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Vatican: fihaonan’ny Papa François sy ny Filoha Rajoelina mianakavy

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Le Pape François a reçu le président malgache Andry Rajoelina

Le Pape François en conversation avec le président malgache Andry Nirina Rajoelina, le jeudi 17 août 2023 au Palais Apostolique du Vatican

Le Pape François a reçu en audience jeudi 17 août 2023 le président malgache Andry Nirina Rajoelina; qui a ensuite rencontré Mgr Miroslaw Wachowski, Sous-secrétaire pour les relations avec les États. L’une des questions abordées au cours des échanges est la possibilité de rédiger un accord bilatéral entre le Saint-Siège et Madagascar.

Selon le communiqué de la Salle de Presse du Saint-Siège, au cours des entretiens cordiaux qui ont eu lieu à la Secrétairerie d’État, les deux parties ont apprécié les relations bilatérales positives ainsi que la contribution de l’Église catholique dans de nombreux secteurs de la société malgache.

Diverses questions nationales et internationales ont également été abordées, notamment la guerre en Ukraine et ses conséquences globales, les situations de crise affectant le continent africain et la possibilité de procéder à l’étude de la rédaction d’un accord bilatéral, en tant que signe supplémentaire d’une coopération respectueuse.

À la fin de l’audience privée avec le président malgache, le Pape François a invité la délégation pour une photo à côté de la miniature du bateau qui lui a été offerte lors de son voyage à Madagascar. Ils ont ensuite prié un Ave Maria devant l’image de Marie qui lui a été offerte par les évêques malgaches. Le Saint-Père a ensuite donné sa bénédiction aux personnes présentes.

Le Pape François a visité Madagascar du 6 au 9 septembre 2019, à l’occasion de son 31è voyage apostolique qui l’avait aussi conduit au Mozambique et dans l’Ile Maurice.

(source: Vatican News)

Une Académie pour intégrer laïcs et intellectuels au dialogue interreligieux

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Professeur Aloyse Raymond Ndiaye, vice-président de l’Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques.

L’Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques a été créée en 2016 à Dakar à l’issue d’un colloque sur Alioune Diop pour marquer le 50e anniversaire du Concile Vatican II. Selon Professeur Aloyse Raymond Ndiaye, vice-président de cette Académie, cette structure offre le cadre de réflexion sur la participation des laïcs et intellectuels au processus de dialogue interreligieux et de promotion de la paix.

Jacques Ngol, SJ – Cité du Vatican

«Il n’y a pas de dialogue sans l’implication des intellectuels», a déclaré Prof. Aloyse Raymond Ndiaye, vice-président de l’Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques dans une interview accordée à Radio Vatican, insistant que les «religieux comprennent».

Une Académie pour aider au processus du dialogue interreligieux

L’idée de la création d’une Académie pour promouvoir la participation des laïcs et intellectuels au processus du dialogue interreligieux remonte à Alioune Diop. En effet, «lorsque le Pape Jean XXIII a convoqué le Concile Vatican II, Alioune Diop avait pris l’initiative de réunir un certain nombre d’intellectuels, quelle que soit leur appartenance religieuse pour réfléchir sur les questions à l’ordre du jour du Concile», a-t-il expliqué. Cette initiative avait pour but «d’aider nos représentants au Concile, les évêques qui étaient invités de l’Afrique et qui devaient participer à ce Concile, pour les aider à maîtriser les questions qui étaient soulevées lors de ces débats». C’est pour marquer l’anniversaire de cette intervention de Diop que «nous avons organisé en 2016, à la demande du cardinal Adrien Sarr et de Mgr Barthélémy Adoukonou, cette rencontre internationale à Dakar».

À l’issue de ce colloque était donc née l’idée de poursuivre l’héritage d’Alioune Diop en créant une structure. Selon le vice-Président de l’Académie, cette structure regroupe «à travers toute l’Afrique le plus grand nombre d’intellectuels croyants pour discuter des problèmes de l’Afrique sur le plan social et politique, mais toujours en relation avec la religion». Dans ce sens, a poursuivi Prof. Ndiaye, cette Académie au sens très classique du terme, est «une société savante, mais pas exclusivement universitaire». Elle a pour mission de faciliter ou d’encourager ou d’aider au dialogue interreligieux.

