Le Pape a présidé ce dimanche 19 octobre, dans la matinée, la messe de canonisation de sept bienheureux sur la place Saint-Pierre. Dans son homélie Léon XIV est revenu sur les questions du Christ qui interpellent ses disciples sur ce qu’est la foi, le lien d’amour entre Dieu et l’homme. Les sept nouveaux saints et saintes «ont maintenu allumée la lampe de la foi» et sont devenus lumière à leur tour, a-t-il rappelé.
Olivier Bonnel – Cité du Vatican
Les sept portraits des bienheureux canonisés ce dimanche étaient suspendus sur la façade de la basilique Saint-Pierre, illuminés par un doux soleil d’octobre. Devant près de 70 000 fidèles, Vincenza Maria Poloni, María Rendiles Martínez, Maria Troncatti, Mgr Ignace Choukrallah Maloyan, José Gregorio Hernández Cisneros, Peter To Rot et Bartolo Longo ont été portés à la gloire des autels, après leur biographie lue par le cardinal Semeraro, Préfet du dicastère pour les causes des saints. Dans la foule, de nombreux drapeaux du monde entier, du Venezuela à la Papouasie-Nouvelle Guinée, comme un symbole de ces témoins de l’universalité de l’Église. Les reliques des nouveaux saints ont été apportées puis déposées au pied d’une image de Notre-Dame du Bon Conseil.
Dans son homélie, le Pape est revenu sur l’évangile de Luc (18, 1-8) dans lequel Jésus partage à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager. «Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?» interroge-t-il. «Cette interrogation nous révèle ce qui est le plus précieux aux yeux du Seigneur : la foi, c’est-à-dire le lien d’amour entre Dieu et l’homme» a expliqué Léon XIV.
Les paroles du Seigneur sont toujours annonce joyeuse du Salut
Les septs nouveaux saints canonisés ce dimanche «se tiennent devant nous», a poursuivi le Pape, par la grâce de Dieu, «Ils ont maintenu allumée la lampe de la foi. Bien plus, ils sont devenus eux-mêmes des lampes capables de diffuser la lumière du Christ». Sans la foi en Dieu, nous ne pouvons pas espérer le salut. La question de Jésus nous inquiète donc, certes, mais seulement si nous oublions que c’est Jésus lui-même qui la pose a précisé l’évêque de Rome. «Les paroles du Seigneur, en effet, restent toujours Évangile, c’est-à-dire annonce joyeuse du salut. Ce salut consiste dans le don de la vie éternelle que nous recevons du Père, par le Fils, avec la force de l’Esprit Saint».
Les portraits des nouveaux saints sur la basilique Saint-Pierre (@Vatican Media)
C’est précisément pour cette raison que le Christ pointe à ses disciples la «nécessité de prier sans cesse, sans jamais se lasser» a poursuivi le Souverain pontife. «Comme nous ne nous lassons pas de respirer, ne nous lassons pas non plus de prier! Comme le souffle soutient la vie du corps, la prière soutient la vie de l’âme : en effet, la foi s’exprime dans la prière et la prière authentique vit de la foi».
Dieu est un juge juste envers tous
Le Pape a invité les fidèles à faire résonner ces paroles dans notre conscience: «le Seigneur nous demande si nous croyons que Dieu est un juge juste envers tous. Le Fils nous demande si nous croyons que le Père veut toujours notre bien et le salut de toute personne». Léon XIV a aussi rappelé deux tentations qui mettent la foi à l’épreuve: la première nous conduit à penser que Dieu n’écoute pas les pleurs des opprimés et n’a pas pitié de la douleur des innocents. La seconde, de prétendre que Dieu devrait agir comme nous le voulons : «la prière cède alors la place à un ordre donné à Dieu, pour lui dire comment faire pour être juste et efficace».
Jésus nous libère de ces deux tentations a expliqué le Pape, par son sacrifice sur la Croix, il rachète le mal et révèle un Dieu de justice et de pardon. «Lorsque nous sommes crucifiés par la souffrance et la violence, par la haine et la guerre, le Christ est déjà là, sur la croix pour nous et avec nous. Il n’y a pas de pleurs que Dieu ne console ; il n’y a pas de larmes qui restent loin de son cœur».
