Ukraine

Le SPD allemand durcit le ton à l’égard de la Russie

Publié le Mis à jour le

Depuis le début de la crise avec l’Ukraine, les sociaux-démocrates ont semblé faire preuve d’indulgence vis-à-vis de Moscou. Une position désormais débattue.

Frank-Walter Steinmeier, président de la République allemande, lors de son discours devant l’Assemblée fédérale, après sa réélection pour un deuxième mandat, le 13 février 2022. MICHAEL PROBST / AP

Même une pièce écrite d’avance peut réserver des surprises. Ce fut le cas, dimanche 13 février, en Allemagne. Comme prévu, Frank-Walter Steinmeier a été réélu président de la République pour un deuxième mandat de cinq ans. Comme prévu, les membres de l’Assemblée fédérale (députés du Bundestag et délégués des Länder) n’ont eu besoin que d’un tour de scrutin, puisque à l’exception de Die Linke (gauche radicale) et de l’AfD (extrême droite), tous les grands partis avaient appelé à voter pour lui. Sur 1 437 voix, M. Steinmeier en a obtenu 1 045.

Si le résultat du vote n’a étonné personne, le discours du vainqueur, lui, était tout sauf attendu. Loin de s’en tenir à des remerciements de circonstance, M. Steinmeier a saisi l’occasion pour s’adresser à son homologue russe. « Je lance un appel au [président] Poutine : relâchez le nœud coulant du cou de l’Ukraine ! Et cherchez avec nous un moyen de préserver la paix en Europe ! », a-t-il déclaré. « Le risque est celui d’une guerre dans l’est de l’Europe, et c’est la Russie qui en porte la responsabilité », a-t-il ajouté, en évoquant les conséquences que tirerait l’Allemagne en cas d’attaque contre l’Ukraine. « Les habitants [de ce pays] ont droit (…) à l’autodétermination et à la souveraineté. Aucun Etat dans le monde n’a le droit d’y porter atteinte. Si quelqu’un s’y risque, nous y répondrons avec détermination ! (…) Je le dis au président Poutine : ne sous-estimez pas la force de la démocratie ! »

Marquer la rupture avec M. Schröder

Il est rare qu’un président allemand, dont le rôle est surtout honorifique, se mêle de politique étrangère. Encore plus qu’il interpelle publiquement un autre chef d’Etat. Mais le plus étonnant est sans doute que de tels mots aient été prononcés par M. Steinmeier, qui a longtemps été classé parmi les « Russlandversteher » (« ceux qui comprennent la Russie »), un terme souvent utilisé en Allemagne pour critiquer les responsables politiques qui font preuve d’une indulgence excessive à l’égard du Kremlin.

(source; lemonde.fr)

Joe Biden avertit Vladimir Poutine de « répercussions sévères et rapides » en cas d’attaque russe de l’Ukraine

Publié le

Le président américain s’est entretenu avec son homologue russe, samedi. Il lui a dit que les Etats-Unis étaient ouverts au dialogue à propos de l’Ukraine mais aussi prêts à « tous les autres scénarios », a rapporté la Maison Blanche.

Joe Biden a eu son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine à Camp David (Maryland), le 12 février 2022. AP

Les échanges téléphoniques se multiplient entre les Occidentaux et Moscou. Samedi 12 février en fin d’après-midi, le président des Etats-Unis, Joe Biden, et son homologue russe, Vladimir Poutine, se sont entretenus par téléphone pendant un peu plus d’une heure. Un échange qui s’annonçait tendu, compte tenu de la menace grandissante d’une invasion de l’Ukraine par la Russie ainsi que de l’annonce par la Russie, un peu plus tôt dans la journée, de la détection d’un sous-marin américain dans le Pacifique Nord, non loin des îles Kouriles.

Selon la Maison Blanche, M. Biden a fait savoir à M. Poutine que les Etats-Unis étaient ouverts au dialogue à propos de l’Ukraine mais aussi prêts à « tous les autres scénarios » – c’est-à-dire l’attaque de l’Ukraine. Si tel était le cas, Washington n’hésiterait pas à « [répondre] de manière résolue et [à imposer] des répercussions sévères et rapides à la Russie ».

