Société

Point de vue: « La renaissance de l’ONU est la seule solution au chaos du monde »

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Lu sur l’Humanité Dimanche:

Vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, Jean Ziegler déplore la paralysie actuelle de l’ONU. Incapable d’assurer la sécurité collective, elle doit être réformée rapidement. Le chaos de notre monde actuel l’impose. Son espoir ? Le réveil de la société civile « porteuse d’une formidable espérance ».

L’Humanité Dimanche. Ukraine, Gaza, Irak, Syrie : les Nations unies et, plus précisément, le Conseil de sécurité chargé d’empêcher les conflits semblent « malades »…

Jean Ziegler, Professeur honoraire de sociologie de l’université de Genève,
Jean Ziegler, Professeur honoraire de sociologie de l’université de Genève

Jean Ziegler. C’est évident que les Nations unies sont paralysées et ne font pas ce pourquoi elles ont été fondées en juin 1945 : assurer la sécurité collective. Dans la charte de l’ONU, il y a le chapitre VII, qui est central et qui définit un ensemble de moyens à mettre en œuvre en cas de conflit. Cela va de l’embargo économique à l’envoi de troupes contre l’agresseur. Ce chapitre VII, c’est-à-dire l’ensemble des instruments à disposition pour assurer la paix, terminer un conflit et punir un agresseur, ne fonctionne pas et c’est lamentable. La faute au Conseil de sécurité et au droit de veto. Soyons clairs, lorsque l’ONU a été créée, ce droit de veto était nécessaire. À l’Assemblée générale, chacun des 194 États membres dispose d’une voix, quelle que soit sa population ou son poids économique : c’est la démocratie totale. Le plus petit État, le Vanuatu, 55 000 habitants, le plus grand, la Chine, 1,4 milliard d’habitants, chacun a une voix. Mais à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés (États-Unis, France, Royaume-Uni, URSS et Chine) n’ont pas fait entièrement confiance à ce principe démocratique, se rappelant que c’était par les urnes qu’Hitler avait accédé au pouvoir. Aussi ce droit de veto était-il justifié afin de se prémunir d’éventuelles décisions qui auraient pu être prises démocratiquement par l’Assemblée générale mais qui auraient été désastreuses pour la paix du monde. Aujourd’hui, ce droit de veto est totalement paralysant. Les cinq membres permanents qui en disposent suivent leurs propres raisons d’État. Vous prenez n’importe lequel des conflits actuels, Gaza, Syrie ou Ukraine, à chaque fois vous avez un pays qui utilise son droit de veto pour bloquer l’intervention de l’ONU.

HD. Que faire alors ?
J. Z. Tout le monde est conscient, en tout cas nous au Conseil des droits de l’homme, que ce droit de veto ne peut plus durer. Il faut qu’il disparaisse et que le système de sièges permanents évolue. Le plan de réforme, qui est sur la table et qui n’avance pas depuis huit ans, est celui de Kofi Annan. Il propose que les sièges permanents soient « tournants ». Exemple : les sièges permanents de la France et de la Grande-Bretagne seraient supprimés et l’on créerait un siège permanent pour l’Europe occidentale qui serait occupé successivement par les principaux États d’Europe occidentale. Même chose pour la zone Asie, le siège permanent de la Chine serait confié par rotation au Japon, à l’Inde, au Pakistan, etc. Idem pour l’Europe de l’Est, les Amériques, etc. Et évidemment, plus de droit de veto.

(… Cliquer pour lire l’intégralité de l’interview)

La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) reçue par le Président

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La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) est en place. Le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a reçu ses membres, ce 11 Octobre 2016, au Palais d’Etat d’Iavoloha.

La CNIDH est une institution composée de 11 personnalités qui représentent diverses entités, telles que l’Exécutif, le Parlement et les organisations de la société civile. Elle a notamment pour mission de promouvoir et de défendre les Droits de l’Homme, que ce soit les Droits de la Femme, de l’Enfant, ceux des personnes handicapées et les Droits Humains en général. La CNIDH a également la responsabilité de conseiller le Gouvernement et le Parlement sur la politique d’Etat par rapport aux Droits de l’Homme. L’objectif est de collaborer avec l’Etat et lui fournir une aide effective, en termes de respect des Droits de l’Homme. En ce sens, la commission peut fournir des recommandations sur des projets de lois, règlements et pratiques en la matière.

