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Remise en doute de la souveraineté à Mayotte : quand Moscou vise Paris

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Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a violemment attaqué la légitimité française sur l’île de Mayotte.

Instabilité politique, fiscalité, coût de l’énergie… Plus de neuf entreprises sur dix ne pensent pas relocaliser en France

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Plutôt que de relocaliser, les entreprises misent sur d’autres solutions pour gagner en souveraineté (image d’illustration). Lisi Niesner / REUTERS

L’an dernier, les entreprises de plus de 250 salariés envisageaient à 43% un retour de leur production sur le territoire national, contre 2% aujourd’hui, selon une étude réalisée par OpinionWay pour By.O Group et le groupe Cubik.

Depuis la crise du Covid-19, le discours sur la relocalisation s’est imposé comme une nécessité stratégique pour assurer la souveraineté économique en France. Quelques années plus tard, ces espoirs semblent bien lointains. Publié ce vendredi, un sondage mené par OpinionWay auprès de 500 dirigeants d’entreprises révèle l’attentisme des milieux d’affaires, dans un contexte politique pour le moins incertain. En cause : des coûts de production trop élevés et un environnement fiscal et réglementaire jugé trop instable par les entreprises.

Le mouvement entamé ces dernières années semble aujourd’hui totalement à l’arrêt. Plus de neuf entreprises du dix considèrent ainsi que la relocalisation «n’est pas à l’ordre du jour», un record, en hausse de 6 points par rapport à 2024. Ce désintérêt est particulièrement marqué chez les grandes entreprises : l’an dernier, les entreprises de plus de 250 salariés envisageaient à 43% un retour de leur production sur le territoire national, contre 2% aujourd’hui.

Plusieurs raisons expliquent cette dynamique préoccupante. Depuis 4 ans, les coûts de production et de logistique sont systématiquement cités comme l’obstacle majeur des entreprises. Cette année, toutefois, la fiscalité et les réglementations arrivent à la deuxième place. La dissolution de l’Assemblée nationale, les législatives puis la censure du gouvernement Barnier ont ébranlé le secteur privé, inquiet de connaître les plans du nouveau Parlement dans le budget 2025.

Plutôt que de relocaliser, les entreprises misent sur d’autres solutions pour gagner en souveraineté. 64% des dirigeants préfèrent privilégier l’innovation et la moitié des dirigeants interrogés misent sur l’amélioration de leur efficacité opérationnelle. Seule une minorité compte sur les financements publics. De quoi ébrécher les perspectives d’un grand retour des usines en France.

Les coûts et la fiscalité comme principaux freins

Pour la première fois, cette année, le sondage se penche sur l’intelligence artificielle. Étonnamment, l’IA n’est pas un sujet de criticité (23 %), ni de dépendance (6%) pour les entreprises. Malgré la puissance des États-Unis et de la Chine sur ce marché, les entreprises n’en font pas encore un sujet de souveraineté.

Les matières premières figurent également parmi les sujets d’inquiétude des dirigeants. «Parmi les matières premières les plus critiques, spontanément les entreprises citent d’abord celles liées à l’énergie : électricité, carburant, gaz…», révèle l’étude. Près d’une entreprise sur deux estime que l’énergie aura un impact sur ses coûts de fonctionnement ou sur sa capacité à assurer la production, une situation d’autant plus pénalisante que les États-Unis bénéficieront d’une énergie largement disponible et peu coûteuse grâce au gaz de schiste.

(source: lefigaro.fr)

Why the Franco-German engine that powered the EU is now almost kaput

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As they confront a marauding Trump, trade tensions with China and their own upheavals, the bloc’s two biggest countries are at a crossroads

Michel Barnier hands over the reins to to the new prime minister. Photograph: Anadolu/Getty Images

“When France and Germany advance, all Europe advances. When they don’t, it grinds to a halt” was how former French president Jacques Chirac put it almost a quarter of a century ago at one of the periodic love-ins between the EU’s two biggest member states.

So what would Chirac, who died in 2019, make of the current condition of the famed Franco-German engine which, since the bloc’s inception, has powered so much of the postwar European project? It looks not so much faltering as comprehensively bust.