Impliquer laïcs et intellectuels dans le dialogue interreligieux

Suivre Professeur Aloyse Raymond Ndiaye, vice-président de l’Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques

«Nous avons constaté que les conflits actuels impliquent d’une manière ou d’une autre, directement ou indirectement, la religion» a affirmé le vice-président de l’Académie. Pour lui, «la religion a sa part dans la construction d’une société de paix». C’est pourquoi il faut «s’efforcer d’organiser un dialogue, puisqu’on en parle beaucoup, de dialogue entre les religions». Par ailleurs, le Sénégalais a fait constater que «jusqu’à présent, ce dialogue est assumé d’une manière pas tout à fait exclusive, mais grandement par les autorités religieuses». Cela est soutenu par des déplacements «du Saint-Père dans les régions, dans les pays islamiques»; mais aussi «on le voit dans nos pays, il y a quand même des commissions dialogue interreligieux, assumée par les autorités religieuses». Il déplore dans ce sens que «les intellectuels dans leur ensemble ne sont pas directement impliqués en tant que tels». Prof. Aloyse Raymond Ndiaye a assuré qu’il serait intéressant que les intellectuels «laïcs catholiques ou chrétiens d’autres religions,  intellectuels musulmans, partisans ou appartenant aux religions traditionnelles se retrouvent pour qu’en tant que tels, ils puissent apporter leur voix dans ce dialogue interreligieux».

Le Sénégal, modèle du dialogue interreligieux

«On présente souvent le Sénégal comme un modèle dans ce contexte du dialogue interreligieux, puisque la majorité de la population est musulmane, que les catholiques sont en minorité avec les religions traditionnelles» a expliqué le cofondateur de l’Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques. C’est dans ce contexte que le président Léopold Sédar Senghor a «pu diriger, pendant 20 ans, avec son épouse et étant lui-même catholique, un pays à la majorité musulmane». Et même aujourd’hui a-t-il poursuivi, «avec tout ce qui se passe dans notre environnement politique, le Sénégal n’est pas tellement inquiet, il n’est pas soumis à des troubles liés à la question religieuse». Pour lui, «il y a une certaine cohabitation, une coexistence pacifique». L’exemple palpable, c’est d’abord «les autorités politiques, laïques, civiles et religieuses qui s’entendent; Senghor, le premier, a tissé des relations très fortes, fraternelles, avec des chefs religieux musulmans et les évêques font la même chose». Ce qui est visible aujourd’hui dans «les établissements catholiques, qui sont bien tenus, où catholiques et musulmans se retrouvent».

L’Académie dans une perspective d’avenir

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Le Pape François a reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky

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Le Pape François recevant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le samedi 13 mai 2023. Le Pape François recevant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le samedi 13 mai 2023. (Vatican Media)

Le Souverain pontife a reçu en audience au Vatican dans l’après-midi du samedi 13 mai, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. C’est la seconde fois que le Saint-Père rencontre le président ukrainien, la première remonte au 8 février 2020.

Si Volodymyr Zelenski est venu à Rome en Italie chercher un soutien militaire pour combattre la Russie, il a rencontré dans la journée le président italien, Sergio Mattarella, et la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, c’est de paix dont il a été question au Vatican.

Le président ukrainien est arrivé vers 16h10 au Vatican, habillé en civil, d’un simple pantalon gris et d’un pull noir militaire. Les deux hommes se sont parlés pendant 45 minutes. «C’est un grand honneur pour moi», a d’emblée dit le chef de l’État ukrainien, ajoutant: «Je vous remercie pour cette visite». Volodymyr Zelensky a dans la foulée été reçu par Mgr Gallagher, le secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États.

Selon un communiqué de presse partagé par la salle de presse du Saint-Siège après l’audience, «l’accent a tout d’abord été mis sur la guerre actuelle en Ukraine et les urgences qui y sont liées, en particulier celles de nature humanitaire, ainsi que sur la nécessité de poursuivre les efforts pour parvenir à la paix.» 

«L’occasion était également propice pour discuter d’un certain nombre de questions bilatérales, notamment en ce qui concerne la vie de l’Église catholique dans le pays.», ajoute le communiqué.

