Pape François
Les évêques européens espèrent «des solutions acceptables» pour l’Ukraine
Le Conseil des Conférences épiscopales européennes appelle la communauté internationale à soutenir l’Ukraine face au danger d’une offensive militaire russe. Réitérant les récents appels du Pape pour une solution à la crise actuelle sans recours aux armes, le CCEE invoque le droit international et exhorte les chrétiens à prier.

Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) a exprimé dans un communiqué publié vendredi 21 janvier sa «proximité avec les Églises d’Ukraine et avec tout son peuple», en cette période de graves tensions. Le CCEE, par la voix de son président, Mgr Gintaras Grušas, archevêque de Vilnius, appelle la communauté internationale à soutenir l’Ukraine face au danger d’une offensive militaire russe, considérée comme une véritable menace pour la paix dans le monde. Il rappelle les récents du pape François et son invitation aux puissants de ce monde à résoudre la crise «par un dialogue international sérieux et non par les armes».
Tirer les leçons du passé
Réaffirmant, comme l’a souligné le Souverain Pontife devant le corps diplomatique le 10 janvier dernier, que «la confiance mutuelle et la disponibilité à une confrontation sereine doivent animer toutes les parties impliquées afin de trouver des solutions acceptables et durables en Ukraine», le CCEE lance à son tour un appel aux dirigeants pour qu’ils n’oublient pas les tragédies des guerres mondiales du siècle dernier et qu’ils défendent «le droit international, l’indépendance et la souveraineté territoriale de chaque pays».
Les gouvernants sont invités à «trouver des solutions acceptables et durables en Ukraine», sur la base «du dialogue et de la négociation et sans recourir aux armes». Enfin, le CCEE demande aux chrétiens de «prier pour le don de la paix en Ukraine» afin que la crise soit surmontée, «exclusivement, par le dialogue».
L’espoir d’un apaisement
Les autorités ukrainiennes ont salué vendredi la poursuite du dialogue entre Washington et Moscou, remerciant les États-Unis de leur soutien alors que les tensions sont au plus haut, la Russie étant accusée de préparer une attaque contre l’Ukraine.
«Il est bon de savoir que la voie diplomatique des contacts avec la Russie reste active», a indiqué sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, remerciant Washington de sa «proche coopération».
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit quant à lui «convaincu» qu’une invasion ou une incursion militaire de la Russie en Ukraine «ne se produira(it) pas», et a souhaité que la diplomatie résolve la crise en cours opposant notamment la Russie aux Etats-Unis. Il s’exprimait hier au cours d’une conférence de presse.
Urbi et Orbi: demander à l’Enfant Jésus la force de «s’ouvrir au dialogue»
Apparu dans le monde «comme un chuchotement», «comme le murmure d’une brise légère», le Verbe de Dieu fait chair dans le sein de la Vierge Marie est venu «pour dialoguer avec nous», et ce faisant, pour nous montrer «la voie de la rencontre et du dialogue». Ce chemin est plus que jamais nécessaire en ces temps de pandémie, où «la tendance se renforce à se replier sur soi»; même au niveau international, note le Saint-Père, l’on semble privilégier le choix «des raccourcis» plutôt que celui du dialogue, alors qu’il conduit «réellement à la résolution des conflits et à des bénéfices partagés et durables».
Syrie, Irak, Yémen, Terre Sainte
«Alors que l’annonce de la naissance du Sauveur résonne autour de nous et dans le monde entier, nous voyons encore beaucoup de conflits, de crises et de contradictions (…) Et nous ne les remarquons presque plus. Nous nous y sommes tellement habitués que d’immenses tragédies passent désormais sous silence», déplore François, qui a ensuite énuméré plusieurs situations emblématiques, au premier rang desquelles la Syrie, en guerre depuis une décennie et l’Irak «qui peine toujours à se relever après un long conflit». «Nous entendons le cri des enfants s’élever du Yémen où une terrible tragédie, oubliée de toute le monde, se déroule en silence depuis des années, faisant des morts chaque jour», poursuit-il.
