Gen Z

Conjoncture politique – Une semaine effervescente pointe son nez

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La semaine sera riche en actualités politiques. Avec plusieurs événements d’envergure au programme, l’arène politique pourrait entrer en effervescence durant les prochains jours.

Des membres de la Gen Z brandissant leur banderole sur la place d’Ambohijatovo, samedi.

Une semaine agitée. C’est ce qui s’annonce, à s’en tenir aux différents rendez-vous politiques au programme. Entre les événements et les discours qui s’y tiendront, la politique pourrait dominer les débats et les actualités durant les jours à venir.

Les hostilités pourront démarrer dès aujourd’hui avec l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Avec la Haute Cour constitutionnelle (HCC) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Chambre basse est la cible d’une des principales revendications de la Gen Z, à savoir leur dissolution. Une « exigence » qui a amené ces derniers à descendre dans la rue depuis vendredi.

La cérémonie d’ouverture de la session impromptue de l’institution de Tsimbazaza pourrait justement être une occasion pour les députés, qui sont vilipendés par la Gen Z et une partie de l’opinion publique, de faire corps. De même pour les présidents des trois institutions précitées. Florent Rakotoarisoa, président de la HCC, et Thierry Rakotonarivo, président de la CENI, devraient, en effet, être présents à cet événement.

Mais Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, pourrait aussi profiter de son discours d’ouverture de la session pour répondre à ses détracteurs, notamment aux jeunes manifestants. L’homme au perchoir est accusé de tous les abus et déviances via des cascades de publications sur les réseaux sociaux ces derniers temps. L’autre grand rendez-vous politique de cette semaine sera le coup d’envoi de la concertation nationale des jeunes, demain, au Centre de conférences international (CCI) d’Ivato.

Sauf changement, le colonel Michaël Randrianirina devrait être présent et tenir une allocution durant cette cérémonie au CCI Ivato. Après sa réprimande contre la Gen Z, dans une déclaration médiatique en marge d’un événement à Androhibe vendredi, d’aucuns attendent de voir quel sera le ton de son discours demain. Sa réaction au retour dans la rue des jeunes manifestants vendredi a engendré de vives polémiques.

D’autres souhaitent également entendre l’allure du discours d’Alain Désiré Rasambany, ministre de la Jeunesse et des Sports. Lui qui, durant une conférence de presse jeudi, a soutenu que « ce n’est pas dans la rue ou sur les réseaux sociaux, mais durant la concertation nationale que nous allons débattre des décisions à prendre sur vos revendications concernant les institutions ». Des mots qui lui ont valu de vives réactions de la part d’une partie de l’opinion publique.

Deux événements en parallèle

La liberté de tenir des manifestations publiques a en effet été une des revendications martelées en septembre et octobre. En principe, le rendez-vous de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, avec les députés se tiendra le lendemain de l’ouverture de la concertation nationale des jeunes. Lire la suite »

Institutions – La HCC et l’Assemblée nationale de nouveau secouées

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Le président de l’Assemblée nationale (à g.) et celui de la HCC (à dr.), durant un événement au CCI Ivato.

Une dissolution, et après? La question s’impose après la nouvelle offensive lancée par la Gen Z contre la Haute Cour constitutionnelle (HCC) et l’Assemblée nationale. Avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ces deux institutions se retrouvent à nouveau dans l’œil du cyclone après que les jeunes militants de la Gen Z aient, une nouvelle fois, réclamé leur dissolution.

Dans une déclaration à la presse, mercredi, la Gen Z a fait part de sa déception quant à la tournure prise par la gouvernance de la Transition. En dénonçant des dérives, l’organisation qui a été aux manettes des manifestations de septembre et octobre 2025 affirme que «les dirigeants s’éloignent des revendications exprimées dans la rue». La Gen Z soutient que « c’est un changement radical du système que nous avons exigé ensemble, et non de simples réaménagements de façade ».

