Les Hauts conseillers de la refondation Lucien Rabearimanana (à g.) et Manantenasoa Marcellin Zafitasondry Ranoelson.
À titre conditionnel. C’est le motif de la promotion aux grades de généraux de brigade des deux Hauts conseillers de la refondation, à savoir le désormais général Lucien Rabearimanana et le désormais médecin général Manantenasoa Marcellin Zafitasondry Ranoelson.
Les deux Hauts conseillers de la refondation figurent dans la liste des nouveaux officiers généraux des Forces armées, nommés en Conseil des ministres, jeudi. La validation par décret présidentiel de la liste des généraux nouvellement promus est une des décisions incontournables des premières réunions hebdomadaires du pouvoir exécutif, à chaque début d’année. Cependant, cette fois-ci, le sujet revêt un intérêt particulier puisque parmi les cinq colonels qui siègent à la présidence de la refondation de la République, trois peuvent prétendre au grade de général cette année.
Le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, attendrait encore son tour. Issu de la 23e promotion de l’Académie militaire (ACMIL) d’Antsirabe, il devrait cependant accéder au grade de général de brigade lors de la prochaine crue des étoilés. Néanmoins, certains de ses co-promotionnaires figurent dans la liste des nouveaux généraux nommés en Conseil des ministres, jeudi. Finalement, ce sont les Hauts conseillers Rabearimanana et Zafitasondry qui sont les premiers à recevoir leurs étoiles.
Limite d’âge
Toutefois, cette promotion des deux Hauts conseillers de la refondation au grade de général de brigade a été faite « à titre conditionnel, pour des raisons exceptionnelles ». Tous deux ayant atteint la limite d’âge, ne doivent plus permettre une promotion au grade d’officier général. Lire la suite »
En novembre 2025, Michaël Randrianirina a renoncé à la présidence malgache de la SADC et a ouvert la voie à un mandat intérimaire pour Cyril Ramaphosa.
La crise malgache ne se joue plus uniquement sur la scène nationale. Elle se lit désormais à l’échelle régionale, sous le regard attentif de la SADC et de ses principaux leaders.
À peine le pied posé après son voyage à Abu Dhabi, Michaël Randrianirina a repris les airs. Direction l’Afrique du Sud. Hier, à Pretoria, le président de la Refondation de la République a été reçu par Cyril Ramaphosa, président sud-africain et président en exercice de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Une rencontre rapide, mais lourde de sens, dans un contexte politique malgache suivi de très près par les capitales de la région. La rencontre a eu lieu à Mahlamba Ndlopfu, la résidence officielle du chef de l’État sud-africain à Pretoria. Cette visite de travail intervient alors que la situation politique à Madagascar semble susciter des inquiétudes au niveau régional.
Pretoria ne mâche pas ses mots. Selon un communiqué officiel de la Présidence de la République d’Afrique du Sud, Pretoria dit exprimer sa « préoccupation face aux récents développements politiques à Madagascar ». Le communiqué appelle explicitement au « calme et au respect des processus démocratiques ». Le pays réaffirme également son attachement à une « résolution pacifique de la situation, fondée sur la démocratie, l’État de droit et le développement durable ».
La portée du message dépasse le simple cadre bilatéral. Cyril Ramaphosa s’exprime aussi en tant que président en exercice de la SADC, organisation régionale qui a, par le passé, joué un rôle déterminant dans la gestion des crises politiques en Afrique australe. Dans sa déclaration de décembre dernier, la SADC a appelé le nouveau régime malgache à fournir à l’organisation régionale « une feuille de route », avant mars 2026. À Pretoria, le message adressé à Antananarivo est clair : la stabilité institutionnelle et le respect des règles démocratiques demeurent des lignes rouges pour les partenaires régionaux.
Pression.