La délégation est venue annoncer officiellement au Chef de l’Etat que la CNIDH est désormais effective, et que ses membres prêteront serment ce jeudi 13 octobre.

Les premiers membres du CNIDH avec le Président au Palais d'Etat d'Iavoloha
Les premiers membres du CNIDH avec le Président au Palais d’Etat d’Iavoloha (Crédit photo: Présidence)

Les membres de la CNIDH, sans aucun ordre de préséance :

  • IMBIKI Anaclet, représentant de l’Assemblée Nationale ;
  • Mme MATAVIMANA Ravao Georgine, représentant du Sénat ;
  • RANADIALSON Angelo, représentant de l’Exécutif ;
  • Mme RANDRIANTAVY Lovamalala Mahefanirina, représentant des Professeurs de droit des universités publiques ;
  • Mme RABENORO Mireille, représentant des Organisations de la Société Civile œuvrant dans la protection des Droits de la Femme ;
  • RASAMOELY Andrianirainy, représentant des Organisations de la Société Civile œuvrant dans la protection des Droits de l’Enfant ;
  • Ny Hanitra Johnson Ramarolahy Rasidimanana, représentant des Organisations de la Société Civile œuvrant dans la protection des Droits des personnes vivant avec handicap ;
  • RAKOTONIRINA Andriamanana, représentant des Organisations de la Société Civile œuvrant dans la protection des Droits Humains en général ;
  • Mme ARMANDINE, représentant des Organisations de la Société Civile œuvrant dans la protection des Droits Humains en général ;
  • ANDRIAMAROHASINA Seth, représentant de l’Ordre des Journalistes ;
  • Me RABETOKOTANY Andrianjafindrakoto Mamy, représentant de l’Ordre des Avocats.

Résidence Rainilaiarivony : un musée à Amboditsiry

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Ishiro Ogasawara, ambassadeur du Japon à Madagascar
Ishiro Ogasawara, ambassadeur du Japon à Madagascar

Le samedi 8 Octobre 2016, le ministre malgache de la Culture, de la promotion de l’artisanat et de la sauvegarde du patrimoine et l’ambassadeur du Japon à Madagascar ont procédé à la pose de la première pierre de deux bâtiments à la Résidence Rainilaiarivony pour restaurer ce patrimoine malgache.

Marcelle Rahobisoa, la dernière occupante du Rova d'Amboditsiry, avec le Consul Honoraire de Madagascar à Londres, Mr Stephen Hobbs
Le Consul Honoraire de Madagascar à Londres, Mr Stephen Hobbs, visitant la Résidence vers la fin du XXè siècle.

C’est une première pierre symbolique qui a été posée sur le chantier de la Résidence Rainilaiarivony à Amboditsiry. Financés par le Japon à hauteur de (1,4 Md d’Ar) 1 milliard 400 millions d’Ariary, les deux bâtiments en cours de construction seront dédiés à la restauration des collections historiques et d’autres articles du musée.

« Rainilaiarivony a marqué les annales de l’histoire de Madagascar. Il a été non seulement le Premier ministre durant trois règnes consécutifs mais  il a surtout fait basculer la Grande île dans la modernité. Par ailleurs, la Résidence Rainilaiarivony a été reconnue patrimoine culturel national en 1978 » a rappelé Jean-Jacques Rabenirina, ministre de la Culture, de la promotion de l’artisanat et de la sauvegarde du patrimoine. Quant au nouvel ambassadeur du Japon à Madagascar, Ichiro Ogasawara, il a fait part que ce projet d’envergure marque « une étape importante dans l’histoire de la solidarité et de la coopération Madagascar- Japon ».


Amboditsiry : La Résidence Rainilaiarivony devient site Patrimonial national

1 octobre 2019

L’entretien et la restauration de biens immobiliers classés monuments historiques  est l’un des principaux objectifs de l’Etat. En effet, le patrimoine culturel est  un des systèmes les plus importants pour la construction d’une identité commune sur le territoire d’un pays.  Hier, dans le but de réhabiliter  et de conserver  le domaine de Rainilaiarivony,  les représentants du Ministère de la Communication et de la Culture sont venus à Amboditsiry. ..

La résidence de Rainilaiarivony, sera réhabilitée bientôt.