Le Pape lisant la formule de canonisation (@Vatican Media)
Fidèles amis du Christ, martyrs de la foi
Les questions posées par Jésus sont ainsi une invitation vigoureuse à l’espérance et à l’action a encore expliqué Léon XIV: «quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi en la providence de Dieu ? C’est cette foi, en effet, qui soutient notre engagement pour la justice, précisément parce que nous croyons que Dieu sauve le monde par amour, nous libérant du fatalisme». Les sept nouveaux saints, fidèles amis du Christ sont des martyrs pour leur foi, a-t-il rappelé. «Que leur intercession nous soutienne dans les épreuves et que leur exemple nous inspire dans notre vocation commune à la saintet
Dans un message adressé au congrès international de l’AIE qui s’est tenu près de Rome du 15 au 20 septembre, le Pape Léon XIV a invité à accompagner les fidèles qui souffrent à cause du diable par des prières de libération et de consolation. L’évêque de Rome encourage tous les prêtres exerçant ce ministère aussi nécessaire que délicat.
XVe congrès international des exorcistes à la maison de retraite spirituelle « Fraterna Domus » de Sacrofano, près de Rome, du 15 au 20 septembre 2025.
Vatican News
Le Pape Léon XIV s’est adressé aux prêtres exorcistes participant au 15e congrès de l’Association internationale des exorcistes (AIE), qui s’est tenu du 15 au 20 septembre dernier à Sacrofano, près de Rome. Environ 300 prêtres et exorcistes auxiliaires venus de tous les continents s’étaient réunis pour ce grand rendez-vous annuel de l’association qui en comptait 905 en 2023.
Victoire sur Satan
Le Souverain pontife leur a rappelé à quel point le ministère de l’exorciste est «délicat» mais «plus que jamais nécessaire», encourageant les prêtres «à le vivre à la fois comme un ministère de libération et de consolation, en accompagnant les fidèles réellement possédés par le malin par la prière et l’invocation de la présence efficace du Christ, afin que, par le sacrement de l’exorcisme, le Seigneur accorde la victoire sur Satan».
La conférence s’est articulée autour de moments d’écoute et de réflexion, au cours desquels l’importance du ministère de l’exorcisme a été réaffirmée comme «signe concret», a expliqué le président de l’AIE, Mgr Karel Orlita, «de l’amour de l’Église envers ses frères qui souffrent». À Sacrofano, le cardinal Arthur Roche, préfet du dicastère pour le Culte divin et la discipline des sacrements, a célébré une messe. Dans son homélie, il s’est attardé sur la signification de l’accompagnement de ceux qui souffrent à cause du démon et qui, en souffrant, participent aux souffrances du Christ.
Améliorer le Rituel d’exorcisme
Lors d’une présentation, Mgr Aurelio García Macías, sous-secrétaire du dicastère pour le Culte divin et la discipline des sacrements, a abordé la question de la révision du Rituel d’exorcisme, un projet auquel ont directement participé les membres de l’AIE. De nombreux points ont été abordés, notamment: les types d’actions diaboliques extraordinaires; le rôle de l’exorciste; la richesse des signes; et la correction des éventuelles coquilles et erreurs dans le Rituel. Tout cela a été entrepris dans une perspective d’amélioration commune du rituel et en tenant compte de la place centrale du Christ, car dans ce rite, Il est l’Église, et l’exorcisme est une célébration liturgique ancienne «in persona Christi». Lire la suite »
«La foi ne nous épargne pas la possibilité du péché, mais nous offre toujours une issue: celle de la miséricorde», a déclaré le Pape lors de sa catéchèse prononcée au cours de l’audience générale de ce mercredi 13 août. Le salut, a souligné le Saint-Père, commence par la conscience que «nous pourrions être de ceux qui trahissent la confiance en Dieu», mais aussi «de ceux qui la recueillent, la protègent et la renouvellent».
Augustine Asta – Cité du Vatican
Devant les fidèles rassemblés en salle Paul VI, en raison des températures élevées, le Pape Léon XIV a poursuivi ce mercredi 12 août, son cycle de réflexion «sur les traces de Jésus dans les derniers jours de sa vie», s’arrêtant cette fois-ci sur une «scène intime, dramatique et pourtant profondément vraie», celle de «la cène pascale», où Jésus révèle que l’un des Douze est sur le point de le trahir: «Amen, je vous le dis: l’un de vous, qui mange avec moi, va me livrer» (Mc 14, 18).