Emmanuel Macron on Friday appointed a new prime minister, his loyal centrist ally François Bayrou, who becomes France’s fourth premier this year and will have the daunting task of trying to assemble a stable government after the collapse last week of the country’s shortest-lived administration since 1958.

Meanwhile France’s public-sector deficit is on track to exceed 6.1% of GDP this year, more than double the eurozone limit; public debt is 110% of GDP and rising; and the bond markets this month rated France as marginally less creditworthy than Greece.

In Germany, the fractious centre left-led coalition in power for the past three years collapsed last month under the weight of its own ideological contradictions and the pressure of multiple crises triggered by Russia’s full-scale invasion of Ukraine.

Whoever becomes chancellor after the 23 February elections will have to tackle the world’s worst-performing big economy beset by high energy and labour costs as well as bureaucracy, crumbling infrastructure and plodding digital expansion.

The slowdown with key trade partner China has also dealt a blow to German exports, a traditional strength, while the all-important car industry has been slow to develop attractive electric vehicles (EVs) and now faces the threat of swingeing US tariffs under Donald Trump.

With France unable to hold fresh parliamentary elections until July and Germany possibly without a new government until June, the political febrility at the top of the EU’s two most influential countries will inevitably hobble EU decision-making.

Paris and Berlin are seen as the EU’s core power axis, driving policy and defining the main contours of its agenda. With both capitals unable to make big policy decisions for want of strong, stable governments, the bloc faces potentially months in the mire.

The two powerhouses’ parallel economic and fiscal woes will also weigh heavily on the EU. Some analysts believe the bloc’s two largest economies – accounting for 41% of the 27-member EU’s entire GDP – would both contract economically in 2025.

The timing could not be worse, with Europe facing the return of America-first policies under Trump’s second presidency.

German industry (in particular) in crisis.

The embattled Emmanuel Macron with chancellor Olaf Scholz. Photograph: Nadja Wohlleben/Reuters

Quite how it came to this is not too hard to understand. Figuring out how France and Germany might be able to pull themselves out of their ongoing political and economic doom spirals, however, is not so easy.

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Emmanuel Macron propose une « méthode » aux partis avant de nommer un premier ministre

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Le chef de l’Etat a annoncé, mardi, aux chefs des partis politiques, hors LFI et RN, réunis à l’Elysée vouloir nommer « dans les quarante-huit heures » un nouveau premier ministre. Celui-ci aura la tâche de négocier un accord avec eux afin d’éviter la censure.

La vice-présidente des députés Les Républicains à l’Assemblée nationale, Michèle Tabarot, et leur président, Laurent Wauquiez, au sortir de leur réunion à l’Elysée, à Paris, le 10 décembre 2024. THOMAS SAMSON / AFP

Ils se sont parlé. Sagement assis autour d’une grande table ovale dans le jardin d’hiver du palais de l’Elysée, sur fond de sapin de Noël, la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, le secrétaire national du Parti communiste (PCF) Fabien Roussel, le secrétaire général de Renaissance Gabriel Attal, le président du MoDem François Bayrou, celui du parti Horizons Edouard Philippe, le président des députés du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez, notamment, ont échangé pendant près de trois heures avec Emmanuel Macron, mardi 10 décembre, à l’abri des regards et des micros, pour tenter de trouver une issue au blocage consécutif à la chute du gouvernement Barnier. Loin de Marine Le Pen (Rassemblement national, RN) et de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI), qui n’étaient pas conviés. « Un format inédit, pour une situation inédite », a semblé se féliciter le chef de l’Etat.

Au centre de la table, flanqué de Marine Tondelier à sa gauche et de Gabriel Attal à sa droite, le président de la République a d’emblée affirmé sa « volonté de ne pas dissoudre l’Assemblée nationale » et de la voir fonctionner « dans les trente mois à venir », c’est-à-dire jusqu’à la fin de son quinquennat. Un souhait qui ne vaut pas engagement, précisait son entourage, un peu plus tard. Mais de nature à détendre l’atmosphère autour de la table. L’absence d’élections à court terme donne aux députés plus de visibilité. Et rend socialistes, communistes et écologistes moins dépendants de la coalition électorale du Nouveau Front populaire scellée, en juin, avec LFI.