Pour Michaël Randrianirina, cette rencontre constitue un moment diplomatique clé. Elle intervient dans une séquence de déplacements internationaux soutenus, signe d’une volonté affichée de dialoguer et de rassurer. Mais elle souligne également la pression qui s’exerce sur le pouvoir malgache, sommé de démontrer sa capacité à gérer la transition politique dans un cadre apaisé et conforme aux standards régionaux. Lire la suite »
Alors que le début de la concertation nationale se fait attendre, les partis politiques annoncent déjà la couleur de la refondation en vue de la période de la transition. 103 partis politiques viennent de signer un mémorandum d’entente visant à dissoudre la Haute cour constitutionnelle (HCC), le sénat et d’autres institutions.
Les partis politiques veulent avoir voix au chapitre de la refondation et de la transition. Dans cette optique, 103 partis politiques en concertation hier au stade Barea, estiment que la dissolution de la HCC et du Sénat, est un passage obligé pour refonder la gouvernance et la démocratie à Madagascar.
Selon les initiateurs de cet accord politique, ces institutions ne remplissent plus leur rôle et représentent désormais un frein à la refondation du système politique. Leur dissolution s’inscrit ainsi comme la première étape d’une transition politique dont la durée est limitée à trois ans.
Et ces deux institutions ne sont pas les seules en mauvaise posture. Ce mémorandum d’entente prévoit également la dissolution de l’Assemblée nationale, du gouvernement et de plusieurs autres institutions. En contrepartie, la mise en place d’une Haute Autorité de la Refondation dirigée par Michaël Randrianirina est annoncée pour assurer la conduite des affaires de l’Etat durant la transition. Celle-ci sera accompagnée d’un gouvernement d’union nationale, dont le nombre de ministres sera réduit.
Haute cour de la Refondation
Sur le plan judiciaire, le remplacement de la HCC par une Haute Cour de la Refondation et la reconnaissance de la Cour Suprême comme plus haute autorité en matière judiciaire, pourrait refléter un changement structurel majeur. L’accord prévoit également la suppression des organes de lutte contre la corruption tels que le Bianco et le Samifin, une décision qui suscite des interrogations quant à l’avenir du combat contre la corruption et à la préservation de l’Etat de droit.
Concernant les élections, plusieurs options sont évoquées, dont la restitution de leur organisation au ministère de l’Intérieur ou la création d’une juridiction électorale spéciale. Le plafonnement des dépenses de campagne et l’obligation pour les candidats d’être investis par des partis politiques sont présentés comme des mesures visant à renforcer la transparence, mais qui pourraient également restreindre l’ouverture du jeu démocratique.
A noter que l’Irmar n’y a pas apposé sa signature, bien qu’ayant pris part aux discussions initiales. Selon le coordinateur Guy Maxime Ralaiseheno, ce texte constitue la base des discussions à venir lors des assises nationales.
Après son premier déplacement officiel, le colonel Michaël Randrianirina n’a pas oublié les « voandalana ».
Entre les enjeux diplomatiques avec Washington et les retombées économiques de sa mission aux Émirats, le président de la Refondation de la République, Michaël Randrianirina, joue la carte de la transparence.
C’est une déclaration qui ne manquera pas de faire jaser dans les salons politiques de la capitale. À peine les pieds posés sur le tarmac de l’aéroport d’Ivato, hier matin, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, a répondu sans détour aux interrogations des journalistes. Le sujet brûlant : l’éventualité d’un accord entre Antananarivo et Washington pour l’accueil, sur le sol malgache, de migrants jugés « irréguliers » par les États-Unis.
Réponse
« C’était le motif de la visite de la délégation américaine », a-t-il confirmé de manière laconique mais explicite. Si le contenu exact des discussions reste confidentiel, l’aveu de cette sollicitation américaine confirme les rumeurs qui circulaient ces dernières semaines. Toutefois, le colonel a tenu à tempérer les ardeurs. « Le gouvernement malgache n’a pas encore donné sa réponse », a-t-il soutenu. Une manière de signifier que Madagascar entend peser le pour et le contre avant de s’engager dans un dossier aussi sensible que celui de la gestion migratoire internationale.