Le conseiller diplomatique de M. Poutine, Iouri Ouchakov, a déclaré que « l’hystérie [avait] atteint son apogée », tout en précisant que « les présidents sont convenus de poursuivre les contacts à tous les niveaux ». « Ces derniers jours et ces dernières heures, la situation a été menée à l’absurde », a critiqué M. Ouchakov, affirmant que « les Américains annoncent la date même de l’invasion russe et en même temps gonflent les muscles militaires de l’Ukraine ».

Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, s’était entretenu au téléphone avec le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov. M. Poutine s’est également entretenu avec Emmanuel Macron. Selon la présidence française, M. Macron a déclaré à son homologue russe qu’un « dialogue sincère n’était pas compatible avec une escalade » militaire. Ce à quoi M. Poutine a répondu que les déclarations de Washington, selon lesquelles la Russie était prête à envahir l’Ukraine, étaient des « spéculations provocatrices » de la part des Américains.

Mouvements de troupes

Plus de cent mille soldats ont été déployés par la Russie aux frontières ukrainiennes. Moscou mène par ailleurs des manœuvres en mer Noire et en Biélorussie, encerclant de facto son voisin pro-occidental.

Lire la suite »

Ukraine: Emmanuel Macron en première ligne face à Vladimir Poutine

Publié le Mis à jour le

Le président français est le premier chef d’État occidental à avoir rencontré son homologue russe (ici, lundi, au Kremlin) depuis le début de la crise ukrainienne. SPUTNIK/via REUTERS

Lundi soir à Moscou, le chef de l’État a proposé des «voies de convergence» au président russe.

Ils se sont vus pendant plus de cinq heures, éloignés de plusieurs mètres, chacun à un bout d’une immense table blanche et ovale. Mais cette distance imposée par le président russe n’avait pas forcément de signification politique. Vladimir Poutine, qui redoute le Covid et avait exigé de la délégation française quatre tests PCR négatifs pour pouvoir venir en Russie, avait réservé le même sort, la semaine dernière, à son ami Viktor Orban, le premier ministre hongrois.

Emmanuel Macron est un président qui aime prendre des risques. Et qui ne renonce jamais devant l’obstacle, même quand il est jugé infranchissable pour le plus agile des chevaux de course. Il est donc allé à Moscou pour rencontrer l’ours du Kremlin, qui depuis l’automne dernier met l’Europe en tension en massant plus de 100.000 hommes aux frontières de l’Ukraine, ancienne république soviétique dont il ne digère pas l’indépendance. C’était la première négociation directe entre le président russe et un dirigeant occidental de premier plan depuis la montée des tensions en décembre. Sur les terres de Vladimir Poutine, dans ce Kremlin si chargé d’histoire, de secrets et de coups tordus, cette septième rencontre avec le président russe, qui s’ajoute à seize coups de téléphone, sera peut-être la plus importante. Pour l’avenir de l’Ukraine. Pour la sécurité de l’Europe. Et pour le bilan international du président, à quelques semaines de la présidentielle.

L’initiative d’Emmanuel Macron visait à amorcer une «désescalade» en proposant une porte de sortie à Vladimir Poutine. Le président français a proposé à son homologue russe de «construire une réponse utile collectivement». Une réponse qui permette «d’éviter la guerre et de construire des éléments de stabilité, de visibilité pour tout le monde». Le président russe a salué les efforts de la France pour résoudre la crise. «Tu es un interlocuteur de qualité», a-t-il dit à Emmanuel Macron.

Lire la suite »

Crise ukrainienne : la Russie a envoyé un « bon signal » lors de la réunion à Paris

Publié le Mis à jour le

Des conseillers diplomatiques envoyés par la Russie, l’Ukraine et la France se sont réunis mercredi à Paris pour tenter de trouver une issue à la crise en Ukraine. Dans une déclaration commune diffusée par la présidence française, les représentants des quatre pays disent soutenir un « respect inconditionnel » du cessez-le-feu. 

« Il est très encourageant que les Russes aient accepté de réentrer dans ce format diplomatique, le seul où les Russes sont parties prenantes », a estimé la présidence française. « Dans le contexte actuel, nous avons obtenu aujourd’hui un bon signal dans des conditions difficiles », a-t-elle souligné. « Nous avons obtenu le signal de réengagement que nous recherchions », a-t-elle ajouté, alors qu’Emmanuel Macron doit s’entretenir vendredi avec Vladimir Poutine.

