Economie
La nouvelle capitale égyptienne prend forme dans le désert
Un projet faramineux et méconnu chez nous est en marche depuis 2015 en Égypte. Le régime du général Al Sissi a décidé de déménager sa capitale au milieu du désert, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale actuelle, Le Caire.
Raison officielle : la surpopulation. La célèbre région des pyramides et du sphinx sera donc prochainement délaissée par le gouvernement et la classe la plus riche de la société égyptienne.
Reportage de Sylvain Desjardins qui a eu accès au chantier au début de la pandémie.
Le Rwanda va accueillir des demandeurs d’asile au Royaume-Uni
Le Rwanda a signé un accord de plusieurs milliards de francs CFA avec la Grande-Bretagne pour accueillir des migrants de diverses nationalités qui cherchent à entrer au Royaume-Uni, a appris APA jeudi.
C’est un accord initial de 120 millions de livres sterling, soit près de 95 milliards de francs CFA, conclu entre Kigali et Londres. Le gouvernement britannique cherchait depuis des mois des pays tiers pour envoyer les migrants en attendant de traiter leur dossier. Le Rwanda et le Ghana avaient été évoqués, mais Accra a fermement nié en janvier être en discussion avec le Royaume-Uni sur le sujet.
Le Premier ministre Boris Johnson espère en effet dissuader les traversées illégales de la Manche. Il s’engage, dans un premier temps, à financer ce dispositif à hauteur du montant évoqué. « Le Rwanda se réjouit de ce partenariat avec le Royaume-Uni pour accueillir des demandeurs d’asile et des migrants, et leur offrir des voies légales de résidence » dans ce pays d’Afrique australe, a déclaré dans un communiqué le ministre rwandais des Affaires étrangères Vincent Biruta.
Kigali précise que les migrants accueillis seront « intégrés dans les communautés du pays ». « Il s’agit de s’assurer que ces personnes sont protégées, respectées et habilitées à poursuivre leurs propres ambitions et à s’installer de façon permanente au Rwanda si elles le souhaitent », a ajouté M. Biruta. Un des sujets clés du Brexit, la campagne de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, le dirigeant britannique conservateur avait promis de contrôler l’immigration. Le nombre de clandestins traversant la Manche a triplé en 2021. Malgré tout, son projet de durcissement de la politique migratoire a été fortement critiqué par des organisations de défense des droits de l’Homme dénonçant son « inhumanité ».
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Transport aérien – Air Madagascar propose deux vols hebdomadaires vers et de La Réunion A/R à partir de 357 euros avec ses ATR

Antananarivo, 11 Avril, 15h20 – Air Madagascar reprend la desserte La Réunion – Antananarivo à partir du 20 Avril. Elle annonce deux vols hebdomadaires prévus tous les mercredis et samedis. Ces vols, en aller-retour, seront tarifés à partir de 1.587.000 ariary, soit 367 euros au départ d’Antananarivo, et à partir de 409 euros, soit environ 1.750.000 ariary, au départ de La Réunion. La compagnie précise néanmoins qu’il s’agit de tarifs à titre indicatif, et que les frais pourront changer en fonction des sièges disponibles et en fonction du cours de change.

⭕Une source autorisée auprès d’Air Madagascar indique, par ailleurs, que les vols seront opérés par la compagnie malgache elle-même avec ses appareils ATR. Pour les autorités, la reprise des vols d’Air Madagascar était impérative pour maîtriser les frais de transport. « La seule solution à l’envolée des tarifs est simple : le retour d’Air Madagascar sur la scène des échanges aériens, notamment dans l’océan Indien », avait déclaré Rolland Ranjatoelina, ministre des Transports et de la météorologie en marge d’une descente d’une délégation gouvernementale à Ivato vendredi.
⭕Selon Rolland Ranjatoelina, le coût élevé des billets est surtout dû au « yield management qui veut que les tarifs augmentent au fur et à mesure que les demandes sont en hausse » alors que les capacités sont inertes. Cette pratique commerciale, quand elle s’applique dans le secteur des transports aériens, veut que les prix les plus bas soient proposés pour des réservations effectuées très en avance, et les plus élevés sont appliqués pour les achats de dernière minute.
(source: https://www.facebook.com/2424.mg)
Nouveau Terminal International de l’Aéroport d’Antananarivo – Quinze boutiques pour l’artisanat raffiné

