états-unis

Maurice défie les USA : le quadricolore flotte à nouveau aux Chagos

Publié le Mis à jour le

©Capture d’écran L’Express de Maurice

Le drapeau rouge, bleu, jaune, vert de l’île Maurice flotte à nouveau sur l’archipel des Chagos depuis, ce lundi 14 février 2022. Jagdish Koonjul, ambassadeur de l’île sœur aux Nations unies, a procédé à un lever des couleurs du quadricolore sur l’atoll de Peros-Barhos.

En levant, ce samedi 12 février 2022, les couleurs de l’île Maurice sur l’atoll de Peros-Barhos, petite portion de terre de l’archipel des Chagos, Jagdish Koonjul, ambassadeur de Maurice aux Nations unies, vient de matérialiser l’attachement de l’île sœur à sa terre, nous apprend L’Express de Maurice. Depuis plus de 50 ans, les Chagossiens sont contraints de vivre loin de chez eux. En 1977, les Etats-Unis ont inauguré leur base militaire de Diégo-Garcia. Les forces armées américaines se sont installées avec la complicité de la Grande-Bretagne. L’île Maurice, anciennement île de France, est entrée dans le giron de l’Empire britannique en 1810. Elle offrait, avec elle, toutes ses dépendances de l’océan Indien.

Nos voisins se battent depuis des années pour récupérer les Chagos, malheureusement pour les exilés de l’archipel, le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont des membres permanents du conseil des Nations-Unies. Ils ne sont pas soumis à l’obligation liés aux votes de l’assemblée et des résolutions.

La pression glisse sur les USA et la Grande-Bretagne

Cet acte fort va-t-il permettre aux Chagossiens de retrouver leur pays ? Sur le fond, c’est l’unique question. Les résolutions votées par les pays africains, sud-américains en faveur de la restitution de cette terre vont-elles enfin aboutir ?

Le premier ministre de l’île Maurice, Pravind Jugnauth, a rappelé lors de son intervention télévisée, son engagement dans ce dossier : « Le message que je souhaite transmettre au monde en tant qu’Etat ayant la souveraineté sur l’archipel des Chagos est que nous assurerons une gestion avisée de ce territoire concernant sa sécurité maritime, la conservation de l’environnement marin et les droits de l’homme, notamment le retour des personnes d’origine chagossienne », relève Ion News. Ce drapeau va-t-il continuer à flotter aux alizés des Chagos ? a demandé The Guardian au Chef du gouvernement : « Je ne sais pas ce qu’ils vont faire. S’ils retirent le drapeau, cela équivaudra à une provocation de leur part. Le Royaume-Uni ne respectera pas les jugements du droit international ».

(source: francetvinfo.fr)

Les Etats-Unis décident de partager les fonds gelés de l’Afghanistan

Publié le Mis à jour le

Par un décret exécutif, Joe Biden ouvre la voie à un transfert vers la Réserve fédérale de la moitié des sommes saisies à l’été 2021.

Le président américain, Joe Biden, le 10 février 2022 à Culpeper, en Virginie. ALEX BRANDON / AP

Les Etats-Unis veulent disposer à leur guise de fonds appartenant à un Etat étranger, dont ils ne reconnaissent pas les dirigeants, et dont la population vit une catastrophe humanitaire. Ainsi se posent les termes de la décision complexe et controversée prise par l’administration Biden, vendredi 11 février. En signant un décret exécutif, le président américain a ouvert la voie à un partage en deux parts égales des fonds appartenant à la banque centrale afghane (Da Afghanistan Bank, DAB), soit sept milliards de dollars, saisis à l’été 2021. Cet argent devrait être transféré sur un compte de la Réserve fédérale de New York. La moitié sera réservée à des familles de victimes des attentats du 11 septembre 2001, qui ont demandé réparation devant la justice, au civil. L’autre, à l’aide humanitaire pour la population afghane.