Le Pape évoque aussi «les tensions permanentes entre Israéliens et Palestiniens», qui s’éternisent avec des «conséquences sociales et politiques toujours plus importantes».
Le Pape félicite l’UNESCO pour son 75e anniversaire
Dans un message vidéo adressé à Audrey Azoulay, la directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, le Pape François exprime ses félicitations pour l’anniversaire de cette organisme fondé en 1946.

Dans ces mots d’encouragement, le Pape se félicite du «rapport privilégié» que l’Église entretient avec l’UNESCO. «En effet, l’Église est au service de l’Évangile, et l’Évangile est le message le plus humanisant que l’Histoire connaisse. Message de vie, de liberté, d’espérance, qui a inspiré dans toute époque et dans tout lieu d’innombrables initiatives éducatives, et a animé la croissance scientifique et culturelle de la famille humaine», insiste François.
Le Pape rappelle donc que l’UNESCO «est un interlocuteur privilégié du Saint-Siège dans le service commun de la paix et de la solidarité entre les peuples, le développement intégral de la personne humaine, et dans la protection du patrimoine culturel de l’humanité», avant de bénir les membres de la « communauté de travail» qui œuvrent au service de cette organisation basée à Paris, et qui avait été visitée par Jean-Paul II le 2 juin 1980.
Récemment, les contacts se sont intensifiés entre le Saint-Siège et l’UNESCO, notamment à l’occasion de la visite du Pape en Irak et du lancement, le 7 octobre dernier, d’un cycle d’études dédiées à l’écologie intégrale, à l’Université pontificale du Latran.
(source: vaticannews)
Saint Ignace: 500 ans après, une famille spirituelle réunie à Marseille

C’est dans la plus antique ville de France, l’ancien comptoir phénicien que fut Marseille, que la Compagnie de Jésus célèbre du 30 octobre au 1er novembre son demi-millénaire d’existence, soit 500 ans depuis la blessure de son fondateur saint Ignace de Loyola, par un boulet de canon à la bataille de Pampelune. Un certain 20 mai 1521, qui a déclenché un chemin de conversion à l’origine de la fondation de l’Ordre religieux rompu au discernement spirituel
Delphine Allaire – Marseille, France
Durant trois jours autour de la Toussaint, plus de 7 000 membres de la famille ignatienne -religieux, laïcs, membres de mouvements, familles, anciens élèves d’établissements jésuites-, dont 3 000 jeunes, vont se retrouver pour prier, réfléchir et fraterniser sur le thème «Au large, avec Ignace! Tous saints».
Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre de l’année ignatienne annoncée par le père Arturo Sosa sj, supérieur général de la Compagnie de Jésus, qui s’est ouverte le 20 mai 2021 et s’achèvera le 31 juillet 2022. Cette année, dont la devise est «Voir toute chose nouvelle en Christ», célèbre naturellement le début de la conversion d’Ignace il y a 500 ans, mais aussi les 400 ans de sa canonisation par le Pape Grégoire XV, aux côtés de saint François Xavier, le 12 mars 1622 en la basilique Saint-Pierre de Rome.
Se laisser interpeller par saint Ignace
«À Pampelune, il y a 500 ans, tous les rêves mondains d’Ignace ont été brisés en un instant. Le boulet de canon qui l’a blessé a changé le cours de sa vie, et le cours du monde. Des choses apparemment insignifiantes peuvent être importantes», affirmait le Pape François en mai dernier pour l’ouverture même de cette année ignatienne.
Au premier jour du rassemblement, samedi 30 octobre après-midi, des déambulations sont prévues dans la cité phocéenne à la rencontre du «Marseille ignatien», et portant sur différents thèmes comme le dialogue interreligieux, l’intégration et l’accueil ou la lutte contre la pauvreté.