Lors de l’échange des présents, François a offert notamment une petite sculpture en bronze, représentant un rameau d’olivier symbole de paix. Son hôte a lui apporté une icône de la Vierge peinte sur les restes d’un gilet pare-balle.

Le Pape François le président ukrainien, au Vatican, le samedi 13 mai 2023

Premier appel en février 2022

Les deux hommes se sont déjà entretenus au téléphone plusieurs fois. Le premier appel remonte au 26 février 2022, deux jours après l’entrée des troupes russes sur le territoire de l’Ukraine, François exprimait alors sa profonde douleur pour les tragiques événements qui se déroulaient dans le pays. Le président Zelensky, sur Twitter, écrivait alors remercier le Pape pour avoir prié pour la paix en Ukraine et pour une trêve. «Le peuple ukrainien sent le soutient spirituel de Sa Sainteté», soulignait Volodymyr Zelenksy.

Un mois plus tard, le 22 mars, nouveau coup de fil avant un autre le 12 août dernier. Volodymyr Zelenksy, à chaque fois, l’a signalé sur Twitter, précisant qu’il accueillerait favorablement le rôle de médiation du Saint-Siège pour mettre fin à la souffrance des Ukrainiens.

Venue du Premier ministre ukrainien

Cette visite de Volodymyr Zelensky a été précédée il y a peu de celle du Premier ministre ukrainien au Vatican, Denys Shmyhal, reçu en audience par François le 27 avril. Durant la demi-heure d’entretien, le chef du gouvernement a demandé l’aide du Pape pour le retour des enfants ukrainiens qui se trouvent de force en Russie et son soutien pour la poursuite des couloirs d’exportations des céréales.

Le Pape a donné sa réponse lors de la conférence de presse de retour de son voyage en Hongrie, affirmant que le Saint-Siège avait déjà servi d’intermédiaire dans certaines situations d’échange de prisonniers, et qu’il était «prêt à faire plus car c’est une chose juste», «il s’agit d’une question d’humanité», avait dit François

(source: vaticannews.va/fr)

Mgr Scicluna: « Vos estis lux mundi » est maintenant une loi universelle

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L’archevêque maltais, secrétaire adjoint du dicastère pour la Doctrine de la Foi et expert en matière de lutte contre les abus, commente les amendements faits par le Pape François au Motu proprio « Vos estis lux mundi ». «Le changement le plus important est d’avoir introduit une procédure détaillée pour rapporter et enquêter sur les allégations concernant les laïcs à la tête d’associations internationales», affirme-t-il.

Mgr Charles Scicluna

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Mgr Charles Scicluna, secrétaire adjoint du dicastère pour la doctrine de la foi depuis 2018, impliqué dans la lutte contre le phénomène des abus commis par le clergé, illustre l’importance des nouveautés introduites aujourd’hui par le Pape avec une mise à jour de « Vos estis lux mundi », le motu proprio promulgué en 2019, dans lequel François a introduit de nouvelles règles de procédure pour lutter contre les abus sexuels, et garantir que les évêques et les supérieurs religieux soient responsables de leurs actes.

Excellence, quelle est la principale nouveauté apportée à « Vos estis lux mundi » pour favoriser sa meilleure application près de quatre ans après son entrée en vigueur?

Le premier point fondamental est le fait même que le Pape confirme la loi promulguée en 2019, comme une loi universelle de l’Église, et non plus ad experimentum. Il s’agit d’une loi très importante car, entre autres, certains éléments nouveaux sont introduits dans l’histoire du droit canonique, comme la pertinence pénale de l’abus d’un adulte vulnérable.

Parmi les changements, il y a une clarification de l’identité des victimes d’abus. Auparavant, nous parlions de mineurs et de personnes vulnérables. Maintenant, on parle aussi «d’adultes vulnérables» et de «personnes qui ont habituellement un usage imparfait de la raison». Que signifie cette spécification?

Il s’agit d’une harmonisation entre deux lois de 2021. Il y a deux ans, le Pape François promulguait une nouvelle version de la loi particulière qui énumère les droits réservés à la compétence du dicastère pour la Doctrine de la Foi, ainsi qu’un Motu proprio dans lequel il révisait le chapitre du code de droit canonique qui parle des sanctions pénales. Il y a donc une harmonisation entre ces lois qui traitent d’un sujet très douloureux, mais aussi très important pour la pastorale.

