Pape François

Rencontre interreligieuse de Ur: la Prière des enfants d’Abraham [Pape François]

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À la fin de la rencontre interreligieuse qui s’est tenue ce samedi matin au sud-est de l’Irak, dans la cité antique d’Ur, les croyants se sont vu proposer une prière dite «des enfants d’Abraham», un père commun qui donna l’exemple d’une foi héroïque et que chacun est appelé à suivre pour construire l’avenir.

Dans la cité antique d’Ur, ville de naissance d’Abraham, le Pape a participé à une rencontre interreligieuse aux côtés de représentants des différentes communautés religieuses vivant dans le pays. Après avoir écouté plusieurs témoignages, le Saint-Père dans un discours dense est allé chercher dans la filiation d’Abraham, les ressources d’une fraternité possible et espérée.

À l’issue de la rencontre, le frère Amir Jajé, dominicain irakien spécialiste du chiisme, a récité en arabe cette prière «des enfants d’Abraham». Une prière pour remercier Dieu d’avoir donné aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans ce «père commun»: «un exemple d’homme de foi» qui a obéi jusqu’au bout laissant les siens pour marcher vers une terre inconnu et disposé à sacrifier son fils ; «un exemple de courage, de résistance, de force d’âme, de générosité et d’hospitalité» ; «une bénédiction pour tous les peuples».

Ce matin, les fils d’Abraham ont demandé à Dieu de leur accorder, à eux aussi, une espérance «irrépressible», «une foi forte, active à faire le bien» qui permette d’avoir un cœur ouvert à Dieu et à son prochain, afin de leur témoigner -et en particulier aux plus vulnérables- «du soin affectueux».

Regardant ensemble vers l’avenir, les croyants ont prié pour que leurs cœurs soient ouverts au pardon, afin qu’ils deviennent des instruments de réconciliation et les bâtisseurs d’une société plus juste et fraternelle afin que tous puissent vivre en sécurité et avec dignité, notamment ceux qui ont dû, par le passé, abandonner leur maison.

 

Ci-dessous, retrouvez l’intégralité de la «Prière des enfants d’Abraham»:

Dieu Tout-Puissant, notre Créateur qui aime la famille humaine et tout ce que tes mains ont accompli, nous, fils et filles d’Abraham appartenant au judaïsme, au christianisme et à l’islam, avec les autres croyants et toutes les personnes de bonne volonté, nous te remercions de nous avoir donné comme père commun dans la foi Abraham, fils éminent de cette noble et bien-aimée terre.

Nous te remercions pour son exemple d’homme de foi qui t’a obéi jusqu’au bout, en laissant sa famille, sa tribu et sa patrie pour aller vers une terre qu’il ne connaissait pas.

Nous te remercions aussi pour l’exemple de courage, de résistance et de force d’âme, de générosité et d’hospitalité que notre père commun dans la foi nous a donné.

Nous te remercions en particulier pour sa foi héroïque, manifestée par sa disponibilité à sacrifier son fils afin d’obéir à ton commandement. Nous savons que c’était une épreuve très difficile dont il est sorti vainqueur parce qu’il t’a fait confiance sans réserve, que tu es miséricordieux et que tu ouvres toujours des possibilités nouvelles pour recommencer.

Nous te remercions parce que, en bénissant notre père Abraham, tu as fait de lui une bénédiction pour tous les peuples.

Nous te demandons, Dieu de notre père Abraham et notre Dieu, de nous accorder une foi forte, active à faire le bien, une foi qui t’ouvre nos cœurs ainsi qu’à tous nos frères et sœurs ; et une espérance irrépressible, capable de voir partout la fidélité de tes promesses.

Fais de chacun de nous un témoin du soin affectueux que tu as pour tous, en particulier pour les réfugiés et les déplacés, les veuves et les orphelins, les pauvres et les malades.

Ouvre nos cœurs au pardon réciproque et fais de nous des instruments de réconciliation, des bâtisseurs d’une société plus juste et plus fraternelle.

Accueille dans ta demeure de paix et de lumière tous les défunts, en particulier les victimes de la violence et des guerres.

