Malagasy
MAHAILALA: Jery sy fomba antandroy. Vahömbey.
Mahailàla. Mahay làlana. Mahafantatra izay ho aleha. Mahatandrina fepetra ahatongàvana soa aman-tsara.
Toa izany ny Malagasy mahay miaina, mivonona lalandava handingana ny fahafatesana izay varavarana fiampitàna any ankoatra fotsiny ihany.
Antony mahatonga antsika manatanteraka fomba sy fanao samihafa izany. Irina ho tsara levenana hatrany ny maty mba hiàngana ho razana hitsinjo ireo mpiriaria ety an-tany.
Izany no atao topimaso ato anatin’ito horonantsary fanadihadiana efa tranaininainy ito. Jerin’ny Tandroy manoloana ny fahafatesana sy ny fomba tanterahana manditra ny fandevenana.
Fikasàn’ny mpanoratra notozoiny an-taona maro ny fanatanterahana ito horonantsary ito. Tovon’ny fikarohana ara-ethnomusicologie nataony ho an’ny anjerimanontolo: “ Conscience d’identité culturelle antandroy ”.
Anisan’ireo sanganasa notanterahany ho an’i RFO – TV5 izy ity. Nanery azy niasa tany Paris-France nandritra ny vanim-potoana sasantsasany teo amin’ny fiainany. Nafahany nanatontosa horonantsary maromaro nikasika ny kolontsaina malagasy tao amin’i RFO – TV5 tany amin’ny taona 1997-98.
Nifarimbonany tamin’i Stefan Troubat ny fanatontosàna ito MAHAILALA ito. Azy manontolo kosa ny fanomanana sy ny fanatanterahana ankapobeny.
Nony nalefa teto Madagasikara izy ity dia natao izay mba haha-malagasy azy kokoa. Efa hatramin’ny 1997 izy io no nokajiana VHS. No-numériser-na mba ho lovain’ny taranaka faramandimby.
Fandrotràrana an-tanàna haolo.
Sitrany ahay mikajy tadidy.
Antsirabe, 25 novambra 2015
ORIGINE DU NOM « ANDROY »
« … l’appellation « Androy » est assez récente. Jusque vers la fin du 17ème siècle, la région comprise entre les fleuves Mandrare et Menarandra porte d’autres noms. En effet, Flacourt qui a vécu pendant près de dix ans à Fort-Dauphin (décembre 1648 – février 1658) et qui, durant son séjour, a eu de nombreuses relations avec les habitants de la région appelée actuellement « Androy » ne mentionne ni ce nom, ni le mot « Antandroy ». Il parle d’une « province des Ampatres » et d’un « pays des Caremboule ». Selon Flacourt (1913 : 63-68), vers le milieu du 17ème siècle, les Ampatres occupaient donc la région située au sud d’Antanimora et comprise entre le Menarandra et le Manambovo. Le nord des deux provinces était occupé par d’autres populations, en l’occurrence les Masikoro.
Au début du 18ème siècle, la situation a déjà changé puisque Drury (1906) qui a séjourné dans le pays pendant une quinzaine d’années à partir de 1702, appelle « Anterndroea » (Antandroy) les habitants de la contrée, et indique incidemment dans son Journal, que l’Angavo fait partie du territoire des Antandroy, territoire limité à l’est et à l’ouest par le Mandrare et le Menarandra. » (Esoavelomandroso 1986 : 122)
Esoavelomandroso, Manassé (1986). Milieu naturel et peuplement de l’Androy. Ph. Kottak et al, Madagascar Society and History, 121-32.
Ny anio sy ny fifidianana 2018: Gilbert Raharizatovo
Journaliste, chroniqueur politique, ancien Ministre de la Communication et de la Culture (et du Patrimoine), ancien membre du CST (Conseil Supérieur de la Transition) sous le régime de Andry Rajoelina.
Fanehoan-kevitra « mahitsy », … fa « sarotra »!
Fomba Antemoro: ny Sorabe sy Sakandro
Fomban-drazana Antemoro Anakara ao Vatomasina, Vohipeno, Faritra Fitovinany: fitsofan-drano, fifampiarahabana amin’ny Taona vaovao.
Fandaharana « Confessions »: Nathalie Rabe
Femme politique, ancienne Vice-Présidente du parti Leader Fanilo fondé par feu Herizo Razafimahaleo, nommé Ministre de la Communication sous la Transition dans le gouvernement de Monja Roindefo. Membre de la Commission Média et média Officer de la CAF (Confédération Africaine de Football), chef d’entreprise…
Elle vient d’être nommée Directrice de la Communication de la CAF en Mars 2018.