«L’amour, lorsqu’il est vrai, ne peut ignorer la vérité»
Le Souverain pontife a ensuite expliqué que, ces «paroles fortes», Jésus ne les prononce pas «pour condamner», mais pour «montrer que l’amour, lorsqu’il est vrai, ne peut ignorer la vérité». Indiquant ensuite que dans «la pièce à l’étage, où tout avait été soigneusement préparé quelques instants auparavant, s’emplit soudain d’une douleur silencieuse, faite de questions, de soupçons et de vulnérabilité». Une douleur a-t-il souligné «que nous connaissons bien aussi», lorsque «l’ombre de la trahison s’insinue dans les relations les plus chères».
Pourtant, a fait remarquer le Saint-Père, «la manière dont Jésus parle de ce qui est sur le point d’arriver est surprenante». Car a-t-il détaillé «il n’élève pas la voix, ne pointe pas du doigt, ne prononce pas le nom de Judas». Il parle plutôt, a noté le Pape, «de telle manière que chacun peut s’interroger»: «Ils devinrent tout tristes et, l’un après l’autre, ils lui demandaient: “ Serait-ce moi? ”» (Mc 14,19).
La prise de conscience et le chemin du salut
Pour le Successeur de Pierre, cette question: – «Serait-ce moi ?» – est «peut-être l’une des plus sincères que nous puissions nous poser». En effet,a-t-il noté, il ne s’agit pas d’une interrogation de «l’innocent», mais celle du disciple qui se découvre fragile.Et cela n’est donc «pas le cri du coupable, mais le murmure de celui qui, tout en voulant aimer, sait qu’il peut blesser», a déclaré Léon XIV, qui a par ailleurs fait savoir que, c’est «dans cette prise de conscience que commence le chemin du salut». Insistant en revanche sur le fait que «Jésus ne dénonce pas pour humilier. Il dit la vérité parce qu’il veut sauver»
“Pour être sauvé, il faut comprendre: comprendre qu’on est impliqué, comprendre qu’on est aimé malgré tout, comprendre que le mal est réel mais n’a pas le dernier mot. Seul celui qui a connu la vérité d’un amour profond peut aussi accepter la blessure de la trahison”
L’Évangile, a mis en garde le Pape «ne nous apprend pas à nier le mal, mais à le reconnaître comme une opportunité douloureuse pour renaître». Léon XIV a également affirmé que lorsque Jésus dit: «Malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là !» (Mc 14,21), ces «paroles sont dures, certes,» mais traduisent en réalité un «cri de douleur» une «exclamation de compassion sincère et profonde» et non une «malédiction», a clarifié l’évêque de Rome. Puisque, a-t-il ajouté «nous sommes habitués à juger». Pourtant «Dieu, lui, accepte la souffrance». Et lorsqu’il «voit le mal, il ne se venge pas, mais s’afflige». Lire la suite »
Une note de la salle de presse du Saint-Siège indique que le titre sera prochainement décerné au cardinal qui vécut au XIXe siècle, après que Léon XIV a confirmé l’avis de l’assemblée plénière des cardinaux et évêques, membres du dicastère des Causes des Saints.
Alessandro De Carolis – Cité du Vatican
C’est l’un des grands penseurs modernes du christianisme, protagoniste d’un parcours spirituel et humain qui a marqué l’Église et l’œcuménisme du XIXe siècle, auteur de réflexions et de textes qui montrent comment vivre la foi est un dialogue quotidien «cœur à cœur» avec le Christ. Une vie consacrée avec énergie et passion à l’Évangile -qui a culminé en 2019 avec la canonisation- qui va bientôt valoir au cardinal anglais John Henry Newman la proclamation de docteur de l’Église.
La nouvelle a été annoncée jeudi 31 juillet, par un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège, qui rapporte que lors de l’audience accordée au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des Saints, Léon XIV «a confirmé l’avis favorable de la session plénière des cardinaux et évêques, membres du dicastère pour les Causes des saints, concernant le titre de docteur de l’Église universelle qui sera prochainement conféré à saint John Henry Newman».
«Des ombres et des silhouettes à la Vérité»
«Guide-moi, douce Lumière; dans les ténèbres, guide-moi. La nuit est noire, la maison est loin : guide-moi… Ta puissance m’a toujours béni; aujourd’hui encore, elle me guidera à travers les marais et les landes, jusqu’à ce que la nuit s’évanouisse et que l’aube sourie sur mon chemin». John Henry Newman, né en 1801, a 32 ans lorsqu’il revient en Angleterre après un long voyage en Italie et que cette prière poignante monte dans son cœur. Depuis huit ans, il est prêtre anglican, mais il est surtout l’un des esprits les plus brillants de son Église. C’est un homme qui fascine par ses paroles, prononcées et écrites. Lire la suite »
Le pape Léon XIV salue les gens à la fin de la prière de l’Angelus à Castel Gandolfo, le 20 juillet Yara Nardi / REUTERS
Léon XIV, qui a appelé le Kremlin à faire un «geste» en faveur de la paix en Ukraine, a reçu Antoine de Volokolamsk, «ministre des Affaires étrangères» du patriarche orthodoxe russe Kirill, très aligné sur les positions du Kremlin.
