La Banque européenne d’investissement (BEI), a annoncé hier le décaissement de 30 millions d’euros pour soutenir des projets de développement initiés par le secteur privé. Ambroise Fayolle, vice-président de cette institution financière actuellement de passage à Madagascar l’a annoncé hier lors de sa rencontre avec Andry Rajoelina à Iavoloha.
Deux projets de développement vont bénéficier de ce financement. Le premier projet dénommé « WeLight », reçoit un financement à hauteur de 10 millions d’euros et concerne l’élaboration ainsi que la construction de mini-parcs solaires dans 120 villages de la Grande Ile, actuellement non raccordés au réseau de la Jirama. Ces « mini-grid » permettront aux habitants des villages les plus reculés d’accéder à une énergie propre et abordable. Le mini-grid de WeLight est composé d’une petite centrale solaire connectée à un réseau de distribution. Ces mini-grids devraient fournir l’accès à l’électricité à 45 000 ménages et entreprises qui seront dotés de compteurs pour la facturation. Un pas pour l’électrification rurale car selon la Banque mondiale, la grande île figure parmi les pays les moins électrifiés du continent africain avec un taux évalué à seulement 33 %.
Le second projet, relatif à l’industrie agro-alimentaire, avec un accord de financement à hauteur de 20 millions d’euros, en partenariat avec l’entreprise Sahanala, se décline en deux volets.
La nouvelle économiste en chef à la direction générale de la concurrence a conseillé, par le passé, Amazon, Apple et Microsoft, de quoi faire craindre à certains qu’elle défende mal les intérêts européens. La France avait demandé à Bruxelles de revenir sur ce choix.
Fiona Scott Morton, en 2023. WIKIMEDIA COMMONS
La Commission européenne « ne voit pas de raison de reconsidérer » le recrutement controversé de l’Américaine Fiona Scott Morton, ex-lobbyiste et ancienne cadre de l’administration Obama, à un poste-clé pour la régulation des géants de la tech. C’est ce qu’a annoncé vendredi 14 juillet la porte-parole de la Commission, Dana Spinant, lors du point de presse quotidien. Le gouvernement français avait demandé jeudi à l’exécutif européen de revenir sur ce choix, une requête reprise vendredi par les chefs des quatre principaux groupes politiques au Parlement européen qui dénoncent les risques de conflit d’intérêts et d’ingérence de Washington.
L’exécutif européen, présidé par Ursula von der Leyen, avait annoncé mardi que Fiona Scott Morton, professeure d’économie à l’université de Yale, avait été choisie comme nouvelle économiste en chef à la direction générale de la concurrence. La nomination a provoqué des réactions indignées. Des élus de tous horizons politiques ont relevé ses anciennes fonctions de responsable de l’analyse économique à la division antitrust du ministère américain de la justice, entre mai 2011 et décembre 2012, ou de consultante pour des grands groupes de la Silicon Valley comme Amazon, Apple et Microsoft.
« Examen minutieux »
« La régulation du numérique est un enjeu capital pour la France et pour l’Europe. Cette nomination mérite d’être reconsidérée par la Commission », avait réagi jeudi soir la ministre des affaires étrangères française, Catherine Colonna.
Au Parlement européen, les chefs des groupes PPE (droite), l’Allemand Manfred Weber, S&D (sociaux-démocrates), l’Espagnole Iratxe Garcia Perez, Renew (centristes et libéraux), le Français Stéphane Séjourné, et Verts, le Belge Philippe Lamberts, ont également écrit à la Commission pour lui demander « d’annuler cette décision ». Lire la suite »
Les eurodéputés ont adopté ce règlement européen dont l’ambition est de restaurer les espaces naturels dégradés afin de préserver les écosystèmes. « Le Parlement européen a écrit l’histoire », s’est réjoui l’eurodéputé Renaissance Stéphane Séjourné, dont le groupe a œuvré au compromis
Narendra Modi est l’invité d’honneur du défilé militaire du 14-Juillet, à Paris. Une nouvelle consécration pour le leader nationaliste hindou après celle de Washington où il a été reçu, fin juin, dans le cadre d’une visite d’État.
C’est aussi l’occasion pour le chef de l’État français de consolider une relation stratégique avec un acteur international majeur. Quelle position la France doit-elle adopter face à un partenaire clé mais qui est accusé de dérive autoritaire dans son pays ?
France/Inde : l’Inde, « tremplin des pays du sud » ?