Dans la foulée, les jeunes de la Gen Z « exigent sans condition » la dissolution de la HCC, de la Chambre basse et de la CENI. « (…) ces institutions que nous jugeons défaillantes et constituant un véritable obstacle au changement », affirment-ils. S’agissant de la CENI, la dissolution pourrait ne pas avoir d’effet sur le bon déroulement de la vie nationale, étant donné que le pays est en dehors d’une période électorale. Lire la suite »

Colonel Michaël Randrianirina: Hafatra mafonja (Antsirabe)

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Fihaonana tamin’ireo Tanora Gen Z sy ny Firaisamonim-pirenena ny Sabotsy 31 Janoary 2026 tao amin’ny Oniversiten’ny Vakinankaratra: « Tsy ekena ny fanakorontanana. Lasa misy Fikambanana Gen Z 70 (fitopolo) ao Antananarivo. Miala ny Mpitondra raha ny atao mihitsy no tsy mety! … « .


Transition – La communauté internationale s’aligne sur les vingt-quatre mois

Les partenaires de Madagascar entérinent la « Transition » de vingt-quatre mois à Madagascar. Pour l’Union africaine, notamment, la présidentielle attendue au terme de cette période devrait ouvrir la voie à la levée des sanctions qu’elle a prononcées contre la Grande île.

Le Chef de l’État et l’Envoyé spécial de l’UA, durant leur rencontre dimanche, à Ivandry.

Deal. La communauté internationale acte le délai de vingt-quatre mois prévu pour la situation d’exception dans laquelle se trouve Madagascar. Elle se projette d’emblée sur l’organisation de l’élection présidentielle qui y mettra fin. Par ailleurs, tandis qu’au sein du microcosme politique, le débat sur la qualification de cette période reste ouvert, l’Union africaine (UA), via son Envoyé spécial, parle de « Transition ».

«Nous allons, en tant qu’Union africaine, travailler sur cette période de Transition qui va nous mener à vingt-quatre mois de ce processus qui débouchera sur une élection présidentielle», déclare ainsi Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial de l’Union africaine, à l’issue d’une rencontre avec le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, à sa résidence à Ivandry, dimanche. Une rencontre qui marque le point final d’une mission d’évaluation de la situation politique dans le pays, par la délégation de l’UA.

Le ton est aussi donné du côté de l’Union européenne (UE). Après une rencontre avec Thierry Rakotonarivo, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le 30 janvier, Roland Kobia, ambassadeur de l’UE, a publié sur sa page Facebook : « les élections libres et transparentes sont une priorité de la Refondation de Madagascar, et de l’Union européenne. Le travail doit être soutenu à tous les niveaux pour être prêt dans le délai de vingt-quatre mois. L’UE est prête à accompagner toutes les institutions et la population dans cet objectif clé pour le pays ».

Outre ces déclarations, depuis le 28 janvier jusqu’au 14 février, une mission d’évaluation des besoins électoraux est dépêchée par les Nations Unies dans la Grande île. Selon les explications, cette mission a été déployée suite à la demande de Madagascar, via « une lettre officielle adressée aux Nations Unies, en décembre 2025 ».

Présidentielle contre levée des sanctions

Comme son nom l’indique, la mission de la délégation conduite par Simon-Pierre Nanitelamio, directeur adjoint de la division de l’assistance électorale de l’ONU, est d’évaluer les besoins de Madagascar pour l’organisation des prochaines échéances électorales. «Nos partenaires internationaux affirment être prêts à nous soutenir dans l’organisation des différentes échéances électorales prochaines. Que ce soit le référendum ou la présidentielle», confie une source avisée. Lire la suite »

SADC à Madagascar : Une mission technique de 7 jours

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La mission de la SADC à Madagascar démarre officiellement ce mercredi 22 octobre, avec le début de la séance de travail au Palais d’Etat d’Iavoloha.

Le Président de la Refondation de la République de Madagascar, Colonel Michael Randrianirina, reçoit la délégation de la SADC, depuis ce matin, à Iavoloha.