Conventions
Au-delà de ce volet diplomatique, le déplacement du colonel à Abu Dhabi semble avoir été fructueux sur le plan économique. Plusieurs conventions ont été paraphées aux Émirats arabes unis. « Cela a été fait dans l’intérêt de la population malgache », a confié le locataire d’Iavoloha. Parmi les annonces phares, on retient l’ouverture imminente d’une industrie d’engrais à Toliara. L’inauguration est prévue pour février prochain. En cas de succès, une extension est déjà envisagée vers Ambohasary. Ce projet industriel s’inscrit dans une volonté globale de relance, touchant également les infrastructures de transport. Le colonel a évoqué l’amélioration des réseaux ferroviaires, notamment à Antsirabe et Toamasina.
Fleurons nationaux
Le volet « souveraineté économique » n’a pas été en reste. Les discussions aux Émirats auraient également porté sur le redressement des fleurons nationaux en difficulté, à l’instar d’Air Madagascar et de la SECREN à Antsiranana. Enfin, signe d’un rapprochement diplomatique accru, l’ouverture d’une ambassade de Madagascar à Abu Dhabi a été actée. En tout cas, ce déplacement a porté ses fruits, lesquels seront palpables dans les jours à venir. « Les sociétés signataires de ces conventions seront dans nos murs dès la semaine prochaine », a conclu le colonel Randrianirina. Un calendrier serré qui suggère que, si le dossier des migrants reste en suspens, le volet économique, lui, est déjà sur les rails.
Alors que la prix Nobel de la paix 2025 est reçue à Washington, le président américain réaffirme son soutien à la nouvelle présidente par intérim à Caracas, privilégiant la stabilité politique à une transition démocratique incarnée par l’opposition.
Le président de l’Assemblée nationale du Venezuela, Jorge Rodriguez (à gauche), la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, et le ministre de l’intérieur, Diosdado Cabello, lors d’une conférence de presse, au palais Miraflores à Caracas, le 14 janvier 2026. LEONARDO FERNANDEZ VILORIA / REUTERS
Entre les deux femmes, le cœur de Donald Trump ne balance pas. Alors qu’il s’apprête à recevoir, jeudi 14 janvier, l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, le président américain a réitéré mercredi son soutien sans faille à Delcy Rodriguez, la nouvelle présidente en place à Caracas. A l’occasion d’une conférence de presse à la Maison Blanche, M. Trump a indiqué avoir eu « une longue et géniale conversation » avec Mme Rodriguez qu’il a qualifiée de « personne formidable ».
Le coup est rude pour Mme Machado. L’opposante qui, en octobre 2025, s’est vu attribuer le prix Nobel de la paix est ouvertement évincée de la transition politique en cours au Venezuela. Depuis que, le 3 janvier, les forces d’intervention spéciales des Etats-Unis ont enlevé le président Nicolas Maduro et son épouse, Delcy Rodriguez – qui était une collaboratrice de confiance de M. Maduro – gouverne sous leur contrôle étroit.
Mercredi, elle a confirmé avoir eu avec le président Trump une conversation « longue et courtoise ». Le propos a de quoi surprendre de la part d’une socialiste qui a longtemps vilipendé l’impérialisme états-unien et qui accuse les Américains d’avoir « injustement séquestré » M. Maduro. Les Vénézuéliens s’étonnent eux aussi de la tournure qu’ont prise les événements. « Nous pensions tous que les Américains allaient amener dans leurs valises Maria Corina Machado », résume une jeune opposante interrogée au téléphone.
Historique et prometteur. Le vote bipartisan de la Chambre des représentants américaine sur l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) l’est pour l’économie de Madagascar.
La bonne nouvelle a été annoncée, hier, par l’Ambassade de Madagascar à Washington et saluée aussi bien par le milieu économique que politique. Un enjeu de taille quand on sait qu’entre autres, plus de 100 000 emplois sont sauvés et au moins 700 millions de dollars de recettes en devises sont préservées grâce à cette reconduction.
Étape majeure.