France/Inde : l’Inde, est-elle vraiment le « tremplin des pays du sud », comme l’affirme le Premier ministre Narendra Modi reçu par Emmanuel Macron pendant deux jours ?
La philosophie de Narendra Modi: le « moteur » d’un pays, c’est le « nationalisme »
La compagnie minière Ambatovy qui organise des portes ouvertes cette semaine à la Gare de Soarano affirme avoir versé 43,3 millions de dollars (soit 198 milliards d’ariary) d’impôts, de taxes et de redevances dans les caisses de l’Etat en 2022.
La société minière qui exploite le nickel et le cobalt fait savoir par ailleurs qu’elle a consacré plus de 340 millions de dollars aux achats de biens et services sur le marché local. Un investissement important qui intervient directement sur le marché, créant dans la foulée 12.900 emplois dont 90% sont occupés par des malgaches.
Les ristournes versées par ce grand projet minier auprès des collectivités se s’élèveraient à près de 55 milliards d’Ariary. En 2018, une vingtaine de communes et deux régions, l’Alaotra Mangoro et Atsinanana, ont bénéficié de ces ristournes. Des ristournes cumulées depuis le début de la phase d’exploitation du projet.
Ambatovy a dû réduire sa production au cours de l’année dernière mais elle est prête à renverser la tendance cette année. Sa production devrait passer de 35.000 tonnes à 40.000 tonnes pour le nickel. Pour le cobalt, elle devrait passer de 3.500 tonnes à 3.600 tonnes. Une hausse de production qui devra impacter sur les redevances minières à verser auprès de l’Etat et des collectivités décentralisées.
Au nom de l’inclusion financière. C’est en ce sens que la Société financière internationale a initié un partenariat avec trois institution financière malagasy. Ce partenariat financier de l’ordre de 27 millions de dollars s’adresse ainsi à la Première agence de microfinance (PAMF), l’UNICECAM (CECAM) et la BFV – Société générale Madagasikara (SGM) pour améliorer l’accès au financement des Micros, petites et moyennes entreprises (MPME), renforcer le secteur financier résilience et contribuer à stimuler la croissance économique. Malgré leur poids dans les économies locales et en dépit de leur rôle moteur en termes de développement économique, les PME ont un accès très limité au marché des financements car ce sont principalement les grandes entreprises, souvent étrangères, qui bénéficient de la majorité des financements. En effet, les difficultés d’accès aux financements sont le premier obstacle au développement des PME assez loin devant les problèmes de corruption, de déficience des infrastructures ou bien de fiscalités abusives. Ces PME connaissent des contraintes de financement importantes. Privées de l’accès au marché des financements, les PME couvrent le plus souvent la totalité de leurs besoins par des ressources personnelles. Raison pour laquelle, l’IFC investira jusqu’à 27 millions de dollars équivalents en monnaie locale, en financement à long terme dans ces 3 institutions financières malagasy d’envergure.
Secteur privé
Le financement est composé de prêts équivalents en monnaie locale de 20 millions de dollars à SGM, 5 millions de dollars à CECAM et 2 millions de dollars à PAMF. Les prêts en monnaie locale, qui réduiront le risque de fluctuation des devises, sont soutenus par la Facilité de financement mixte du guichet du secteur privé de l’Association internationale de développement (IDA-PSW) et la Facilité en monnaie locale de l’IDA-PSW. « Les petites entreprises sont essentielles à la croissance économique et à la création d’emplois à Madagascar », a déclaré Marcelle Ayo, responsable nationale d’IFC pour Madagascar. « Le partenariat d’IFC avec ces trois prestataires de services financiers malagasy contribuera à augmenter le financement essentiel pour ces entreprises et enverra un signal de notre soutien au secteur pour attirer davantage d’investisseurs », rajoute Marcele Ayo. Le financement est fourni dans le cadre de l’initiative de la base de la pyramide (BOP) d’IFC, qui vise à permettre aux prestataires de services financiers de rester viables malgré les effets de la pandémie, en les aidant à maintenir leurs opérations et à continuer à soutenir leurs clients MPME. L’initiative est une extension de la facilité Covid accélérée de 8 milliards de dollars d’IFC lancée en 2020. IFC fournira également des services de conseil pour aider ces prestataires de services financiers malagasy à mobiliser davantage d’épargne et de dépôts pour renforcer leurs bilans. Cela comprend un soutien pour développer des stratégies de mobilisation des dépôts, la gestion des risques et des contrôles internes, ainsi que des stratégies numériques pour améliorer le développement et le ciblage de nouveaux produits
Un essai à transformer. La mise en pratique des marchés financiers a désormais des assises bien fondées. Il reste aux opérateurs du secteur privé de s’y adhérer. Avec l’appui de l’État, bien entendu.
