Singapour

« Un Mirage aveuglant? » – A Singapour, Emmanuel Macron appelle à former une « coalition des indépendants » face à la Chine et aux Etats-Unis

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Le président Emmanuel Macron se prépare à prononcer le discours d’ouverture du Shangri-La Dialogue, à Singapour, le 30 mai 2025. MOHD RASFAN/AFP

L’Europe, terre des nouveaux non-alignés ? Voilà le rêve que semble dessiner Emmanuel Macron, appelant à une alliance du Vieux Continent avec les pays de l’Asie du Sud-Est dans une « coalition des indépendants » qui refuserait un alignement systématique sur les positions américaines ou chinoises, comme s’il fallait forcément choisir un camp.

« Une coalition de pays qui naviguera sur les mers tourmentées du commerce et protégera les biens communs que sont la nature et le climat (…) une coalition de pays déterminés à ne pas céder aux caprices ou à la cupidité des autres », s’est enflammé, vendredi 30 mai, le président français à Singapour depuis le Shangri-La Dialogue, forum de défense et de sécurité de l’Asie, assumant un langage plus offensif que diplomatique à l’égard des deux grandes puissances.

L’époque est aux convergences, aux coopérations croisées, plutôt qu’aux blocs. « Nous sommes confrontés au défi de pays révisionnistes qui veulent imposer, au nom de sphères d’influence, des sphères de coercition », a insisté Emmanuel Macron, sous l’œil noir du secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, dans la salle.

En déplacement à Hanoï, Emmanuel Macron appelle à préserver un ordre mondial «fondé sur le droit»

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Arrivé dimanche soir dans la capitale vietnamienne, Emmanuel Macron continuera sa tournée jusqu’à vendredi, en Indonésie puis à Singapour.

Dans un contexte mondial de «grands déséquilibres», le président de la République Emmanuel Macron a appelé à «préserver un ordre fondé sur le droit», lundi au Vietnam, première étape de sa tournée en Asie du Sud-Est. «Dans un moment à la fois de grands déséquilibres et de retour de discours de puissances ou d’intimidations», l’ordre international «impose que nous agissions ensemble pour préserver un ordre fondé sur le droit, condition sine qua non à toute prospérité», a rappelé le dirigeant, au cours d’une déclaration à la presse aux côtés de son homologue vietnamien Luong Cuong, à Hanoï.

Le dirigeant a présenté la France comme une alternative fiable au Vietnam, pris en tenaille entre Washington, qui menace d’imposer une surtaxe prohibitive sur ses exportations à destination du marché américain, et Pékin, son allié de longue date avec lequel Hanoï partage des différends territoriaux en mer de Chine méridionale. Ces enjeux accompagneront Emmanuel Macron tout au long de sa visite en Asie du Sud-Est, avec des arrêts prévus en Indonésie et à Singapour cette semaine. Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, le président a insisté sur la vision commune partagée avec le Vietnam, pays de cent millions d’habitants à la croissance dynamique, qui partage un passé colonial souvent douloureux avec Paris.

Quelque treize accords ont été signés lundi, notamment sur l’énergie nucléaire, un secteur crucial pour le pays asiatique, dépendant des énergies fossiles, qui cherchent à répondre aux besoins croissants de sa population, ainsi que dans les transports et les satellites. La compagnie low-cost Vietjet Air a aussi annoncé passer commande pour 20 avions gros-porteurs Airbus A330-900, qui s’ajoutent à un premier contrat similaire de 20 aéronefs passé l’an dernier avec le géant européen de l’aéronautique. «C’est bien une nouvelle page qui s’écrit entre nos deux pays (…) Une volonté d’écrire une page encore plus ambitieuse de la relation entre le Vietnam et la France, entre l’Asean et l’Union européenne», a insisté Emmanuel Macron.

Nouvelle commande d’Airbus

Après un hommage dans la matinée à la mémoire des combattants de la guerre d’Indochine qui se sont battus de 1946 à 1954 contre la France, pour l’indépendance, Emmanuel Macron a rencontré son homologue vietnamien Luong Cuong. Le chef de l’État, dont c’est la première visite au Vietnam, doit être reçu plus tard par le secrétaire général du Parti communiste To Lam, qu’il avait lui-même accueilli à Paris en octobre. Le chef du parti, avec lequel il déjeunera au temple de la Littérature, monument dédié à Confucius et lieu emblématique de la culture vietnamienne, est considéré comme le dirigeant le plus puissant du pays, où les organisations de défense des droits dénoncent une répression accrue de toute voix critique du pouvoir.