Blinken: U.S. Has Delivered Written Response To Moscow On ‘Serious Diplomatic Path Forward’

Publié le Mis à jour le

Secretary of State Antony Blinken said the document is not being released publicly because “diplomacy has the best chance to succeed if we provide space for confidential talks.”»

Dans la lettre remise aux Russes, les Etats-Unis ont « clairement fait savoir » qu’ils étaient « déterminés à maintenir et défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et le droit des Etats à choisir leurs propres dispositions de sécurité et leurs alliances », a martelé le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, devant la presse. La lettre réaffirme « que nous défendons le principe de la porte ouverte à l’OTAN », a-t-il ajouté.

Putin Vs Biden-Led West Over Ukraine: How India Will Be Impacted If The Crisis Leads To War

Publié le

As tensions between the West & Russia escalate over the Ukraine crisis, India is keeping a close eye on developments. While India cannot do much to influence the events, New Delhi is certain to be impacted if the crisis worsens. Experts say that a conflict in Europe will create geopolitical waves that will come crashing on Indian shores.

An escalation of the Ukraine crisis will put India’s delicate balancing act with US & Russia in jeopardy. A Russian invasion of Ukraine and a subsequent rupture of ties with the US could lead to pressure on India to choose sides.

Putin Deploys Nuclear-Capable Missiles Near Ukraine Border As US Lets Baltic States Arm Ukraine

Publié le Mis à jour le

Russia has reportedly deployed a large number of Iskander-M short-range ballistic missile (SRBM) systems in areas bordering Ukraine. Ukrainian military intelligence singled out SRBM systems that Russia has allegedly positioned near the Ukrainian border.

The West is concerned that Russia can equip the Iskander with tactical nuclear warheads which can strike deep in Europe. Amid the growing threat of Russian invasion, the US has approved transfer of American weapons from Baltic states to Ukraine. Meanwhile, United States has alleged that the Russian intelligence is recruiting Ukrainian officials to take over the Ukrainian govt.

UK warns Russian government will face ‘serious consequences’ if Ukraine is invaded

Full Blinken: ‘No Question Of Capitulation’ to Russia

Les évêques européens espèrent «des solutions acceptables» pour l’Ukraine

Publié le Mis à jour le

Le Conseil des Conférences épiscopales européennes appelle la communauté internationale à soutenir l’Ukraine face au danger d’une offensive militaire russe. Réitérant les récents appels du Pape pour une solution à la crise actuelle sans recours aux armes, le CCEE invoque le droit international et exhorte les chrétiens à prier.

célébration en la cathédrale de Kiev (Ukraine), le 21 janvier 2022 (AFP or licensors)

Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) a exprimé dans un communiqué publié vendredi 21 janvier sa «proximité avec les Églises d’Ukraine et avec tout son peuple», en cette période de graves tensions. Le CCEE, par la voix de son président, Mgr Gintaras Grušas, archevêque de Vilnius, appelle la communauté internationale à soutenir l’Ukraine face au danger d’une offensive militaire russe, considérée comme une véritable menace pour la paix dans le monde. Il rappelle les récents du pape François et son invitation aux puissants de ce monde à résoudre la crise «par un dialogue international sérieux et non par les armes».

Tirer les leçons du passé

Réaffirmant, comme l’a souligné le Souverain Pontife devant le corps diplomatique le 10 janvier dernier, que «la confiance mutuelle et la disponibilité à une confrontation sereine doivent animer toutes les parties impliquées afin de trouver des solutions acceptables et durables en Ukraine», le CCEE lance à son tour un appel aux dirigeants pour qu’ils n’oublient pas les tragédies des guerres mondiales du siècle dernier et qu’ils défendent «le droit international, l’indépendance et la souveraineté territoriale de chaque pays».

Les gouvernants sont invités à «trouver des solutions acceptables et durables en Ukraine», sur la base «du dialogue et de la négociation et sans recourir aux armes». Enfin, le CCEE demande aux chrétiens de «prier pour le don de la paix en Ukraine» afin que la crise soit surmontée, «exclusivement, par le dialogue».