Esther Rasoloarimalala Randriamamonjy: académicienne
Esther Rasoloarimalala Randriamamonjy est mère de famille de quatre enfants, grand-mère de neuf petits enfants.
Elle a fait ses classes primaires dans les écoles protestantes à Ambohimahasoa, sa ville natale, et à Fianarantsoa au Collège protestant Rabaut-Saint Etienne, devenu plus tard Collège Randzavola, puis ses études secondaires entièrement au Collège Protestant Paul Minault où elle avait, par la suite, enseigné le malgache, le français et l’anglais , pendant des années. Ayant obtenu une bourse des Eglises, elle a continué ses études supérieures à Strasbourg et à Dijon, suivies par une formation d’éducateur à Birmingham.
Après ses études supérieures à Montpellier, son mari, M. Frédéric Randriamamonjy, Docteur es Sciences, fut nommé ambassadeur de Madagascar en ex-URSS, en Roumanie, en Yogoslavie et en R.D.A. Toute sa famille séjournait à Moscou pendant onze ans.
Grande passion pour la littérature
Pendant toute sa vie tant privée que professionnelle, au pays comme à l’étranger, Esther Randriamamonjy se passionnait pour la littérature, malgache d’abord et étrangère ensuite. Son amour des langues se fusionnait avec son désir de connaître une vaste culture du monde entier et ceci particulièrement à travers la littérature. « Aimer et faire aimer la littérature » restait depuis longtemps sa devise. C’est pour elle, une façon de voyager, de visiter des pays , d’approcher et de connaître des gens de toutes les races, de différentes cultures.
En tant qu’écrivain depuis plus d’une cinquantaine d’années, E.Randriamamonjy aborde presque tous les genres littéraires en malgache : romans, pièces de théâtre, nouvelles, récits, contes, poèmes.
Valorisation de la langue malgache
Pendant un certain temps cette écrivaine qui pense en malgache n’écrit qu’en malgache. « J’ai ma langue qu’est le malgache, une langue bien vivante, florissante et poétique. Je ne vois pas pourquoi je me soucierai des lecteurs qui ne comprennent ni ne parlent ma langue ! Je me contente quand même de produire des articles de fond en français et en anglais sur la culture et la littérature malgaches en général, partout où l’occasion se présente. Et j’en profite pour parler de mes propres travaux. Ceux qui veulent connaître réellement mes écrits, ils les traduisent en leur langue ».
Grâce à la collaboration du Docteur Ludmilla Kartachova, ses romans « Ho avy ny maraina » (« Le matin viendra » ) ainsi que « Trano rava » ( « La maison en ruines ») sont traduits en russe avec un tirage de 950.000 exemplaires qui s’écoulent en moins d’une semaine. …
Littérature sans frontière
Mais d’un autre côté, E.R.Randriamamonjy ne cesse de traduire des œuvres littéraires étrangères mondialement connues en malgache non seulement pour le plaisir et pour démontrer aux gens qui refusent d’admettre que la langue malgache est capable d’exprimer toutes les pensées enrichissantes, mais aussi et surtout pour faire profiter ses lecteurs qui en général ne lisent que le malgache des richesses inouïes qu’apporte la lecture. En effet, elle a publié l’ « Anthologie de la Poésie classique Russe » présentée en version parallèle russe-malgache ainsi que des dizaines de contes russes, français et anglais pour les jeunes et les moins jeunes lecteurs malgaches. Contrairement à ce que l’on pense, il faut croire que les contes, quelle que soit leur provenance ne sont pas uniquement destinés aux enfants. « Mes lecteurs adultes appréciant mes contes par la lecture ou assistant les séances de contes dans les villages, et vue que j’en publie régulièrement dans les quotidiens comme « Tribune » depuis plus de dix ans , semblent ignorer les grands romans étrangers déjà traduits depuis des années en malgache, tel que « Ireo fadiranovana » (« Les Misérables » de Victor Hugo), ainsi que « Vahiny » ( « L’étranger » d’Albert Camus)…
« Ces contes ont fait des heureux partout dans le monde, comme dit l’auteur, pourquoi mes lecteurs malgaches qui ne lisent ni le chinois ni le norvégien ne profiteront-ils pas de ces richesses culturelles et éducatives, dans leur propre langue maternelle ? »
Privilégier la lecture
E. R. Randriamamonjy s’efforce d’encourager la lecture dans les lycées et collèges et utilise tous les moyens pour y arriver. Pour exemple, elle conte en plein air, dans les écoles, dans les églises, sur les places publiques et en même temps présente ses collections de livres. Il semble que de cette façon elle accroît énormément le nombre de ses lecteurs devenus de plus en plus gourmands de lecture. Il faut noter qu’un livre, dans une famille malgache, trouve au moins une dizaine de lecteurs. « Il est faux de dire que les Malgaches ne lisent pas ». La lecture est une habitude et en même temps une culture qu’il faut créer et à laquelle chaque famille, les écoles, chaque éducateur devraient se sentir responsables ».