Autre mérite de cette réunion, selon Emmanuel Macron : elle a permis de dégager « une unanimité des forces politiques pour ne plus dépendre du Rassemblement national », s’est-il réjoui à l’issue des débats. « C’est la reconnaissance implicite du fait qu’il avait tout fait dépendre du RN jusqu’ici », interprète auprès du Monde le socialiste Olivier Faure. Si le mouvement lepéniste est passé de 89 à 124 députés entre 2022 et 2024, faisant du RN la première force de l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron relativise sa propre responsabilité dans cette progression. « Je ne suis pas le seul en Europe à avoir vu la poussée de l’extrême droite », a-t-il lancé dans le huis clos élyséen.

Trois options possibles

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Le gouvernement Barnier survit à une première motion de censure grâce à l’extrême droite

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Le premier ministre, Michel Barnier, à l’Assemblée nationale, le 1ᵉʳ octobre 2024. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Les élus des quatre groupes du NFP n’ont été rejoints que par cinq autres élus. De son côté, le RN a assumé de ne pas censurer, « car c’est inutile à ce stade » : « Un seul tweet de Marine Le Pen suffit à infléchir la position du premier ministre ! »

Mardi 8 octobre, la gauche a pu compter ses soutiens à l’Assemblée nationale. La motion de censure qu’elle a défendue contre le gouvernement Barnier – la première – n’a réuni que 197 voix. Loin des 289 nécessaires à le faire tomber. Seules cinq voix se sont ajoutées aux 192 des quatre groupes du Nouveau Front populaire (NFP) : quatre voix du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires et un non-inscrit (David Taupiac, élu divers gauche du Gers). Au sein du NFP, seul l’indépendantiste néo-calédonien Emmanuel Tjibaou n’a pas soutenu la censure.

Comme attendu, la gauche a défendu une censure de principe contre un gouvernement qui a choisi de ne pas solliciter la confiance de l’Assemblée nationale. Et qu’elle trouve tout simplement illégitime : « Jamais, monsieur le Premier ministre, vous n’auriez dû vous tenir devant moi et siéger sur ces bancs avec un gouvernement qui, lui non plus, n’aurait jamais dû être nommé », a lancé en introduction le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui constate qu’il est « de bon ton de faire “comme si” les droites libérales et conservatrices avaient gagné les élections législatives ».

Pressentant des coupes claires touchant les politiques sociales dans le budget qui doit être présenté jeudi, Olivier Faure ne croit pas que les hausses d’impôts annoncées se feront dans un esprit de justice fiscale : « Monsieur le Premier ministre, vous avez dit vouloir “faire beaucoup avec peu en partant de presque rien”. Dans les faits, vous voulez faire beaucoup avec les gens de peu et presque rien avec ceux qui ont tout. »

La majorité la « moins relative »

Face aux députés, Michel Barnier a précisé certains points de sa déclaration de politique générale, prononcée le 1er octobre. Et il a répondu aux deux principaux griefs portés par la gauche. Sur l’illégitimité : « Parmi les majorités relatives, ce que je constate, c’est que la majorité relative qui accompagne le gouvernement est aujourd’hui la moins relative. » Sur le budget : « La réalité que nous devons dire aux Français, c’est que nous dépensons trop, nous dépensons de l’argent que nous n’avons pas. Et que nous empruntons à des taux qui s’éloignent désormais de ceux de nos voisins européens. »

Même si le Rassemblement national (RN) avait annoncé en amont qu’il ne voterait pas la censure, la prise de parole de ses députés était la plus attendue.

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Pierrre Lellouche, ancien ministre: « L’Iran a de quoi faire immédiatement trois bombes atomiques »

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Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, répond aux questions de Sonia Mabrouk au sujet de la pluie de missiles balistiques iraniens sur Israël, de Tsahal qui promet une riposte, de la situation un an après les attaques du 7 octobre et d’une recomposition géopolitique globale déterminé à en finir avec la domination occidentale.

Nouveau gouvernement de Michel Barnier

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Alors que le gouvernement français était démissionnaire depuis le 16 juillet, les nouveaux ministres ont été nommés ce samedi 21 septembre par Emmanuel Macron, sur proposition de son Premier ministre, Michel Barnier, nommé le 5 septembre dernier.


