Pape François

JO de Paris: le Pape exhorte au respect de la trêve et à l’esprit de concorde

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Jeux olympiques de Paris 2024.

La messe ouvrant la trêve olympique a été célébrée vendredi 19 juillet en l’église parisienne de la Madeleine, présidée par l’archevêque de la capitale, Mgr Laurent Ulrich. Le Souverain pontife a adressé un message écrit pour l’occasion, rappelant que les Jeux olympiques sont par nature porteurs de paix et non de guerre.

Vianney Groussin – Cité du Vatican

À une semaine de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, Mgr Laurent Ulrich a présidé la messe d’ouverture de la trêve olympique, en présence du nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore, et de plusieurs autres évêques dont Mgr Emmanuel Gobillard, évêque de Digne et délégué du Saint-Siège pour les Jeux olympiques et paralympiques. Étaient aussi présents dans l’assemblée le président du CIO Thomas Bach, la maire de Paris Anne Hidalgo, et plusieurs ministres dont Rachida Dati (Culture) et Amélie Oudéa-Castéra (Sports).

Le Pape appelle au respect de la trêve olympique

Mgr Ulrich a lu au début de la messe le message adressé par le Pape François pour l’occasion, le Saint-Père ayant tenu à s’unir par la prière aux intentions de cette messe. Le Pape a donné sa bénédiction aux participants et aux Parisiens, et les a appelés à témoigner de leur foi pendant ces Jeux: «Je sais, en effet, que les communautés chrétiennes s’apprêtent à ouvrir largement les portes de leurs églises, de leurs écoles, de leurs maisons. Qu’elles ouvrent surtout les portes de leurs cœurs, témoignant, par la gratuité et la générosité de leur accueil envers tous, du Christ qui les habite et qui leur communique sa joie».

François a aussi dit dans son message apprécier vivement «que vous n’ayez pas oublié les personnes les plus vulnérables, en particulier celles qui se trouvent en situation de grande précarité, et que l’accès à la fête leur soit facilité». Les Jeux olympiques sont l’occasion d’une plus grande communion, d’abord pour les Français: «Je forme le vœu que l’organisation de ces Jeux soit pour tout le peuple de France une belle occasion de concorde fraternelle permettant, au-delà des différences et des oppositions, de renforcer l’unité de la Nation». Depuis deux semaines, la France connaît une situation politique compliquée faute de majorité à l’Assemblé nationale, où les partis peinent à bâtir une coalition pour former un gouvernement.

Le sport, un langage universel

Le Saint-Père a rappelé que les JO étaient surtout un moment de partage plus large, entre tous les peuples: «Le sport est un langage universel qui transcende les frontières,

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À Trieste, l’appel du Pape François à revivifier la démocratie

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Venu ce dimanche 7 juillet dans la capitale de du Frioul-Vénétie Julienne pour clore les 50 èmes Semaines sociales organisées par l’Église catholique italienne, le souverain pontife a insisté sur «la contribution décisive des catholiques» à la démocratie dans la péninsule, et a développé une longue réflexion sur la fragilisation de la démocratie dans de nombreuses sociétés. «Chacun doit se sentir partie prenante d’un projet communautaire» a-t-il expliqué.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Parti tôt du Vatican en hélicoptère, le Pape François a atterri à Trieste un peu avant 8 heures du matin pour se rendre directement au centre des congrès de la ville. C’est là que, devant des milliers de participants il a prononcé un discours très attendu en clôture de les 50 èmes Semaines Sociales des catholiques italiens. Cette année, la ville du nord-est de l’Italie, située non loin de la frontière slovène était le théâtre de ces rencontres, articulées autour du thème « Au cœur de la démocratie. Participer entre histoire et avenir« . À son arrivée, François a été salué par le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne et président d ela conférence des évêques italiens ainsi que Mgr Luigi Renna, archevêque de Catane et président du comité d’organisation des Semaines sociales.

Dans son discours, François a d’abord cité l’économiste et sociologue Giuseppe Toniolo (1845-1918) qui fut l’un des pionniers de l’Action catholique italienne et qui lança en 1907la première édition des Semaines Sociales. Celui -ci définissait la démocratie comme «cet ordre civil dans lequel toutes les forces sociales, juridiques et économiques, dans la plénitude de leur développement hiérarchique, coopèrent proportionnellement au bien commun». Fort de cette définition, «il est évident que la démocratie n’est pas en bonne santé dans le monde d’aujourd’hui» a constaté le Pape. A ce titre, il est sorti de son texte pour afficher sa préoccupation devant l’abstention : «Je suis préoccupé par le peu de gens qui vont voter. Qu’est-ce que cela signifie ?» s’est-il interrogé devant l’auditoire.