Diverses propositions spirituelles
La mémoire des défunts, particulièrement ceux que la pandémie a emportés et les exilés qui ont péri en mer, mais aussi les victimes de violences sexuelles dans l’Église feront l’objet d’une prière et recueillement sur l’esplanade de la cathédrale néo-byzantine de la Major et dans différentes églises simultanément, avant 14 veillées festives proposées le samedi soir.
Dimanche 31 octobre, des messes seront célébrées dans 30 paroisses marseillaises. Celle de 11 heures en l’église jésuite Saint-Ferréol du Vieux-Port sera retransmise dans l’émission Le Jour du Seigneur sur la chaîne nationale française, France 2.
Un grand festival de la famille ignatienne aura lieu dimanche après-midi, avant une vigile «connectée» de la Toussaint, dans la soirée depuis le Palais des Congrès de Marseille, et diffusée en ligne.
Lundi 1er novembre, la messe solennelle de la Toussaint sera célébrée par l’archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline –à suivre sur KTO et RCF. Le programme détaillé.
Des racines profondes entre Marseille et les jésuites
Ville-monde aux quartiers contrastés, port ouvert sur la Méditerranée, cité sous la protection de la «Bonne Mère» et premier diocèse au monde consacré au Sacré-Cœur, le choix de Marseille s’est imposé spontanément pour la famille ignatienne, d’autant que la plus ancienne ville de France entretient des liens historiques étroits avec les jésuites.
Al-Tayyeb d’Al-Azhar: « Fratelli tutti », une encyclique importante aussi pour les musulmans
Le Grand Imam d’Al-Azhar parle aux médias du Vatican de sa relation avec François : «Dès la première minute de notre rencontre, j’ai eu la confirmation qu’il est un homme de paix et d’humanité. Son encyclique est un appel à créer une véritable fraternité où il n’y a pas de place pour la discrimination sur la base de différences de religion, de race, de sexe ou d’autres formes d’intolérance».

«Chacun de nous s’est découvert une grande sensibilité spirituelle et réfléchie à l’égard des crises qui affligent l’homme contemporain… ». Ahmad Muhammad Al-Tayyeb, Grand Imam d’Al-Azhar, lors de son séjour à Rome pour participer à certains événements importants aux côtés du Pape François et d’autres chefs religieux, a visité les studios de Radio Vatican – Vatican News et a répondu à quelques questions sur sa relation avec le Souverain Pontife, un an après la publication de l’encyclique Fratelli tutti.
Cohérence du message des religions
Le Grand Imam raconte : «après l’élection de notre cher frère le Pape François, Al-Azhar a pris l’initiative de le féliciter, et nous avons reçu une belle réponse de François. Une réponse qui nous a encouragés à recommencer une relation. J’ai donc décidé de rendre visite au Pape au Vatican en mai 2016. Au cours de cette visite, chacun d’entre nous a découvert une grande écoute spirituelle et réfléchie des crises qui affligent l’homme contemporain, et en particulier des pauvres, des orphelins, des malades, des veuves, des victimes de guerres et des sans-abri». «Cette harmonie entre lui et moi, poursuit Al-Tayyeb, peut apporter beaucoup pour atténuer ces crises. A partir de ce moment, il n’y a plus eu d’hésitation. Personnellement, je n’ai pas hésité à tendre la main. Dès la première minute de notre rencontre avec lui, j’ai eu la confirmation qu’il est un homme de paix et d’humanité par excellence. Les choses se sont bien passées et en trois ans seulement, nous avons organisé six sommets. Lors du cinquième, nous avons signé le document sur la fraternité humaine».
Le Grand Imam souligne que «le message de la religion ne peut porter les fruits escomptés que s’il est proclamé par des croyants fidèles qui sont d’abord réconciliés entre eux. Parmi ceux qui apportent ce message à l’humanité, il doit y avoir la paix, l’harmonie et la coopération. Car si la division et le conflit règnent entre eux, ils sont incapables de transmettre le message de paix au peuple. Nous connaissons le célèbre proverbe qui dit : “Celui qui n’a pas quelque chose, ne peut pas le donner”».