Une première depuis qu’il est devenu le chef de l’Église catholique en mai dernier. Le pape Léon XIV a reçu samedi en audience au Vatican un haut dignitaire orthodoxe russe, selon un bref communiqué officiel mentionnant cette visite sans aucun détail.
Léon XIV, qui a appelé le Kremlin à faire un «geste» en faveur de la paix en Ukraine, a reçu le métropolite Antoine de Volokolamsk, «ministre des Affaires étrangères» du patriarche orthodoxe russe Kirill, très aligné sur les positions du Kremlin.
Les relations entre le Vatican et Moscou sont très froides. Le chef de l’Église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, a soutenu l’invasion de l’Ukraine par la Russie qu’il a qualifiée de «guerre sainte». Mais Moscou a entretenu un dialogue avec le défunt pape François, largement critiqué en Ukraine, le métropolite Antoine ayant eu une douzaine de réunions avec le souverain pontife argentin. Le religieux russe a déclaré au journal italien La Repubblica, quelques jours avant la rencontre, que François avait une «approche équilibrée» sur l’Ukraine, alors qu’il ne connaissait pas encore la position de Léon XIV.
Léon XIV est le premier pape américain et il a pris la tête de l’Église à un moment où les États-Unis font pression pour la paix en Ukraine, dans le cadre d’efforts qui n’ont pas vraiment donné de résultats pour mettre fin à cette guerre qui dure depuis plus de trois ans.
Léon XIV a reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky au début du mois et s’était également entretenu par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine. Le pape a proposé à la mi-mai sa médiation aux belligérants du monde entier et le Vatican a été envisagé comme lieu possible pour des pourparlers de paix, mais cette idée a été rejetée par le Kremlin et les négociations se sont poursuivies à Istanbul.
Mgr Antoine a réaffirmé que, pour Moscou, le Vatican ne serait pas un terrain «neutre» pour des pourparlers de paix. Le métropolite Antoine a été nommé à la tête des relations extérieures de l’Église de Moscou en 2022, l’année où la Russie a envahi l’Ukraine, et avait auparavant été envoyé de l’Église orthodoxe en Italie.
L’église latine de la Sainte-Famille après la frappe israélienne, à Gaza, le 18 juillet 2025.
Une semaine après l’attaque perpétrée contre l’église latine de la Sainte-Famille de Gaza, les chrétiens de l’enclave demeurent plus solidaires et résilients que jamais. En état de survie, ils témoignent d’une lumineuse humanité au milieu des décombres. Entretien avec le cardinal Fernando Filoni, grand maître de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre, ancien nonce apostolique au Moyen-Orient, en Irak et en Jordanie.
Delphine Allaire – Cité du Vatican
De quoi la toute petite communauté catholique de Gaza est-elle devenue un symbole aujourd’hui? Comment qualifier son témoignage?
Gaza connaît une réalité dramatique aujourd’hui. Nous vivons tous cette même tension quotidienne, avec son lot de morts, de souffrances, maintenant de drames de la faim. Dans cette réalité, subsiste une petite communauté chrétienne, une paroisse, composée aussi de chrétiens orthodoxes, qui vivent la même problématique. Dans cette grande réalité culturelle et religieuse islamique, il y a cette toute petite réalité chrétienne catholique. C’est un témoignage, car les chrétiens et les catholiques de Gaza ne sont pas partis malgré les difficultés, les bombes. Bien au contraire, ils ont partagé les mêmes drames humains, aussi en payant de leur vie, car il y a eu des morts dans le passé, comme récemment. Outre cette condition commune de souffrance, les catholiques de Gaza ont aussi partagé leur nourriture, les provisions et les médicaments arrivés dans la paroisse avec des habitants qui ne sont pas chrétiens. Il ne s’agit pas d’un élément secondaire, car cela signifie que l’Église, en dépit des difficultés qu’elle rencontre dans de nombreuses parties du monde, de diverses manières, les rencontre ici en convivance dans une zone de guerre violemment attaquée. Le Pape a évoqué des barbaries, et c’est vrai. Je pense qu’il n’y a pas besoin de plus de témoignages, parce que tout le monde le voit maintenant dans les nouvelles quotidiennes. Il s’agit de situations barbares.
