rapport de la Cour des Comptes
Cour des Comptes : Le secteur de l’or, un gouffre financier de 1 125 milliards d’Ar alimenté par le trafic illicite

Le Rapport public 2025 de la Cour des Comptes met en lumière un manque à gagner colossal de 1 125 milliards d’Ariary dans le secteur de l’or à Madagascar. Entre exportations non déclarées, gouvernance défaillante et trafic illicite, la filière aurifère apparaît comme l’un des principaux foyers de pertes pour les finances publiques.
C’est un réquisitoire implacable qu’a dressé aujourd’hui la Cour des Comptes de Madagascar lors de la présentation de son Rapport Public 2025. Devant un parterre de hauts dignitaires, dont le Président de la Refondation, Michaël Randrianirina, et le Premier Ministre, Mamitiana Rajaonarison, la plus haute instance de contrôle des finances publiques a mis en lumière des dysfonctionnements majeurs dans la gestion de l’État entre 2010 et 2025. Le préjudice financier total est estimé à 3 000 milliards d’Ariary, une somme astronomique que le Président de la Cour, Jean de Dieu Rakotondramihamina, a directement associée à la « mort, l’ignorance et la famine ». Au cœur de ce désastre économique, le secteur de l’or apparaît comme le symbole d’une gestion opaque et défaillante, gangrenée par l’exploitation illicite.
Une gouvernance défaillante et des vols autorisés
Le volet consacré au ministère des Mines a révélé des chiffres qui donnent le vertige, particulièrement concernant la filière aurifère. Entre 2021 et 2023, la Cour des Comptes note un contraste saisissant : alors que les déclarations officielles d’exportation d’or sont nulles (0), la base de données du commerce international UN COMTRADE enregistre, elle, 4 167 kg d’or en provenance de Madagascar. Ce décalage monumental de plus de 4 tonnes d’or représente une valeur estimée à 268 millions de dollars, soit environ 1 125 milliards d’Ariary. Pour la Cour des Comptes, la conclusion est sans appel : cette somme colossale s’est volatilisée dans les circuits du « trafic illicite », sans générer la moindre recette fiscale pour le budget de l’État. Ce manque à gagner direct pour les caisses publiques contribue largement au préjudice total de 3 000 milliards d’Ar dénoncé par la Cour.
L’explication de ce pillage des ressources nationales réside, selon le rapport, dans une faillite généralisée de la gouvernance du secteur minier.
Lire la suite »