Depuis plus d’un siècle, l’Église catholique italienne n’a cessé d’accompagner l’idée de démocratie. François a notamment salué «la contribution décisive des catholiques» dans le processus de maturation de l’ordre démocratique après la Seconde guerre mondiale. Les évêques de la Péninsule ont poursuivi au fil des ans leur réflexion sur le sens d’une démocratie vertueuse, en particulier dans leur note pastorale en 1988, année au cours de laquelle les Semaines Sociales reprirent après 17 ans d’interruption: «donner un sens à l’engagement de chacun dans la transformation de la société ; prêter attention aux personnes qui restent en dehors ou en marge des processus et des mécanismes économiques gagnants ; donner de l’espace à la solidarité sociale sous toutes ses formes».

La crise de la démocratie: un « cœur blessé »

Cette vision, enracinée dans la Doctrine Sociale de l’Église, va bien au-delà du contexte italien a poursuivi François, qui a tenu à développer sa réflexion autour de deux axes: « la crise de la démocratie comme un cœur blessé », et « l’encouragement à la participation, pour que la démocratie ressemble à un cœur guéri ».

La démocratie est un modèle en crise et les raisons sont mutiples a expliqué l’évêque de Rome, elles ne se limitent pas à la corruption mais se voient aussi à travers les différentes formes d’exclusion sociale. «Chaque fois qu’une personne est marginalisée, c’est l’ensemble du corps social qui souffre. La culture du rejet dessine une ville où il n’y a pas de place pour les pauvres, les enfants à naître, les personnes fragiles, les malades, les enfants, les femmes, les jeunes» a t-il souligné.

Le Pape François dans le palais des congrès de Trieste

François a cité l’ancien Président du Conseil italien chrétien-démocrate Aldo Moro, assassiné en 1978 par les Bragades rouges et qui rappelait rappelait «qu’un État n’est pas vraiment démocratique s’il n’est pas au service de l’homme, s’il n’a pas pour but suprême la dignité, la liberté et l’autonomie de la personne humaine, s’il n’est pas respectueux des formations sociales dans lesquelles la personne humaine se développe librement et dans lesquelles elle intègre sa propre personnalité».

La démocratie ne se limite pas seulement au droit de vote du peuple, a poursuivi le Pape, mais exige que soient créées les conditions de l’expression et de la participation de tous. Une participation «qui ne s’improvise pas, a précisé François: elle s’apprend dès l’enfance, dès la jeunesse, doit être « préparée », y compris au sens critique face aux tentations idéologiques et populistes».

“La démocratie n’est pas une boîte vide, mais elle est liée aux valeurs de la personne, de la fraternité et de l’écologie intégrale.”

La contribution du christianisme à la démocratie 

Revenant sur son discours devant le Parlement européen et au Conseil de l’Europe en 2014 à Strasbourg, le Pape a souhaité aussi rappeler combien

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Intelligence artificielle: l’être humain peut choisir de ne pas en dépendre

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La relation entre l’homme et les technologies numériques, c’est tout l’enjeu du message du Pape pour la 57e journée mondiale de la paix. Il ne s’agit pas de tourner le dos aux avancées offertes par l’intelligence artificielle, mais de ne pas perdre notre capacité de discernement.

Entretien réalisé par Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

Dans son message pour la 57e Journée mondiale de la paix, axé sur «intelligence artificielle et paix», le Pape souligne que les nouvelles technologies doivent toujours être orientées vers «la recherche de la paix et du bien commun», et qu’elle doivent être «au service du développement intégral des individus et des communautés». Sa réflexion sur l’impact de l’intelligence artificielle pour la paix mondiale est un avertissement contre une mauvaise utilisation de l’IA. Il exhorte la communauté internationale à adopter un traité contraignant pour réglementer le développement et l’utilisation des différentes formes d’intelligence artificielle, et soulève des questions éthiques étroitement liées à ces nouvelles technologies qui révolutionnent l’humanité dans toutes les sphères de la vie, capables du pire comme du meilleur. Ces technologies n’étant pas neutres, mais orientées par les concepteurs d’algorithmes, elles peuvent manipuler l’esprit humain et par là même, alimenter des conflits.