Aide les autorités civiles à chercher et à retrouver les personnes qui ont été enlevées, et à protéger de façon particulière les femmes et les enfants.

Aide-nous à prendre soin de la planète, maison commune que, dans ta bonté et générosité, tu nous as donnée à tous.

Soutiens nos mains dans la reconstruction de ce pays, et donne-nous la force nécessaire pour aider ceux qui ont dû laisser leurs maisons et leurs terres à rentrer en sécurité et avec dignité, et à entreprendre une vie nouvelle, sereine et prospère. Amen

Vatican News

Cette photo du pape François et de l’ayatollah Sistani est historique

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C’est la première fois dans l’histoire que le chef des catholiques s’entretient avec le grand ayatollah de Najaf, référence de la majorité des musulmans chiites.

Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la plupart des musulmans chiites d’Irak et du monde, a reçu samedi le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques. AFP P PHOTO / HO / Vatican News

Cette photo est d’autant plus historique que l’ayatollah Ali Sistani, 90 ans, longue barbe et carrure frêle, n’apparait jamais en public. Il répond par écrit aux questions qui lui sont adressées et il fait lire ses sermons chaque vendredi par des représentants.

Cette fois-ci toutefois, il a fait publier un communiqué, remerciant personnellement le pape François de sa venue à Najaf à l’issue d’un huis-clos de 50 minutes entre les deux hommes.

Les droits des chrétiens en Irak

Avec cette rencontre religieuse au sommet, l’une des plus importantes de l’histoire, le pape argentin voulait tendre la main à l’islam chiite mais aussi porter la cause des chrétiens d’Irak (1% de la population dans ce pays musulman) qui se disent régulièrement victimes de discriminations.

A l’issue de cet entretien, le grand ayatollah Ali Sistani a déclaré dans un communiqué prêter attention à ce que les chrétiens en Irak vivent “en paix” et avec “tous les droits”.

Le grand ayatollah Ali Sistani est la plus haute autorité pour la majorité des 200 millions de chiites du monde ― minoritaires parmi les 1,8 milliard de musulmans. Son unique rival religieux est le Guide suprême iranien, le grand ayatollah Ali Khamenei.

De nationalité iranienne, le grand ayatollah Sistani se pose depuis des décennies en garant de l’indépendance de l’Irak et dirige une école théologique qui prône le retrait des religieux de la politique (ils doivent seulement conseiller) au contraire de l’école de Qom en Iran.

(source: huffingtonpost.fr)

Père Pedro Opeka proposé pour le prix Nobel de la paix

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Le Pape François et père Pedro Opeka, le 8 septembre 2019 à Antananarivo, Madagascar. (AFP or licensors)
Le Premier ministre slovène, Janez Janša, a proposé la candidature du père Pedro Opeka, missionnaire lazariste à Madagascar, né en Argentine d’une famille d’origine slovène, de la communauté d’Akamasoa, la «Cité de l’amitié», qu’il a fondée à Madagascar, pour le prix Nobel de la paix 2021.

Pour le Premier ministre slovène, père Pedro Opeka et sa communauté d’Akamasoa à Antananarivo, où le Pape François s’était rendu le 8 septembre 2019 lors du voyage apostolique au Mozambique, à Madagascar et à l’île Maurice, poursuivent les objectifs des Nations Unies, en travaillant pour le développement de la société et l’humanitaire.

«Un projet de paix global»

Depuis 1989, les efforts humanitaires du missionnaire et de ses collaborateurs à Madagascar sont devenus un projet de paix global dans la lutte contre la pauvreté, la marginalisation et l’injustice, afin de permettre aux pauvres du monde entier de vivre une vie digne, lit-on sur le portail du gouvernement de la République de Slovénie.

Janez Janša a également rappelé ce que l’ancien président de Madagascar, Hery Rajaonarimampianina, avait dit en 2014 à propos du père Opeka, décrit comme «un phare vivant d’espérance et de foi dans la lutte contre la pauvreté».

18 villages pour sans-abris

Le Lazariste a mené de nombreux combats contre la pauvreté, donnant de l’espoir à ceux qui vivent en marge de la société, leur offrant de nouvelles opportunités pour une vie plus digne.