Une journée importante. Voilà comment Marcelle Ayo, country manager de la Société financière internationale à Madagascar, SFI, filiale de la Banque Mondiale, qualifie celle de mardi au Novotel d’Alarobia. Où a été présentée la Feuille de route des marchés financiers et l’amélioration du système financier de Madagascar. « C’est la SFI du groupe de la Banque Mondiale qui avait été mandatée par le ministère de l’Economie et des finances (MEF) et la BFM pour réaliser cette feuille de route. Elle devait avancer les recommandations sur ce que Madagascar doit faire sur le court, le moyen et le long terme. Nous avons travaillé avec des experts internationaux associés aux membres du Comité technique local pour s’imprégner des réalités du pays » précise Marcelle Ayo. En fait, les marchés des capitaux peuvent se présenter sous plusieurs formes.
Titres, obligations ou actions. Aivo Andrianarivelo, gouverneur de la Banky Foiben’ny Madagasikara, BFM, a, par exemple cité l’émission des obligations solidaires aux Seychelles qui ont permis à l’État d’obtenir pas moins de 114 millions de dollars. Plusieurs autres pays africains comme le Kenya ou le Nigéria en ont fait de même. Le Botswana a fait du miroir du marché financier de Jo’Bourg pour se prospérer. « Il n’est pas obligatoire de commencer avec un grand projet sans lendemain » avance Frederic Wandey de la SFI dans ses explications préliminaires. Le but essentiel est de recycler l’épargne nationale d’où elle s’endort. Pour servir aux investissements productifs. Les marchés des capitaux peuvent être financiers, monétaires et obligataires ou titres. Des pistes de réflexion ont été élaguées par cette Feuille de route. « Le développement de l’épargne institutionnelle qui doit être canalisée, à travers le marché des capitaux, vers des investissements productifs, comme le logement, les infrastructures ou le financement des PME. Le document propose en outre la nécessité d’améliorer le crédit de l’Etat pour pouvoir développer l’offre de titres financiers sur le marché des capitaux, et de donner aux investisseurs des actifs dans lesquels ils ont investi ».
Autorité de régulation
In fine, « la Feuille de route recommande l’établissement d’une autorité de régulation et de surveillance de marchés et le développement des intermédiaires financiers pour créer de l’activité et garantir le bon fonctionnement du marché et la protection des investisseurs qui y participent » Six chapitres ont été retenus. Le cadre règlementaire et institutionnel s’inspirant des bonnes pratiques et répondant aux standards internationaux, le marché monétaire, les infrastructures du marché, le marché des obligations, et le marché des actions. Il est à rappeler que sous le régime de Didier Ratsiraka, Pascal Rakotomavo, alors ministre des Finances, a lancé l’opération Lelavola Omena fa Vary ho Anstika, LOVA, sous formes d’émissions de titres. Une initiative qui a tourné court au bout d’un enthousiasme au début. Alors la question découle d’elle-même. Des marchés de capitaux, les Malgaches vont-ils se souscrire ? Si aucune date n’a été avancée pour l’ouverture d’une bourse des valeurs, une première estimation évalue à 10 milliards d’ariary la somme endormie quelque part qu’on peut réveiller pour secouer la somnolence économique du moment.
Emmanuel Macron était l’invité exceptionnel de RFI, France 24 et franceinfo ce vendredi. À l’occasion du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial à Paris, le président de la République française a répondu aux questions de Mounia Daoudi (RFI), de Stéphane Ballong (France 24) et de Marc Fauvelle (franceinfo), appelant notamment à une « mobilisation » pour des taxations internationales.
Les dirigeants et chefs d’Etat ont décidé d’accélérer sur la question de la dette, qui touche de nombreux pays du Sud. L’objectif de mobilisation de 100 milliards de dollars via la réallocation de droits de tirage spéciaux a également été atteint, au profit des populations les plus vulnérables. Une mesure insuffisante pour certaines ONG.
Davantage d’argent public mais aussi privé, en priorité pour les pays pauvres: des dirigeants du Nord et du Sud ont plaidé jeudi à Paris pour dégager les milliers de milliards de dollars indispensables à la transition énergétique et à l’adaptation des pays vulnérables au réchauffement de la planète, un problème étroitement lié au développement. Désiré Assogbavi, le directeur Afrique francophone de ONE, est notre invité.