Pendant  presque  deux décennies,  ce  patrimoine architectural crée un conflit entre l’Etat malgache et les descendants de Rainilaiarivony.  Si le premier  veut restaurer   et conserver  ce monument historique pour la génération future, le deuxième  n’est pas de cet avis.  « Cette  résidence appartient à notre arrière grand- père, alors, c’est notre héritage », a affirmé  Allan Rajimison, arrière petit-fils de Rainilaiarivony.  Quant au  Directeur Général  de la culture Francis Alexandre  Razafiarison, il informe que  « Cet ancien domaine  de Rainilaiarivony  est parmi les dix sites  patrimoniales  à réhabiliter. Un  appel d’offre est lancé pour réaliser ce projet ».   D’après un spécialiste d’un patrimoine culturel matériel, le patrimoine national est un bien public, alors cette résidence est pour tous les citoyens malgaches.  Il est à noter que La résidence   est classée monument historique  par le décret n°78-257 du 4 novembre 1978. En outre, dans le dessein  du programme  ZPPAUP ( Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager) de la capitale malgache, mis en place par  la coopération CUA-RF, la résidence d’Amboditsiry  est aménagée dans le but  de préservation  de l’ensemble paysager existant, et  de valorisation d’un  lieu  représentatif d’un personnage  hautement  symbolique dans l’histoire de l’lle Rouge.

Un bâtiment d’un siècle et demi.  Attribuée par le roi  Andrianjaka au  début du XVIIe siècle  à l’arrière grand- père   de Rainiharo,   le grand-père de Rainilaiarivony, la résidence d’Amboditsiry est  devenue la  maison du dernier  à la deuxième moitié du XIXe siècle.  La résidence fait partie d’un ensemble de propriétés foncières et immobilières comme celle de fasan-dRainiharo ,le Rova d’Andafiavaratra et autres.

À l’aube du XXe siècle, pendant que les Français commencent à s’implanter à Madagascar, Rainialaiarivony est maintenu en résidence surveillé. Avant son départ en exil pour  l’Algérie, l’homme d’Andafiavaratra  rédige son testament léguant ainsi  ladite  résidence à son petit-fils Ratelifera.  La maison est construite par  l’architecte   anglais James Cameron en 1863. Le jardin couvre   3.88 hectares.  La beauté a été exceptionnelle que Rainilaiarivony  y emmenait la Reine Rasoherina alors très malade, pour sa convalescence. C’est également  de là qu’elle fait sa dernière apparition à la  population en avril 1888.

Iss Heridiny – Midi M/kara

Madagascar: Les îles éparses à la 71è AG de l’ONU?

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COMMUNIQUE DE PRESSE

La Résolution nationale de 14 pages issue du Symposium national pour la restitution des îles malgaches (îles éparses), qui s’est tenu à l’Hôtel de ville de la capitale de Madagascar le 23 juillet 2016, a été remise officiellement auprès du Ministère des Affaires Étrangères afin d’être enrôlée à la 71ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies pour être débattue et ensuite adoptée par les membres de l’Assemblée générale.

Par application de la résolution 34/91 du 12 décembre 1979 et de la résolution de 35/123 du 11 décembre 1980 de l’Assemblée générale des Nations Unies et selon sa résolution nationale déposée à l’Assemblée générale des Nations Unies, les participants au Symposium national pour la restitution des îles malgaches (îles éparses) ont demandé au Gouvernement français :

  • d’annuler toutes les décisions portant atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de Madagascar notamment la loi n°2007-224 du 21 février 2007 déclarant que les îles malgaches font désormais partie des îles antarctiques françaises ;
  • de cesser immédiatement toute mesure en cours qui porterait atteinte à la souveraineté de Madagascar et qui pourraient affecter la recherche d’une solution juste au différend opposant le Gouvernement malgache au Gouvernement français ;
  • de procéder à la  restitution immédiate et sans condition des îles malgaches détenues arbitrairement par le Gouvernement français et en écartant toute autre solution, notamment celle d’une cogestion des îles malgaches par le Gouvernement français avec le Gouvernement malgache.

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Doctrine sociale de l’Eglise

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Agenda Social

Les étudiants, les enseignants et tous ceux qui recherchent une meilleure connaissance de la doctrine sociale de l’Eglise trouveront dans cette collection les déclarations centrales des Souverains Pontifes issues d’une variété de textes, y compris encycliques pontificales, lettres apostoliques et documents conciliaires sur des sujets en rapport avec la politique, l’économie et la culture.

