Mercredi, l’équipe qui gère la stratégie de la Gen Z de Madagascar s’est réunie dans une salle anonyme au premier étage d’un petit immeuble du centre d’Antananarivo. La place de l’Indépendance, où convergeaient les cortèges les jours précédents, n’est pas loin. En face, il y a un petit bar à vin pour touristes, sans touristes. Les ordinateurs ont été installés. On chuchote. On se passe des tee-shirts tout neufs, floqués du symbole des soulèvements de la Gen Z dans le monde, le drapeau pirate du manga One piece, mais dans sa version locale avec le chapeau de paille malgache. « C’est la première fois qu’on peut les porter sans crainte », raconte Marie Christina Kolo, une des responsables du mouvement.
« Mais l’important, c’est de ne pas baisser les bras et de rattraper le manque à gagner actuel. » Cette détermination palpable témoigne de l’esprit d’entreprise qui anime ces trottoirs, prêts à retrouver leur rythme d’antan. La réouverture des boîtes de nuit et autres établissements nocturnes insuffle une nouvelle vie à l’économie locale. Ce renouveau n’échappe pas aux taxis qui voient leurs clients revenir progressivement. Le ronronnement des moteurs, longtemps étouffé par les restrictions, résonne à nouveau dans les rues, signe d’un retour à une certaine normalité. Cependant, cette reprise n’est pas exempte d’une prudence palpable. La foule n’a pas encore retrouvé son effervescence d’avant et les noctambules ont tendance à rentrer plus tôt. Les affaires se concentrent désormais sur la période s’étendant jusqu’à 2 heures du matin, sans aller au-delà. La population, marquée par la période d’incertitude, reste vigilante. « Il faut rester attentifs et rentrer plus tôt, » avertissent certains habitants. « Car malgré la fin du couvre-feu, les vigilances communautaires au niveau de certains quartiers continuent d’être opérationnelles. » La fin des couvre-feux n’est donc pas seulement la levée d’une contrainte, mais une véritable bouffée d’oxygène pour ceux qui font de la nuit leur principal pourvoyeur. Si une prudence collective persiste, la volonté de retrouver une vie sociale et économique plus libre anime les cœurs et les rues. L’heure est à la reconstruction, à la relance, et à la redécouverte des plaisirs simples, mais essentiels, de la vie nocturne.
(source: N.R. – laverite.mg)




