Macron
France-Algérie : l’espoir prudent d’un « apaisement » des mémoires
En confiant, le 24 juillet, à l’historien Benjamin Stora une « mission de réflexion » sur la « mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie », le chef de l’Etat poursuit son exploration de ce terrain « complexe ».
L’affaire est un champ de mines. Emmanuel Macron le sait pertinemment, mais il avance, par petits pas et menus gestes, résolu à affronter le défi mémoriel de la guerre d’Algérie (1954-1962), auquel il confère « à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995 », selon ses propres mots, prononcés en janvier au retour d’un voyage à Jérusalem.
L’historien, dont M. Macron loue la « connaissance intime et approfondie de tous ces enjeux », devra lui remettre des recommandations sur « les gestes à effectuer et les actions à engager dans les mois et années à venir, dans notre pays comme dans ses liens avec l’Algérie, afin d’avancer dans ce travail de mémoire si difficile et pourtant si nécessaire à notre avenir », selon les termes de la lettre de mission reçue par Benjamin Stora. Le but recherché par le président français est d’aboutir « à l’apaisement et à la sérénité de ceux que [la guerre d’Algérie] a meurtris, (…) tant en France qu’en Algérie ».
La cérémonie du 14 juillet 2020 en France
Crise sanitaire oblige, le traditionnel défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Élysées est cette année remplacé par une cérémonie d’hommage aux soignants, place de la Concorde. Une première depuis 1945 !
L’Interview
Madagascar : la France augmente son aide mais ne cède rien sur les îles Eparses
Lors de sa visite officielle, Jean-Yves Le Drian a annoncé une enveloppe de 240 millions d’euros sur quatre ans, sous forme de dons et de prêts.

Après trois mois de silence, la visite de Jean-Yves Le Drian à Madagascar, jeudi 20 février, avait laissé espérer une avancée ou, à défaut, des clarifications sur l’épineux dossier des îles Eparses, dont le président Andry Rajoelina a officiellement demandé la restitution à la France. Il n’en a rien été.
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« Ici c’est la France »
Face à ce discours rassurant, personne ne voit pourtant quelle pourrait être l’issue des discussions tant que les deux parties continuent de poser en préalable la reconnaissance de leur souveraineté sur les quatre îlots situés dans le canal du Mozambique (le cinquième, Tromelin, dans l’océan Indien, étant quant à lui revendiqué par l’île Maurice). Par une série de déclarations jugées brutales et provocatrices par les Malgaches, Emmanuel Macron a coupé court à tout compromis. « Ici c’est la France », avait-il notamment proféré, le 23 octobre, en foulant le sable des îles Glorieuses, promises à devenir une réserve naturelle nationale d’ici au mois de juin.
Même si le sujet des Eparses n’était pas inscrit à l’agenda officiel de la visite de M. Le Drian, c’est bien cette position que le ministre était chargé de rappeler au président malgache, avec lequel il s’est entretenu à huis clos : la France ne transigera pas sur sa souveraineté mais reste ouverte à une coopération dans les domaines de la pêche, de la protection de la biodiversité ou de la sécurité maritime.
A Munich, l’Allemagne tente de répondre à l’appel européen de Macron
Le président français doit participer pour la première fois, samedi matin, à ce rendez-vous annuel du gotha mondial de la défense et de la sécurit.

L’Allemagne aura attendu une semaine pour apporter un début de réponse au discours d’Emmanuel Macron sur la stratégie de défense et de dissuasion. Vendredi 14 février, le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, a profité de la tribune de la 56e Conférence de Munich sur la sécurité pour répondre positivement à l’appel du chef de l’Etat français en faveur d’« un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ».