La semaine dernière, l’ONG Human Rights Watch a exhorté Emmanuel Macron dans une lettre à «faire pression» publiquement sur le gouvernement vietnamien pour qu’il «libère sans condition toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association, de religion et de réunion». Une telle interpellation n’est pas dans les usages du président français qui assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Élysée espère «renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense».

Et le chef de l’État entend marteler son offre de «troisième voie» à ce pays d’Asie-Pacifique particulièrement exposé à la concurrence sino-américaine. «Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale», où Pékin se fait de plus en plus offensif dans ses revendications territoriales, glisse un haut responsable de la diplomatie française. Mais il est aussi en pleines négociations pour tenter d’échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump, alors que les États-Unis sont le plus grand marché des exportations de l’industrie manufacturière vietnamienne.

Des «règles» plutôt que la «jungle»

Énoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la «stratégie indo-pacifique»  d’Emmanuel Macron consiste à proposer une troisième voie aux pays de la région. Et elle trouve selon Paris toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.

De manière plus ou moins subliminale, le président français devrait avoir un message pour chacun. Pour le président américain, en défendant les «règles du commerce international» plutôt que la loi de la «jungle», selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une «concurrence équitable», en martelant que la France est un partenaire «respectueux» de «la souveraineté» des pays de la région. Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leurs armements, mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, «déstabilise l’Asie» et non seulement l’Europe.

Au Vietnam, cette posture de «puissance d’équilibre» peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les États-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa «diplomatie du bambou».

(source: lefigaro.fr)

Pape François – Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique de Singapour

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Le pape François rencontre les autorités de Singapour ainsi que des membres de la société civile et du corps diplomatique au théâtre du Centre Culturel de l’Université Nationale de Singapour. Le Saint-Père présidera ensuite une messe au stade national Sports Hub de Singapour. Retrouvez toutes les étapes du voyage du pape François en Asie du Sud-Est et en Océanie sur KTO et ktotv.com


«La foi du Timor oriental a ému le Pape» confie l’archevêque de Dili

Un moment de la rencontre du Pape avec des jeunes à Dili, lors de son voyage apostolique au Timor oriental. (Vatican Media)

Bernardo Suate – Envoyé spécial à Dili, Timor oriental

Ce fut «un événement historique, une fête pour le peuple du Timor oriental, une fête de la foi pour l’Église catholique dans le pays». S’adressant aux médias du Vatican, l’archevêque de Dili, le cardinal Virgílio Carmo da Silva, a dressé un premier bilan de la visite du Pape François dans ce pays asiatique, qui s’est achevée ce mercredi 11 septembre, après deux jours de rencontres intenses.

La force de la foi du Timor oriental 

Le cardinal a rappelé la visite de saint Jean-Paul II, qui a eu lieu il y a 35 ans, alors que Dili était encore la capitale d’une province indonésienne. Il a souligné que le Pape François était le premier pontife à se rendre au Timor oriental depuis que le pays est devenu indépendant. «Le gouvernement, l’Église et tout le peuple ont contribué au succès de cette visite», a souligné le cardinal, en insistant sur le fait que «la force de la foi présente dans ce jeune pays a ému le Pape lui-même et presque le monde entier».

«Vous êtes Timorais, vous êtes catholiques et vous avez votre propre identité»

S’attardant sur les fruits de la visite du Souverain pontife, le cardinal Carmo da Silva a rappelé tout d’abord la devise du voyage apostolique: «Que ta foi soit ta culture», soulignant ensuite l’importance de la relation entre foi et raison. Un thème, a-t-il expliqué, qui, au cours du mois dernier, a également été exploré au niveau académique et gouvernemental. Se penchant par ailleurs sur le long «processus de construction du pays,

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Sommet Trump – Kim à Singapour: la poignée de main historique

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Vers la signature d’un document commun « pour une nouvelle ère et un changement très important »

Invitations à visiter le pays

A l’issue de leurs entretiens, les deux dirigeants se sont lancés des invitations à visiter le pays de l’autre: ce que chacun a accepté de bon coeur et « avec joie », d’après les médias officiels. Donald Trump s’est engagé à cesser les exercices militaires conjoints habituels avec la Corée du Sud en contrepartie de la « promesse de dénucléarisation » par son homologue, mais la présence militaire américaine dans la région sera encore maintenue « pour un temps ».