Les normes s’appliquent désormais non seulement aux clercs et aux religieux, mais aussi aux laïcs qui, lit-on, sont ou ont été modérateurs d’associations internationales reconnues par le Siège apostolique. Cela concerne-t-il également les mouvements et les réalités ecclésiales?

Certainement. Cette insert est l’une des nouveautés les plus importantes de cette version de « Vos estis lux mundi ». Nous sommes dans la deuxième partie qui donne à l’Église une procédure détaillée sur le signalement et l’investigation d’allégations contre des personnes dans les hautes sphères de l’Église. Une sphère qui, dans le document de 2019, comprend les cardinaux, les patriarches, les évêques, les clercs nommés comme pasteurs dans les églises particulières, tandis que dans le texte d’aujourd’hui, le Pape introduit deux nouvelles catégories: les clercs qui ont été à la tête d’une association publique, cléricale, avec faculté d’incardination, puis les fidèles laïcs qui ont été modérateurs d’associations internationales reconnues par le Saint-Siège.

Dans quelle mesure les récents faits divers impliquant des responsables de réalités ecclésiales ont-ils influencé cette nouvelle précision?

Il faut dire que certains faits du domaine public ont déjà eu leur plainte et leur procès. Cette loi concerne l’avenir et dit très clairement que lorsqu’il s’agit d’une plainte à l’encontre d’un laïc à la tête d’une association internationale, il faut se référer à cette loi particulière, et universelle à partir de maintenant.

Le document précise que les diocèses et les éparchies doivent être dotés d’organismes et de bureaux – auparavant désignés sous le terme générique de « systèmes stables » – qui doivent être facilement accessibles au public pour signaler les cas d’abus. Il s’agit là aussi d’une nouvelle étape. À quoi cela est-il dû?

C’est la demande d’une présence généralisée comme un signe d’attention de l’Église particulière, mais aussi de l’Église universelle, qui souhaite faciliter la réalisation de ce qui est indiqué dans l’article 5 sur l’attention aux personnes. En effet, l’article en question établit que les autorités ecclésiastiques doivent s’engager à faire en sorte que les personnes qui se disent offensées, ainsi que leurs familles, soient traitées avec dignité et respect, et se voient offrir l’accueil, l’écoute et l’accompagnement à travers des services spécifiques d’assistance spirituelle, médicale, thérapeutique et psychologique selon les cas. Il ne s’agit donc pas seulement de centres d’écoute où les personnes peuvent se présenter, mais aussi de lieux où la prise en charge peut être facilitée.

Mais qu’est-ce qui change en ce qui concerne la responsabilité des évêques?
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Obsèques de Benoît XVI: l’hommage de François à un «fidèle ami de l’Époux»

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Le pape émérite Benoît XVI, âgé de 95 ans, est mort le 31 décembre 2022. Ses funérailles sont retransmises en direct et en français le jeudi 5 janvier 2023 à 9h15. La messe est présidée par le pape François depuis la place Saint-Pierre de Rome.

Point culminant des journées de deuil et de prière qui ont suivi la mort de Benoît XVI le 31 décembre dernier, les funérailles du Pape émérite ont été célébrées ce jeudi 5 janvier, en étant présidées par François. Devant des dizaines de milliers de fidèles rassemblés Place Saint-Pierre, le Saint-Père a prononcé une homélie centrée sur la personne du Christ et la figure du pasteur, faisant de manière implicite le portrait de son prédécesseur.

Sous un ciel si bas que la coupole de la Basilique n’était pas visible, les fidèles venus du monde entier ont progressivement afflué dès l’aube pour participer aux funérailles du Souverain Pontife défunt.

Le cercueil accueilli par les applaudissements

À 8h50, sous les applaudissements continus des fidèles, a eu lieu l’arrivée du cercueil de Benoît XVI, déposé sur le parvis de la basilique vaticane, sur une petite estrade beige face à l’autel. Un moment à la fois solennel et empreint d’émotion, au cours duquel Mgr Georg Gänswein, préfet de la Maison pontificale et secrétaire particulier du cardinal Joseph Ratzinger puis du Pape Benoît XVI, accompagné de Mgr Diego Ravelli, maître des célébrations liturgiques pontificales, ont ouvert le livre des Évangiles, avant de le poser sur le cercueil.