Pour mieux comprendre la relation entre l’homme et la machine, Vatican News s’est entretenu avec Mathieu Guillermin, maitre de conférences à l’université catholique de Lyon. Spécialiste de l’Intelligence artificielle. Son travail porte sur les enjeux philosophiques et éthiques soulevés par les technologies numériques.

Mathieu Guillermin, l’intelligence artificielle ouvre de nouveaux horizons, depuis quelques années, et pose de nouvelles questions, éthiques, philosophiques, et même anthropologiques. L’humain se soumettrait-il à la machine?

On présente souvent les choses sous la forme “la machine va nous faire quelque chose”, mais fondamentalement, la machine reste un ordinateur, et cela ne va pas changer. C’est de la mécanique d’interrupteurs qui ouvre ou ferme ses canaux en fonction de qui est programmé, et nous, on attache de la signification à cela. Mais en réalité, la machine ne veut rien. Il n’est donc pas question d’opposition entre la machine et l’humain. Il est question d’humains qui font des choses avec des machines et ça impacte d’autres humains, pour le meilleur ou pour le pire. Il n’y a pas de machine qui fait quelque chose parce qu’elle le souhaite. Il y a éventuellement des machines qu’on ne maîtrise pas, et qui peuvent donner des “hallucinations”, c’est-à-dire des résultats non désirés, ou des machines qu’on maîtrise très bien.

Donc la façon dont l’algorithme est programmé peut orienter nos choix?

Oui, complètement. Là, il y a un enjeu. C’est une des choses sous-jacentes qu’on ne voit peut-être pas immédiatement dans le lien guerre et paix, mais qui va vraiment très loin. En fait, on crée des petites représentations, en fonction des comportements de la personne. Si une personne se comporte d’une certaine, on peut savoir dans quel état elle se trouve, et on peut, avec des probabilités, déterminer quel peut-être son comportement successif. Ce genre de calcul donne un pouvoir énorme, qui peut être un bon pouvoir. Je suis content qu’on puisse me donner des informations qui vont m’intéresser, mais ça peut très vite déraper vers une offre d’informations qui vont capter mon attention. Ça peut aller jusqu’à de la manipulation mentale. On appelle ça les technologies de la persuasion. Ce n’est pas nouveau avec l’IA, mais l’intelligence artificielle va renforcer ce qu’on peut faire dans ce domaine.

Et est-ce que les opinions publiques ont la capacité d’un correct discernement?

On rejoint vraiment le sujet IA et paix. L’exploitation aussi bien de nos propres biais cognitifs, de la manière dont on pense, dont on réagit, va pouvoir être utilisée pour mieux diffuser des fausses informations ou pour attiser des conflits. C’est vraiment un usage militarisé. Si on exploite le problème des bulles cognitives, qui font qu’on va donner aux gens que ce qui les intéresse et donc au bout d’un moment, vont se former des groupes de gens qui n’ont que certaines informations, d’autres qui en ont d’autres, ça finit par casser l’intelligence collective et le fond commun qu’on pourrait avoir pour se parler en termes de paix ou de tensions. C’est un usage malsain de l’algorithme, et on est totalement dans la thématique intelligence artificielle et paix. En revanche, on pourrait utiliser ces algorithmes pour dire “ok, j’ai un profil de toi, je sais, je détecte à peu près où est ce qu’on va être d’accord et où est ce qu’on ne va pas être d’accord, et du coup je m’appuie là-dessus pour avoir une discussion plus intelligente avec toi”. Alors là, on gagnerait en cohésion et en intelligence collective. Il peut donc y avoir une utilisation saine de cette technologie.

Et en fonction de ça, sur quelles pistes de réflexion peut s’engager le système éducatif?

La première réflexion à développer serait de partir du le monde dans lequel on vit et de qui nous sommes, pour se poser la bonne question : Voulons-nous être capable, ou pas, de conduire telle ou telle action? Cette piste de réflexion peut déterminer à la fois à quoi on se forme et ce que l’on apprend à faire, et parallèlement, où est ce que l’on intègre des algorithmes, ou pas. Pour avoir le bon usage, il faut comprendre pourquoi on fait les choses. Une fois qu’on a ce cadre-là, effectivement, il faudrait revenir à, étant donné que maintenant on peut automatiser beaucoup de choses, donner aux gens, aux élèves et à tout le monde, la capacité de s’orienter dans ce type de choix. Tout cela donne un fond en fait, pour pouvoir être une personne authentique et une personne intelligente.