L’espoir d’un apaisement

Les autorités ukrainiennes ont salué vendredi la poursuite du dialogue entre Washington et Moscou, remerciant les États-Unis de leur soutien alors que les tensions sont au plus haut, la Russie étant accusée de préparer une attaque contre l’Ukraine.

«Il est bon de savoir que la voie diplomatique des contacts avec la Russie reste active», a indiqué sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, remerciant Washington de sa «proche coopération».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit quant à lui «convaincu» qu’une invasion ou une incursion militaire de la Russie en Ukraine «ne se produira(it) pas», et a souhaité que la diplomatie résolve la crise en cours opposant notamment la Russie aux Etats-Unis. Il s’exprimait hier au cours d’une conférence de presse.

Ukraine : les membres de l’OTAN affichent leur unité avant les pourparlers américano-russes

Publié le

La Russie a massé au cours des derniers mois des dizaines de milliers de soldats près des frontières de l’Ukraine et réclame des garanties de sécurité de la part des Occidentaux, notamment l’arrêt de toute collaboration militaire entre l’OTAN et l’Ukraine.

Des troupes d’infanterie navale ukrainiennes, sur la ligne de front, dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 7 janvier 2022. ANDRIY DUBCHAK / AP

Avant l’ouverture de pourparlers américano-russes lundi 10 janvier à Genève, pour désamorcer le risque d’une intervention russe en Ukraine, l’OTAN affiche son unité. La Russie, qui a massé ces derniers mois des dizaines de milliers de soldats près des frontières de l’Ukraine, réclame des garanties de sécurité de la part des Occidentaux, notamment l’arrêt de toute collaboration militaire entre l’OTAN et l’Ukraine et la Géorgie et de tout élargissement de l’Alliance atlantique vers l’Europe orientale.

« Le renforcement militaire de la Russie se poursuit autour de l’Ukraine et est accompagné d’un discours menaçant de Moscou si ses exigences ne sont pas acceptées. Or elles sont inacceptables et le risque d’un nouveau conflit est réel », a déclaré, vendredi 7 janvier, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion en visioconférence avec les chefs de la diplomatie des 30 pays membres de l’Alliance.

Propositions de Moscou

Le Kremlin a rendu publiques à la fin de l’année dernière deux propositions de traités engageant l’OTAN à exclure toute adhésion future de l’Ukraine et à réduire ses forces près des frontières avec la Russie. « Il est hors de question que l’OTAN transige sur le principe du droit de chaque nation à choisir sa propre voie, y compris le type d’accord de sécurité dont elle veut faire partie », a soutenu M. Stoltenberg.

Mais les alliés posent des conditions. « Le gouvernement russe doit procéder à une désescalade, poursuivre les voies diplomatiques et respecter ses engagements en matière de transparence des activités militaires », a ainsi exigé la ministre des affaires étrangères britannique, Liz Truss. Son homologue polonais, Zbigniew Rau, a pour sa part affirmé que « les pourparlers avec la Russie ne peuvent avoir lieu dans une situation d’escalade envers l’Ukraine et l’OTAN ». « Aucune discussion sur la sécurité de l’Europe ne se tiendra sans les Européens à la table des négociations », a insisté Jens Stoltenberg.

Les Etats-Unis ne se laisseront pas « distraire » par les exigences russes visant à empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN, a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken. Il a promis à Kiev qu’il n’y aurait « pas de discussion sur l’Ukraine sans l’Ukraine ».

Lire la suite »

Germany’s new Foreign Minister Annalena Baerbock meets US counterpart Antony Blinken

Publié le

German Foreign Minister Annalena Baerbock meets her US counterpart Secretary of State Antony Blinken. The two top diplomats are expected to discuss Russia’s recent build-up of troops near its border with Ukraine, which has prompted fears in the West that Moscow could be planning an invasion.

Baerbock said Europe and the United States had a joint message, that « Russian action comes with a clear price tag, and the only way out of the crisis is through dialogue. » Moscow has been warned repeatedly in previous weeks against any military intervention, by Washington, NATO and various European partners.

However, Baerbock noted that the situation had reached a « decisive phase, in which important talks are pending at different levels. »

Antony Blinken and Annalena Baerbock last met at a G7 foreign ministers’ meeting in Liverpool in December, shortly after Germany’s new coalition government was sworn in.