Récentes publications
Actuellement, notre illustre écrivaine vient de publier un roman français « Retour à l’amer » – Roman à quatre mains, écrit intégralement par é-mail, avec la collaboration d’une amie française Chantal Constant de Bordeaux.
Outre les dizaines d’ouvrages littéraires épuisés et recherchés par les anciens lecteurs qui les réclament pour leurs enfants ou leurs petits-enfants, notre écrivaine intarrissable présente à son actif une vingtaine de titres présents dans toutes les librairies : romans, contes et nouvelles, des pièces de théâtre, jouées jusqu’à une trentaine de fois, soit au théâtre Municipal, soit dans les églises de la capitale et dans les environs, etc. Elle prépare également une collection de brochures « Amboara ny maraina » pour les tout-petits de deux et trois ans commence à paraître avec ses deux premiers titres sur les six qui vont paraître bientôt : « I Kinga sy i Bota » et « Manao baolina i Bota sy i Kinga ». Neuf nouveaux titres verront donc le jour pendant le courant de cette nouvelle année 2008. Plus d’un vont se réjouir et se régaler. En voilà une pierre, deux coups : les deux générations se rencontrent d’une façon détendue et se complètent tout en s’instruisant ; les mamans qui veulent réduire les heures de télé aux tout petits vont être tranquilles et s’amuser, ces derniers commenceront à enrichir leur petite bibliothèque, à connaître, à soigner leurs propres livres et les apprécier très tôt, pour devenir plus tard des grands lecteurs, non seulement des contes mais de tous les ouvrages utiles à leur développement intellectuel, culturel et spirituel .
29 Mars 1947: faha-70 taonan’ny Tolom-panafahana
Ireo zava-dehibe tsara fantarina sy tsiahivina, arahina resadresaka sy fifanakalozan-kevitra mety hahaliana ny olom-pirenena rehetra. Ary satria efa misokatra malalaka koa ny « archives » miafina tany France, dia tokony hohatevenina amin’izay ny « Tantara ofisialy malagasy » sy ny fomba fampianarana azy any an-tsekoly.
Nisy fihaonam-pikarohana ara-tsiantifika iraisam-pirenena nandalinana ny tena zava-niseho marina tamin’ny 29 Marsa 1947 teny Tsimbazaza. “Firenena Malagasy afaka sy mahaleotena”, io no lohahevitry ny fihaonana. Nosafidiana m
anokana ity lohahevitra ity mba hahafahan’ny rehetra mahafantatra ny tantaram-pirenena satria tsy misy firenena mandroso raha tsy mahafantatra ny tantarany ny vahoaka ao aminy. Ankoatra ny mba hahafantarana ny zava-nisy marina dia natao ihany koa ny mba hiraisan’ny Malagasy hevitra momban’ ny tantara tamin’ny 1947 ny fotoana omaly. Betsaka noho izany ireo tahirin-kevitra nivoaka momba iny tantara iny raha ny nambaran’ny filohan’ny Akademia Malagasy.
En 1947, les paysans ont lutté pour leur libérté
« Confession »: Henri Ratsimbazafy (l’artiste), auteur – compositeur – chanteur
Anisan’ny andrarezina sy nateza, ela velona teo amin’ny sehatry ny kanto sy mozika malagasy i Henri Ratsimbazafy, ary nitondra ny talentany teo amin’ny sehatra iraisampirenena ihany koa.
Taom-baovao malagasy iraisana: mby aiza, ka ho aiza?
Adihevitra sy Fanazavana. Namaly ny fanasan’ny Fandaharana ny Solontenan’ireo mpamolavola ny fampiraisana azy eto amin’ny Firenena.
Vahiny eto: ny Jeneraly Ramakavelo Désiré (mpanabe) sy mpandalina Tantara, Rabedaoro Eris (mpanoratra sy mpanandro), Zakariasy Patrick (Tangalamena, « gardien des valeurs traditionnelles »), Ratsimizivason Jacques (teolojiana).
