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Médias – Liberté de la presse : Madagascar recule dans le classement mondial 2025 de RSF

Le Ministère de la Communication et de la Culture a réagi ce vendredi 2 mai au dernier classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters Sans Frontières (RSF), dans lequel Madagascar enregistre une chute de 13 places. Le pays se classe désormais à la 113è position, contre la 100è en 2024.
Dans son communiqué, le Ministère prend acte de ce recul tout en soulignant le contexte global préoccupant : plus de 60 % des pays évalués par RSF affichent une dégradation de leurs conditions d’exercice du journalisme. L’organisation note même que la liberté de la presse devient « difficile » à l’échelle mondiale, avec des conditions qualifiées de « graves » dans la moitié des pays analysés.
Face à ces constats, les autorités malgaches insistent sur leur engagement envers les libertés fondamentales. Le communiqué rappelle que la liberté d’expression et celle de la presse sont garanties par la Constitution, les conventions internationales ratifiées par Madagascar et la législation nationale. Le Ministère affirme qu’aucun journaliste n’est poursuivi ou condamné pour ses activités professionnelles, ni pour des délits de presse ou d’opinion.
Le Directeur Général de la Communication, Donald Judicaël Tavao Botomiarina, réaffirme ainsi l’attachement du gouvernement à ces libertés, tout en niant toute utilisation abusive des restrictions à la liberté d’expression.
Cependant, ce recul dans le classement de RSF pourrait renforcer les interrogations de la société civile sur la réalité de la liberté de la presse dans le pays, à l’heure où plusieurs voix dénoncent un climat médiatique de plus en plus sous pression
(source: madagascar-tribune.com)
Un juge fédéral suspend le démantèlement de Voice of America
Un juge fédéral a freiné vendredi le démantèlement des médias publics américains à l’étranger initié par le président Donald Trump en suspendant les mesures visant Voice of America (VOA).
A la mi-mars, Donald Trump a signé un décret classant parmi les « éléments inutiles de la bureaucratie fédérale » l’USAGM, l’agence gouvernementale chapeautant les médias publics américains à l’étranger.
Des centaines de journalistes ont été mis en congé administratif depuis.
Un juge fédéral de New York a fait droit vendredi à la demande de l’association Reporters sans frontières (RSF), des syndicats et des journalistes de VOA de geler les actions en vue du démantèlement de ce fleuron des médias publics américains à l’étranger.
« Le combat pour sauver VOA, et en réalité, la presse libre, continue alors que l’administration Trump s’active à priver le monde d’une source d’information fiable », a réagi dans un communiqué Clayton Weimers, directeur du bureau de RSF aux États-Unis.
« Nous exhortons l’administration Trump à débloquer immédiatement le financement de VOA et à réembaucher ses employés sans nouveau délai », a-t-il ajouté.
Le gouvernement du milliardaire républicain a procédé ce mois-ci à des limogeages massifs à VOA, Radio Free Asia et Radio Free Europe.
Voice of America, créée pendant la Seconde guerre mondiale, Radio Free Europe, formée pendant la Guerre froide et Radio Free Asia, créée en 1996, visaient à porter la « voix de l’Amérique » à travers le monde et notamment dans les pays autoritaires.
Moscou et Pékin ont salué la décision de l’administration Trump de réduire au silence ces médias vus pendant des décennies comme des piliers du soft power américain.
Radio Free Europe avait déjà obtenu cette semaine une victoire judiciaire contre son démantèlement, quand un juge de Washington a décidé de suspendre provisoirement l’arrêt de son financement.
(source: moov.mg / AFP)
Liberté de presse, la situation à Madagascar est « ;problématique »
Dans la 21e édition du Classement mondial de la liberté de presse établi par Reporter sans frontières (RSF), Madagascar est classé 101 sur 180 pays avec un score de 56,66. La Grande île perd trois places par rapport à 2022. Dans le précédent, en effet, le pays était classé 98e avec un score de 58,02.
Selon RSF, la mainmise des hommes politiques sur les médias plombe le pluralisme et la liberté des journalistes. De plus, l’État contrôle les médias publics, dont il a le pouvoir de nommer ou démettre les principaux responsables. En outre, la précarité de la presse malgache a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’information et l’indépendance des médias, selon toujours Reporter sans frontières. L’organisation souligne que les salaires très faibles laissent les journalistes vulnérables à la corruption, et la pratique du “felaka” (enveloppe contenant quelques billets remis par les organisateurs d’un événement aux journalistes venant le couvrir) est généralisée.
L’édition 2023 du classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue les conditions d’exercice du journalisme dans 180 pays et territoires, est publiée à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce 3 mai. Il apparaît que la situation est “très grave” dans 31 pays, “difficile” dans 42 et “problématique” dans 55, alors qu’elle est “bonne” ou “plutôt bonne” dans 52 pays. Autrement dit, les conditions d’exercice du journalisme sont mauvaises dans 7 pays sur 10 et satisfaisantes dans seulement 3 pays sur 10.
Pour le cas de l’Afrique, même si la Région enregistre quelques hausses notables, comme celle du Botswana (65e) qui gagne 30 places, l’exercice du journalisme est globalement devenu plus difficile sur le continent où la situation est désormais qualifiée de “difficile” dans près de 40 % des pays (contre 33 % en 2022), rapporte-t-on.
