À Moura, village au centre du Mali, au moins 500 personnes étaient assassinées entre le 27 et le 31 mars 2022. Dans un rapport publié la semaine dernière, l’ONU met clairement en cause les forces maliennes et les mercenaires russes de Wagner. Des actes qui pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanit
Le ministère des Affaires étrangères du Liban a déclaré vendredi que le pays allait porter plainte devant le Conseil de sécurité de l’ONU après les frappes aériennes israéliennes. Ces frappes, devenues rares, ont été menées en représailles aux tirs de roquettes sur Israël et font partie d’une escalade plus large qui a également touché Jérusalem et la bande de Gaza.
Le ministère a indiqué sur Twitter que la plainte déposée auprès du Conseil de sécurité concernait « les frappes et l’agression israéliennes aujourd’hui à l’aube de régions du sud du Liban, ce qui constitue une infraction scandaleuse à la souveraineté du Liban et à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, et menace la stabilité qui prévalait dans le sud du Liban ».
La résolution 1701 a mis en place le cessez-le-feu qui a mis fin à la deuxième guerre du Liban en 2006.
Israël a attaqué vendredi avant l’aube le sud du Liban et Gaza, disant viser des cibles du Hamas en représailles aux tirs de plusieurs dizaines de roquettes contre son territoire. Les raids ont commencé peu après minuit à Gaza et vers 04H30 heure d’Israël (01H30 GMT) au Liban. L’armée israélienne a confirmé avoir « frappé des cibles, notamment des infrastructures terroristes appartenant au Hamas dans le sud du Liban ». C’est la première fois qu’Israël confirme avoir attaqué le territoire libanais depuis avril 2022
Ces frappes sont le dernier épisode en date d’une brusque montée de tension au Proche-Orient depuis mercredi, après une accalmie toute relative du conflit israélo-palestinien observée depuis le début du ramadan, le 23 mars. De violentes explosions ont été entendues dans la région de Tyr, dans le sud du Liban. Jeudi, jour de la Pâque juive, une trentaine de roquettes avaient été tirées du Liban vers Israël, blessant une personne et causant des dégâts matériels, dans une escalade sur le front israélo-libanais sans équivalent depuis 2006.
Ces tirs ont eu lieu au lendemain de l’irruption violente de la police israélienne dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, afin d’en déloger des Palestiniens qui s’y étaient barricadés. L’armée israélienne a dit avoir la certitude que les tirs de roquettes du Liban, non revendiqués, étaient « palestiniens », et probablement selon elle l’oeuvre du Hamas ou du Jihad islamique. La Force intérimaire des Nations unies (Finul), déployée dans le sud du Liban, a pris contact avec les autorités israéliennes et libanaises, et a appelé « toutes les parties à cesser toutes leurs actions ».
Le gouvernement israélien va prélever des millions d’euros sur les taxes dues aux Palestiniens et promet des mesures contre des responsables de Ramallah.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à Jérusalem, le 8 janvier. RONEN ZVULUN / AP
Le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, rentrait d’une visite au Brésil, dimanche 8 janvier, quand il a été retenu trente minutes au poste-frontière israélien avec la Jordanie, unique porte d’entrée des Palestiniens vers la Cisjordanie occupée. Les douaniers de l’Etat hébreu l’ont alors informé que son permis VIP, qui facilite ses entrées et sorties, lui avait été retiré. La mesure fait partie d’une série de sanctions adoptées par le cabinet de sécurité israélien la semaine dernière contre l’Autorité palestinienne (AP), basée à Ramallah.
Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, où l’extrême droite est entrée en force, n’a pas apprécié que les Palestiniens fassent voter, le 30 décembre 2022, une résolution à l’Assemblée générale de l’ONU qui demande à la Cour internationale de justice de se pencher sur la légalité de l’occupation israélienne. Le texte, non contraignant, réclame également qu’Israël mette fin à la colonisation dans les territoires occupés. Il a été approuvé par 87 Etats – la France s’est abstenue.