Les sélections sont classées de manière thématique selon les divers sujets de la doctrine sociale catholique. Sous chaque titre thématique, les citations sont disposées selon un ordre pédagogique-plutôt que chronologique ou magistral-et chaque sujet commence par une citation expliquant la question traitée.

+  François-Xavier Nguyên Cardinal Van Thuân
Président du Conseil Pontifical «Justice et Paix»
(1928-2002)

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Préface

Article Premier: Nature de la Doctrine Sociale de L’Église

Article Deuxième: La Personne Humaine

Article Troisième: La Famille

Article Quatrième: L’Ordre Social

Article Cinquième: Le Rôle De L’état

Article Sixième: L’Économie

Article Septième: Travail Et Salaires

Article Huitième: Pauvreté Et Charité

Article Neuvième: L’Environnement

Article Dixième: La Communauté Internationale

Article Onzième: Conclusion

AGENDA SOCIAL
Une collection de textes du Magistère
Préface de
François-Xavier Nguyên Cardinal Van Thuân
Président du Conseil Pontifical «Justice et Paix»©2000—CONSEIL PONTIFICAL «JUSTICE ET PAIX»LIBRERIA EDITRICE VATICANA
00120 CITTÀ DEL VATICANO
ISBN 88-209-2953-8

Bibliographie

Index Analytique

Abréviations

Biographie: Saint Augustin, Docteur de l’Eglise

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Qui était Augustin, Evêque d’Hippone?

Saint Augustin, né le 13 novembre 354, est l’un des trois enfants de Patrice et Monique, petits exploitants agricoles à Thagaste (aujourd’hui Souk Ahras, aux confins de l’Algérie et de la Tunisie). Augustin, son frère et sa sœur vécurent là une enfance heureuse. Il n’aimait pas l’école et ses brutalités. Mais son intelligence y brilla rapidement ; et ses parents firent tout ce qu’ils pouvaient pour favoriser sa réussite, dont ils espéraient profiter eux aussi. Il fit donc d’excellentes études primaires, secondaires, et finalement universitaires à Carthage ; et il devint bientôt professeur de lettres.

Saint Augustin dans son cabinet de travail (Botticelli, Ognissanti) (vers 1480).

Sa mère, la future sainte Monique, était une bonne chrétienne. Son père, Patrice, était quant à lui un païen qui ne fit pas obstacle à ce que la mère donnât une éducation chrétienne aux enfants. Bébé, Augustin reçut le sacrement des catéchumènes : le signe de la croix sur le front, les grains de sel sur les lèvres, ce qu’on appelait naguère les «rites préliminaires» du baptême. Plus tard, vers sept ans, il tomba gravement malade ; en danger de mort, il réclama instamment le baptême. Mais il se rétablit et on différa la cérémonie. Il y avait, en effet, à l’époque, deux catégories de chrétiens, les «fidèles», qui avaient reçu le baptême et promis de vivre en chrétiens, et les «catéchumènes» qui préféraient se tenir confortablement sur le seuil, en se disant qu’il serait toujours temps de faire le nécessaire plus tard.

Augustin fut donc toujours chrétien : il avait bu, dit-il dans ses Confessions, le nom de son Sauveur avec le lait de sa mère et il le retenait au fond de son cœur d’enfant. Mais il est bien probable qu’il n’y pensa guère au cours des années un peu folles de son adolescence.

Entre sagesse et passion

A 17-18 ans, étudiant à Carthage, il se lia à une compagne qui lui donna un enfant. Ils le prénommèrent Adéodat, «Dieudonné». Adéodat reçut le baptême à 15 ans, en même temps que son père, dans la nuit pascale de 387. Mais il mourut prématurément vers l’âge de 18 ans.

Entre temps, enthousiasmé par un dialogue philosophique de Cicéron, tiraillé entre son amour de la Sagesse (la philosophie) et ses passions de jeune homme ardent et ambitieux, Augustin se lança dans une longue quête de la Vérité. Il tenta de lire la Bible, mais fut rebuté par le mauvais latin de vieilles traductions. Il lisait tout ce qu’il trouvait d’ouvrages philosophiques, séduit tantôt par le scepticisme, tantôt par l’épicurisme. Il était en recherche.