« Nous devons saisir son invitation au dialogue », a déclaré M. Steinmeier, tout en invitant son pays à « se placer dans la perspective de la France » : une précision pouvant sonner comme une mise en garde adressée à certains conservateurs allemands qui proposent de placer l’arsenal nucléaire français sous commandement commun de l’OTAN ou de l’Union européenne. Une option inacceptable pour Paris. Alors que M. Macron devait participer pour la première fois, samedi matin, à ce rendez-vous annuel du gotha mondial de la défense et de la sécurité qu’est la Conférence de Munich, le discours du président allemand semblait avoir été parfaitement calibré pour répondre aux attentes de Paris à l’égard de Berlin en matière d’engagement diplomatique et stratégique.
« L’Allemagne doit davantage contribuer à la sécurité de l’Europe, y compris financièrement », a expliqué M. Steinmeier. « Nous avons besoin d’une nouvelle et meilleure relation de l’Union européenne avec la Russie », a-t-il ajouté. « Gardons-nous de faire [des 2 %] le seul critère qui déterminera la paix et la sécurité futures », a-t-il également déclaré, faisant référence aux demandes incessantes de Donald Trump aux membres de l’OTAN de consacrer au moins 2 % de leur PIB aux dépenses militaires. Autant de phrases qu’aurait pu prononcer M. Macron, seul chef d’Etat en activité à avoir été cité – trois fois au total – par M. Steinmeier.
(Le Monde)
Nucléaire : Macron propose aux Européens « un dialogue stratégique » sur le rôle de la dissuasion française
Vendredi matin, Emmanuel Macron a proposé aux pays européens « un dialogue stratégique » sur « le rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité de l’Europe. Sans préciser si le Royaume-Uni post-Brexit était concerné ou non par cette proposition.

Le président Emmanuel Macron a exhorté vendredi les Européens à développer une « plus grande capacité d’action » face aux désordres mondiaux, avec un moyen : en participant pleinement aux futures négociations sur le contrôle des armements et en s’associant à un « dialogue stratégique » sur le rôle de la dissuasion nucléaire française.
Discours très attendu
Les Européens ne peuvent pas « se cantonner à un rôle de spectateurs » face à la course aux armements nucléaires dont le Vieux continent risque d’être de nouveau le théâtre, a-il lancé lors d’un discours sur la stratégie de défense et la dissuasion françaises devant un parterre d’officiers français et d’attachés de défense, en présence des ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) et Florence Parly (Armées).
« La dernière décennie a vu les équilibres stratégiques, politiques, économiques, technologiques, énergétiques et militaires largement remis en cause et nous voyons aujourd’hui poindre à nouveau ce qui pourrait mettre à mal la paix acquise après tant de drames sur notre continent », a-t-il averti dans un tour d’horizon des bouleversements post-Guerre froide.
Ce discours très attendu – qui a duré une heure et quart – est un exercice imposé pour chaque président français, chef des armées et maître de la doctrine de dissuasion nucléaire, considérée par la France comme la clé de voûte de sa stratégie de défense et la garantie ultime de ses intérêts vitaux.
Arsenal « inférieur à 300 » têtes
La France est le seul pays de l’Union européenne doté de l’arme atomique depuis la sortie du Royaume-Uni. Les forces nucléaires françaises « renforcent la sécurité de l’Europe par leur existence même et à cet égard ont une dimension authentiquement européenne », a-t-il souligné. « Les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne », que la menace d’emploi du feu nucléaire vise précisément à défendre.
Sans aller jusqu’à proposer une dissuasion partagée – sujet très sensible sinon tabou – le chef de l’Etat a proposé aux partenaires européens qui le souhaitent de s’associer aux « exercices des forces françaises de dissuasion ». Un responsable des conservateurs allemands d’Angela Merkel avait plaidé lundi pour que l’UE dispose à l’avenir de sa propre force de dissuasion nucléaire, suggérant une mise en commun de l’arsenal atomique français.
La France, qui prône une dissuasion « strictement suffisante », a « réduit la taille de son arsenal, aujourd’hui inférieur à 300 armes nucléaire », a précisé Emmanuel Macron, en vantant le « bilan exemplaire » du pays en matière de désarmement.