L’AP a décidé de « lancer une guerre politique et légale contre l’Etat d’Israël. Le présent gouvernement ne va pas rester les bras croisés », a répliqué le bureau du premier ministre dans un communiqué publié le 6 janvier. Il y détaille plusieurs mesures, dont le retrait de permis VIP à certains responsables palestiniens et un moratoire sur les constructions palestiniennes, déjà largement restreintes, dans la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie.
Le ministère des finances israélien va aussi ponctionner de l’argent sur les taxes et revenus douaniers qu’Israël prélève pour le compte des autorités de Ramallah, l’AP n’ayant pas de contrôle sur ses frontières. Quelque 139 millions de shekels (37 millions d’euros) seront ainsi reversés à 15 familles israéliennes de victimes d’attaques palestiniennes. En plus de cela, l’Etat hébreu devrait se réserver plusieurs dizaines de millions de shekels – le montant exact n’a pas été précisé –, censés correspondre à l’équivalent des subventions que l’AP verse aux prisonniers palestiniens en Israël et à leurs familles.
« Une punition collective »
Ces sanctions « ont pour but de faire tomber l’Autorité [palestinienne], de la pousser à bout financièrement et sur le plan institutionnel », a condamné le premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, lors du conseil des ministres du 9 janvier. Le Hamas a incité l’AP à « ne pas céder ». En réalité, Israël ponctionne régulièrement une partie des taxes et droits de douane qu’il doit aux Palestiniens depuis 2019. Selon les calculs du chef du gouvernement palestinien, l’Etat hébreu a ainsi retenu quelque 570 millions de dollars (532 millions d’euros) depuis quatre ans, une somme censée correspondre au montant des versements aux prisonniers palestiniens.
La résolution, adoptée par 87 pays de l’Assemblée générale, a divisé les Occidentaux. Elle ne revêt pas de caractère contraignant mais envoie un signal au nouveau gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
L’Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 20 septembre 2021. JOHN ANGELILLO / AP
L’Assemblée générale des Nations unies (ONU) a adopté, vendredi 30 décembre, une résolution demandant à la Cour internationale de justice de se pencher sur la question de l’occupation israélienne des territoires palestiniens, au lendemain de l’investiture du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.
La résolution a été adoptée avec 87 voix pour, 26 contre, et 53 abstentions, les pays occidentaux étant partagés sur la question tandis que les capitales arabes ont unanimement voté pour, y compris celles ayant normalisé leurs relations avec Israël ; la Chine et la Russie ont également voté en faveur du texte.
Cette résolution exhorte la cour onusienne, basée à La Haye, aux Pays-Bas, à déterminer « les conséquences juridiques de la violation persistante par Israël du droit du peuple palestinien à l’autodétermination », ainsi que de ses mesures « visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut de la ville sainte de Jérusalem ».
Pas de pouvoirs contraignants
Le représentant palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a déclaré que le vote envoyait un signal au nouveau gouvernement du premier ministre Benyamin Nétanyahou dans le cas d’un renforcement des politiques « coloniales et racistes » et il a salué les Etats qui ne se sont pas laissés « dissuader par des menaces et des pressions ».
En amont du vote, le représentant permanent d’Israël auprès des Nations unies, Gilad Erdan, a qualifié la résolution de « tache morale sur l’ONU ». « Aucune organisation internationale ne peut décider si le peuple juif est un occupant dans sa propre terre natale », a-t-il ajouté. « Quelconque décision d’une organisation judiciaire qui reçoit son mandat de Nations unies politisées et en faillite morale est complètement illégitime », a également affirmé M. Erdan.
La résolution appelle en outre Israël à mettre fin aux colonies, mais l’Assemblée générale ne dispose pas de pouvoirs contraignants, contrairement au Conseil de sécurité, mais où les Etats-Unis, alliés d’Israël, disposent d’un droit de veto. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, et l’Allemagne se sont opposés à la résolution et la France s’est abstenue. « Nous ne pensons pas qu’un renvoi vers la Cour internationale de justice aide à ramener les parties prenantes vers un dialogue », a déclaré le diplomate britannique Thomas Phipps.
La résolution appelle à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » dans la perspective d’une « autodétermination » du peuple sahraoui.