Lorsque les talibans ont repris le pouvoir à la mi-août 2021, les Etats-Unis ont été obligés de collaborer avec eux pour évacuer civils et militaires, via l’aéroport de Kaboul. En revanche, lorsqu’il s’agit d’argent, la confiance n’est plus de mise. Dès le 17 août, le Trésor américain avait gelé les fonds de la DAB, détenus à l’étranger. Soit sept milliards de dollars aux Etats-Unis, auxquels s’ajoutent environ deux milliards dans d’autres pays : les Emirats arabes unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Suisse.

A la suite de longues consultations entre les administrations concernées (Justice, Trésor, département d’Etat), la Maison Blanche a choisi de ne plus garder cet argent sous cloche. Après autorisation de la justice, un fonds spécial, dont le profil sera précisé dans les mois à venir, doit être mis en place pour recevoir la moitié, soit 3,5 milliards de dollars, qui seront consacrés à l’aide humanitaire. Le décret exécutif qualifie le contexte afghan de « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis », justifiant donc la saisie de ces fonds, au nom d’une loi de 1977 confiant au président américain des pouvoirs extraordinaires en matière commerciale.

(lemonde.fr)

 

États-Unis/Chine : l’autre guerre froide ?

Publié le Mis à jour le

États-Unis/Chine : l’autre guerre froide ? Le dessous des cartes fait un état des lieux de la compétition sino-américaine.

Depuis 2021, Joe Biden et Xi Jinping se font face. La Chine affiche désormais son ambition de prendre la première place dans tous les domaines – économique, militaire, diplomatique, culturel et politique.

« Le dessous des cartes » propose un état des lieux de cette compétition sino-américaine déterminante pour le « monde d’après ». Une confrontation mondiale, avec un centre de gravité clairement identifié dans la zone dite de l’Indo-Pacifique : l’affrontement pourrait-il un jour être militaire, sur la question de Taïwan ?

 

Montée des tensions: La Russie veut contraindre les USA à respecter la Charte des Nations unies

Publié le Mis à jour le

La Russie et la Chine viennent de demander par écrit aux Etats-Unis de respecter la Charte des Nations Unies et la parole qu’ils ont donné. Cette démarche, dénuée de toute agressivité, remet en question non seulement les fonctionnements de l’Onu, de l’Otan et de l’Union européenne, mais presque toutes les avancées US depuis la dissolution de l’URSS. Elle est évidemment inacceptable pour Washington. Mais l’hyper-puissance US n’est plus ce qu’elle était. Elle va devoir amorcer son retrait.

Le monde actuel est dirigé par les États-Unis d’Amérique et l’Otan qui se présentent comme les seules puissances globales alors que la Fédération de Russie et la République populaire de Chine sont plus puissants qu’eux, aussi bien sur le plan économique que sur le plan militaire.

Le 17 décembre 2021, Moscou a rendu public un brouillon de Traité bilatéral avec Washington apportant des garanties à la paix [1], ainsi qu’un brouillon d’accord pour le mettre en œuvre [2]. Ces documents ne sont pas dirigés contre les États-Unis, ils visent uniquement à leur faire appliquer la Charte des Nations Unies et à respecter leur propres engagements.

Le 23 décembre, lors de la conférence de presse annuelle du président Poutine, une question de la journaliste Diana Magnay de Sky News a donné lieu à une algarade. Vladimir Poutine lui a répondu sèchement que les remarques de la Russie sur le comportement US dataient de 1990 et que Washington non seulement n’en tenait pas compte, mais persistait à aller de l’avant. Désormais, les armes de l’Otan étaient sur le point d’être déployées en Ukraine ce qui constituerait un fait inacceptable pour Moscou [3]. Jamais un dirigeant russe ne s’était exprimé ainsi. Il faut bien comprendre qu’installer des missiles à quatre minutes de vol de Moscou pose une menace extrême et constitue une cause de guerre.

Le 30 décembre, une conversation téléphonique a été organisée entre les présidents Biden et Poutine. La partie états-unienne a émis des propositions pour résoudre la question ukrainienne, tandis que la partie russe a ramené la discussion sur les violations US de la Charte des Nations unies et de la parole donnée.