(… lire l’intégralité)

Le Pape François s’inquiète de la situation en Éthiopie

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La Salle de Presse du Saint-Siège fait part de l’attention du Pape François pour ce pays africain en proie à un grave conflit interne dans la région du Tigré.

Le Pape François avait reçu en audience le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed le 21 janvier 2019. (Vatican Media)

Un communiqué de la Salle de Presse du Saint-Siège publié ce vendredi 27 novembre en fin de journée fait savoir que le Saint-Père suit les nouvelles en provenance d’Éthiopie, où un affrontement militaire se déroule depuis quelques semaines, affectant la région du Tigré et ses environs. La violence a fait des centaines de morts parmi les civils et des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons au Soudan.

Lors de l’Angélus du 8 novembre dernier, le Pape François, se référant au conflit en cours en Éthiopie, avait déclaré: «Alors que j’exhorte à rejeter la tentation du conflit armé, j’invite tout le monde à la prière et au respect fraternel, au dialogue et à la résolution pacifique des désaccords».

Les affrontements, qui s’intensifient de jour en jour, provoquent déjà une grave situation humanitaire. Le Saint-Père, en appelant à la prière pour ce pays, demande aux parties au conflit de mettre fin à la violence, de sauvegarder la vie, en particulier celle des civils, et de rétablir la paix pour la population, indique encore le communiqué.

Un contexte de guerre qui brise un élan réformiste

Cet appel s’inscrit donc dans le contexte de la guerre en cours dans l’État du Tigré, au nord de l’Éthiopie, près de la frontière avec l’Érythrée voisine. Les informations circulent difficilement, mais il semble que le gouvernement central ait lancé jeudi une offensive majeure contre cette région dissidente.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, qui bénéficiait jusqu’à présent d’une image internationale favorable grâce à l’accord de paix signé avec l’Érythrée qui lui avait valu d’être lauréat du prix Nobel de la Paix en 2019, a ordonné jeudi à l’armée de lancer la dernière phase de l’opération militaire déclenchée le 4 novembre contre le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région et dont les dirigeants sont retranchés à Mekele, une ville de 500 000 habitants désormais encerclée par les forces fédérales. Dans ce contexte, plus de 40.000 Éthiopiens se sont réfugiés au Soudan voisin pour fuir le conflit.

Fer de lance de la lutte armée contre le régime militaro-marxiste du Derg, renversé en 1991, le TPLF a ensuite contrôlé l’appareil politique et sécuritaire de l’Éthiopie durant presque 30 ans. Progressivement écarté du pouvoir à Addis Abeba par Abiy Ahmed à partir du moment où celui-ci est devenu Premier ministre en 2018, le parti continue de dominer son fief du Tigré.

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L’Économie de François : pour une conversion du système financier

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2020.11.120 The Economy of Francesco

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Comment réduire durablement une pauvreté endémique? Comment offrir aux plus démunis de quoi se nourrir, ou un travail digne? Comment changer le modèle économique actuel pour éviter de nourrir encore les inégalités dans un monde à bout de souffle? Ce vendredi, quelques-uns des 2 000 jeunes et experts qui se sont engagés ces derniers mois à travailler en ligne sur l’économie selon François, ont abordé ces différentes questions lors de six ateliers organisés de manière simultanée en visioconférence.

Les monts-de-piété

Des interventions très denses et techniques entrecoupées d’intermèdes de méditation sur la vie de saint François. Choqué par les inégalités qui l’entourent dans la ville prospère ville d’Assise au XIIIe siècle, le jeune homme aisé décide d’abandonner les richesses de sa famille pour se faire pauvre. D’autres suivirent son exemple.

À la tribune, depuis le palais du Monte Frumentario, un ancien hôpital reconvertit sur l’impulsion de l’Église en une banque prêtant du blé et des semences, des jeunes narrent tour à tour l’expérience de frères mineurs qui au XVe siècle créèrent, inspirés par saint François, les Monts-de-piété, des banques prêtant gratuitement ou à très faibles taux d’intérêt aux plus démunis «pour libérer les pauvres». Avec «ces institutions à but non-lucratif», ils voulaient lutter contre le phénomène d’usure, dévastateur, et réduire les inégalités. «La gratuité donne sa juste valeur à l’argent» explique un jeune. «Quand un pauvre est dans la ville, c’est toute la ville qui est malade», poursuit un autre.