Il fut ensuite séduit par la secte des manichéens, qu’il fréquenta pendant presque neuf ans.Le manichéisme était une religion orientale, fondée par Mani, qui professait un dualisme radical: l’opposition du Bien et du Mal, de la Lumière et des Ténèbres etc… Cette secte qui prétendait offrir une explication rationnelle du monde, eut une grande influence sur les cercles aristocratiques du IVè siècle en Afrique du Nord. Après sa conversion, à travers les Confessions et dans les autres ouvrages, saint Augustin s’attacha à combattre vivement le manichéisme dans et hors de l’ Eglise.

A l’âge de 29 ans (en 383), il quitte Carthage pour Rome, puis pour Milan, résidence impériale, où il obtient une chaire. Il devient fonctionnaire : c’est le sommet de sa carrière ! Jeune, ambitieux, Augustin court après les honneurs, la richesse, le mariage. Il voudrait obtenir un poste de gouverneur de province pour commencer, puis entrer dans l’ordre sénatorial… Sa mère l’a rejoint à Milan et s’entremet pour lui trouver une riche épouse : il faut (déjà) de l’argent pour entrer en politique ! Augustin se résigne à répudier celle qui est sa compagne depuis seize ans : il dit que son cœur en fut déchiré…

La conversion et le baptême

Dès son arrivée à Milan, Augustin avait fait une visite de courtoisie à l’évêque, Ambroise, qui le reçut paternellement. Il prit l’habitude d’aller l’écouter le dimanche, d’abord pour évaluer le talent de l’orateur. Mais son coeur s’ouvrit peu à peu à la vérité du discours. Il découvrit le sens spirituel de l’Ancien Testament. Ce fut un événement de première importance : Augustin pouvait se trouver désormais chez lui dans la Bible.

A la lecture des philosophes platoniciens qui lui conseillaient de se retourner de l’extérieur vers l’intérieur, autrement dit de se «convertir», il entra en lui-même, sous la conduite de Dieu, et découvrit la pure spiritualité de l’âme et de Dieu, son créateur.

Mais Augustin s’interrogeait toujours sur la personnalité du Christ. Il l’imaginait comme un homme d’une éminente sagesse, qui, au témoignage des Évangiles, avait mangé et bu, dormi et marché, s’était réjoui et attristé, avait conversé avec ses amis, avait donc mené une vraie vie d’homme. Mais il n’avait aucune idée du mystère du «Verbe fait chair», jusqu’à ce que Simplicien, un grand intellectuel chrétien, lui présentât le Prologue de l’Évangile de Jean comme un condensé de la doctrine chrétienne : le Christ est à la fois le Verbe, la Parole de Dieu en Dieu, et la Parole faite chair, l’homme Jésus Christ, Médiateur de Dieu et des hommes. Ce fut un autre moment important : Augustin découvrit la cohérence de la pensée chrétienne.

Mais il lui restait encore à mettre sa vie en conformité avec le christianisme. Ce ne fut pas sans mal ! Vint un jour un crise décisive dans le jardin de sa résidence à Milan. Après un moment de forte agitation, il s’abattit sous un figuier et laissa libre cours à ses larmes. C’est alors qu’il entendit une voix d’enfant qui chantonnait : «Prends, lis ! prends, lis !» Il se saisit du livre des lettres de Paul, l’ouvrit au hasard et lut : «Pas d’orgies et de beuveries, pas de coucheries et de débauches, pas de disputes et de jalousies ; mais revêtez-vous du seigneur Jésus-Christ ; et n’ayez souci de la chair pour en satisfaire les convoitises» (Romains 13, 13-14). Cela suffit pour dissiper les ténèbres du doute.

A la fin de l’année universitaire, Augustin, sa famille et deux jeunes disciples firent retraite dans une villa, dans les collines au nord de Milan, qui était mise à leur disposition par un collègue. Ils passèrent là des mois paisibles, s’adonnant à des entretiens philosophiques, à des méditations personnelles, à des prières aux accents des Psaumes qui enthousiasmaient Augustin.

En mars 387, ils revinrent à Milan pour l’inscription sur le registre des candidats au baptême. Augustin, un de ses amis et son fils Adéodat suivirent la catéchèse d’Ambroise. Au cours de la nuit pascale du 24-25 avril 387, comme les autres, Augustin fut baptisé par Ambroise dans la piscine baptismale.

