Affaire « 3 811 milliards d’ariary » : La société civile réclame des têtes et des comptes

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Après la publication des rapports d’audit de la Cour des comptes, les OSC pointent directement du doigt l’ancien président de la République, son Premier ministre et son ministre de l’Économie et des Finances.

À la suite de la publication des rapports d’audit de la Cour des comptes révélant un gouffre de 3 811 milliards d’ariary entre 2022 et 2025, les organisations de la société civile (OSC) reviennent à la charge. Hier, lors d’une deuxième déclaration, elles ont exigé des sanctions exemplaires contre les anciens dirigeants.

L’heure est à l’indignation, mais aussi à l’exigence de justice. Le chiffre continue de faire couler de l’encre : 3 811 milliards d’ariary. Soit, selon les calculs des experts, près du quart du budget de l’État qui se serait « volatilisé » ou aurait été détourné durant la période 2022-2025. Face à ce qu’elles qualifient d’« abus de confiance majeur », les forces vives de la nation, regroupées sous des enseignes telles que le mouvement ROHY, l’AVG ou le CCOC, ont décidé de hausser de nouveau le ton.

Mitaky ny fanasaziana ireo tompon’andraikitra ambony teo aloha rehetra ny firaisamonimpirenena


Grand courage

Dans leur deuxième déclaration officielle, hier, les OSC n’ont pas tari d’éloges envers la Cour des comptes. Elles saluent le « grand courage » de cette institution qui, malgré les pressions, les dissimulations et un manque flagrant de moyens, a mené à bien sa mission. « Ces documents constituent une victoire pour le droit à l’information des citoyens », martèlent les signataires. Elles n’ont pas manqué de souligner le rôle crucial des lanceurs d’alerte et de certains responsables actuels, notamment le ministre des Finances et de la Rénovation, dont l’ouverture d’esprit a permis un audit libre. Pour la société civile, c’est la preuve qu’une gestion intègre est possible, même au sein d’un système gangrené par l’opacité.

Mesures concrètes 

Le constat est sans appel : mauvaise gestion, inefficacité administrative et détournement de fonds au profit d’une minorité.

Pour les signataires (Akon’ny Fampandrosoana ny Olompirenena, MSIS Tatao, PFNOSCM, entre autres), la responsabilité est hiérarchique. Ils pointent directement du doigt l’ancien président de la République, son Premier ministre et son ministre de l’Économie et des Finances. « Ils doivent être sanctionnés en conséquence », réclame-t-on. Mais au-delà des peines pénales, c’est le recouvrement des avoirs qui est au cœur des préoccupations. La société civile demande des mesures concrètes pour restituer à l’État les biens pillés, sans distinction entre les entreprises défaillantes, leurs complices ou les fonctionnaires ayant servi d’instruments à ces manœuvres.

Sentinelles vigilantes

En tout cas, les organisations appellent chaque Malgache à sortir de la passivité. « Refusons le laisser-aller et le pillage », lancent-elles. La lutte contre l’impunité est désormais présentée comme le chantier prioritaire pour la survie de la nation. Soutenant la volonté de fermeté affichée par le président de la Refondation et son Premier ministre, les OSC promettent de rester des sentinelles vigilantes. À Madagascar, le combat contre les « fléaux de la nation » vient de franchir une étape décisive.

(source: Julien R. – Midi M/kara)

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