À propos de l’encyclique Fratelli tutti, publiée il y a un an, M. Al-Tayyeb assure : «Cette encyclique est certainement d’une énorme importance, surtout en ce moment, tant pour les musulmans que pour les non-musulmans. Je peux dire que cette encyclique s’inscrit dans le cadre de nos rencontres et s’en inspire. Le Pape lui-même le mentionne, je crois dans la préface. L’encyclique va dans le même sens, celui du dialogue et de la coexistence entre les hommes : il s’agit, en somme, d’un appel à appliquer les principes moraux des religions pour créer une véritable fraternité où il n’y a pas de place pour la discrimination sur la base de différences de religion, de confession, de race, de sexe ou d’autres formes d’intolérance. L’encyclique est utile pour les musulmans et en même temps pour les autres, car elle dit que nous sommes tous frères. Et le Coran dit aux musulmans : vous avez des frères et vous êtes égaux en humanité. Nous disons que l’homme est semblable ou égal à moi et qu’il est mon frère en humanité. Il peut être un frère en religion, mais il peut aussi être un frère pour moi en humanité».
Interprétations corrompues du message divin
En ce qui concerne le rôle des religions dans la promotion de la paix et de la fraternité et dans la lutte contre la haine et le terrorisme, le Grand Imam déclare : «Il est inexact de dire que les religions révélées par Dieu le Très-Haut ont été la cause de guerres dans l’histoire, car ce que l’on appelle des conflits au nom de la religion sont en réalité des conflits politiques qui ont volé le nom de la religion en le chargeant d’interprétations corrompues pour obtenir des conquêtes et des intérêts mondains, qui n’ont aucun lien, même lointain, avec la vraie religion. Je dois dire que ceux qui répandent la haine parmi les gens aujourd’hui, et pratiquent la violence et l’effusion de sang au nom de la religion ou de Dieu, sont des menteurs et des traîtres aux religions dont ils brandissent les bannières, quelles que soient ces religions ou doctrines ou confessions au nom desquelles ils parlent».
Enfin, répondant à une question sur la dignité des femmes et les signes inquiétants qui montrent la résurgence d’un fondamentalisme qui ne les respecte, Al-Tayyeb déclare que «ce qui est énoncé dans le document sur la fraternité humaine est ce qui est établi par l’islam en ce qui concerne le respect des femmes et le plein respect de leurs droits. J’affirme également que personne ne peut priver les femmes d’un seul de leurs droits, qui ont été établis par le prophète de l’islam Mahomet, et qui se trouvent dans sa phrase claire et concise : “Les femmes sont égales aux hommes”…. Face à cette vérité, aucun musulman fidèle à ses convictions ne peut retirer aux femmes les droits garantis par l’islam. Nous devons dire que tout ce qui est soulevé aujourd’hui dans ce domaine n’est rien d’autre que la victoire d’habitudes et de coutumes dépassées et anciennes, qui portent atteinte à la loi de l’islam et à ses règles». Le Grand Imam tient également à souligner que «nous devons et faisons une distinction» entre «les droits façonnés par les civilisations contemporaines qui ignorent la morale religieuse et les sentiments de la nature humaine, et d’autres droits formulés dans des sociétés où la religion constitue une base solide dans la construction de leur culture et de leurs modes de vie».
Détournement d’aumône au Vatican: la promesse d’un procès retentissant
Dix responsables seront jugés par le tribunal du Saint-Siège dès le 27 juillet au sujet du rôle supposé qu’ils auraient joué dans une affaire d’investissements douteux.

Samedi 3 juillet, la salle de presse du Saint-Siège signalait l’inculpation de dix personnes et quatre sociétés pour des faits graves: «extorsion», «corruption», «escroquerie», «blanchiment d’argent», «détournement de dons», «abus de pouvoir».