Le traité sur la coopération et l’intégration franco-allemandes
L’Onu répond à la proposition de Poutine sur un sommet exceptionnel des cinq «Grands»
En commentant la proposition de Vladimir Poutine sur la tenue d’un sommet des dirigeants des cinq membres permanents de l’Onu pour répondre aux «défis» sécuritaires contemporains, le porte-parole du Secrétaire général de l’Organisation a répondu que tout effort visant à faciliter les discussions entre ces cinq pays était «le bienvenu».

L’Onu salue tout effort visant à mener des discussions entre les représentants des cinq pays du Conseil de sécurité, a déclaré à Sputnik Farhan Haq, porte-parole du Secrétaire général de l’Onu, en commentant l’initiative de Vladimir Poutine.
Poutine propose un « sommet des Cinq »
Vladimir Poutine a appelé le 23 janvier à un sommet exceptionnel des dirigeants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (France, Royaume-Uni, Chine, Etats-Unis, Russie) pour répondre aux «défis» sécuritaires contemporains.
«Un sommet des États qui ont fait le plus pour défaire l’agresseur (nazi) et créer l’ordre mondial d’après-guerre jouerait un grand rôle dans la recherche de réponses communes aux défis et crises contemporaines», a déclaré le Président russe.
S’exprimant lors des commémorations à Jérusalem des 75 ans de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz par l’Armée rouge et évoquant les «leçons du passé», il a dit être prêt à se réunir avec les dirigeants des États-Unis, du Royaume-Uni, de France et de Chine, «quel que soit l’endroit du monde».
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont «une responsabilité particulière pour sauvegarder la civilisation», a-t-il jugé.
«Les cinq membres permanents (…) ont aujourd’hui une responsabilité historique et je partage votre volonté 75 ans plus tard de nous rassembler», lui a répondu M. Macron sans plus de précisions.
L’initiative de Vladimir Poutine a été également soutenue par le Président chinois.
Colonialisme : « une faute de la République », selon Macron
Invités • Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du quotidien Le Figaro.
• Vincent Hugeux, Grand reporter pour L’Express, spécialiste de l’Afrique.
• Marie-Roger Biloa, directrice du groupe de média Africa International.
• Caroline Roussy, docteure en histoire de l’Afrique contemporaine et responsable du programme Afrique à l’IRIS.
Le franc CFA est mort. À Abidjan, samedi 21 décembre, Emmanuel Macron et le président Alassane Ouattara ont annoncé la disparition de cette monnaie perçue comme un vestige du colonialisme. Une décision « historique » selon le chef de l’État ivoirien.
Né en 1945 sous le nom de Franc des colonies françaises d’Afrique avant de devenir Franc de la Communauté financière africaine, cette monnaie cristallisait de nombreuses critiques. « Je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc rompons les amarres » a déclaré Emmanuel Macron. D’ici 2020, l’Eco devrait remplacer le Franc CFA dans huit pays d’Afrique de l’Ouest.
Deux réformes plus techniques accompagnent ce changement : la réserve d’argent des États africains sur un compte du Trésor français est supprimée et les représentants français siégeant au sein d’instances de gouvernance se retirent.
Au camp de Port-Bouët, Emmanuel Macron s’est également entretenu avec un groupe de militaires de l’opération « Barkhane », encore meurtrie par la perte de 13 hommes dans une collision d’hélicoptères au Mali, il y a moins d’un mois. Chaque année, le président fête Noël avec des soldats français déployés à l’étranger.
La situation au Sahel, préoccupante, nécessite de renforcer des liens –plutôt tendus– avec la Côte d’Ivoire. À Bouaké, ex-capitale rebelle, une cérémonie de réconciliation et un hommage a été rendu aux neuf militaires tués dans un raid aérien en 2004. Emmanuel Macron s’est ensuite envolé pour Niamey, au Niger, où il s’est incliné devant les corps enterrés des 71 soldats nigériens tués lors d’une attaque djihadiste, aux côtés de son homologue, le président Issoufou.