Le gouvernement Barnier, une équipe loin de l’union nationale promise par Emmanuel Macron

Le bras de fer entre le camp présidentiel et Les Républicains, ces derniers jours, a abouti à un gouvernement partagé à parts presque égales entre Renaissance et le parti de droite. Seul Didier Migaud, à la justice, apparaît comme une figure sociale-démocrate.

Chacun reconnaîtra les siens. Il y avait, samedi soir après 20 heures, deux types de ministres exprimant leur gratitude sur le réseau social X : ceux qui remerciaient le président et le premier ministre de les avoir nommés et ceux qui rendaient grâce au seul premier ministre. Le 45gouvernement de la VRépublique se divise déjà entre fidèles d’Emmanuel Macron et alliés de Michel Barnier.

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France – Législatives 2024 : « Loin de la “clarification” attendue, le scrutin plonge le pays dans le brouillard »

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Confronté à une Assemblée fragmentée en trois blocs, dont aucun ne s’impose, Emmanuel Macron retrouve un espace institutionnel, alors qu’il aurait pu tout perdre. Mais pour desserrer son corset, il n’a pas hésité à brutaliser le pays, explique dans sa chronique au « Monde » la journaliste Solenn de Royer.

Gabriel Attal à l’hôtel Matignon, dimanche 7  juillet. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

En annonçant la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin, Emmanuel Macron attendait une « clarification ». Elle s’est produite sur un point, un seul : les Français ont montré qu’ils ne voulaient pas du Rassemblement national au pouvoir. Le front républicain, pourtant bâti à la hâte et lesté de consignes disparates (barrage contre le RN versus le « ni RN, ni LFI »), a pleinement fonctionné, et c’est le seul grand vainqueur de la soirée. Pour le reste, le résultat des urnes fait entrer la France dans le brouillard, l’inconnu. Divisée, l’Assemblée nationale n’est pas gouvernable, à moins d’un accord entre le Nouveau Front populaire (NFP) et Ensemble, qui ont pourtant passé des années à durement s’affronter, LR – précédente force d’appoint – et le RN ayant déjà dit qu’ils refuseraient de bâtir un accord avec les macronistes.

Quant aux deux blocs, le NFP et Ensemble, ils sont divisés en leur sein, qu’il s’agisse de l’orientation idéologique ou stratégique. Confronté au défi de trouver une majorité absolue pour appliquer son programme, le plus dur commence pour le bloc de gauche, dominé par un Jean-Luc Mélenchon de plus en plus contesté, qui a dit refuser toute négociation. De son côté, s’il évite la déroute annoncée, le bloc central – sauvé par le front républicain – sort affaibli du scrutin, avec une centaine de députés en moins. Ce bloc se montre aussi divisé, entre aile droite et aile gauche, sur fond de puissante rivalité entre les héritiers, qui se sont autonomisés du président dimanche soir.

En appelant à une « nouvelle ère », Gabriel Attal, qui entretient des relations exécrables avec Emmanuel Macron, prend date pour la suite. Il en profite pour se distinguer de son rival Gérald Darmanin, qui avait assuré ne pas rester un jour de plus au gouvernement au lendemain du 7 juillet : le premier ministre, lui, se pose en homme de « devoir », prêt à rester le temps qu’il faut, dans la perspective des Jeux olympiques. Quant à Edouard Philippe, il a sèchement regretté que la décision de dissoudre ait conduit à une « grande indétermination », qui fait « courir au pays un péril que personne ne doit sous-estimer ».

Une psychanalyse à ciel ouvert

Ironie de l’histoire, à l’issue d’une présidence impérieuse de sept ans, la dissolution ouvre la voie à une démocratie parlementaire renforcée, avec le retour ou la réélection à l’Assemblée de nombreux poids lourds (François Hollande, Laurent Wauquiez, Elisabeth Borne, Gabriel Attal…). Le président, qui avait tant de fois promis qu’il changerait de gouvernance, se voit contraint par les Français de faire autrement : il devra accepter que le centre du pouvoir bascule au Parlement,

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Conférence de presse entre Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi

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Emmanuel Macron exhorte le Rwanda à « cesser tout soutien » aux rebelles congolais du M23 et à « retirer ses forces » de la RDC

Emmanuel Macron a exhorté, mardi 30 avril, le Rwanda à « cesser tout soutien » aux rebelles congolais du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et à « retirer ses forces » du pays. « La France ne transigera jamais sur l’intégrité territoriale et la souveraineté de la République démocratique du Congo », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec son homologue congolais, Félix Tshisekedi, en visite à Paris.