Les États-Unis envisagent de montrer leur bonne foi en n’accueillant pas l’Ukraine au sein de l’Otan. C’est une manière de voir qui ne répond que marginalement à la question posée et qui n’est susceptible de prévenir la guerre qu’accompagnée de mesures de retrait.

À l’évidence, nous entrons dans une période d’affrontement extrême qui durera plusieurs années et pourra à tout instant dégénérer en Guerre Mondiale.

Dans cet article, nous allons examiner ce conflit dont on ignore tout en Occident.

1- L’extension de l’Otan aux frontières de la Russie

Durant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont délibérément fait peser l’effort maximum sur l’Union soviétique. Entre 22 et 27 millions de Soviétiques sont morts (soit 13 à 16 % de la population) contre 418 000 États-uniens (soit 0,32 % de la population). Lorsque cette boucherie s’est terminée, les États-Unis ont constitué une alliance militaire en Europe occidentale, l’Otan, à laquelle l’URSS a répondu en créant le Pacte de Varsovie. Rapidement, l’Otan s’est révélée être une fédération violant le principe de souveraineté des États énoncé par l’article 2 de la Charte des Nations unies [4], ce que des pays du Tiers-Monde dénoncèrent en 1955 lors de la Conférence de Bandoung [5]. En définitive, l’URSS viola également la Charte des Nations unies en adoptant la Doctrine Brejnev en 1968 et en l’imposant aux membres du Pacte de Varsovie. Lorsque l’URSS fut dissoute et que certains de ses anciens membres créèrent une nouvelle alliance militaire, le Traité de Sécurité collective, ils choisirent d’en faire une confédération dans le respect de la Charte des Nations unies.

Pour être clair sur ce que signifient fédération et confédération, prenons un exemple : durant la guerre de Sécession, les Nordistes formaient une fédération car les décisions de leur gouvernement s’imposaient à tous ses États membres. Au contraire, les Sudistes formaient une confédération car chaque État membre restait souverain.

L’Otan étant une organisation fédérale, Washington et Londres qui la dirigent sont intervenus dans la totalité des États membres. L’Alliance atlantique a organisé des opérations terroristes en Italie allant jusqu’à assassiner le président du Conseil Aldo Moro (opération Gladio). Elle a organisé un coup d’État en Grèce pour renverser le régime démocratique ou financé l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) qui perpétra une quarantaine de tentatives d’assassinat du président Charles De Gaulle [6].

Lorsque le Mur de Berlin et le Rideau de Fer tombèrent, en 1989, les Allemands souhaitèrent réunifier leur nation en un seul pays. Cependant cela signifiait l’extension de l’Otan au territoire de la République démocratique allemande. Dans un premier temps, les Soviétiques s’y opposèrent. On envisagea alors une réunification avec neutralisation du territoire de la RDA. En définitive le Premier secrétaire, Mikhaïl Gorbatchev, accepta l’extension de l’Otan par la réunification des deux Allemagnes à la condition que l’Alliance ne cherche pas à s’étendre à l’Est.

Le chancelier ouest-allemand, Helmut Kohl, son ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher, et le président français, François Mitterrand, soutinrent ensemble la position russe : l’Otan devait s’engager à ne plus s’élargir à l’Est. Le président états-unien, George H. Bush Sr, et son secrétaire d’État, James Baker, multiplièrent les déclarations publiques et les engagements en ce sens devant tous leurs interlocuteurs [7].

Lire la suite »

En Ethiopie, les discours hostiles se multiplient vis-à-vis de l’Occident

Publié le

Depuis quelques semaines, le gouvernement reproche plus ou moins ouvertement aux pays occidentaux, Etats-Unis en tête, de s’ingérer dans ses affaires internes.

Des Ethiopiens vivant en Afrique du Sud protestent contre une prétendue ingérence étrangère, lors d’une manifestation face à l’ambassade des Etats-Unis à Pretoria, le 29 novembre 2021. LUCA SOLA /

« L’ambassade américaine, terroriste ! » Cette diatribe, postée le 27 novembre sur Facebook, émane de Taye Dendea, vice-ministre de la paix, l’équivalent du ministère de l’intérieur en Ethiopie. Dans son message, le responsable politique compare la chancellerie des Etats-Unis à un « cobra qui mord ». Il l’invite également à « quitter l’Ethiopie, et progressivement l’Afrique entière ».