Le Pape François dit aussi dans son message que l’homme peut perdre le contrôle de lui-même en se confiant totalement à la technique…

La perte de contrôle est déjà là. Elle était là même avant la machine, parce qu’on a une hubris prométhéenne. On a des pouvoirs et on devient esclave de nos pouvoirs, on met en place des choses qui créent des appels d’air et on s’engouffre dedans. C’est là qu’on perd le contrôle sur nous-mêmes. Mais de la même manière que des algorithmes peuvent nous faire réagir d’une certaine façon, sans passer par un minimum de réflexion, un minimum de jugement, un minimum d’exercice de discernement, on perd aussi le contrôle et on met en place des machines qui nous enlèvent de l’autonomie. Or, l’autonomie dont il ne faut pas se priver, c’est notre capacité de faire des choix, et surtout de faire des choix en conscience. Là on défend notre autonomie.

(source: vaticannews.fr)

 

Le Pape participera à la session du G7 sur l’intelligence artificielle

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Le Souverain pontife s’exprimera lors de la session ouverte aux États non membres du sommet du G7, qui se tiendra mi-juin dans les Pouilles au sud de l’Italie. La Salle de presse du Saint-Siège confirme ce vendredi soir l’annonce de la présidente du Conseil. Giorgia Meloni remercie le Saint-Père d’avoir accepté l’invitation de son pays pour apporter «une contribution décisive à la régulation éthique et culturelle de l’intelligence artificielle».

Image d’illustration.

Le Pape François participera au sommet du G7 conduit par l’Italie, qui se tiendra du 13 au 15 juin à Borgo Egnazia, dans les Pouilles. C’est ce qu’a confirmé la Salle de presse du Saint-Siège après l’annonce de la présidente du Conseil italien qui, dans une vidéo, a précisé que le Saint-Père interviendra lors de la session consacrée à l’intelligence artificielle ouverte aux pays non-membres. «C’est la première fois, a précisé Giorgia Meloni, qu’un Souverain pontife intervient au sommet du groupe, auquel participent également les États-Unis, le Canada, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon».

Remerciant le Saint-Père d’avoir accepté l’invitation de l’Italie, «sa présence apporte du prestige à notre nation et à tout le G7»,  Giorgia Meloni explique que le gouvernement italien entend valoriser la contribution du Saint-Siège sur la question de l’intelligence artificielle, en particulier après l' »Appel de Rome pour l’éthique de l’IA en 2020 » (Rome Call for AI Ethics), promu par le conseil pontifical pour la Vie, qui vise «à donner une application concrète au concept d’algoréthique, c’est-à-dire à donner de l’éthique aux algorithmes».

«Je suis convaincue, a-t-elle ajouté, que la présence du Pape apportera une contribution décisive à la définition d’un cadre réglementaire, éthique et culturel pour l’intelligence artificielle, car c’est sur ce terrain, sur le présent et l’avenir de cette technologie que se mesurera à nouveau notre capacité, la capacité de la communauté internationale, à faire ce qu’un autre Pape, saint Jean-Paul II, a rappelé dans son célèbre discours aux Nations unies le 2 octobre 1979, à savoir que l’activité politique, nationale et internationale vient de l’homme, s’exerce par l’homme et est pour l’homme», a encore expliqué la présidente du Conseil italien.

Giorgia Meloni ajoute que l’intelligence artificielle «sera le plus grand défi anthropologique de cette époque», «une technologie qui peut générer de grandes opportunités mais qui comporte aussi d’énormes risques et qui affecte inévitablement les équilibres mondiaux». «Notre engagement, a conclu la dirigeante italienne, est de développer des mécanismes de gouvernance pour s’assurer que l’intelligence artificielle est centrée sur l’homme et contrôlée par l’homme, c’est-à-dire qu’elle maintient l’homme au centre et qu’elle a l’homme comme but ultime».