Les deux chefs d’États comptent lancer « un appel à la solidarité internationale » lors du sommet sur le Sahel du 13 janvier, à Pau. Emmanuel Macron s’est d’ailleurs montré ferme avec ses autres alliés, parfois plus ambigus : « je ne peux pas accepter d’envoyer nos soldats sur le terrain dans les pays où cette demande [de présence française] n’est pas clairement assumée ».
Au nord du continent, la crise algérienne n’apaise en rien les relations entre Alger et Paris. Les résultats des élections sont toujours contestés par une partie de la population alors que lundi, l’homme fort du pouvoir, le général Ahmed Gaïd Salah, est décédé. Le silence prudent de la France, face aux événements, est perçu comme suspect. Mais comment sortir de l’impasse ? Comment bâtir un futur plus serein entre la France et l’Afrique ? Le franc CFA était-il l’un des derniers vestiges de l’époque coloniale ? L’opération « Barkhane » participe-t-elle d’une forme d’ingérence des forces françaises ? Faut-il compter sur une alliance internationale plus large au Sahel ?
Macron annonce « la fin » du Franc CFA : réaction de François Asselineau
Le franc CFA sera remplacé en Afrique de l’Ouest par l’Eco et la réserve d’argent des Etats africains sur un compte du Trésor français sera supprimée.
Le franc CFA a reçu son coup de grâce samedi 21 décembre, près de 60 ans après les indépendances africaines. Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé à Abidjan la disparition du Franc de la Communauté financière africaine. Il était né en 1945 sous le nom de Franc des colonies françaises d’Afrique. Un autre temps.
« C’est en entendant votre jeunesse que j’ai voulu engager cette réforme. Le Franc CFA cristallise de nombreuses critiques et de nombreux débats sur la France en Afrique. J’ai entendu les critiques, je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation qu’elle juge postcoloniale. Donc rompons les amarres » a déclaré Emmanuel Macron. A ses côtés, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a précisé que cette décision « historique » a été « prise en toute souveraineté. Elle prend en compte notre volonté de construire notre futur de manière responsable ».
Désavoué par une part grandissante des opinions du continent qui voyaient en lui une des dernières scories de la Françafrique, le coût politique de cette monnaie devenait trop lourd pour le chef de l’Etat français qui, depuis son arrivée à l’Elysée affiche la volonté de construire une nouvelle relation débarrassée des « vestiges » du passé avec les pays africains.
(…)
Le changement ne concernera dans un premier temps que les huit pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, à condition que ceux-ci respectent les critères de convergences. L’Afrique centrale restant pour l’heure tenue à l’écart.
( … lire l’intégralité de l’article du Monde)
Afrique : Franc CFA, panafricanisme, transferts de fonds, ZLECA… L »économie en Afrique en 2019
2019 touche à sa fin, c’est donc l’heure des bilans. Franc CFA, panafricanisme, transferts de fonds, ZLECA… : c’est la rétro éco de l’année, avec l’économiste Martial Ze Belinga.
Les grands axes du Sommet de l’OTAN à Londres
Les 29 membres de l’Otan se sont efforcés mercredi d’afficher leur unité, lors du sommet du 70e anniversaire d’une l’Alliance confrontée aux divergences exposées au grand jour entre les dirigeants américain, français et turc.
L’alliance, qui célèbre cette année ses 70 ans, vise à résoudre les désaccords concernant les dépenses de l’organisation ainsi que les menaces futures auxquelles elle doit faire face, dont la montée en puissance de la Chine et les répercussions de l’offensive de la Turquie en Syrie.
Changement de cap
La France et l’Allemagne veulent que l’alliance envisage de jouer un rôle plus important au Moyen-Orient, voire même en Afrique. Une démarche qui marque un changement de la position historique de l’OTAN, qui jusqu’à présent était plus orientée vers l’est, remarque Reuters. Pour ce faire, l’organisation vise à obtenir le soutien de tous ses membres pour la création d’un « comité d’experts » qui sera chargé d’élaborer des plans de réforme.