Récompensé en 2006 par le prix Nobel de la Paix pour avoir fondé en 1976 la Grameen Bank, la première institution de microcrédit au monde, Muhammad Yunus, aujourd’hui à la tête d’un think-tank pour éradiquer la pauvreté, a répondu pendant une heure aux interrogations de plusieurs jeunes engagés au sein de The Economy of Francesco. Le débat portait sur la manière dont la finance pourrait «être un chemin vers une écologie intégrale»

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Propos du pape sur l’union des homosexuels : « Une manipulation médiatique », déclare le Cardinal Désiré Tsarahazana.

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Plusieurs jours après la sortie dans la presse internationale de l’information selon laquelle le pape défend l’union civile entre personnes de même sexe, le cardinal Tsarahazana, a apporté un démenti formel quant à l’acceptation du mariage homosexuel par l’Eglise catholique. 

La nouvelle a alimenté les conversations durant tout le week-end. Les propos tenus par le pape François sur l’union civile des personnes de même sexe, recueillis dans un film documentaire, sont au cœur de vifs échanges et de polémiques. « La position et l’enseignement de l’église catholique par rapport au mariage des personnes de même sexe restent inchangés », a déclaré, hier, le cardinal Désiré Tsarahazana, tout en regrettant la « manipulation médiatique » autour de cette affaire. « Dire que le Pape François accepte l’union civile des personnes de même sexe est absolument faux », a alors souligné le président de la Conférence épiscopale lors de sa déclaration à la presse, hier après-midi à Toamasina.

Explications.

« Le pape François n’a pas fait de récentes déclarations sur l’union des personnes de même sexe. Les propos ont été évoqués dans un film documentaire sur la vie du pape, intitulé ‘Francesco’ et projeté au festival du cinéma de Rome le 21 octobre. Ce documentaire a rassemblé, dans un passage de 21 secondes, des extraits de phrases prononcées par le pape dans le cadre d’une interview datant d’il y a 18 mois, ainsi que dans un autre échange entre le pape et les journalistes dans l’avion au retour de Rio de Janeiro. Au moment de ces interviews et de ces échanges, absolument personne n’a évoqué des propos du pape acceptant l’union civile des homosexuels, tout simplement parce qu’aucun de ses propos n’est allé dans ce sens », a expliqué le cardinal Désiré Tsarahazana. Et d’ajouter que ce « montage incluant des traductions faussées (l’interview en espagnol étant traduite en italien) a été utilisé pour tenter de faire dire au pape ce qu’il n’a pas dit, car ce travail de montage a complètement changé le sens de ses propos ». 

Dénaturé.

Ainsi, selon la déclaration du cardinal Tsarahazana, cette manipulation médiatique a pour objectif de « prouver » l’acceptation par le souverain pontife, du mariage civil des homosexuels. Le cardinal de se demander alors pourquoi la déclaration du pape a été dénaturée pour soutenir une idée que l’on veut imposer dans le monde. « Il ne devrait pas y avoir de confusion entre la famille désirée par Dieu qu’est l’union entre un homme et une femme, ouverte à la procréation, et tout autre type d’union », a-t-il affirmé.

Le cardinal n’a pas manqué d’appeler les fidèles catholiques à la prudence et à garder leur calme face aux polémiques provoquées par cette affaire.