(source: vaticannews.fr)

 

 

Papauté et diplomatie, grands principes et droits concrets

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Le Pape recevant les représentants du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, en salle des Bénédictions du Palais apostolique, le 9 janvier 2023. (Vatican Media

Traditionnels vœux au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Devant 180 diplomates réunis au Palais apostolique, le Pape argentin fixe ce lundi 8 janvier les priorités internationales du Vatican pour l’année 2024, concernant les différents théâtres de guerre ou enjeux globaux. Retour sur les particularités historiques de la démarche diplomatique du Siège apostolique, faisant de l’Église catholique, universelle par essence, la seule confession à avoir accès aux relations diplomatiques.

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Seule institution religieuse à disposer d’un statut de droit international, le Saint-Siège jouit d’un réseau diplomatique couvrant la quasi-totalité de la planète. 184 États entretiennent aujourd’hui des relations diplomatiques avec le Vatican. Le premier en date fut le Royaume de France au XVe siècle, le dernier, le sultanat d’Oman en 2023.

L’intérêt manifeste des États à s’y rendre présent témoigne de la puissance d’influence du Pape et du réseau d’informations unique parvenant au Vatican par les Églises et communautés locales des quatre coins du monde. Le Saint-Siège ne défend d’intérêt ni temporel ni matériel, ses objectifs étant d’ordre moraux ou visant à protéger les communautés catholiques dans le monde. Comment l’originalité de cette diplomatie pontificale a-t-elle évolué au gré de l’histoire moderne et contemporaine? Rencontré aux Missions étrangères de Paris à la faveur d’un colloque portant sur la diplomatie pontificale, le professeur émérite Claude Prudhomme, historien de la stratégie missionnaire du Saint-Siège, en esquisse une physionomie.

 

Comment définir la diplomatie pontificale, quelles sont ses caractéristiques traditionnelles par rapport à une diplomatie d’État classique?

Depuis le XIXᵉ siècle, dès lors que le Pape n’avait plus d’État temporel, il a fallu qu’il redéfinisse sa fonction. Le premier ayant cherché à se poser de manière internationale a très vite compris que c’est en tant que référence spirituelle, en tant qu’homme de paix qu’il pouvait le faire. Léon XIII (Pape de 1878 à 1903) avait commencé en se proposant comme conciliateur dans des conflits armés, mais en se tenant au-dessus. La diplomatie pontificale se nourrit d’abord de cette nouvelle manière pour la papauté de trouver sa place dans le monde d’aujourd’hui. Pendant longtemps, ce fut limité car le Pape parlait sans support étatique lui permettant d’être présent dans les institutions. Sa voix portait, mais dès qu’il y avait une conférence internationale, il ne pouvait avoir de représentant. Cela commence à être possible le jour où l’État de la Cité du Vatican est créé en 1929, permettant au Saint-Siège d’être à la fois une entité religieuse et d’avoir un support étatique.

Quels ont été les traits permanents de la diplomatie pontificale à l’époque moderne et contemporaine?

La diplomatie vaticane a deux volets. Le premier rappelle les principes. Dans leur formation, on apprend aux diplomates qu’ils sont d’abord là pour rappeler les valeurs religieuses auxquelles un catholique doit pouvoir se référer. Le deuxième volet concerne l’adaptation de ces principes à des problèmes concrets. Les Églises d’hier comme d’aujourd’hui ont besoin de liberté religieuse et de garanties concrètes. Les diplomates sont à la manœuvre pour obtenir des droits reconnus par la loi et veiller à leur respect.

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Pape François: Voeux 2024 au Corps diplomatique

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Les traditionnels voeux du Pape au Corps diplomatique ont lieu ce lundi 8 janvier 2024 à 10h. Depuis la salle des Bénédictions, le Saint-Père prononcera un discours aux membres du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège pour les voeux de la nouvelle année. C’est généralement l’occasion pour le pape François d’exprimer sa pensée sur la situation du monde et les différentes crises.

Vatican, bras de fer à la Curie

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Au Vatican, le Pape François se retrouve face à une opposition de plus en plus virulente. Le clan conservateur de la Curie – le « gouvernement » du Saint-Siège – lui reproche une vision laxiste de la doctrine catholique, notamment en ce qui concerne la place faite aux couples homosexuels et aux personnes divorcées dans l’Eglise. Notre correspondante à Rome, Natalia Mendoza, a enquêté dans les couloirs du Vatican sur ce conflit qui prend de l’ampleur, entre partisans de la modernité et tenants de la tradition.

États-Unis: le Pape relève Mgr Strickland de sa charge pastorale

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La cathédrale de l’Immaculée dans le diocèse de Tyler, au Texas, à l’ouest des États-Unis.

