des dirigeants indigènes réunis à Lima, au Pérou. «Pour nous, annoncer que l’Amazonie est contaminée et détruite à 26% est très alarmant», a souligné auprès de l’AFP le Vénézuélien Gregorio Mirabal, à la tête de la Coordination des organisations autochtones du bassin amazonien (Coica), qui représente 3,5 millions d’indigènes habitant cette région. «C’est une alerte rouge nous disant que, si nous ne faisons rien maintenant, nous n’atteindrons pas les objectifs de développement de 2030 ni ceux des grands accords conclus à la COP de Glasgow», a assuré Gregorio Mirabal, 54 ans, portant avec fierté une couronne de plumes rouges et jaunes.
Réunis pour le 5e sommet des Peuples indigènes, dirigeants amazoniens et enquêteurs des neuf pays ont présenté un rapport démontrant que l’Amazonie se trouve à un point de non-retour à cause des taux élevés de déforestation et de dégradation qui, combinés, représentent désormais 26% de la région. Les 74% restants nécessitent une protection immédiate, indique le rapport. «Les gouvernements ont dit qu’ils sauveraient l’Amazonie, mais au vu de ces chiffres, force est de constater qu’ils ne tiennent pas leurs promesses», a affirmé le chef du peuple Wakuenai Kurripaco. «La température va augmenter de deux degrés si la déforestation se poursuit à ce rythme», a-t-il averti.
511 peuples autochtones et 500 langues différentes
Selon Gregorio Mirabal, il existe dans cette région du monde quelque 511 peuples autochtones et 500 langues différentes y sont pratiquées. Autre problème abordé lors du sommet: l’assassinat de défenseurs et dirigeants amazoniens, qui monte à plus de 280 dans les neuf pays que couvre cette forêt tropicale. «L’Amazonie souffre parce que nous sommes envahis par l’exploitation forestière, les compagnies pétrolières et ceux qui attaquent nos territoires. Nous voulons lancer un appel au secours», a dit à l’AFP la Brésilienne Marciely Tupari, de la Coordination des organisations indigènes de l’Amazonie brésilienne.
Les neuf pays amazoniens sont le Pérou, le Brésil, l’Équateur, la Colombie, le Venezuela, la Bolivie, la Guyane, la Guyane française et le Suriname.
Reportage« Les bolsonaristes » (1/4). A un mois du scrutin présidentiel et quatre ans après s’être rangée massivement derrière le président sortant, l’élite financière de Sao Paulo n’est plus enthousiaste, en raison de résultats économiques décevants et d’une fuite massive des capitaux étrangers.
FRANCISCO PRONER/AGENCE VU’ POUR « LE MONDE
Au-dessus des gratte-ciel, c’est un bourdonnement constant. Oppressant. Celui des hélicoptères. Dans le très chic quartier d’Itaim Bibi, à Sao Paulo, il en passe sans discontinuer. A leur bord, les ultra-riches du Brésil font l’aller-retour entre bureaux et domicile. Un « hélico-boulot-dodo » des plus courants dans cette mégapole qui s’enorgueillit de posséder la plus grande flotte d’aéronefs à hélice au monde : 411 appareils pour 2 200 décollages par jour. Soit un toutes les quarante-cinq secondes.
Bienvenue sur la Faria Lima, l’avenue du luxe et de l’opulence brésilienne. Quelque 4 600 mètres d’asphalte et de verre, qui, en vingt ans, sont devenus le plus grand centre financier de l’Amérique latine. Les plus grands groupes du pays ont ici pignon sur rue, tout comme Google, Yahoo!, Morgan Stanley, le sucrier français Tereos ou les Allemands de la Deutsche Bank. A Sao Paulo, il se dit que le tiers du produit intérieur brut brésilien serait concentré sur cette seule artère.
Les lieux sont le terrain de jeu des « Faria Limers », ces jeunes Brésiliens au profil arrogant, bien mis et bien rasés, Rolex au poignet et clés de voiture de luxe dans la poche. L’ostentation est la norme : les immeubles ont la forme de diamants ou de navettes spatiales, disposent de halls en marbre, de distributeur de grands crus et d’héliports intégrés. Les déjeuners se prennent dans des centres commerciaux décorés d’arbres tropicaux. L’élite s’y ravitaille en Gucci, Louis Vuitton et Chanel avant de rentrer chez elle, prenant la direction de condominiums luxueux et bien gardés.