Hanitra R. (Midi Madagasikara)


Manazava misimisy kokoa i Mgr Jean Pascal Andriantsoavina

Église et homosexualité : le Pape défend l’union civile pour les couples de même sexe

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Le pape François défend le droit des couples gays de vivre au sein d’une «union civile» qui les protège légalement. Il l’affirme dans le film documentaire Francesco, d’Evgeny Afineevsky, réalisateur, producteur et directeur de la photographie d’origine russe qui vit aux Etats-Unis. L’œuvre a été présentée mercredi soir en première mondiale au Festival international du film de Rome et les extraits figurant dans la bande-annonce montrent bien l’esprit dans lequel elle a été conçue: on y voit le souverain pontife en star mondiale, dans une mise en scène très hollywoodienne, musique ronflante et solennité spectaculaire:

Vatican avoids to comment as yet

Le Pape propose un nouveau modèle éducatif mondial

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Une nouvelle alliance éducative se dessine dans le «Pacte éducatif mondial» dévoilé virtuellement par le Pape, jeudi 15 octobre. Le Souverain pontife en a présenté dans un message vidéo les sept points transversaux: dignité de la personne, écoute des enfants, généralisation de l’instruction des petites filles, importance de la famille, éducation à l’accueil, autre appréhension des enjeux économiques et politiques, et sauvegarde de la Création; le tout de manière subsidiaire, polyédrique et solidaire, selon la méthode François.

Partant des conséquences du confinement dans le monde de l’éducation, le Pape François dresse un constat sans appel. «La covid a accéléré et amplifié nombre des urgences que nous rencontrons et en a révélé beaucoup d’autres. Les systèmes éducatifs du monde entier ont souffert de la pandémie aussi bien au niveau scolaire qu’académique».

Le confinement, catastrophe éducative

Selon le Souverain Pontife en effet, les plates-formes pédagogiques informatisées employées durant les confinements de part et d’autres «ont révélé non seulement une forte disparité des opportunités éducatives et technologiques, et de nombreux enfants et adolescents sont restés en arrière dans le processus naturel du développement pédagogique». Une «catastrophe éducative»: 10 millions d’enfants qui pourraient être obligés d’abandonner l’école à cause de la crise économique liée au coronavirus, selon les données d’agences internationales.

«Le pouvoir transformant de l’éducation»

Une crise globale, estime le Pape, qu’il faudra accompagner par «un nouveau modèle culturel».

En effet, «nous connaissons le pouvoir transformant de l’éducation: éduquer, c’est faire un pari et donner au présent l’espérance qui brise les déterminismes et les fatalismes par lesquels l’égoïsme du fort, le conformisme du faible et l’idéologie de l’utopiste veulent s’imposer souvent comme unique voie possible», relève l’évêque de Rome, s’interrogeant de la sorte: «Si les espaces éducatifs se conformaient aujourd’hui à la logique de la substitution et de la répétition et étaient incapables de générer et de montrer de nouveaux horizons dans lesquels l’hospitalité, la solidarité intergénérationnelle et la valeur de la transcendance fondent une nouvelle culture, ne serions-nous pas en train de manquer le rendez-vous avec ce moment historique?»

L’éducation, antidote à l’individualisme

«L’éducation est l’une des voies les plus efficaces pour humaniser le monde et l’histoire», a ensuite affirmé le Saint-Père.

«Elle est surtout une question d’amour et de responsabilité qui se transmet dans le temps, de génération en génération. L’éducation se propose comme l’antidote naturel à la culture individualiste, qui quelquefois dégénère en un véritable culte du « moi » et en un primat de l’indifférence. Notre avenir ne peut pas être la division, l’appauvrissement des facultés de pensée et d’imagination, d’écoute, de dialogue et de compréhension mutuelle

Pour cela, le Pape appelle de ses vœux une nouvelle époque d’engagement éducatif.

Un pacte audacieux, pensé pour la société civile

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Carlo Acutis, le « cyber-apôtre », béatifié à Assise

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Cérémonie de Béatification de Carlo Acutis


Informaticien doué, l’adolescent de 15 ans – décédé en 2006 – s’était fait connaître en créant un site internet qui répertoriait les miracles eucharistiques. Considéré par l’Eglise comme « un modèle pour les jeunes générations », il est le premier millenial à être béatifié.

Carlo Acutis Missionnaire

« Madame, votre fils est spécial ». Cette phrase, Antonia Acutis, la maman de Carlo l’a entendue d’innombrables fois. « Spécial », mais pourquoi donc ? Carlo aurait-il un truc, une particularité qui le distingue des autres ? Non, le secret de Carlo porte un nom : il s’appelle Jésus.