Des combattants sahraouis dans le camp de réfugiés de Tindouf, en Algérie, en janvier 2022. RAMZI BOUDINA / REUTERS
Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé les « parties » au conflit du Sahara occidental à « reprendre les négociations », jeudi 17 octobre, pour permettre une solution « durable et mutuellement acceptable ». Les Etats-Unis, qui ont rédigé le texte de la résolution, ont regretté l’absence d’unanimité lors de ce vote qui a recueilli treize voix pour, avec les abstentions du Kenya et de la Russie, qui a dénoncé un texte « pas équilibré ».
La résolution appelle « les parties à reprendre les négociations sous l’égide du secrétaire général sans préconditions et de bonne foi », avec l’objectif de parvenir à « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable » dans la perspective d’une « autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Le Conseil avait lancé ce même appel il y a un an, au moment où le nouvel émissaire de l’ONU, l’Italien Staffan de Mistura, prenait ses fonctions. Il s’est depuis rendu plusieurs fois dans la région pour rencontrer les différents acteurs.
Mais dans son rapport annuel publié récemment, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « vivement préoccupé par l’évolution de la situation ». « La reprise des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario marque un net recul dans la recherche d’une solution politique à ce différend de longue date », a-t-il insisté, évoquant des « frappes aériennes et des tirs de part et d’autre du mur de sable » qui sépare les deux parties.
Le mandat de la Minurso renouvelé pour un an
Le Sahara occidental, ex-colonie espagnole, est considéré comme un « territoire non autonome » par l’ONU, en l’absence d’un règlement définitif. Il oppose depuis des décennies le Maroc au Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Rabat, qui contrôle près de 80 % de ce vaste territoire, prône un plan d’autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario réclame pour sa part le référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU qui avait été prévu lors de la signature en 1991 d’un cessez-le-feu mais jamais concrétisé. Lire la suite »
Cette heure de vérité s’approche à grands pas. Un de ses tests majeurs fut le vote au sein du conseil de sécurité sur les Sahara marocain. Si ce froid glacial qui souffle depuis des mois sur l’axe Paris/Rabat devait avoir une résonance à New York, cela se verrait forcément dans la perception française de cette discorde régionale .
En fait la question que tout le monde se pose et à laquelle peu de gens ont une réponse est la suivante : Quels impacts les deux derrières visites françaises à Alger, celle du président Emmanuel Macron et celle de sa première ministre, Elisabeth Borne accompagnée de la moitié du gouvernement français, pourraient avoir sur la position française au sein des nations unies sur l’affaire du Sahara.
Durant ces visites, des informations ont été opportunément diffusées sur la possible existence d’un nouveau pacte franco-algérien sur le Sahara. Il a même été attribué à la ministre des affaires étrangers, Catherine Colonna, une forme de promesse faite au sérail algérien de ne pas suivre le modèle américain en la matière : Une reconnaissance pure et simple de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. .
Visas au Maghreb : Macron adresse-t-il ses menaces au Maroc ?
Alors que le président français menace de durcir les «règles» de l’octroi de visas pour les ressortissants du Maghreb, ce sujet s’achemine à être un problème franco-marocain. Les restrictions pour les Tunisiens ont été levées et les Algériens seraient sur le point de les rejoindre, comme a annoncé le 10 octobre la Première ministre française.
Le président français promet de continuer sa politique de durcir l’octroi de visas aux ressortissants des pays du Maghreb. «Vous avez beaucoup entendu parler de cette crise qu’on a eue avec la Tunisie, le Maroc et l’Algérie. On leur a dit si vous ne reprenez pas les gens à qui on demande de quitter le territoire, et bien, on va restreindre les visas», a-t-il souligné dans une interview accordée, ce jeudi, à la chaîne France 2.
Emmanuel Macron s’est félicité que cette politique a donné des fruits. «En deux ans, on a réussi à renvoyer chez eux 3 000 personnes qui étaient en situation irrégulière, qui troublaient l’ordre public mais, surtout, depuis une circulaire du ministre de l’Intérieur d’août 2021.» Le chef de l’Etat n’a pas précisé les origines des personnes expulsées ni les lieux à partir desquels ils ont été effectuées.