Mgr Gänswein et Mgr Ravelli placent l’Évangile sur le cercueil de Benoît XVI

La veille au soir, la dépouille du Pape émérite, devant laquelle étaient venues se recueillir plus de 200 000 personnes en trois jours, avait été placée dans un cercueil en bois de cyprès orné des armoiries de Benoît XVI, par la suite scellé. Au cours de cette cérémonie privée, à l’intérieur du cercueil ont été déposés le Rogito, acte notarié relatant en latin la vie du 265e Successeur de Pierre – lu auparavant par Mgr Diego Ravelli -, les pièces de monnaie et les médailles frappées sous le pontificat de Benoît XVI (2005-2013), ainsi que son pallium.

Dans une atmosphère de prière et de recueillement, la cérémonie a ensuite débuté par la récitation du chapelet.

((…reportage de vaticannews.com)

 

 

Ukraine: le Vatican souhaite une conférence pour la paix en Europe dans l’esprit d’Helsinki

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Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 28 septembre 2019.

 

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

L’ambassade d’Italie près le Saint-Siège a accueilli mardi 13 décembre une conférence, en collaboration avec la revue de géopolitique Limes et les médias du Vatican, pour rappeler «l’esprit d’Helsinki» comme proposition d’avenir. Le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin y a exhorté à «écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Europe et du monde».

Les «erreurs» et les «horreurs», les appels et les négociations, les litiges et les lueurs de paix, l’usure du monde et les larmes du Pape. Dans la salle des tapisseries -Sala degli Arazzi- du palais Borromeo de Rome, siège de l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège, le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, est revenu sur les dix mois de guerre en Ukraine «qui ont commencé avec l’agression perpétrée par l’armée de la Fédération de Russie», mais aussi sur l’avenir, en appelant à l’engagement universel pour la réalisation d’une grande conférence de paix pour l’Europe, dans le sillage de la conférence d’Helsinki de 1975 pour une paix durable en pleine guerre froide.

Le cardinal Parolin s’est exprimé à l’occasion de la conférence «L’Europe et la guerre, de l’esprit d’Helsinki aux perspectives de paix», événement promu par l’ambassade italienne près le Saint-Siège, en collaboration avec la revue géopolitique Limes et les médias du Vatican. L’idée d’organiser une telle rencontre est née des dialogues et de la confrontation quotidienne entre la revue de géopolitique Limes et les médias du Saint-Siège, qui, depuis le 24 février, se sont engagés à «décrire la brutalité de la guerre», à raconter les histoires des victimes et des réfugiés, à se faire l’écho des appels du Pape et, parfois, à accueillir des «voix hors du chœur».

«Faire revivre» l’esprit d’Helsinki

La conférence d’Helsinki et «l’esprit» qu’elle a suscité ont été au centre des différentes interventions. La référence à cet événement historique, auquel le Saint-Siège a également participé avec une délégation dirigée à l’époque par le cardinal Agostino Casaroli, n’est pas récente mais a déjà été proposée ces derniers mois par le président de la République italienne Sergio Mattarella, le cardinal Parolin et le Pape François lui-même. Ce matin, au palais Borromeo, il ne s’agissait pas d’analyser Helsinki mais de discuter «avec créativité et courage» des possibilités de revenir à la table des négociations.

Un souhait qui se heurte à la réalité: «Aujourd’hui, il n’y a pas de conditions pour répéter ce qui s’est passé à Helsinki», a déclaré le cardinal Parolin au début de son discours. Toutefois, nous devons nous efforcer d’en «raviver l’esprit»: «Nous devons faire face à cette crise, à cette guerre et aux nombreuses guerres oubliées, avec de nouveaux outils. Nous ne pouvons pas lire le présent et imaginer l’avenir uniquement sur la base de vieux modèles, d’anciennes alliances militaires ou de la ‘’colonisation idéologique et économique’’».