Quelle est l’importance de rester sur ces territoires, de ne pas fuir, et ainsi maintenir une présence vivante à Gaza ou en Cisjordanie?
L’Église pourrait partir mais elle ne le fait pas parce que les chrétiens sont aussi des citoyens de Gaza, membres de cette communauté. Jusqu’à présent, ils ont vécu ensemble, ils ont partagé tous les aspects de cette vie, et le drame qu’ils vivent aujourd’hui ne leur permet pas de partir, parce que ce sont des gens avec lesquels ils ont une culture, des traditions, une vie en commun depuis tant d’années. Ainsi, l’Église reste à Gaza et continue à faire son travail, même dans la précarité, dans les difficultés de tous, mais surtout parce qu’ils sont chrétiens en plus d’être, bien sûr, des citoyens de Gaza comme tout le monde.
Comment les chrétiens de l’enclave palestinienne, outre d’être des citoyens à part entière, jouent-ils néanmoins un rôle supplémentaire de “pont entre les communautés”?
Au fil des ans, je me suis retrouvé à plusieurs reprises dans des environnements à forte majorité musulmane. Par exemple, en Irak, la communauté chrétienne, relativement peu nombreuse, est partie, mais la grande majorité musulmane est restée. Je me souviens bien de l’époque où tant de musulmans priaient les chrétiens de ne pas partir, “vous êtes les modérés parmi nous”, il y a une reconnaissance historique. Les racines chrétiennes sont là. C’est un état de fait d’ordre social et culturel. En d’autres termes, le christianisme n’est pas arrivé de l’extérieur, il était déjà là lorsque l’islam est arrivé sur ces terres. Les chrétiens sont donc des citoyens locaux à Gaza. Gaza leur appartient également en tant que territoire. Le jour où ils partent, cette caractéristique, cette qualité sera perdue. C’est pourquoi l’Église, même à Gaza, sait que Gaza lui appartient aussi. L’abandonner serait un problème, un drame, une énorme difficulté. Et cela, l’Église ne peut pas le faire. Les chrétiens la ressentent comme une perception psychologique, spirituelle et morale. «Nous sommes d’ici, nous voulons rester».
Lors de l’Angélus du 20 juillet, mais aussi lors de ses deux appels téléphoniques avec les dirigeants israélien et palestinien, Léon XIV a souligné l’obligation de protéger civils et Lieux saints. Pourquoi cette position du Pape est-elle si importante sur cette question?
Nous savons bien comment le Pape François, depuis des années -je dis bien depuis des années, car plus d’un an et demi s’est écoulé- et presque quotidiennement, a lancé cet appel, il a insisté pour la paix, et malheureusement il n’a pas été écouté. Le Pape Léon poursuit cette voie, mais ce n’est pas le Pape, c’est la communauté chrétienne catholique du monde entier qui le demande. Le Pape s’en fait l’interprète. Nous ne sommes pas insensibles à ce cri de souffrance, de douleur qui vient de Gaza, non seulement pour les chrétiens, mais aussi pour l’ensemble de la population. Et parfois, je me dis, même si je sais que la cause de ces drames est la violence du Hamas à l’égard des citoyens israéliens, les meurtres, les déportations, et cela ne doit jamais être oublié et doit faire partie de cette histoire. Cependant, nous nous demandons s’il est possible que toute cette population de Gaza doive aujourd’hui souffrir non seulement des bombardements, mais aussi de la faim et de la soif? Lire la suite »
Le président la République d’Algérie a découvert ce jeudi 24 juillet le Palais apostolique, où il a été reçu en audience par le Pape Léon XIV. Après s’être entretenu avec le Saint-Père, Abdelmajid Tebboune a échangé avec des membres de la Secrétairerie d’État, notamment à propos de «l’importance du dialogue interreligieux et de la collaboration culturelle dans la construction de la paix et de la fraternité dans le monde».