La décision du Pape, prise à l’issue de la visite apostolique confiée à deux évêques américains dans le diocèse de Tyler, a été rendue publique samedi 11 novembre.

Le Pape François a relevé Mgr Joseph E. Strickland, 65 ans, du gouvernement pastoral du diocèse de Tyler, dans le nord-est du Texas aux États-Unis. Il a nommé Mgr Joe Vásquez, évêque d’Austin, administrateur apostolique du diocèse laissé vacant.

Cette décision fait suite à la visite apostolique ordonnée par le Pape en juin dernier dans le diocèse, et qui fut confiée à deux évêques américains.

Les évêques qui ont effectué la visite, Mgr Dennis Sullivan, évêque de Camden, et Mgr Gerald Kicanas, évêque émérite de Tucson, «ont mené une enquête exhaustive sur tous les aspects de la gouvernance et de la direction du diocèse de Tyler par son ordinaire, Mgr Joseph Strickland» a affirmé l’archevêque de Galveston-Houston.

Une décision prise après une longue réflexion

«À la suite de cette visite, poursuit le communiqué du cardinal Daniel Nicholas DiNardo, une recommandation a été faite au Saint-Père selon laquelle la poursuite du mandat de Mgr Strickland n’était pas possible». Mgr Strickland s’était fait connaître dans le monde, en publiant un propos hostile au Pape François sur les réseaux sociaux. «Après des mois d’examen attentif de la part du dicastère pour les Évêques et du Saint-Père, la décision a été prise de demander la démission de Mgr Strickland. Après avoir reçu cette demande, Mgr Strickland a refusé de démissionner le 9 novembre 2023». D’où la décision du Pape de relever l’évêque de ses fonctions.

Le cardinal DiNardo souligne que dans l’attente de dispositions plus définitives pour le diocèse de Tyler, le Saint-Père a nommé simultanément Mgr Joe Vásquez, évêque d’Austin, administrateur apostolique du diocèse de Tyler. «Nous nous souvenons de Mgr Strickland dans nos prières», et «nous prions également pour le clergé et les fidèles du diocèse de Tyler et pour Mgr Vásquez», a conclu le cardinal DiNardo.

(source: vaticannews.va/fr)


Le pape François tente d’insuffler une nouvelle culture dans l’Eglise catholique

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A l’issue de l’assemblée générale du synode, voulue par le souverain pontife comme l’instrument d’une institution « au service de tous », un rapport a été rédigé qui évoque la possibilité d’ordonner les femmes diacres.

Le pape François préside la messe de clôture du Synode sur la synodalité dans la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 29 octobre 2023. VATICAN MEDIA / VIA REUTERS

La liturgie ne souffre pas l’égalité. Dimanche 29 octobre au matin à la messe de clôture de la première assemblée du Synode sur la synodalité, cette grande réunion voulue par François pour réfléchir à l’avenir de l’Eglise catholique, chacun avait repris sa place comme il se doit dans la basilique Saint-Pierre de Rome : cardinaux vêtus d’une chasuble verte en première place, évêques ensuite, eux aussi en vert, et enfin laïcs. Pendant quatre semaines pourtant, du 4 au 29 octobre, ils ont tous siégé côte à côte, autour de tables rondes installées pour l’occasion dans la salle Paul VI, afin de discuter d’une éventuelle évolution dans le gouvernement de l’Eglise catholique.

L’assemblée a ainsi, visuellement, incarné le changement de culture voulu par un pape désireux de voir les fidèles participer plus activement au gouvernement de l’institution. Historique, elle a même, pour la première fois, compté des femmes. Au nombre de 54 sur 365, elles ont pu voter. Au menu de ces quatre semaines de discussions, que beaucoup ont trouvées un peu longues, sur la base des questions soulevées par les fidèles du monde entier interrogés pour l’occasion : la place des femmes dans l’Eglise, l’inclusion des LGBTQ, la place excessive des clercs, et la lutte contre les abus et les violences sexuelles.

Samedi soir, l’assemblée, qui n’était que la première, – la prochaine, qui devrait être conclusive, aura lieu en octobre 2024 – a rendu le rapport de synthèse de ses travaux en italien. Le texte, certes provisoire, ne contient aucune recommandation définitive mais pose plutôt des suggestions et laisse des questions ouvertes présentées comme des « points à résoudre ». Sans surprise, la place des femmes dans l’Eglise catholique, dont tous les fidèles ont peu ou prou parlé dans leurs remontées pré-synode, a occupé une place majeure.

