Trump hésite, Téhéran avance et l’objectif de mettre fin au programme nucléaire s’éloigne

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La République islamique conserve son uranium enrichi, renforce ses capacités et tient le monde sous pression via le détroit d’Ormuz ; Washington multiplie les revirements

Le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes à bord d’Air Force One à son retour d’un voyage à Pékin, en Chine, le 15 mai 2026. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP)

Il a insisté sur la nécessité d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire et critiqué son vice-président pour avoir proposé un accord interdisant à Téhéran d’enrichir de l’uranium pendant seulement vingt ans, avant d’affirmer ensuite qu’une limitation de vingt ans serait finalement suffisante.

Il a fixé à plusieurs reprises des dates butoirs pour la capitulation iranienne, l’acceptation des conditions américaines ou la présentation de conditions plus raisonnables, avertissant, dans une succession d’envolées rhétoriques, selon lesquelles, faute d’obtempérer, les combats reprendraient et l’Iran serait détruit. « Une civilisation entière disparaîtra ce soir, pour ne jamais renaître », déclarait-il le mois dernier, dans la menace la plus extrême de ce type. Avant d’annuler, là encore, ces échéances à plusieurs reprises.

Dans un contexte aussi confus et contradictoire, il est tout simplement impossible de savoir comment, ni même si, la guerre va se poursuivre. À en croire ses propres déclarations mardi, Trump n’était qu’à une heure de prendre la décision de reprendre les frappes aériennes lundi, et/ou avait déjà pris cette décision, pour finalement y renoncer.

Pour la majeure partie de la communauté internationale, y compris une large part de l’opinion publique américaine, le monde se porterait bien mieux si les États-Unis et Israël n’avaient pas attaqué la République islamique le 28 février, tant le régime a réussi à exploiter son contrôle du détroit d’Ormuz pour semer le chaos dans l’approvisionnement énergétique mondial. Or, toute planification stratégique un tant soit peu compétente aurait dû identifier ce danger avant même le lancement des premières frappes aériennes et prévoir une réponse adaptée.

Par extension, l’impératif principal pour une grande partie de la communauté internationale est désormais de parvenir à une forme d’accord avec le régime permettant une réouverture stable du détroit. Sauf que, bien sûr, tant que ce régime restera au pouvoir, aucune garantie crédible de stabilité ne pourra exister ni n’existera.

Pire encore, l’objectif fondamental qui avait conduit les États-Unis et Israël à entrer en guerre, à savoir empêcher ce régime d’accéder à l’arme nucléaire, n’a pas été atteint. Bien au contraire.

L’Iran conserve son stock d’environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à près de 60 %, un seuil proche du niveau militaire. Comme Trump l’a lui-même reconnu vendredi, le régime a refusé que ce stock, qui représente sa voie la plus directe vers un arsenal nucléaire, soit extrait de ses installations nucléaires souterraines bombardées puis expédié hors du pays.

De plus, il ne subit même pas de pression sérieuse pour abandonner ses 10 tonnes d’uranium enrichi à des niveaux inférieurs, dont une partie pourrait atteindre le niveau militaire en seulement quelques semaines.

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