«Le risque d’accoutumance»

Le secrétaire d’État a évoqué le magistère des Papes, de Pacem in Terris à Fratelli tutti, et les chroniques qui, depuis le 24 février, rapportent des images sanglantes: civils morts, enfants sous les décombres, soldats tués, personnes déplacées, villes à moitié détruites dans le noir et le froid. Face à cette douleur, «il y a le risque d’accoutumance», a observé le cardinal. En ce sens, a-t-il souligné, les larmes du Pape aux pieds de l’Immaculée Conception sont «un puissant antidote contre le risque de l’habitude et de l’indifférence». Le cardinal a également rappelé l’appel du Pape François «à recourir à tous les instruments diplomatiques, même ceux inutilisés jusqu’à présent» pour parvenir à «une paix juste». Une paix qui semble être un objectif lointain, surtout au cours des dernières semaines, qui, malgré «quelques lueurs d’espérance» pour une éventuelle reprise des négociations, ont également vu «des fermetures et l’escalade des bombardements».
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François: «Communiquer, c’est rendre les gens moins seuls et donner une voix aux exclus»

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Le Pape s’exprimant devant les membres du dicastère pour la communication. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)
En rencontrant les employés et les participants à l’assemblée plénière du dicastère pour la Communication, le Pape François a livré les clés d’une bonne communication: elle doit rendre possible la diversité des points de vue, chercher à préserver l’unité et la vérité, combattre la calomnie, la violence verbale, le personnalisme et le fondamentalisme.

Le Pape François a reçu samedi 12 novembre en fin de matinée les membres du dicastère pour la Communication qui a tenue son assemblée plénière ces derniers jours. Dans la salle Clémentine du palais apostolique, ils ont été rejoints par de nombreux employés de ce dicastère qui rassemble des structures aussi différentes que Radio Vatican-Vatican News l’Osservatore Romano, la Salle de presse du Saint-Siège ou la LEV, la maison d’édition du Vatican.

Le Saint-Père avait préparé un discours mais s’est contenté de parler en improvisant, après avoir été salué par Paolo Ruffini, le préfet du dicastère. Dans le discours qui a été remis, François est d’abord revenu sur le synode, au coeur du thème de l’assemblée plénière, «Synode et communication : un chemin à développer», expliquant que « le synode n’est pas un simple exercice de communication, ni une tentative de repenser l’Église avec la logique des majorités et des minorités devant se mettre d’accord».

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Le Pape nomme un nouveau nonce apostolique à Madagascar

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Mgr Tomasz Grysa, nouveau Nonce Apostolique à Madagascar

Vatican News

Monseigneur Tomasz Grysa est né à Poznań, en Pologne, le 16 octobre 1970. Après son ordination sacerdotale, le 25 mai 1995, pour le compte de l’archidiocèse de Poznań, il a obtenu une licence en Droit canonique.

Entré dans le service diplomatique du Saint-Siège le 1er juillet 2001, il a presté successivement au sein des représentations pontificales de la Fédération de Russie, en Inde, en Belgique, au Mexique, au Brésil, auprès des missions permanentes de l’ONU (New-York), en Israël et au sein de la délégation apostolique à Jérusalem et Palestine.

Mgr Grysa est polyglotte. Outre le polonais, il parle le français, l’anglais, l’italien, le portugais, le russe et l’espagnol.

À Madagascar, Mgr Grysa succède à Mfg Paolo Rocco Gualtieri, nommé nonce apostolique au Pérou le 6 août 2022.

(source: vaticannews.va)

Femme et ainée, Sainte Anne, la grand-mère vénérée dans les communautés autochtones

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L’église Sainte(Anne-de-Beaupré, dans la province du Québec, au Canada.

À travers l’immense territoire canadien, la fête de la sainte Anne, le 26 juillet, est un événement à part entière. La mère de la vierge Marie, grand-mère de Jésus, est particulièrement importante pour différentes communautés autochtones qui la célèbrent lors d’un pèlerinage au lac Sainte-Anne dans l’Alberta, ou encore au sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré, au Québec. Deux lieux qui attendent la visite du Pape François, ces prochains jours.