Dénonçant les violations des droits humains et des libertés des Palestiniens, cinq anciens ministres des affaires étrangères, dont Mogens Lykketoft, président de l’Assemblée générale des Nations unies, et Hubert Védrine, appellent la communauté internationale à demander des comptes au gouvernement israélien.
Alors que le monde observe avec horreur les événements qui se déroulent en Ukraine, la discussion sur l’urgence de protéger un ordre mondial fondé sur le droit international domine le discours public et politique. La communauté internationale s’est ralliée au multilatéralisme et à la nécessité d’adhérer au droit international et de protéger les droits humains. C’est en effet la seule façon d’avancer dans un paysage mondial de plus en plus polarisé.
Dans le même temps, nous nous rappelons que, dans d’autres contextes, la communauté internationale a trop souvent gardé le silence et n’a pas agi face à de graves violations du droit international et à l’impunité qui s’ensuivait. Or la sauvegarde de l’ordre juridique international implique l’application de principes de manière uniforme et cohérente.
Les mêmes normes et la même volonté de protéger la population civile ukrainienne et de demander des comptes pour les violations du droit international commises par la Russie doivent être appliquées dans le monde entier, y compris dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
Occupation prolongée
Il est essentiel que le consensus de la communauté internationale concernant l’illégalité et l’immoralité de plus de cinq décennies d’occupation constitue l’épine dorsale de la politique européenne qui régit nos relations avec Israël.
L’Union européenne (UE) et ses Etats membres continuent de placer la solution à deux Etats, fondée sur la souveraineté et l’égalité des Israéliens et des Palestiniens, comme pierre angulaire de leur politique au Moyen-Orient. Pourtant, la réalité sur le terrain, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, évolue dans une direction totalement opposée. Et notre inaction pourrait avoir des conséquences importantes dans la région, ainsi que sur la validité et l’efficacité de la diplomatie européenne dans le monde.
Les gouvernements israéliens successifs, y compris le gouvernement actuel, ont clairement indiqué à plusieurs reprises qu’ils n’avaient pas l’intention de prendre des mesures pour mettre fin à cette occupation prolongée. En contradiction directe avec le droit international, Israël a transféré des centaines de milliers de citoyens israéliens dans les territoires occupés. Aujourd’hui, plus de 650 000 Israéliens vivent dans des colonies illégales en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Ces colonies sont établies dans des zones qui fragmentent intentionnellement la population palestinienne en enclaves déconnectées, érodant la viabilité d’un futur Etat palestinien.
« Les troubles actuels au Moyen-Orient constituent une menace pour la paix et la sécurité dans le monde entier », a déclaré le directeur de l’IAEC à la Conférence de l’AIEA.
Le directeur de la Commission israélienne de l’énergie atomique, Moshe Edri, s’adressant à la Conférence générale annuelle de l’AIEA à Vienne, le 28 septembre 2022. (Autorisation)
Le directeur de la Commission israélienne de l’énergie atomique (IAEC) à déclaré mercredi à la Conférence générale annuelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que l’Iran est « le principal facteur » d’instabilité au Moyen-Orient, et qu’Israël n’acceptera pas que Téhéran se dote de l’arme nucléaire.
« Les troubles actuels au Moyen-Orient constituent une menace pour la paix et la sécurité dans le monde entier et requièrent l’attention de tous les États membres », a déclaré le général de brigade (à la retraite) Moshe Edri, directeur de la Commission israélienne de l’énergie atomique. « Ce pays constitue à lui seul le principal facteur d’instabilité de la région. »
Dans son discours à la Conférence générale annuelle de l’AIEA à Vienne, Edri a rappelé à l’organisme que l’Iran « a continuellement échoué à fournir des explications crédibles, ou des clarifications, concernant la nature de ces activités passées, et continue de tromper l’Agence et la communauté internationale concernant ses activités nucléaires clandestines ».
L’agence enquête sur des traces d’uranium découvertes sur des sites nucléaires non déclarés en Iran. Téhéran a exigé que l’AIEA mette fin à l’enquête avant d’accepter de réintégrer l’accord, mais le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré lors de son discours lundi que son agence n’arrêterait pas l’enquête.
Les trois sites non déclarés constituent un point de friction essentiel dans les négociations visant à rétablir l’accord nucléaire conclu en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales.