Divergences de vues encore fortes

Les discussions ont notamment porté sur la possibilité d’ordonner des femmes diacres, ces ministres du culte dont le rôle est d’assister les prêtres dans leurs tâches liturgiques. Le chapitre consacré à cette question a certes été adopté, samedi, comme le reste du texte présenté, mais c’est aussi celui qui a recueilli le plus de votes négatifs, signe des divergences de vues encore très fortes parmi les prélats sur l’opportunité de laisser plus de place aux femmes qui représentent pourtant la moitié du 1,3 milliard de catholiques. Pour « certains », est-il indiqué, « cette démarche serait inacceptable car elle serait en rupture avec la tradition ».

(source: lemonde.fr)

Le Pape a présidé la prière pour la paix dans la basilique Saint-Pierre

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Le Pape François en prière devant l’image de la Vierge, dans la basilique Saint-Pierre, le 27 octobre. (Vatican Media)

Lors de cette cérémonie qu’il avait convoquée et à laquelle se sont unis des croyants du monde entier, le Saint-Père a récité une prière mariale demandant à ce que Marie nous apprenne «à accueillir et à prendre soin de toute vie humaine, et à rejeter la folie de la guerre, qui sème la mort et détruit l’avenir».

Olivier Bonnel – Vatican News

«Nous nous réunirons pour prier et implorer la paix dans le monde» avait lancé le Pape François à l’issue de l’audience générale du 25 octobre, en rappelant qu’il avait convoqué ce temps de prière, ce vendredi soir dans la basilique Saint-Pierre. Le Saint-Père a souvent répété que «la prière est l’arme la plus puissante qui soit».

Point d’orgue de cette journée de prière et de jeûne pour la paix, cette cérémonie s’est d’abord ouverte sur la récitation du chapelet et la méditation sur les mystères douloureux. Dans l’assemblée de 4000 personnes ont pris place les membres de l’Assemblée synodale qui s’achève ce dimanche 29 octobre, des cardinaux et évêques de la Curie, mais aussi des représentants d’autres Églises chrétiennes ou des membres du corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Loin de Saint-Pierre, mais en communion avec Rome, plusieurs chefs religieux avaient invité à se joindre à cette prière comme l’archevêque de Canterbury Justin Welby ou encore Mgr Sviatoslav Shevchuk, chef de l’Église gréco-catholique d’Ukraine.

«Une heure sombre»

Après les litanies chantées à la Vierge Marie, le Pape François a récité une prière à la Mère du Christ pour lui demander le don de la paix, alors que le bruit des armes déchire le Proche-Orient et d’autres théâtres de guerre. «Reine de la paix, tu souffres avec nous et pour nous, en voyant tant de tes enfants éprouvés par les conflits, angoissés par les guerres qui déchirent le monde» a notamment dit le Saint-Père. Dans sa supplique, François a aussi demandé à la Vierge d’intercéder «pour notre monde en danger et dans la tourmente. Apprends-nous à accueillir et à prendre soin de la vie – de toute vie humaine ! – et à rejeter la folie de la guerre, qui sème la mort et détruit l’avenir».

“Réconcilie tes enfants séduits par le mal, aveuglés par le pouvoir et la haine”

 

Avec un ton grave, qui a rappelé celui que le Souverain pontife avait employé le 8 décembre dernier en confiant l’Ukraine à l’Immaculée, il s’est aussi tourné vers la Vierge «afin que, témoignant au monde l’amour de Jésus, elle soit signe de concorde et instrument de paix. Nous te consacrons notre monde, en particulier les pays et les régions qui sont en guerre». «Toi, Mère de tous les peuples, réconcilie tes enfants séduits par le mal, aveuglés par le pouvoir et la haine» a encore imploré le Pape.

Lors de ce temps de prière, les lectures bibliques se sont succédées et des prières comme celle que le Pape Jean XXIII accorda lors de son message pascal du 13 avril 1963, diffusé deux jours après la publication de l’encylique Pacem In Terris: «éloigne du coeur des hommes ce qui peut mettre en péril la paix». La cérémonie s’est achevée avec la bénédiction des fidèles par le Saint-Sacrement.

(source: vaticannews.va/fr)