Filazana manjo: Rasolofomanana (Solofo), Groupe les Colonnades
Image Publié le Mis à jour le
Nos sincères condoléances à Jerry et Oly, à toute le famille éplorée, ainsi qu’à l’équipe de Les Colonnades
Orìgine et sens du nom des Sakalava de Madagascar
L O U I S M O L E T
Orìgine et sens
du nom des Sakalava
de Madagascar
L’INTELLIGENCE DU SENS DES NOMS LOCAUX permet une meilleure compréhension du paysage ou une interprétation plus satisfaisante de certains faits de peuplement. C’est le cas à Madagascar où, quand ils sont expliqués, les noms d’un bon nombre de peuples sont révélateurs soit de l’habitat normal, soit de faits historiques importants ayant eu un
retentissement durable sur la géographie humaine de l’île.
Certains de ces noms comme Tanala, « ceux de la forêt », Tanalàna, « ceux du sable », Tandroy, « ceux des buissons épineux », sont parlants et ne prêtent guère à discussion. D’autres, par contre, restent obscurs et sont depuis longtemps l’objet de controverses.
C’e6t l’un de ceux-ci que je veux tenter d’élucider ici. I1 s’agit du nom des Sakalava, peuple de pasteurs de bovidés qui s’étale sur les cartes sur près du tiers occidental de l’île, depuis l’Onilahy dans le sud jusqu’au-delà de Nossi-be et du Sambirano dans le nord. Son domaine traditionnel est le plus étendu de tous les peuples malgaches. Constitué en royaume, cet Etat, grâce aux profits de la traite, était encore, semble-t-il, le plus puissant de l’île il y a environ deux sièclesl.
Ce nom a fait l’objet de maintes tentatives d’explications que l’on peut ramener à deux types: celles d’ordre géographique d’un côté, celles d’ordre historique de l’autre.
A mon avis, aucune d’entre elles n’est réellement satisfaisante et c’est ce qui m’amène à en proposer une nouvelle qui entre dans le second groupe.
Une bonne revue de la question a été donnée par Raymond Decary2 en 1957, qui rappelle les principales interprétations du nom Sakalava :
Les Révérends Wlen et Lindo l’ont traduit par « les gens des longues plaines » (sakany, largeur, lavany, longuer). L’abbé Dalmond y voit une allusion à la coiffure disposée en longues tresses. Mallens le traduit par « chats longs »>
I. C. ROBEQUAIN,Madagascar ou les bases dispersées de l’Union française, Paris, 1958,pp. 100-101
2. R. DECARY, « Lesnoms tribaux malgaches », Revue de Madagascar 32 (3), 1957,pp. 21-33.
342 Louìs Molet
(saka, chat, lava, long), ce quì n’a aucun sens réel. D’autres1 le rapprochent de sakaray, « les gens méfiants ». Pour Rusillon, les Sakalava pourraìent être également (< ceux quì viennent de la longue vallée et ont osé traverser toutes les rìvìères, ont fouillé la terre pour trouver des tubercules et qui ne reculaìent devant rien, toujours combattant pour ou contre quelqu’un.
L’explication donnée par A. et G. Grandìdìer – lesgens de Saka qui se sont étendus sur une longue surface de pays – se base sur le faìt que les chefs des principales familles sakalava sont venus originairement de la province d’lsaka sur la côte S.-E.2
Dans un tout autre sens, Jorgensen, et après luì Ferrand et Julìen, dont nous partageons l’opìnion, voient ìcì la corruption d’un mot bantou. Ferrand rapproche Sakalava du nom tribal Machoukouloubé ou Shukulumbue du Haut-Zambèxe.
On rappellera dans le même sens que le Père Luis Mariano, quì a le premier [1616] cìté le nom de la peuplade quì nous occupe, la dénomme Sukulambe. Ce serait alors sìmplement I’étymologìe populaìre quì aurait transformé le lambue bantou en lava malgache. Le Père Tastevìn, tout en étant d’accord pour une orìgìne afrìcaine, donne comme racine le mot différent de kalava et traduit le nom sakalava par « les vaillants, courageux et bataìlleurs »2.
Avant de critiquer ces différents arguments, citons encore quelques autres hypothèses. Le très3 distingué linguiste norvégien Otto C. Dahl a repris récemment l’explication étymologique et il expose la thèse même présentée par H. Deschamps4.