Une rencontre de 4 jours

La SADC, conduite par le Pr Kula Ishmael Theletsane, effectue une mission de reconnaissance de la situation politique à Madagascar. Pour rappel, le Sommet extraordinaire de la Troïka de l’Organe de la SADC du 16 octobre 2025 a décidé de déployer une mission technique d’établissement des faits à Madagascar.
Ainsi, la séance de travail avec les responsables actuels à Iavoloha se tiendra pendant 4 jours, soit à partir de ce mercredi 22 octobre jusqu’au samedi 25 octobre. L’objectif étant d’établir un rapport sur les faits réels à Madagascar. Par ailleurs, il est important de mentionner que la mission technique a débuté le 19 octobre, et ne prendra fin que le 27 octobre.
Comme il s’agit d’une réunion à huit clos, seuls les déclarations officielles devant la presse et les communiqués de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar pourraient dévoiler les sujets évoqués si nécessaire.

Une participation de toutes les parties prenantes

La délégation de la SADC est composée des hauts fonctionnaires des États membres de la Troïka de l’Organe, à savoir le Malawi (Présidence en exercice), l’Eswatini (Présidence entrante) et la Tanzanie (Présidence sortante). Et ce, avec la présence d’une équipe du Secrétariat de la SADC chargée des questions politiques et sécuritaires.
Pour Madagascar, les parties prenantes nationales sont réunies à Iavoloha, notamment les institutions publiques, les forces de sécurité, les formations politiques, les organisations de la société civile et les représentants de la jeunesse (Gen Z). Le corps diplomatique et les organisations internationales présentes à Madagascar figure également dans la liste des participants.
Les conclusions de cette mission feront l’objet d’un rapport présenté au Sommet de la SADC. Le deadline est fixé le 31 octobre.

(source: moov.mg)

Situation politique à Madagascar: une mission de la Sadc dans nos murs

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Une délégation de la Sadc conduite par le professeur Kula Ishmael Theletsane, a débarqué hier à l’aéroport d’Ivato. Elle viendra pour une médiation et une recherche de solution.

Le responsable des affaires politiques et de la sécurité au sein de la Sadc a déclaré aux journalistes que l’objectif de la visite au pays de la délégation sera d’écouter et de consulter les forces vives du pays, ainsi que les opposants politiques pour trouver une solution. Concernant la direction de la Sadc en l’absence de l’ancien président Andry Rajoelina, président de ce groupe, il a indiqué que ce n’était pas le sujet de discussion pour le moment. Le voyage sera axé sur le dialogue entre les Malgaches afin de trouver une solution, a-t-il pré­cisé.
La durée du séjour de la délégation à Madagascar n’est pas précisée. Cela dé­pendra de la conclusion de toutes les consultations, notamment d’une rencontre avec le président de la Re­fondation de la République, Michaël Randrianirina.

Réunion avec les ambassadeurs de la Sadc

Par ailleurs, la Secrétaire exécutive adjointe pour l’intégration régionale (DES-RI) de la Sadc, Angèle Makombo N’tumba, a tenu une réunion de courtoisie avec les ambassadeurs représentant les Etats membres de la Sadc à Washington DC, le 17 octobre dernier, en marge des rencontres FMIWBG 2025 selon le site de l’organisation ré­gionale. Solo Andry Lanto­soa Rakotomalala, ambassadrice de la République de Madagascar, a présidé la rencontre.

Lors de cette réunion, Angèle Makombo N’tumba a informé les participants des décisions importantes prises lors du 45e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que du Con­seil des ministres de la Sadc, tenu en août 2025 dans la Grande île. Elle a également fait le point sur l’avancement de la mise en œuvre du Plan stratégique indicatif régional de développement (RISDP) 2020-2030, et profité de cette occasion pour féliciter la contribution des am­bassadeurs dans la création du Forum de dialogue Sadc-USA, officialisé par le Con­seil de la Sadc en mars 2024. Ce forum renforce la coopération entre la Sadc et les Etats-Unis, en mettant l’accent sur la paix, la sécurité et la collaboration économique.
La réunion de vendredi a également abordé les répercussions des tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis à plusieurs membres de la Sadc et souligné les effets économiques importants. Les participants ont appelé à un engagement politique et diplomatique urgent pour atténuer ces impacts. Les ambassadeurs ont réaffirmé leur engagement collectif à renforcer les relations diplomatiques et à poursuivre des partenariats stratégiques soutenant le développement régional.

(source: F.M – newsmada.com)

Tribune libre – Gen Z : Se préparer à gouverner ou se résoudre à subir ?