Taye Dendea a rédigé ces mots deux jours après le défilé d’un millier de manifestants devant les ambassades américaine et britannique à Addis-Abeba – des bâtiments déjà largement vidés de leur personnel diplomatique du fait de la dégradation de la situation militaire – pour demander aux deux pays de « ne pas toucher à l’Ethiopie ».

Depuis quelques semaines, le gouvernement éthiopien reproche plus ou moins ouvertement aux pays occidentaux, Etats-Unis en tête, de s’ingérer dans ses affaires internes. Certains, comme le vice-ministre de la paix, vont jusqu’à accuser Washington de collusion avec le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), le parti tigréen à la tête d’une coalition rebelle en guerre contre le premier ministre Abiy Ahmed depuis plus d’un an dans le nord de l’Ethiopie.

Cette récente hostilité de l’appareil d’Etat à l’égard de l’Occident peut se résumer en un hashtag : #NoMore ou #Beka en langue amharique (#Assez). Popularisé sur les réseaux sociaux par la porte-parole d’Abiy Ahmed, le slogan s’est répandu comme une traînée de poudre au sein de la société éthiopienne. Il est brandi en réponse aux appels à un cessez-le-feu de la communauté internationale, après la récente avancée rebelle à moins de 200 kilomètres de la capitale Addis-Abeba.

« Nettoyage ethnique »

C’est pourtant bien le gouvernement éthiopien qui a exhorté Jeffrey Feltman, l’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, à venir dans le pays fin octobre pour entamer des pourparlers avec les rebelles du Tigré.

Lire la suite »

La Russie prépare le lever de rideau

Publié le Mis à jour le

La Russie avance à grands pas dans la mise en place des accords de Genève de juin dernier. Elle fait rentrer à nouveau la Syrie dans le concert des nations, se prépare à expulser la Turquie, à réconcilier Israël et l’Iran, prend pied en Afrique et distribue des armes absolues en Asie. Les États-Unis ne sont plus les maîtres du monde. Ceux qui ne suivent pas les bouleversements actuels seront les perdants de la nouvelle ère en préparation.

L’application des conclusions du sommet USA-Russie de Genève (dit « Yalta II »), du 16 juin 2021, se poursuit. Il semble que les concessions faites par Washington à Moscou soient beaucoup plus importantes que l’on a cru. Le président Vladimir Poutine poursuit la remise en ordre du monde non seulement au Moyen-Orient élargi, mais aussi en Afrique et en Asie. Des changement substantiels sont déjà observables en quatre mois. Selon la tradition russe, rien n’est annoncé, mais tout sera révélé en bloc lorsque les choses seront devenues irréversibles.

Les Anglo-Saxons ont accepté leur défaite

Début septembre 2021, les États-Unis ont laissé entendre qu’ils autorisaient le Hezbollah à violer les lois US d’embargo de la Syrie et de l’Iran et à se procurer du fuel iranien via la Syrie. Puis, la Jordanie a rouvert sa frontière avec la Syrie. Enfin, la presse anglo-saxonne a débuté une série d’articles visant à dédouaner le président Bachar el-Assad des crimes dont on l’accusait et à le réhabiliter. Tout a commencé avec un article de The Observer, l’édition du dimanche de The Guardian, titrant « Le paria Assad vendu à l’Ouest comme clé de la paix au Proche-Orient » [1].

De fil en aiguille, Newsweek a carrément affiché le président syrien en couverture sous le tire : « Il est de retour », suivi du sous-titre : « Dans un triomphe sur les États-Unis, le leader syrien Bachar el-Assad réclame une place sur la scène mondiale » [2]. La version informatique de l’hebdomadaire enfonce même le clou avec la légende d’une photographie parlant de l’attaque chimique « présumée » de la Ghoutta, là où les présidents US et français, Barack Obama et François Hollande, avaient accusé nommément le « régime criminel » d’avoir franchi « la ligne rouge ». Adieu donc la rhétorique décennale du « Bachar doit partir ! ».