L’organisme a fait pression pour obtenir des réponses sur la présence de matériel nucléaire sur les sites et la question a conduit à l’adoption d’une résolution critiquant l’Iran lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, en juin.
Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), s’exprimant lors de la 66e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne, en Autriche, le 26 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Theresa Wey)
« L’ampleur de la détention arbitraire et discriminatoire » de membres de la minorité musulmane dans la région peut constituer « des crimes contre l’humanité », selon le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme publié le 31 août.
Des membres de la minorité musulmane ouïgoure montrent des photos de leurs proches détenus en Chine, lors d’une conférence de presse à Istanbul (Turquie), le 10 mai 2022. OZAN KOSE / AFP
Détentions arbitraires, tortures, stérilisations forcées… Les 46 pages du rapport sonnent comme un véritable réquisitoire contre la politique menée par Pékin. Le verdict est sans appel : « L’ampleur de la détention arbitraire et discriminatoire d’Ouïgours et de membres d’autres groupes essentiellement musulmans (…) dans un contexte de restrictions et de privation des droits fondamentaux tant individuels que collectifs peut constituer des crimes internationaux, en particulier des crimes contre l’humanité. »
Pour arriver à cette conclusion accablante, l’ONU dit avoir été informée « fin 2017 » de « disparitions » au Xinjiang, et s’être mise au travail dès 2018. Le rapport est fondé sur les écrits et déclarations des autorités chinoises elles-mêmes, mais aussi sur le travail de chercheurs, sur des images satellites, des informations en libre accès ainsi que sur quarante entretiens approfondis, avec notamment vingt-six personnes ayant été internées ou ayant travaillé dans des camps du Xinjiang depuis 2016.
Témoignages jugés « crédibles »
L’ONU condamne à la fois les fondements juridiques de la politique menée par Pékin – « le système juridique antiterroriste chinois repose sur des concepts vagues et larges » – et sa mise en œuvre. La Chine a longtemps expliqué que les Ouïgours coupables de délits « mineurs » n’étaient pas envoyés en centres de détention mais dans des centres de formation professionnelle. L’ONU fait remarquer qu’aucun des témoignages qu’elle a recueillis n’indique que les « stagiaires » avaient le droit de sortir de ces centres, qu’aucun ne s’était vu proposer une offre alternative, que la plupart avaient auparavant été détenus par la police et qu’ils n’avaient jamais eu accès à un avocat.
Pire : les deux tiers des vingt-six personnes interviewées qui ont été détenues dans ces « centres de formation » ont « reporté avoir subi des traitements qui peuvent aller jusqu’à la torture ». Violences sexuelles notamment, à l’égard des femmes, administration forcée de produits médicamenteux suspects… Ce que les ONG dénoncent depuis des années est confirmé par les témoignages jugés « crédibles
Une loi américaine y fait actuellement obstacle et est peu susceptible d’être remise en cause par l’Administration Biden ; les chances de cette nouvelle initiative sont minces.
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas fait des déclarations aux médias avec le président américain après leur rencontre dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 15 juillet 2022. (Crédit : MANDEL NGAN/AFP)
L’ambassadeur palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour, cherche à nouveau à obtenir le statut d’État membre à part entière à l’ONU, mais la tâche est difficile pour Ramallah, sans le soutien des États-Unis, qui ont adopté des lois visant à contrecarrer cette perspective.
Dans une interview accordée au Times of Israel lundi, Mansour a fait valoir que la nouvelle initiative « sauverait la solution à deux États » en faisant contrepoids aux mesures unilatérales prises par Israël à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
« Peut-être que cela donnera aux dirigeants israéliens l’envie de revenir à la table des négociations », a déclaré Mansour.
Le diplomate palestinien considère que l’octroi du statut de membre à part entière serait conforme à la politique de l’administration Biden visant à promouvoir des « mesures concrètes » de nature à créer un terrain fertile pour une solution à deux États, en l’absence de négociations entre les parties.
Il a admis que le travail serait long pour convaincre les États-Unis et d’autres membres du Conseil de sécurité de soutenir l’initiative à l’Assemblée générale. Lire la suite »