Le chef de l’Etat français a évoqué un « engagement » du président congolais à « mettre fin aux agissements des [Forces démocratiques de libération du Rwanda, FDLR] », des rebelles hutu rwandais dont la présence depuis trente ans dans l’est de la RDC est dénoncée par le Rwanda.

« Nous sommes avec plusieurs autres alliés à vos côtés, vous le savez, pour mettre en œuvre cette avancée », a ajouté Emmanuel Macron. Cet engagement a « de la valeur vis-à-vis des Rwandais, que je me fais fort de convaincre d’un retrait en parallèle de leurs forces, qui n’ont rien à faire sur le sol congolais », a énoncé le président de la République en s’engageant à appeler le président rwandais, Paul Kagame, « dans les prochains jours ». « Si on arrive à réenclencher un tel processus, la confiance se crée », a-t-il estimé.

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Guerre Israël-Hamas : Stéphane Séjourné explique le refus de Paris de soutenir l’Afrique du Sud pour son action devant la CIJ

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L’Afrique du Sud exhorte les juges de la Cour internationale de justice à ordonner d’urgence à Israël de « suspendre immédiatement ses opérations militaires » dans la bande de Gaza.

« Accuser l’Etat juif de génocide, c’est franchir un seuil moral. On ne peut exploiter la notion de génocide à des fins politiques », a déclaré Stéphane Séjourné, le ministre des affaires étrangères, au cours des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale, mercredi 17 janvier 2024. JULIEN DE ROSA / AFP

A l’occasion des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mercredi 17 janvier, le ministre des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a répondu à une question de Danièle Obono(La France insoumise) lui demandant pourquoi la France s’était refusée à soutenir les accusations de génocide contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza, portées par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ).

« Accuser l’Etat juif de génocide, c’est franchir un seuil moral. On ne peut exploiter la notion de génocide à des fins politiques, a-t-il répondu. Nous disons fermement aux Israéliens : “Le respect du droit s’impose à tous, les frappes systématiques à Gaza doivent cesser”, mais les mots ont un sens. »

Requête de l’Afrique du Sud contre Israël à la CIJ | Après avoir dénoncé le « scandaleux boycott des médias français » sur les plaidoiries de la République Centrafricaine, @Deputee_Obono (LFI-NUPES) appelle la France à « urgemment emboîter le pas à l’Afrique du Sud. »#DirectAN #QAG pic.twitter.com/B5FTnrXHzN

— Assemblée nationale (@AssembleeNat) January 17, 2024

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Dimanche, sur France 3, la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a affirmé soutenir la démarche de l’Afrique du Sud : « J’aurais aimé que ce soit la France qui porte cette initiative, pour la justice, la vérité et la paix », a-t-elle déclaré.

Berlin rejette aussi l’accusation de « génocide »

Vendredi, le gouvernement allemand avait aussi rejeté l’accusation de « génocide », portée contre Israël, y voyant le risque d’une « instrumentalisation politique » du droit et estimant qu’elle était « dénuée de tout fondement ». La Namibie, pays d’Afrique australe et ancienne colonie allemande où s’est déroulé le premier génocide du XXe siècle, a déploré le positionnement de Berlin.

Une audience se déroule depuis le 11 janvier devant la CIJ, la plus haute juridiction des Nations unies, dont le siège est à La Haye, que Pretoria a saisie le mois dernier, arguant qu’Israël enfreignait la convention des Nations unies sur le génocide, signée en 1948 à la suite de la Shoah. L’Afrique du Sud souhaite que les juges enjoignent à Israël d’arrêter « immédiatement » la campagne militaire déclenchée dans la bande de Gaza après l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, qui a fait environ 1 140 morts, selon un décompte de l’Agence France-Presse à partir du bilan israélien.

En représailles, Israël a juré d’« anéantir » le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et lancé une offensive dans ce territoire palestinien qui a fait au moins 24 448 morts, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, selon le dernier bilan du ministère de la santé de la bande de Gaza.

(source: lemonde.fr avec AFP)