Concertations nationales : Le droit de vote de la diaspora au menu

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Le ministère des Affaires étrangères a déjà mis en place une direction dédiée à la diaspora

La participation électorale de la diaspora est un sujet qui sera abordé lors des concertations nationales tenues à l’extérieur du pays.

Le droit de vote des Malgaches vivant à l’étranger s’impose désormais comme l’un des dossiers incontournables des prochaines concertations nationales. Longtemps évoquée sans jamais franchir le cap des intentions, la participation électorale de la diaspora revient aujourd’hui au centre du débat, portée à la fois par les attentes des expatriés et par les engagements affichés au plus haut niveau de l’État. Après les discours, l’heure semble venue de passer aux actes. Lors de sa rencontre avec la diaspora malgache à Paris, en février dernier, le chef de l’État, Michael Randrianirina, avait déjà ouvert la voie en reconnaissant le rôle stratégique des communautés malgaches établies à l’étranger. L’enjeu dépasse largement la seule question électorale

La diaspora représente plusieurs centaines de milliers de Malgaches répartis en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie. Chaque année, leurs transferts financiers soutiennent des milliers de familles et contribuent au financement de projets économiques locaux, faisant d’eux des acteurs essentiels de la résilience et du développement national. Leur implication dans les urnes constituerait ainsi la reconnaissance logique de leur poids économique et social. Cette dynamique est d’ailleurs déjà engagée à travers le projet TADY (Tantsoroka ho an’ny Diaspora), mis en œuvre par le ministère des Affaires étrangères, avec un financement de sept millions d’euros accordé par le gouvernement français via l’Agence française de développement.

90%

Ce programme vise précisément à renforcer l’engagement de la diaspora dans le développement socio-économique de Madagascar, démontrant que les autorités considèrent déjà les expatriés comme des partenaires stratégiques du pays. À travers son dispositif TADY DAGO, le projet prévoit un mécanisme de cofinancement pouvant couvrir jusqu’à 90 % des projets portés conjointement par

les organisations de la société civile et les membres de la diaspora, dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, l’agriculture, l’environnement, l’inclusion sociale ou encore les infrastructures locales. En parallèle, il accompagne le ministère des Affaires étrangères dans la mise en œuvre de la Lettre de Politique nationale d’engagement de la diaspora malgache, avec l’appui technique d’Expertise France, de l’Institut de recherche pour le développement et de l’Organisation internationale pour les migrations.

« Si la diaspora est appelée à investir, à financer des projets et à participer au développement du pays, elle aspire également à prendre part aux décisions politiques qui orientent ce développement », nous a confié un dirigeant d’une association de Malgaches établis aux États-Unis. Le droit de vote apparaît dès lors comme le prolongement naturel de cette implication. Les concertations nationales, celles organisées par le FFKM, qui prévoient déjà un agenda à l’extérieur pour la diaspora, offrent ainsi une occasion historique de franchir une étape décisive. Au-delà des discussions sur les institutions ou le calendrier électoral, elles pourraient inscrire dans leurs recommandations le principe de la participation politique de la diaspora, accompagné d’un calendrier précis de mise en œuvre. Une telle réforme renforcerait l’inclusivité du processus démocratique tout en consolidant le lien entre Madagascar et ses citoyens établis à travers le monde.

(source: Rija R. – Midi M/kara)

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