La défaite militaire que le président Joe Biden avait admise à Genève en juin est désormais assimilée par la presse anglo-saxonne. Le reste de l’Occident ne pourra que suivre.

Le rétablissement de la Syrie sur la scène internationale est en cours : Interpol a pris des mesures correctrices pour mettre fin à sa mise à l’écart, le roi Abdallah II de Jordanie et le cheikh Mohamed ben Zayed des Émirats arabes unis ont fait savoir qu’ils s’étaient entretenus avec le président Assad. Le Haut-commissaire de l’Onu pour les Réfugiés, Filippo Grandi, s’est discrètement rendu à Damas pour discuter, enfin, du retour des expatriés. Les Occidentaux s’y étaient opposés durant une décennie et payaient grassement les pays qui les hébergeaient pour ne surtout pas les laisser retourner chez eux.

Rentrant d’Afrique, le président Erdoğan et son équipe, parlant à la presse à bord de leur avion, ont menacé de renvoyer les ambassadeurs de dix pays dont les États-Unis, la France et l’Allemagne.

La Turquie victime de son double-jeu

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a présenté à son parlement la reconduction de la mission de son armée pour combattre les terroristes kurdes du PKK en Iraq et en Syrie ; deux pays qu’il occupe illégalement.

Il joue un double jeu : membre de l’Otan, il négocie des armes avec Washington (80 avions de combat F-16 et 60 kits de modernisation de sa flotte), mais il en négocie d’autres avec Moscou auquel il a déjà acheté des S-400 ; un jeu risqué qui touche à sa fin. Washington et Moscou apportent des armes en Syrie et pourraient s’être unis pour remettre Ankara à sa place comme ils le firent, en 1956, avec Londres, Tel-Aviv et Paris lors de l’expédition de Suez. Contrairement aux apparences, la Russie sait qu’elle ne parviendra pas à séparer la Turquie des USA. Elle se bat contre l’armée turque en Libye et en Syrie, se souvient de l’engagement personnel du président Erdoğan en Tchétchénie, et plus généralement de l’opposition entre la Russie et les Ottomans.

L’armée syrienne a clos à son avantage la bataille de Deraa (sud de la Syrie), permettant à la Jordanie de rouvrir sa frontière. Les jihadistes y ont préféré déposer les armes que de se réfugier à Idleb, sous protection de l’armée turque. Désormais, les troupes syriennes se massent devant le gouvernorat d’Idleb occupé (nord du pays), prêtes à libérer leur territoire.

La presse occidentale n’a pas donné d’information sur cette terrible bataille, étant entendu que Deraa n’aurait pas pu être libérée sans le discret retrait d’Israël et des États-Unis. La population, qui a beaucoup souffert, semble pour le moment haïr aussi bien ses compatriotes que ses alliés d’hier qui l’ont abandonnée.

La Turquie se met progressivement tous ses partenaires à dos. Elle rivalise avec les États-Unis et la France en Afrique. Son armée se bat en Libye. Elle dispose d’une base militaire en Somalie, accueille des militaires maliens en formation sur son sol, vend de l’armement à l’Éthiopie et au Burkina, et a signé un accord de coopération avec le Niger (sans parler de sa base militaire au Qatar et de son engagement en Azerbaïdjan).

L’affaire Osman Kavala, du nom de cet homme d’affaire de gauche devenu l’homme de George Soros en Turquie, arrêté en 2017, augure mal. Une dizaine d’États —dont les États-Unis, la France et l’Allemagne— a fait circuler sur les réseaux sociaux une lettre exigeant la libération immédiate du prévenu accusé d’être impliqué dans la tentative de coup d’État militaire du 15 juillet 2016. Le 22 octobre, le président Erdoğan a réagi en apostrophant les ambassadeurs concernés avec son arrogance habituelle : « Est-ce à vous de donner une leçon à la Turquie ? Pour qui vous prenez-vous ? ».