Au bord du lac sacré Sainte-Anne, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest d’Edmonton dans la province de l’Alberta, certains pèlerins ont abandonné leur canne ou attelle. Après quelques pas dans les eaux miraculeuses, ils ont retrouvé leur mobilité. Depuis deux siècles, le lac est reconnu pour ses propriétés curatives, des milliers de membres de différentes communautés autochtones comme les Cris, les Métis ou les Pieds-noirs venant y célébrer la fête de sainte Anne. D’aucuns parcourent plusieurs milliers de kilomètres pour participer au rassemblement annuel de fidèles, qui réunit près de 40 000 personnes

Selon la tradition orale des Premières nations, le lac aurait toujours été habité par les esprits. Avant l’arrivée des Européens, rappelle l’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française, c’était un lieu de rassemblement, de pêche, de chasse et de cérémonie, comme celle de la danse du soleil, interdite en 1885. Appelé «Lac des esprits» ou «Lac Sacré», le lac Sainte-Anne hérite de son nom actuel du père Jean-Baptiste Thibault, prêtre séculier envoyé en mission dans la région et qui en fera un lieu de mission catholique.

Respect envers les ainés

«Sainte Anne est la mère de la Sainte Vierge et donc la grand-mère de Jésus… C’est notre grand-mère à tous», se réjouit le père Scott Katzenberger, recteur depuis janvier 2020 du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré non loin de la ville de Québec. «C’est notre alliée au paradis». Toute l’année, pour honorer la figure de cette ainée, les Premières Nations, Inuits et Métis se rendent au sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré ou sur les rives du lac. Un déplacement souvent réalisé en famille : «certaines personnes étaient venues avec leurs grands-parents, aujourd’hui ils amènent leurs petits-enfants», s’enthousiasme le père Katzenberger.

Dans la culture autochtone, les grands-parents prennent une part considérable dans l’éducation des enfants. «Parfois les grands parents sont plus proches des enfants que les parents», éclaire Jean-François Roussel, chercheur à l’université de Montréal, spécialiste de l’anthropologie théologique et de la culture autochtone. Les personnes de plus de 60 ans représentent d’ailleurs des figures de sagesse dans dans différentes sociétés autochtones. Selon la cosmologie autochtone de l’Est, c’est une figure féminine qui est à l’origine de la création du monde, avant de monter au ciel pour devenir la lune. Ainée et femme, sainte Anne cumule ainsi deux qualités vénérées parmi les autochtones : «Dans l’imaginaire autochtone, la grand-mère de Jésus a dû être très présente dans sa vie de Jésus, au moins autant que celle de ses parents», complète Jean-François Roussel.

«Nous sommes les petits-enfants bien gâtés de notre grand-mère sainte Anne», sourit le père Scott.

Une visite inespérée

«Quand je suis arrivé ici, jamais je ne pensais recevoir un pape au sanctuaire», nous détaille celui qui fut déjà de passage à Sainte-Anne-de-Beaupré, lorsqu’il étudiait au séminaire.

Après trois jours à Edmonton dans l’Alberta, et une liturgie de la parole sur les rives du lac de Sainte-Anne, le Pape François est attendu au sanctuaire le 28 juillet. Près de 40 ans après la visite de saint Jean-Paul II, c’est la première fois qu’un Souverain pontife célébrera une messe dans la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, qui voit passer près d’un million de visiteurs chaque année.

La basilique néo-romane consacrée en 1976 peut accueillir entre ses murs 1 400 visiteurs, et 10 000 personnes pourront suivre la messe depuis l’extérieur. Après l’annonce officielle de la venue du Pape François en mai, les réservations d’hôtels ou de camping ont bondi et les organisateurs tiennent à ce que toutes les communautés autochtones qui souhaitent assister à la messe du Saint-Père puissent le faire dans de bonnes conditions, 70% des places à l’intérieur de la basilique leur sont d’ailleurs réservées, précise l’équipe nationale de la visite papale au Canada.

Les organisateurs prévoient également d’offrir une retransmission de la messe sur les Plaines d’Abraham, à Québec, où pourront se regrouper 140 000 personnes. Au-delà des difficultés logistiques, la joie: «Cette visite est vraiment exceptionnelle, je sais que le Pape vient avec un message de réconciliation, et cela nous permettra d’améliorer les rapports entre l’Eglise et les communautés autochtones, pour aller de l’avant», note le père Katzenberger.