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Introduction

La Génération Z a ouvert une brèche civique. Le premier objectif est atteint avec le départ du président. Dans le même mouvement, une double captation du pouvoir s’est engagée par une partie de l’appareil militaire et par des acteurs politiques installés. Le choix est désormais simple. Soit subir une restauration de l’ancien système sous d’autres habits. Soit transformer l’énergie sociale en mandat civique, avec des valeurs lisibles et une feuille de route courte qui protège les vies et les services essentiels.

Où en sommes-nous après le départ du président

Le pays entre dans une zone de flottement institutionnel et symbolique. La rue a imposé le tempo. La décision d’écarter le chef de l’État a validé un premier palier de la pression citoyenne. Dans le même temps, l’annonce d’un intérim militaire et l’activation rapide de réseaux politiques chevronnés ont déplacé l’axe de décision. Les signaux publics et les récits médiatiques ont créé un effet halo qui fige la perception et installe l’idée de fait accompli. Il faut donc revenir aux fondamentaux. Dater les faits. Séparer ce qui est confirmé de ce qui est contesté. Redonner la main à un processus civique clair.

Cadre constitutionnel effectif

  • La HCC a constaté la vacance de la Présidence et de la Présidence du Sénat le 14 octobre
  • Continuité des institutions maintenue
  • Présidentielle à organiser sous trente à soixante jours
  • Pendant la vacance, la dissolution fondée sur l’article 60 est écartée par la HCC

Décret de dissolution de l’Assemblée nationale

  • Décret daté du 14 octobre prononçant la dissolution
  • Contentieux d’articulation entre ce décret et la décision de vacance de la HCC
  • Actes pris par l’Assemblée le 14 octobre demeurent contestés

Institutions à l’instant T

  • HCC en position de régulateur et d’arbitre
  • Assemblée nationale sous décret de dissolution contesté
  • Sénat avec présidence vacante
  • Gouvernement déclaré dans l’impossibilité d’assurer l’intérim par la HCC

Serment prévu le 17/10/25

  • Prestation de serment annoncée vendredi 17 octobre devant la HCC
  • Forme et portée juridiques à confirmer sur pièces

Points juridiques à surveiller

  • Chronologie exacte entre constat de vacance et décret de dissolution
  • Validation juridictionnelle des actes parlementaires du 14 octobre
  • Fixation et publication du calendrier de la présidentielle conformément à la décision de la HCC

La vague civique chevauchée

Constat simple

  • Des segments de l’institution militaire ont profité de la vague Gen Z pour s’installer au centre du jeu.
  • Des dinosaures de la politique se sont engouffrés dans l’intervalle pour reconstruire un compromis à leur main.
  • La Gen Z est abasourdie. Elle découvre la vitesse à laquelle un vide politique se remplit. Le vide attire le chaos…
  • La Gen Z n’était pas prête à entrer en politique. Elle disposait d’une force sociale, pas d’une architecture de délégation.
  • La légalisation a pris la forme d’un enchaînement de décisions contestées dans leur esprit et leur calendrier. Le débat sur la constitutionnalité est ouvert et appelle un arbitrage de droit, pas un glissement de fait. La Gen Z est obligée d’adopter une position défensive et se justifier auprès de l’opinion publique.

Conclusion provisoire
Le mouvement n’est pas un coup d’État. Il demeure une révolte populaire qui rappelle 1972 par son ressort social. C’est la traduction institutionnelle qui dévie vers une captation militaire et partisane. Cette distinction est cruciale pour préserver le capital moral accumulé.

Un coup d’État, c’est la prise du pouvoir au sommet de l’État par un petit groupe qui bypasse les règles constitutionnelles. Au regard des faits établis, on est face à une prise de pouvoir militaire hors chaîne constitutionnelle, donc un coup d’État.

(lire la suite: madagascar-tribune.com)

A Madagascar, la Gen Z refuse de se voir confisquer sa victoire

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Au lendemain de la prise de pouvoir par des militaires, les jeunes manifestants qui depuis fin septembre réclamaient le départ du président Andry Rajoelina oscillent entre satisfaction et indignation face aux tentatives de récupération.