Le Pape Léon XIV a reçu au Vatican le président de la République d’Algérie, Abdelmajid Tebboune, le 24 juillet 2025. (ANSA)
Vatican News
Le Pape a reçu en audience fin de matinée ce jeudi 24 juillet le président de la République d’Algérie, Abdelmajid Tebboune. Cela faisait 26 ans qu’un chef d’état de ce pays d’Afrique du Nord n’avait pas foulé le sol du Palais apostolique. La dernière visite officielle remonte à novembre 1999, lorsque le président Abdelaziz Bouteflika fut reçu par le Pape Jean-Paul II.
Le président Tebboune a ensuite rencontré le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, accompagné de Mgr Daniel Pacho, Sous-Secrétaire pour le Secteur multilatéral de la Section pour les Relations avec les États et les Organisations internationales. «Au cours des entretiens cordiaux qui se sont déroulés à la Secrétairerie d’État, l’importance des bonnes relations diplomatiques entre le Saint-Siège et l’Algérie a été soulignée» précise le communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège. L’attention s’est ensuite portée «sur certains aspects de la vie de l’Église dans le pays». Dans la suite de la conversation, précise le communiqué, «il a également été fait référence à l’actuelle situation géopolitique et à l’importance du dialogue interreligieux et de la collaboration culturelle dans la construction de la paix et de la fraternité dans le monde».
Saint Augustin en commun
Cette première visite officielle du président Tebboune au Vatican intervient moins de trois mois après l’accession au trône de Pierre du premier Souverain pontife augustin, dont le maître spirituel fût évêque d’Hippone, ville aujourd’hui connue sous le nom d’Annaba, au nord-est de l’Algérie.
Rencontre avec le Pape François lors du G7 en 2024
En marge du sommet du G7 de juin 2024, organisé par l’Italie dans les Pouilles, le Pape François avait déja, et pour la première fois, rencontré le président de la République d’Algérie. Deux ans plus tôt, Abdelmadjid Tebboune avait reçu en Algérie, le Secrétaire pour les Relations avec les États, Mgr Paul Gallagher, à l’occasion du 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la République algérienne et le Saint Siège. L’accueil réservé par les plus hautes autorités de l’État témoignait, selon l’archevêque d’Alger, Mgr Jean-Paul Vesco, de l’attention accordée à la petite minorité catholique du pays. Le cardinal Vesco à qui Abdelmadjid Tebboune a accordé en personne la nationalité algérienne en février 2023.
Le président Volodymyr Zelensky a été reçu ce mercredi 9 juillet par le Pape à Castel Gandolfo, dans la Villa Barberini, résidence d’été de Léon XIV. Au cœur de leur entretien, l’urgence de définir des «chemins de paix justes et durables», en optant pour le dialogue, une voie privilégiée pour y parvenir. Le Saint-Père a exprimé sa tristesse pour les victimes de ces années de guerre et a encouragé à faire «tous les efforts» nécessaires pour libérer les prisonniers, notamment les enfants.
Salvatore Cernuzio – Castel Gandolfo
Les chemins d’une paix «juste et durable», le dialogue pour mettre fin aux hostilités, la prière et la proximité avec le peuple ukrainien, les efforts pour libérer les prisonniers et «la disponibilité à accueillir au Vatican les représentants de la Russie et de l’Ukraine pour des négociations». Tels sont les thèmes qui ont été au centre des entretiens entre le Pape Léon XIV et le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Castel Gandolfo ce mercredi 9 juillet.
Le président est venu de Kiev à Rome pour le 4e rendez-vous international de la Conférence sur le redressement de l’Ukraine qui se tient les 10 et 11 juillet. Dès son atterrissage à Rome, il a tenu à se rendre dans la petite municipalité du Latium pour y rencontrer Léon XIV, qui s’y est installé dimanche dernier pour y passer quinze jours. Il s’est ensuite dirigé vers le centre de Rome pour rencontrer le président italien Sergio Matarella.
Devant la campagne de Castel Gandolfo. (@Vatican Media)
La réception à la Villa Barberini et la conversation avec le Pape
Le cadre de la rencontre -la deuxième entre les deux hommes- était la Villa Barberini. Volodymyr Zelensky est arrivé avec un long cortège de voitures blindées à travers les rues médiévales de Castel Gandolfo, bouclées quelques heures plus tôt. Peu après 13h30, le président est entré dans les jardins de la Villa, devant le piquet des gardes suisses. Entièrement vêtu de noir, il a été accueilli par le régent de la préfecture de la Maison pontificale, Mgr Leonardo Sapienza, qui l’a accompagné jusqu’à l’entrée de la résidence. Lire la suite »