En danger face à l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2011) pour la présidentielle à venir, le président du Brésil a tenté, lundi 18 juillet, un coup de force politique en prononçant un discours aussi virulent qu’amateur contre les institutions du pays.
Jair Bolsonaro et son colistier, le général Braga Netto, au sortir d’une réunion avec des ambassadeurs, à la résidence officielle du palais de l’Alvorada, à Brasilia, le 18 juillet 2022. ERALDO PERES / AP
D’ordinaire, le palais de l’Alvorada (« Aurore », en portugais) est un lieu des plus reposants. Œuvre d’Oscar Niemeyer, ce paisible parallélépipède de verre trône à l’est de Brasilia, sur une presqu’île dominant les eaux du lac Paranoa. Résidence officielle du chef de l’Etat, le lieu se prête à la détente, avec son beau jardin, sa piscine azurée et ses colonnades de marbre, dont les piliers rappellent les voiles d’un bateau voguant vers le large… C’est pourtant ici que le capitaine Jair Bolsonaro a décidé, lundi 18 juillet, de déclencher une nouvelle tempête politique.
A moins de trois mois de la présidentielle, dont le premier tour est prévu le 2 octobre, le président du Brésil a choisi ce havre de paix pour prononcer un de ses discours les plus virulents contre le système électoral de son pays. Comme souvent, lorsqu’il s’agit de faire vaciller la démocratie brésilienne, il a su y mettre les formes, choisissant de s’exprimer face à un parterre de plusieurs dizaines d’ambassadeurs du monde entier. Comme pour prendre la planète à témoin de ses intentions.
Sur la forme, l’exercice se voulait sérieux. Calme, posé, Jair Bolsonaro a pris place derrière un pupitre, avant de chausser ses lunettes et de lire point par point un discours écrit à l’avance, le tout à l’aide d’un diaporama. Mais le fond n’a trompé personne : le président s’est bel et bien livré à une attaque en règle contre les institutions qu’il est pourtant censé protéger. « Ce que nous voulons, ce sont des élections propres, transparentes ! », a lancé d’emblée le capitaine populiste sur un ton va-t-en-guerre.
Amateurisme certain
Une heure durant, Jair Bolsonaro a torpillé le système de vote électronique du pays, accusé de fraudes et de dysfonctionnements massifs. Jetant le discrédit sur les précédents scrutins, il a évoqué des cas d’infiltrations de hackers, ayant, selon lui, pénétré durant « huit mois », les ordinateurs du Tribunal supérieur électoral (TSE), chargé de la tenue de l’élection. « [Ils ont eu accès] aux codes sources, aux mots de passe, tout ça très tranquillement », a insisté le président du Brésil, sans avancer de preuve concrète.
Réclamant « la transparence », le chef de l’exécutif a répété ses exigences : de meilleurs contrôles des urnes électroniques et l’émission d’un reçu papier, permettant un recomptage des voix – autant de dispositions rejetées depuis des mois par les juges du TSE, soupçonnés par Jair Bolsonaro de souhaiter manipuler le scrutin. « Pourquoi un groupe de seulement trois personnes veut-il apporter l’instabilité dans notre pays ? », s’est interrogé le chef de l’Etat.
L’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva. AMANDA PEROBELLI / REUTERS
Le bureau du procureur général a interjeté l’appel vendredi 12 mars de l’annulation par un juge de la Cour suprême du Brésil des condamnations pour corruption de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qui ouvre la voie à son retour en politique. Le juge de la Cour suprême, Edson Fachin, avait estimé que le tribunal de Curitiba (Sud) qui avait condamné Lula dans quatre procès n’était «pas compétent» pour juger ces affaires. Il a ordonné le transfert de ces quatre affaires – deux condamnations et deux en attente de jugement – à un autre tribunal de Brasilia.
L’ex-président brésilien (2003-2011) n’a pas été blanchi des accusations de corruption qui pèsent contre lui, mais cette annulation pour vice de forme lui permet de recouvrer ses droits politiques, même s’il n’est pas à l’abri d’un énième rebondissement judiciaire.
Luiz Inacio Lula da Silva, 75 ans, a notamment été accusé d’avoir perçu des pots-de-vin pour favoriser des entreprises du bâtiment dans l’octroi de marchés publics, notamment liés à la compagnie pétrolière d’Etat Petrobras.