Des étudiants de l’université d’Antananarivo se réunissent pour discuter de leur rôle dans le futur gouvernement de Madagascar, le 15 octobre 2025. LUIS TATO / AFP

Au lendemain de la prise de pouvoir par un groupe d’officiers menés par Michaël Randrianirina mardi 14 octobre, les jeunes contestataires de la génération Z (Gen Z), qui durant près de trois semaines ont occupé les rues de la capitale malgache, racontent qu’ils ont hurlé de joie à l’annonce de la destitution du président Andry Rajoelina, en fuite depuis dimanche. Cela a mis un terme aux manifestations, à la répression (une vingtaine de morts depuis le 25 septembre), mais est aussi le fruit d’un malentendu, voire d’un piège, visant à auréoler les militaires putschistes de la légitimité des protestataires.

Mercredi, l’équipe qui gère la stratégie de la Gen Z de Madagascar s’est réunie dans une salle anonyme au premier étage d’un petit immeuble du centre d’Antananarivo. La place de l’Indépendance, où convergeaient les cortèges les jours précédents, n’est pas loin. En face, il y a un petit bar à vin pour touristes, sans touristes. Les ordinateurs ont été installés. On chuchote. On se passe des tee-shirts tout neufs, floqués du symbole des soulèvements de la Gen Z dans le monde, le drapeau pirate du manga One piece, mais dans sa version locale avec le chapeau de paille malgache. « C’est la première fois qu’on peut les porter sans crainte », raconte Marie Christina Kolo, une des responsables du mouvement.

Manifestations : Prise de la Place du 13 mai avec le CAPSAT

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(0169midi-masagasikara.mr)

Depuis la matinée du samedi 11 octobre, le calme apparent dans la capitale a volé en éclats.

À Soanierana, le camp Capsat ou Corps d’Armée du Service Administratif et Technique a été le théâtre d’un tournant inattendu. Des militaires de ce camp, menés par les colonels Mickael Randrianirina et Lucien Rabearimanana, ont publiquement déclaré leur soutien au mouvement de rue qui agite Antananarivo depuis plusieurs semaines.

Cette déclaration, prononcée depuis l’intérieur du camp, a eu l’effet d’une onde de choc. Dans les rues de la capitale, les manifestants ont accueilli avec enthousiasme cette prise de position inédite. En début d’après-midi, la hiérarchie militaire a tenté de reprendre la main. Les généraux Jocelyn Rakotoson et Razafitombo ont été dépêchés sur place pour négocier avec la faction du Capsat. Mais les pourparlers ont tourné court.

En fin d’après-midi, la tension est montée d’un cran. Les militaires du Capsat, désormais rejoints par le général Lylyson De René, ont quitté leur camp pour descendre dans la rue aux côtés des manifestants. Ce soutien armé inattendu a bouleversé l’équilibre des forces. Les barrages dressés par l’Emmo ou l’État-Major mixte opérationnel, depuis Anosy jusqu’à la Place du 13 mai ont été rapidement levés. Face à la détermination des militaires dissidents, gendarmes et policiers se sont repliés vers leurs camps respectifs, laissant les manifestants accéder à la place symbolique du 13 mai en début de soirée.

Dialogue

Ce basculement a provoqué une onde de choc politique et militaire. La défection partielle du Capsat a non seulement fait sauter le dispositif de maintien de l’ordre, mais a aussi mis à nu les fractures internes au sein des forces armées. Hier dimanche, des généraux de la Gendarmerie ont tenté d’apaiser la situation en publiant une déclaration soulignant leur neutralité et leur volonté de dialogue, tout en montrant patte blanche vis-à-vis des positions prises par les militaires du Capsat.

Depuis samedi matin, une réalité s’est imposée : les militaires ont déserté les rangs de l’Emmo, censés assurer le rétablissement de l’ordre dans la capitale. À Analakely comme à Anosy, seuls les gendarmes et les policiers ont été visibles, témoignant de la recomposition en cours du dispositif sécuritaire. La descente du Capsat dans la rue marque, une nouvelle fois, un tournant historique dans la crise politique actuelle. En rompant avec la discipline hiérarchique pour se ranger du côté du peuple, une partie de l’armée vient de redessiner les lignes du rapport de force à Antananarivo.

(source: Rija R. – Moido M/kara)