Fait sans précédent, l’acte d’accusation de près de 500 pages, couronnant deux ans d’enquête, cite des personnalités proches du pape François ou qui furent ses plus proches collaborateurs, dont le cardinal Angelo Becciu, déchu des droits et devoirs liés au cardinalat en septembre 2020. La première audience de ce procès se tiendra le 27 juillet prochain.
Le denier de Saint-Pierre investi dans l’immobilier
Tout commence en 2013, quelques semaines après l’élection du pape argentin. La secrétairerie d’État (administration similaire à celle du Premier ministre français) décide l’investissement de 200 millions de dollars (168,9 millions d’euros) dans Athena Capital Global Opportunities, un fonds régi par un intermédiaire italien, Raffaele Mincione.
Cet argent provient du denier de Saint-Pierre, organisme qui gère les dons remis au pape pour ses œuvres en faveur des pauvres. Il est convenu de placer 100 millions dans un immeuble détenu jadis par Harrod’s à Chelsea, quartier chic de Londres, et de répartir les 100 millions restants dans divers placements. La secrétairerie d’État est alors dirigée par le cardinal Parolin et son substitut aux affaires générales (équivalent du ministre de l’Intérieur), Angelo Becciu, un diplomate de carrière, en poste depuis 2011.

Le pape François a été opéré et a bien réagi à l’intervention
Dimanche, François a subi une intervention chirurgicale programmée d’une sténose diverticulaire du côlon. Elle s’est conclue dans la soirée.
L’opération chirurgicale que le pape François a subi ce dimanche s’est terminée dans la soirée. La confirmation a été donnée par le Directeur de la Salle de Presse, Matteo Bruni : «Le Saint-Père, admis dans l’après-midi à l’hôpital Gemelli, a subi dans la soirée une intervention chirurgicale programmée pour une sténose diverticulaire du côlon.»
«Le Saint-Père, a expliqué Matteo Bruni, a bien réagi à l’opération réalisée sous anesthésie générale par le professeur Sergio Alfieri, avec l’aide du professeur Luigi Sofo, du docteur Antonio Tortorelli et du docteur Roberta Menghi.»
«L’anesthésie a été réalisée par le professeur Massimo Antonelli, le professeur Liliana Sollazzi ainsi que par les docteurs Roberto De Cicco et Maurizio Soave. Les professeurs Giovanni Battista Doglietto et Roberto Bernabei étaient également présents dans la salle d’opération.»
Le Souverain Pontife avait quitté la Maison Sainte Marthe en début d’après-midi, pour être admis à l’hôpital.
Avant cela, il avait normalement maintenu ses activités et récité place Saint Pierre la prière de l’Angélus devant de nombreux fidèles auxquels il annonçait sa prochaine visite apostolique en Slovaquie et à Budapest du 12 au 15 septembre prochain.
(source: Vatican News)
Révision du Code de droit canonique: mieux protéger fidèles et communauté
Les précisions de Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs, suite à la publication ce 1er juin d’une nouvelle Constitution apostolique venant modifier le livre VI du Code de droit canonique de 1983 à propos des sanctions pénales dans l’Église.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel / Adelaide Patrignani – Cité du Vatican
Une nouvelle constitution apostolique du Pape François intitulée Pascite Gregem Dei a été publiée ce mardi. Elle est le fruit d’un important processus de révision du livre VI du Code de droit canonique, entamé en 2007 par le Pape Benoît XVI. Ce texte vient clarifier et préciser certaines dispositions du droit pénal, dans une dynamique de charité et de miséricorde. Mgr Juan Ignacio Arrieta, secrétaire du Conseil pontifical pour les textes législatifs, nous apporte son éclairage sur le contenu de cette constitution et ses objectifs.
Entretien avec Mgr Arrieta
Pourquoi était-il nécessaire de réviser le livre VI du Code de droit canonique concernant les sanctions pénales dans l’Église?
