intégrité
Corruption : Le CSI mise sur la collaboration avec les magistrats pour renforcer l’État de droit

Le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI) a engagé la Cour Suprême dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption (SNLCC) 2025-2030. L’objectif est de renforcer l’efficacité du système judiciaire et d’impliquer davantage les magistrats dans la lutte contre ce fléau.
Lutte contre la corruption
La Cour Suprême occupe une place centrale dans le fonctionnement de l’État de droit à Madagascar. Composée de la Cour de Cassation, du Conseil d’État et de la Cour des Comptes, elle veille au respect des lois et au bon fonctionnement des juridictions. Pour le CSI, ces missions en font un acteur incontournable dans la lutte contre la corruption, un phénomène qui fragilise la confiance du public et entrave le développement du pays.
Le 19 août 2025, le président du CSI, Jean Louis Andriamifidy, a rencontré le Premier Président de la Cour Suprême, Sophie Ramanankavana, ainsi que le Procureur Général près la Cour de Cassation, Bodo Vololohanitra Razafindramaro. Cette rencontre avait pour but d’impliquer activement les magistrats dans la mise en œuvre de la SNLCC 2025-2030. Ensemble, ils ont échangé sur les meilleures approches à adopter pour rendre la justice plus efficace et plus transparente. Parmi les chantiers évoqués figurent l’accélération de la mise en œuvre des décisions de justice, la simplification des procédures de levée des immunités et le renforcement du rôle des juridictions suprêmes. Le CSI et la Cour Suprême ont également abordé la question de l’évaluation des magistrats et greffiers travaillant dans les Pôles Anti-Corruption (PAC), dans le but d’améliorer leur performance et de renforcer la confiance des citoyens.
Madagascar, île d’intégrité
Malgré les efforts déployés ces dernières années, la corruption reste un problème majeur. Selon l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International, Madagascar a obtenu en 2024 un score de 26 sur 100, traduisant une situation préoccupante. C’est dans ce contexte que la SNLCC 2025-2030 entend intensifier la coordination entre les différentes institutions et lutter plus fermement contre l’impunité.
Cette nouvelle collaboration entre le CSI et la Cour Suprême marque une étape importante dans la mise en œuvre de la stratégie nationale. Elle s’inscrit dans une vision ambitieuse : faire de Madagascar une « île d’intégrité », où les réseaux de corruption ne freinent plus le développement durable et inclusif du pays.
(source: moov.mg)
Gendarmerie nationale : Le cri d’alarme du général Njatoarisoa Andrianjanaka

La gendarmerie nationale a été au cœur des polémiques le mois dernier. Une situation qui a fait sortir certains hauts responsables de leur silence.
Le cri d’alarme lancé par l’ancien commandant de la gendarmerie nationale, le général de division Njatoarisoa Andrianjanaka, lors de la célébration de la Journée de la gendarmerie le 2 avril dernier au Toby Ratsimandrava, résonne comme un signal fort. En présence de généraux et de hauts responsables militaires, il a mis en garde contre la persistance des violations des textes et des lois en vigueur, appelant à un retour impératif à la légalité et à la discipline. « La gendarmerie traverse une période charnière. Il est impératif de mettre un terme aux violations des textes et des lois en vigueur, sous peine d’en subir de lourdes conséquences si cette situation venait à perdurer », a-t-il averti. Son discours, empreint de gravité, reflète un malaise au sein de l’institution.
Les déclarations du général de division Njatoarisoa Andrianjanaka interviennent dans un contexte marqué par des affaires ayant terni l’image de la gendarmerie. Parmi elles, le trafic de drogue à Nosy-Be, où officiers et militaires de rang sont impliqués, a soulevé des interrogations sur l’intégrité et la gouvernance de cette force censée assurer la sécurité et faire respecter la loi. Le délitement progressif de la discipline et la multiplication des scandales mettent en lumière les défis auxquels est confrontée la gendarmerie nationale. La corruption et les abus de pouvoir semblent s’être enracinés, au point que l’autorité même de l’institution est remise en cause. Dans ce contexte, le message de l’ancien commandant sonne comme un rappel nécessaire des valeurs fondatrices de la gendarmerie.
Prise de conscience
Face à ces interpellations, le ministre délégué chargé de la gendarmerie, le général de corps d’armée Andry Rakotondrazaka, a reconnu la pertinence du discours de son prédécesseur. « Ce cri est crédible », a-t-il affirmé, laissant entendre que des mesures correctives pourraient être envisagées pour enrayer la crise. Cette prise de conscience au sommet de la hiérarchie pourrait ainsi marquer un tournant décisif pour l’avenir de l’institution. La mise en œuvre effective des réformes est, en effet, très attendue. L’efficacité de l’action gouvernementale dépendra de la volonté politique de restaurer l’ordre et la confiance au sein de la gendarmerie. Lire la suite »
Comité pour la sauvegarde de l’intégrité : Fin de mandat pour Sahondra Rabenarivo

Le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI) présentera ce jour son rapport annuel 2024 lors d’une cérémonie officielle qui se tiendra à son siège à Andohatapenaka. Ce document met en lumière les réalisations de cette instance, chargée de coordonner la lutte contre la corruption dans le pays. À ce titre, la publication de la nouvelle Stratégie nationale de lutte contre la corruption figure parmi les faits marquants du CSI au cours des derniers mois.
Fruit d’un long travail de concertation et d’analyse mené par le CSI et ses partenaires, cette stratégie a mobilisé plus de 1 000 citoyens durant sa phase d’élaboration. Elle définit, entre autres, les étapes à suivre au cours des cinq prochaines années afin de mettre fin à l’impunité dans le pays. Toutefois, en l’absence d’une mise en œuvre rigoureuse, le risque d’une amplification de l’impunité demeure.
Par ailleurs, la présentation du rapport annuel 2024 coïncide avec la fin du mandat de Sahondra Rabenarivo à la présidence du CSI. Cette juriste, diplômée de la prestigieuse Harvard Law School, occupe ce poste depuis 2019 et est devenue une figure emblématique de la lutte contre la corruption à Madagascar. Son mandat prend fin ce 20 février 2025, marquant ainsi son départ de l’institution. Elle a joué un rôle clé dans l’orientation des politiques de lutte contre la corruption et le renforcement des capacités institutionnelles du pays en matière d’intégrité publique.
L’événement de ce jeudi sera l’occasion de dresser le bilan des avancées réalisées sous son mandat et d’identifier les défis restant à relever pour assurer la pérennité des efforts entrepris. Quoi qu’il en soit, l’opinion publique nationale et les partenaires internationaux attendent avec intérêt la mise en œuvre des grandes lignes de cette nouvelle stratégie quinquennale, qui devrait insuffler un nouvel élan à la lutte contre la corruption à Madagascar. Ce sera le principal défi du successeur de Sahondra Rabenarivo, dont le nom reste, pour l’instant, inconnu.
(source: Rija R. – Midi M/kara)