La décision de la Chambre des représentants marque, en tout cas, une étape majeure dans le processus de reconduction de l’AGOA pour une durée de 3 ans. Il ne reste plus que l’examen et le probable vote du texte par le Sénat pour que le pays bénéficie de ce mécanisme commercial essentiel qui permet aux pays africains éligibles, dont Madagascar, d’exporter vers le marché américain de nombreux produits en franchise de droits de douane. Lire la suite »
Trois mois après l’éviction de l’ancien régime et l’instauration de la Refondation de la République de Madagascar, une partie de la classe politique appelle à la mise en place d’une « charte de la Refondation » pour mieux gérer la transition.
Les membres de l’Association des Anciens Ministres et Parlementaires (AAMP) ne cachent plus leurs inquiétudes face à la trajectoire actuelle de la Refondation du pays. Lors d’une conférence de presse tenue hier au By-Pass, ils ont exprimé leur désaveu et proposé des solutions pour redresser la situation. Selon Eléonore Johasy Raharisoa, membre influente de l’AAMP et ancienne élue de Vangaindrano, il devient impératif de mettre en place une « Charte de la Refondation » pour encadrer et structurer la gestion du pays pendant cette période de transition.
Stabilité. Cette charte, selon elle, devrait permettre de garantir la stabilité, l’ordre et l’apaisement nécessaires à la production économique. Elle vise également à restaurer la confiance mutuelle entre les autorités et la population, tout en promouvant l’équilibre régional et la parité entre les sexes au sein de l’administration publique. « Il est urgent de coordonner les différents niveaux de pouvoir pour éviter les dysfonctionnements », a-t-elle souligné. Ces propositions rejoignent en grande partie les résolutions prises lors des assises des partis politiques d’Ankorondrano, en décembre dernier. Lire la suite »
Monseigneur Modeste Randrianifahanana, évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Antananarivo, appelle à la réactivation de la Commission Justice et Paix face aux risques qui pèsent sur le pays.
L’évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Antananarivo a appelé à la réactivation de « Justice et Paix ».
« Il faut restaurer et rendre opérationnelle la Commission Justice et Paix. » Tel est l’appel lancé par Monseigneur Modeste Randrianifahanana lors de la messe célébrée dimanche au Petit séminaire d’Ambohipo. Selon l’évêque, le pays est exposé à de graves dérives s’il venait à être dirigé par des personnes peu scrupuleuses.
Pour étayer ses propos, il s’est référé à une déclaration de la Conférence des évêques de Madagascar, faite avant l’élection présidentielle de 2023, selon laquelle « les bonnes personnes ne sont pas prêtes, tandis que les mauvaises le sont déjà ». Une mise en garde qui souligne l’importance de la vigilance citoyenne et de l’engagement moral dans la vie politique.
« Le pays est en danger s’il tombe entre les mains de mauvaises personnes. C’est pourquoi il faut restaurer la Commission Justice et Paix », a-t-il insisté.
Organe de l’Église catholique, la Commission Justice et Paix a pour mission de promouvoir la justice, la paix et le respect des droits humains. Elle analyse la situation sociale et politique, sensibilise les citoyens à leurs droits et responsabilités, et formule des recommandations éthiques face aux menaces pesant sur le bien commun. Sans être un parti politique, elle joue un rôle de veille morale et citoyenne, rappelant aux dirigeants leurs obligations envers la population.
Les membres du corps diplomatique qui sont venus à Iavoloha le 9 janvier
Dans une géopolitique mondiale où les puissances avancent parfois en force, la Grande île tente de jouer sa partition : souveraine.
Le gouvernement tente de mettre fin aux procès d’intention. Devant un corps diplomatique venu nombreux au palais d’Iavoloha le 9 janvier dernier, le chef de l’État, Michaël Randrianirina, a posé les bases de la politique étrangère de son régime avec une déclaration directe et assumée. « Madagascar demeure ouvert à une coopération internationale fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et le principe du partenariat gagnant-gagnant, sans ingérence dans les affaires intérieures », quasi dans la même lignée que la politique étrangère du régime d’Andry Rajoelina. Le discours de Michaël Randrianirina fixe le cadre et rappelle que le terrain malgache n’est pas en libre-service. Lire la suite »