Les conclusions du Sommet
Dans un communiqué final, les membres de l’OTAN réaffirment leur engagement à se défendre mutuellement. Selon Reuters, la Grande-Bretagne prévoit de mettre six navires de guerre, deux escadrons de chasse et des milliers de soldats à la disposition de l’OTAN. Une mesure qui fait suite à la demande des États-Unis qui veulent que les armées européennes soient davantage prêtes au combat. En outre, le communiqué souligne que l’alliance a prévenu pour la première fois la Chine qu’elle compte surveiller sa puissance militaire croissante. Les dirigeants ont également annoncé qu’ils se préparent à de futurs conflits dans l’espace, dans l’Arctique et au niveau des réseaux informatiques, en plus des batailles terrestres, maritimes et aériennes traditionnelles.
Pour conclure les deux jours du sommet de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’alliance a déclaré : « Les désaccords attireront toujours plus l’attention que lorsque nous sommes d’accord. Nous sommes 29 pays différents des deux côtés de l’Atlantique. Bien sûr qu’il y a des divergences. Le contraire serait très étrange. Mais la force de l’OTAN est que nous avons toujours été capables de surmonter ces différences. Nous prouvons aujourd’hui que l’OTAN fait des progrès sur le fond et que nous continuons à nous adapter et à réagir », rapporte le Figaro.
Conférence de presse d’E. Macron
Forum de Paris sur la paix : « Le monde se fissure. Le statu quo n’est pas tenable » – Guterres
Au Forum de Paris sur la paix qui a débuté lundi dans la capital française, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en garde contre les « cinq fissures grandissantes » auxquelles le monde est confronté et a prévenu que le statu quo n’était pas tenable.

Le Forum, qui porte sur les questions de gouvernance mondiale et de multilatéralisme, se déroule du 11 au 13 novembre et rassemble des chefs d’Etat et de gouvernement, des représentants d’organisations internationales et des acteurs de la société civile afin d’examiner les défis mondiaux et d’élaborer des solutions pratiques. Il s’agit de la 2e édition de ce forum.
« Le monde se fissure. Le statu quo n’est pas tenable. Quel État peut aujourd’hui réparer ces fissures seul, isolé du reste du monde ? Aucun », a déclaré M. Guterres dans son discours d’ouverture.
Le chef de l’ONU a évoqué en particulier cinq risques globaux :
- Le danger d’une fracture économique, technologique et géostratégique. « Une planète divisée en deux, qui verrait les deux plus grandes puissances économiques asseoir leur pouvoir sur deux mondes séparés en compétition », a-t-il dit en référence implicite aux Etats-Unis et à la Chine.
- Une fissure du contrat social. « Nous assistons à une vague de manifestations dans le monde entier », a-t-il noté, relevant deux points communs entre tous ces mouvements de protestation : « une défiance de plus en plus grande des citoyens envers les institutions et dirigeants politiques » et « les effets négatifs d’une mondialisation associée aux progrès technologiques » qui accroissent « les inégalités au sein des sociétés ».
- La fissure de la solidarité. « La peur de l’étranger est utilisée à des fins politiques. L’intolérance, la haine deviennent banales. Des personnes qui ont tout perdu se voient désignées comme la cause de tous les maux. Cette instrumentalisation accentue la polarisation de la vie politique et le risque de sociétés fracturées », a-t-il dit.
- La fissure entre la planète et ses habitants. « La crise climatique est une course contre la montre pour la survie de notre civilisation », a-t-il souligné.
- La fracture technologique. Les nouvelles technologies représentent un potentiel fantastique mais elles peuvent également être « un facteur de risques et d’accélération des inégalités », a-t-il déclaré.
Le multilatéralisme doit s’adapter aux défis d’aujourd’hui et de demain
Dans ce contexte, le Secrétaire général de l’ONU estime que le monde a « besoin d’un système universel, respectueux du droit international et organisé autour d’institutions multilatérales fortes ». « Nous avons besoin de plus de solidarité internationale, de plus de multilatéralisme. Mais d’un multilatéralisme qui s’adapte aux défis d’aujourd’hui et de demain », a-t-il ajouté.
(ONU info)