A partir du jour où il fait sa première communion, Jésus devient l’Ami avec un grand A. Et cela définitivement. Carlo, passionné par les nouvelles technologies sera un des premiers au début des années 2000 à utiliser Internet pour transmettre le message de l’évangile.

Carlo, c’est le geek de Jésus, le cyber-apôtre, que le pape François veut donner aux jeunes comme modèle. Mort à 15 ans d’une leucémie foudroyante, Carlo Acutis, ce garçon très spécial, est béatifié à Assise le 10 octobre 2020.

Rencontre avec sa maman: des secrets inédits révélés


Encyclique Fratelli Tutti du Pape François

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LETTRE ENCYCLIQUE
FRATELLI TUTTI
DU SAINT-PÈRE
FRANÇOIS
SUR LA FRATERNITÉ ET L’AMITIÉ SOCIALE

 

1. « Fratelli tutti »,[1] écrivait saint François d’Assise, en s’adressant à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile. Parmi ses conseils, je voudrais en souligner un par lequel il invite à un amour qui surmonte les barrières de la géographie et de l’espace. Il déclare heureux celui qui aime l’autre « autant lorsqu’il serait loin de lui comme quand il serait avec lui ».[2] En quelques mots simples, il exprime l’essentiel d’une fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne indépendamment de la proximité physique, peu importe où elle est née ou habite.

2. Ce Saint de l’amour fraternel, de la simplicité et de la joie, qui m’a inspiré l’écriture de l’encyclique Laudato si´, me pousse cette fois-ci à consacrer la présente nouvelle encyclique à la fraternité et à l’amitié sociale. En effet, saint François, qui se sentait frère du soleil, de la mer et du vent, se savait encore davantage uni à ceux qui étaient de sa propre chair. Il a semé la paix partout et côtoyé les pauvres, les abandonnés, les malades, les marginalisés, les derniers.

Sans frontières

3. Il y a un épisode de sa vie qui nous révèle son cœur sans limites, capable de franchir les distances liées à l’origine, à la nationalité, à la couleur ou à la religion. C’est sa visite au Sultan Malik-el-Kamil, en Égypte, visite qui lui a coûté de gros efforts du fait de sa pauvreté, de ses ressources maigres, de la distance et des différences de langue, de culture et de religion. Ce voyage, en ce moment historique marqué par les croisades, révélait encore davantage la grandeur de l’amour qu’il voulait témoigner, désireux d’étreindre tous les hommes. La fidélité à son Seigneur était proportionnelle à son amour pour ses frères et sœurs. Bien que conscient des difficultés et des dangers, saint François est allé à la rencontre du Sultan en adoptant la même attitude qu’il demandait à ses disciples, à savoir, sans nier leur identité, quand ils sont « parmi les sarrasins et autres infidèles … de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu ».[3] Dans ce contexte, c’était une recommandation extraordinaire. Nous sommes impressionnés, huit-cents ans après, que François invite à éviter toute forme d’agression ou de conflit et également à vivre une ‘‘soumission’’ humble et fraternelle, y compris vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas sa foi.

4. Il ne faisait pas de guerre dialectique en imposant des doctrines, mais il communiquait l’amour de Dieu. Il avait compris que « Dieu est Amour [et que] celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu » (1Jn 4, 16). Ainsi, il a été un père fécond qui a réveillé le rêve d’une société fraternelle, car « seul l’homme qui accepte de rejoindre d’autres êtres dans leur mouvement propre, non pour les retenir à soi, mais pour les aider à devenir un peu plus eux-mêmes, devient réellement père ».[4] Dans ce monde parsemé de tours de guet et de murs de protection, les villes étaient déchirées par des guerres sanglantes entre de puissants clans, alors que s’agrandissaient les zones misérables des périphéries marginalisées. Là, François a reçu la vraie paix intérieure, s’est libéré de tout désir de suprématie sur les autres, s’est fait l’un des derniers et a cherché à vivre en harmonie avec tout le monde. C’est lui qui a inspiré ces pages.

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