La première capitale des rois sakalava au XVI e sìècle était le village de Benge, dans le district de Manja, au bord d’un affluent du Mangoke appelé Sakalava. C’esif la rivière quì a donné son nom à la tribu et non la tribu à la rivière. Saka signife « petìte dépressìon dans la plaine où coule un ruiìsseau ou une rivière », et Iàva veut dire « long ». On peut donc traduìre le mot par « vallée longue », ce quì correspond bien au caractère de l’affluent. D’après les traditìons sakalava, c’est pendant les expédìtions guerrìères parties de Benge que le nom de la tribu s’est fixé, les guerrìers étant appelés par ceux qui les redoutaient « ceux venant de Sakalava ».5
Nous ne perdrons pas de temps à discuter d‘autres hypothèses trop fragiles, telle celle avancée par J. V. Mellis – « Sakalava, de Saka-lava, Saka: arrêté de force, Lava, loin » -, trop peu vraisemblables.
I. Par exemple, Rev. J. RICHARDSON, New Malagasy-English Dictionary, Antananarivo, I885, article « saka, sakalava ».
2. « Le premier chef sakalava venu d‘Isaka est nommé Rabararatavokoka ou Andriamahazoalina qui, après avoir demeuré quelque temps dans Ia vaIIée de I’Itomampy, s’est établi avec ses guerriers sur le bord sud du Mangoka et dans la vallée d’un de ses affluents qu’il a appelé Sakalava; sa résidence était à Inosy, à peu près à mi-chemin entre le delta du Mangoka et de Vondrove » (A. et G. GRANDIDIER, Ethnographie de Madagascar, Paris, 1908-1928, t. I, pp. 215-216, note 5 ). Cette opinion a été reprise par A. DANDOUAU et G. S. CHAPUS ,Histoire des populations de Madagascar, Paris, 1952, p. 19.
3. DECARY,op. cit., pp. 28-30.
4. H. DESCHAMPS,HHoire de Madagascar, Paris, 1gG0, p. 97.
5 . O. C. DAHL,Confes malgaches en diale8e sakalava :texte, tradu8ion, grammaire et lexique, Oslo,
6. J. V. MELLIS,Volamenae t Volafotg, Tananarive, 1938, pp. 234-235.
1968,p. 1.
Etudes de géograpbìe tropicale offertes à Pierre Gourou 343
Un nouvel examen de la question a été fait récemment par un jeune historien américain, Raymond Kent, qui consacre au royaume sakalava un chapitre de son livre Early Kìngdoms ìn Madagascar, 1500-1700 montre le peu de solidité des explications étymologiques avancées jusqu’alors et, bien que celle proposée par les Grandidier2 ait obtenu le suffrage de la plupart des auteurs postérieurs, il remarque que jamais ils n’ont pu citer une tradition des Sakalava qui attribue à ceux-ci une origine antaisaka et que,
même si beaucoup de leurs contemporains ont admis leur hypothèse, bien d’autres (Aymard, Prud‘hommes) pensaient plutôt à une origine africaine (p. 167). Kent discute également la proposition de Gabriel Ferrand4, qui rapproche le nom cité par le Père Luis Mariano et la population du Haut-Zambèze, et il écrit (p. 168) :
Alors que sans doute les Suculambes de Marìano e t les Sakalava des sources
postérìeures sont le même groupe, le rapprochement avec les Sbukulunibwe, branche des Ila de Rhodésie du Nord, e f i de loin trop aventuré – non seulement parce que des rapprochements d’un seul détaìl, en dehors de tout contexte, sont au moins risqués – mais aussi parce qu’en 1616, date rapportée pour Madagascar, ìl faudrait au mìnìmum une confirmatìon antérìeure [de l’existence du groupe] des Shukulumbwe sur le continent […] . Or rien […I ne suggère que les Shukulumbwe aient formé un peuple ou un Etat à la fîn du XVIe ou au début du XVIIe siècle.
Seulement, Kent ne propose pas d’explication. I1 se contente de reprendre les sources et termine par des considérations sur les Buky, les Maroseranana, et, d’après des enregistrements sur bandes magnétiques, sur ceux que certains de ses informateurs nommeraient « les Sakalava des Sakalava », sorte de superlatif qui n’aurait été attribué que parcimonieusement, qui ne se serait appliqué à l’origine qu’aux seuls conquérants venus du sud, par suite de la pression du clan Andrevola et de leurs sujets masikoro, et qui
n’existeraient plus (p. 193). Il semble, d‘après Kent, qu’on peut seulement conclure que ce mot aurait désigné un peuple éphémère (p. 204) :