La retraite anticipée

Augustin n’avait désormais plus rien à faire en Italie. Il prit le chemin du retour avec sa famille. En automne 387, ils étaient à Ostie, en attente d’embarquement pour l’Afrique. C’est là qu’Augustin et Monique, accoudés à une fenêtre, connurent ensemble un moment de bonheur mystique, l’«extase» ou la «contemplation» d’Ostie. Cinq jours après, Monique fut prise de fièvre et mourut au bout de neuf jours, à l’âge de cinquante-six ans.

De retour au pays, en 388, Augustin et ses compagnons s’installèrent dans la maison familiale à Thagaste. De retour en Afrique du Nord, il fonde une petite communauté contemplative. Il est appelé comme prêtre, puis comme évêque à Hippone. Il combat continuellement les déviations de la foi chrétienne. Il meurt en 430, pendant le siège de sa ville Hippone par les Vandales. Docteur de l’Église, il est l’un des quatre «Pères de l’Église d’Occident» avec saint Ambroise, saint Jérôme et Grégoire Ier.

Ses oeuvres majeures

Clôture du 10ème exercice militaire Africa Endeavour à Madagascar

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L »ambassadeur des Etats-Unis, Robert Yamate, a lancé un appel à l’union et à la mobilisation générale des 40 pays et organisations internationales participants à cet exercice militaire, qui s’est déroulé à Madagascar, et qui s’est focalisé sur la transmission et la communication au sein de l’Armée.

Robert Yamate, ambassadeur des USA à Masagascar.
Robert Yamate, ambassadeur des USA à Masagascar.

« Les ennemis et les défis que nous surmontons aujourd’hui sont souvent de nature transnationale et asymétrique, telle qu’il existe dans le cyber espace, les famines, les inondations, les insurrections, les attaques terroristes et les missions de maintien de la paix post-conflit. Les Etats-Unis ne peuvent pas faire face seuls à ces défis ; Madagascar ne peut pas faire face seule, à ces défis ; et aucun des pays réunis ici ne le peut » , a-t-il souligné en démontrant les précieux avantages reçus au cours des 5 jours de symposium accompagnant ces exercices, dont le partage d’expériences, la standardisation des procédures opératoires en matière de transmission pour relever les immenses défis du continent, lors de son discours de clôture du 10è exercice militaire Africa Endeavor dans le camp du 1er Régiment des Transmissions et de Service (RTS) à Fiadanana.

« Amoris Laetitia »: Exhortation apostolique du Pape François sur la Famille

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L’exhortation apostolique Amoris Laetitia sur la famille a été présentée aux Nations-Unies à Genève ce jeudi 23 juin par Mgr Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la Famille. Devant les représentants de l’ONU, le prélat est revenu sur le contenu de ce document très dense qui fait la synthèse des deux Synodes sur la famille convoqués par le Pape François en 2014 et 2015. Un document qui peut tout à fait devenir un outil par l’ONU pour atteindre les dix-sept objectifs de développement durable pour 2015-2030, selon Mgr Paglia.

Mgr Paglia a structuré son propos en plusieurs thèmes. Dans un premier temps, il souligne que la famille est au cœur de l’attention de l’Église. Le Pape clarifie dans ce texte, «la nouvelle relation que l’Église doit avoir avec les familles d’aujourd’hui, dans leur réalité concrète». Malgré de profonds changements qui touchent la famille depuis des décennies, poursuit l’archevêque italien, le Pape continue de poser un regard de «grande sympathie» sur les familles, pour les «aider à vivre la joie de leur vocation et leur mission».

Ce n’est pas une définition de la famille que donne le Pape, prévient-il, mais au contraire il propose d’accepter la réalité que les familles «ne tombent pas du ciel parfaitement formées mais ont besoin de grandir et mûrir constamment dans leur capacité à aimer» comme l’écrit le Pape dans l’exhortation. Face aux nouvelles réalités de la famille aujourd’hui, «le Pape demande à l’Église de la regarder dans une nouvelle lumière» car la famille n’est pas qu’une question d’individus mais de l’histoire réelle du monde», un changement qui doit aussi s’appliquer à l’Église pour qu’elle forme, elle aussi une famille.

Le Pape ne veut aucun malentendu, précise Mgr Paglia devant l’assemblée de l’ONU. «L’Église n’est pas une cour de justice, n’accuse pas, n’enregistre pas les transgressions sans prendre en compte la souffrance», insiste-t-il en expliquant les propos du Saint-Père.

(RV)

Cliquer pour lire ou télécharger l’Exhortation Amoris Laetitia

(document PDF de 264 pages: veuillez patienter!)