Après la promulgation du Code [de droit canonique] en 1983, les limites du livre VI sur le droit pénal sont apparues. En suivant une idée de décentralisation, la rédaction des normes pénales avait alors été laissée très indéterminée. On pensait que c’était aux évêques et aux supérieurs de décider selon la gravité des circonstances quels délits il fallait punir, et comment les punir. Il s’agissait d’une indétermination des normes. La difficulté pour beaucoup de combiner charité et punition a fait que le droit pénal n’était guère appliqué.
En outre, il était difficile de comprendre que les évêques réagissent différemment dans des situations similaires. Cette situation a obligé le Saint-Siège à intervenir, comme on le sait, en confiant les délits les plus graves exclusivement à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et en accordant des facultés d’intervention à d’autres dicastères de la Curie. Le Pape Benoît XVI a finalement décidé de réviser le livre VI. Le recours à la discipline pénale fait partie de la charité pastorale de ceux qui doivent gouverner et protéger leur propre communauté de fidèles. C’est pour cela que nous avons travaillé à la révision de ce livre.
Quels sont les critères nouveaux de cette révision?
Les critères nouveaux peuvent être résumés en trois [aspects]. Tout d’abord une meilleure détermination des normes, en définissant clairement les cas dans lesquels le système pénal doit être appliqué et la manière dont les infractions doivent être punies. Les paramètres de références sont également désormais fixés pour guider l’action des ordinaires, tout en respectant les marges nécessaires à l’évaluation des circonstances concrètes de chaque cas.
Le deuxième critère est la protection de la communauté, en établissant des moyens de prévenir et de réparer les scandales, et de réparer les dommages causés.
Enfin, le troisième objectif était de doter l’autorité – l’évêque, le supérieur… – d’instruments adéquats pour pouvoir prévenir les infractions, promouvoir la réforme, et corriger les infractions avant qu’elles ne deviennent plus graves.
Quelles sont les principales nouveautés de cette révision du Code de droit canonique?
Au total, environ deux tiers des canons ont été modifiés. Nous avons intégré dans le code de nouvelles infractions que d’autres lois avaient défini au fil des années. Les infractions qui en 1983 avaient été excessivement synthétisées ont été mieux différenciées dans le nouveau texte. Certaines infractions du Code de 1917 n’avaient pas été reprises en 1983, par exemple en matière de propriété, d’administration de l’argent, etc. Elles ont aussi été reprises.
Qui sont les ennemis invisibles du Pape François ?
Le Pape François tente de réformer en profondeur l’Eglise Catholique.
Il veut redorer son image et lui redonner une place sur l’échiquier mondial. Mais comme ses prédécesseurs, il se heurte à un mur de conservatisme au sein de son administration. Certains le disent même en danger.
Corruption, détournement d’argent, depuis sa création en 1929, l’Etat du Vatican, siège de l’Eglise Catholique, navigue en eaux troubles. Qui dirige en secret le Vatican ?
Évêques et cardinaux seront désormais justiciables devant le tribunal du Vatican
Un nouveau « Motu proprio » du Pape François, publié ce vendredi pour une entrée en vigueur dès demain 1er mai, modifie le système judiciaire de l’État de la Cité du Vatican, en rendant le tribunal de première instance compétent pour juger des cardinaux et des évêques.

Désormais, les cardinaux et les évêques accusés de délits pénaux par des magistrats du Vatican, s’ils sont envoyés en procès, pourront être jugés par le tribunal séculier de l’État de la Cité du Vatican. C’est la nouveauté introduite par le Motu proprio du Pape François modifiant l’ordonnance judiciaire de l’État du Vatican, promulguée en mars 2020. L’autorisation préalable du Pape demeure néanmoins requise pour autoriser ces procès, qui marquent une évolution majeure dans l’histoire du droit: des juges laïcs pourront en effet juger, en première instance, des cardinaux et évêques qui jusqu’à présent faisaient l’objet de procédures distinctes en cas d’accusations.