(source: vaticannews.va)


Le Pape au Canada: pour Mgr Poisson, il faut «avancer, sans oublier le passé»

Après Jean-Paul II en 1984, 1987 et 2002, le Pape François foulera le sol canadien, et particulièrement les terres autochtones, du 24 au 30 juillet. Un voyage historique (… lire l’article)

Mgr Gallagher plaide pour une diplomatie de prévention, non de réaction

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Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, à Rome le 12 juillet 2022.

Le Secrétaire pour les relations avec les États est intervenu mardi 12 juillet lors d’un événement en marge du «Meeting de Rimini», un événement italien qui se tiendra fin août. Mgr Paul Richard Gallagher a confirmé que le Souverain pontife se rendra à Kiev. La date demeure inconnue.

La 43ème édition de la Rencontre pour l’amitié entre les peuples prévue au meeting de Rimini du 20 au 25 août 2022 sur le thème « La passion de l’homme » a été présentée à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège à Rome. L’ordre géopolitique international imprévisible, le drame des réfugiés, la pauvreté croissante, les risques écologiques sont des défis qui concernent le présent et l’avenir de l’humanité seront la toile de fond du rendez-vous annuel, à la présentation duquel Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, est intervenu dans la matinée.

S’adressant aux journalistes présents en marge de la rencontre, il a réitéré le désir du Pape de se rendre en Ukraine, soulignant toutefois ignorer la date et les modalités.

Au sujet de son récent voyage sur place, le diplomate britannique a déclaré qu’il avait «la chance de se rendre à Kiev à un moment de sérénité sur le terrain, avec des bombardements avant et après notre visite». «J’ai constaté la consternation et l’incrédulité de trouver la guerre en Europe». «À la maison, c’était mon père et mon grand-père qui me la racontaient. J’ai vu la destruction, la protection et tout ce qui est un scandale pour nous. J’ai vu un peuple résister, prêt à se battre et à gagner. Tout cela nous est arrivé, à notre époque, alors que nous pensions que la guerre était terminée pour l’Europe, même si nous nous souvenons du conflit dans les Balkans dans les années 1990», a-t-il déclaré.

L’échec de la diplomatie

En tant que diplomate, nous devons reconnaître un échec, a observé Mgr Gallagher. Cela n’a pas fonctionné, cela n’a pas permis d’éviter ce conflit. «Quand je suis arrivé à Rome en provenance d’Australie en 2015, le Pape m’a dit qu’il ne voulait pas d’une diplomatie qui réagit mais d’une diplomatie qui anticipe les choses, une diplomatie préventive. L’Ukraine nous dit que nous devons essayer d’anticiper les conflits, que la diplomatie doit avoir la capacité de voir la gravité de ce qui se passe dans le monde. Elle doit réaffirmer les principes fondamentaux du droit international. Tout cela représente notre échec. Peut-être n’avons-nous rien dit de tout cela. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à la violence».

À vrai dire, souligne le Secrétaire pour les relations avec les États, «nous ne sommes pas restés indifférents». L’accueil des personnes fuyant la guerre s’est développé dans toute l’Europe. «Mais il y a toujours le danger de la fatigue, la nôtre et celle du peuple ukrainien en guerre. Le gouvernement suisse a relancé la renaissance spirituelle et matérielle de l’Ukraine. Je pense qu’il est peut-être trop tôt pour parler de reconstruction, mais il est bon d’avoir une attitude positive. Nous devons aider les Ukrainiens à reconstruire le tissu social du pays avec des personnes traumatisées qui ont besoin d’être accompagnées», a-t-il souhaité.

Réconciliation et pardon

Mgr Gallagher a ajouté qu’«en tant que prêtre, je me sens obligé de rappeler que nous ne pouvons pas négliger le message de réconciliation et de pardon malgré l’intensité de la souffrance. En Europe, nous avons connu le miracle de la paix. Comme la réconciliation entre la France et l’Allemagne quelques années après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, nous devons renouveler certaines institutions internationales. L’OSCE, par exemple, devrait être l’organe qui nous protège. Mais aussi l’Union européenne et l’ONU»

(source: vaticannews.va/fr)