La position personnelle du président Erdoğan semble de plus en plus délicate. Un vent de fronde souffle dans son propre parti politique. Il pourrait être remercié par les siens si les choses tournaient mal pour son pays à Idleb.

Scène de guerre civile à Beyrouth, le 14 octobre 2021.

Le Liban entre lendemain radieux et guerre civile

Le président Joe Biden semble décidé à laisser le Liban à la Russie et à exploiter les réserves de gaz et de pétrole à cheval entre le Liban et Israël. Il a envoyé son conseiller de longue date, l’Israélo-US Amos Hochstein, faire la navette entre Beyrouth et Tel-Aviv. Sa présence atteste l’extrême importance du sujet. Cet officier de Tsahal fut conseiller de Joe Biden lorsqu’il était vice-président des États-Unis. À l’époque, en 2015, il avait déjà géré ce dossier et était presque parvenu à un accord. Il peut réussir, dans la mesure où cet homme d’affaires amoral connaît aussi bien le dossier politique que les contraintes techniques de l’exploitation des hydrocarbures. Il pousse à une exploitation des réserves sans résoudre l’épineuse question des frontières. Les deux pays pourraient exploiter ensemble et se répartir les bénéfices par convention préalable.

Au Liban, les leaders des groupes confessionnels tentent toutes les manœuvres possibles pour conserver leur pouvoir finissant, quitte à détruire l’avenir du pays.

Lire la suite »

La France rappelle ses ambassadeurs en Australie et aux Etats-Unis

Publié le Mis à jour le

C’est un geste diplomatique retentissant, mais surtout symbolique. La France a décidé de rappeler pour consultations ses ambassadeurs à Washington et à Canberra.

Paris tient à marquer son courroux de voir lui échapper un colossal, stratégique et juteux contrat de 56 milliards d’euros.

Crise diplomatique entre Washington et Paris au sujet des sous-marins australiens

Publié le

Canberra a rompu le « contrat du siècle » avec le français Naval Group, au profit de technologies nucléaires américaines et britanniques. Jeudi, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a évoqué un « coup dans le dos » de la part de l’Australie.

Le président américain, Joe Biden, en visioconférence avec les premiers ministres australien, Scott Morrison, et britannique, Boris Johnson, à la Maison Blanche, le 15 septembre 2021. ANDREW HARNIK / AP

« Aukus » est un acronyme abscons, mais ses implications paraissent déjà considérables. Souhaitant resserrer leurs liens face à la Chine dans la zone Indo-Pacifique, les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni ont annoncé, mercredi 15 septembre, un partenariat stratégique inédit. « Un pas historique », selon Joe Biden. Sa première traduction devrait permettre à l’Australie d’accomplir un énorme saut technologique et militaire, avec la construction de sous-marins à propulsion nucléaire. Un saut qui implique un rare partage de technologie américain, mais aussi un abandon très amer pour la France : celui des douze sous-marins à propulsion classique, qu’elle devait livrer dans le cadre d’un accord intergouvernemental et d’un contrat industriel scellés en 2019 pour cinquante ans.

Selon nos informations, la France n’avait pas été officiellement alertée avant les premiers articles de presse parus mercredi 15 septembre, puis l’annonce de la décision, en fin d’après-midi, lors d’une vidéoconférence réunissant Joe Biden, le premier ministre australien, Scott Morrison, et son homologue britannique, Boris Johnson. Le dirigeant australien n’a même pas mentionné la France dans son discours. Plus tard, devant la presse, il a évoqué « non pas un changement d’avis, mais un changement de besoin ». L’offre américaine aurait été impossible à rejeter, a-t-il dit, reconnaissant, « évidemment, une décision très difficile et décevante pour la France ».

Lors de la présentation à la Maison Blanche, Joe Biden, lui, s’est contenté d’une référence symbolique, qui ne dit rien de la crise diplomatique se dessinant entre Washington et Paris. La France « a une présence importante dans l’Indo-Pacifique, et il s’agit d’un partenaire et d’un allié-clé », a dit le président américain. Cette amabilité ne pèse guère au vu du revirement australien, sous pression probable des Etats-Unis, selon Paris, et ce alors que devait justement être finalisée, ce mois-ci, une nouvelle étape importante du contrat de Naval Group (ex-DCNS) avec Canberra concernant le basic design des sous-marins.

(… lire la suite)

 

«Les États-Unis ne peuvent pas affronter à la fois» la Russie et la Chine

Publié le

Après avoir renouvelé leur traité bilatéral d’amitié en juin, la Chine et la Russie ont organisé en août des exercices militaires conjoints mobilisant des milliers de soldats et une centaine d’avions et d’hélicoptères. Selon Eugène Berg, spécialiste de la Russie, affronter en même temps Moscou et Pékin serait téméraire pour Washington.

Contrairement à l’époque de la guerre froide, les États-Unis sont confrontés à deux puissances rivales: la Chine et la Russie. C’est notamment le constat que fait l’amiral américain Charles A. Richard. Pour l’ex-diplomate Eugène Berg, il est clair que Washington «ne peut pas affronter à la fois» Pékin et Moscou. Car Russes et Chinois opèrent un rapprochement tant stratégique que diplomatique. Du 9 au 13 août, les deux armées ont notamment mobilisé plus de 10.000 soldats à l’occasion d’exercices communs dans le désert de Gobi.

Toutefois, remarque le spécialiste, ce rapprochement sino-russe «n’est pas nouveau». À l’occasion des vingt ans du traité d’amitié bilatéral entre Pékin et Moscou, Xi Jinping et Vladimir Poutine l’ont renouvelé le 28 juin 2021 pour cinq années supplémentaires. Si les deux puissances sont également liées par un partenariat stratégique depuis 1996, il ne s’agit pourtant «pas d’une alliance formelle», considère Eugène Berg, expliquant que chacun souhaite «sauvegarder sa souveraineté et son indépendance». Alors que l’armée américaine vient de quitter en catastrophe l’Afghanistan, l’ancien ambassadeur observe ainsi un «bouleversement de l’échiquier international» au profit de la Russie et de la Chine.

(… lire l’intégralité)

 

L’Iran prévoit de produire de l’uranium enrichi à 20 %, une démarche qui contrarie les Etats-Unis et l’Europe

Publié le

Téhéran défend que cette opération vise à améliorer « la production de produits pharmaceutiques ». Des ministres européens y voient « une violation grave » et Washington, des « provocations ».

Les efforts pour sauver l’accord international de Vienne semblent un peu plus compromis. Téhéran a décidé de s’affranchir davantage de ses engagements en matière nucléaire, provoquant l’inquiétude des Américains et des Européens, mardi 6 juillet.

L’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait savoir, dans un rapport consulté par l’Agence France-Presse (AFP), que l’Iran comptait « produire de l’uranium, métal avec un taux d’enrichissement de 20 % », en violation de ses engagements internationaux. « Les opérations ont commencé », a confirmé le représentant de l’Iran auprès de l’agence onusienne, Kazem Gharibabadi, cité par l’agence iranienne Irna, en assurant que celles-ci visaient à améliorer « la production de produits pharmaceutiques ».

Mais les Occidentaux craignent que, sous couvert de recherches scientifiques, l’Iran ne cherche à se doter de l’arme atomique. « C’est inquiétant que l’Iran ait choisi l’escalade (…) avec des expériences qui ont de l’intérêt pour la recherche d’armes nucléaires », a commenté le porte-parole du département d’Etat, Ned Price lors d’un point-presse, en l’appelant à mettre un terme à cette « provocation ».

« L’Iran n’a aucun besoin civil crédible de poursuivre des activités de production ou de recherche et développement sur l’uranium métal qui constituent une étape-clé du développement d’une arme nucléaire », ont renchéri les ministres des affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, en faisant part dans un communiqué commun de leur « grande préoccupation ».

Lire la suite »