L’aéroport est la première porte d’entrée à Madagascar, une sorte d’écrin multi facette. Il doit refléter la culture et le savoir-faire malgache aux yeux des visiteurs qui débarquent. Ravinala Airports, conscient de cette importance particulière, y a accordé une attention digne de cet intérêt. Julien Coffinier, directeur général de Ravinala Airports, s’explique. « Afin de refléter la qualité des produits made in Madagascar, Ravinala Airports a créé un marché artisanal composé de quinze espaces commerciaux, avec un design inspiré des marchés artisanaux du pays. »
L’inauguration de ce marché artisanal s’est fait ce vendredi dans la soirée, couplée par des animations à la gloire de la créativité, par Sophie Ratsiraka, ministre de l’Artisanat et des Métiers, accompagnée, pour la circonstance, de son collègue du gouvernement, Roland Ranjatoelina, ministre des Transports et de la météorologie. La ministre de tutelle a salué à sa juste valeur les apports de Ravinala Airports pour l’artisanat. Elle a incité les autres opérateurs dont les activités sont liées au tourisme de faire davantage pour rehausser l’image du label Vita malagasy.
Les artisans de ce marché, triés sur le volet par Ravinala Airports, ont chacun une expertise dans leur domaine d’activité respectif, et proposent des productions locales, d’une originalité authentique, telles que les objets en miniatures, l’art, la broderie, le smock, la maroquinerie, le bois sculpté, la marqueterie, le raphia, le sisal, les produits cosmétiques et santé verte, la soie sauvage…
Afin d’offrir aux futurs clients de ce marché artisanal, une large gamme de choix de produits, le principe d’une catégorie de produit spécifique, par espace, a été mis en place. Pour accompagner les artisans, Ravinala Airports a fait appel à l’expertise du MED (Madagascar Entreprises Développement) pour s’assurer que chacun d’entre eux rende son activité à l’aéroport pérenne. Ils ont ainsi bénéficié de formations axées sur la finance, le marketing, le droit, la fiscalité et le service à la clientèle.
Ravinala Airports, à titre de rappel, est le gestionnaire des aéroports internationaux d’Antananarivo et de Nosy Be, depuis le mois de décembre 2016. Les missions de Ravinala Airports consistent à développer la capacité de ces deux aéroports internationaux, de réaménager les installations existantes, de les remettre aux normes de sécurité et de protection de l’environnement, d’améliorer la qualité des services aéroportuaires, de satisfaire les exigences des clients (compagnies aériennes, passagers, commerces, fret, l’aviation dans sa dimension) afin d’accroître leur satisfaction de manière durable, et participer au développement économique de Madagascar grâce à sa stratégie de développement de routes aériennes au départ ou à destination de Madagascar.
(source: lexpress.mg)
Entretien avec Mr Patrick Rajoelina, ex-Ministre des Affaires étrangères
A coeur ouvert avec l’ancien Chef de la diplomatie malagasy sur les questions pertientes et incisives du journaliste Abraham Razafy.
Investissement – L’appétit africain d’Axian s’agrandit
Tentaculaire. Après le Sénégal, les Comores, Mayotte, La Réunion, le Togo et bien sûr, Madagascar, le groupe Malagasy Axian a annoncé, hier, avoir finalisé l’acquisition de la filiale fusionnée de Millicom, MIC Tanzania Public Limited Company (réunissant Tigo et Zantel), en Tanzanie. Cette opération apporte à Axian Telecom près de 14 millions de clients mobiles et accélère le développement en Afrique du groupe, désormais présent sur huit marchés.

En effet, l’aura d’Axian a dépassé depuis quelques années les frontières de Madagascar où il est né. Après un développement dans la région, le groupe est devenu africain avec plus de trois mille cinq cents salariés dans l’océan Indien et sur le continent. Le projet de développement ambitieux du consortium dirigé par AXIAN Telecom prévoit des investissements importants en Tanzanie au cours des cinq prochaines années afin de renforcer la couverture réseau et la qualité de service de la nouvelle entité MIC Tanzania Plc. « Avec l’acquisition de MIC Tanzania Plc, Axian Telecom ouvre un nouveau chapitre de son histoire en Tanzanie. Nous sommes très enthousiastes à l’idée de démarrer cette nouvelle aventure avec nos collègues tanzaniens et je suis convaincu qu’ensemble, nous mènerons à bien de grands projets qui contribueront à forger l’avenir digital de la Tanzanie. Nous tenons à remercier le Gouvernement de la République Unie de Tanzanie et le Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar de nous avoir aidés à mener cette opération à son terme, et nous nous réjouissons de continuer à collaborer avec eux. », explique le président d’Axian Telecom, Hassanein Hiridjee.
Inclusion numérique et financière
À travers cette acquisition, Axian ambitionne d’accompagner la transformation numérique du pays par le déploiement de technologies et de services de pointe au service des entreprises et des particuliers tanzaniens. Le consortium a accès à des backbones et à des câbles sous-marins dans la région lui permettant de mettre en place des connexions plus solides pour relier la population tanzanienne au reste du monde tout en généralisant l’accès à des services mobiles abordables et développer l’inclusion numérique par des investissements significatifs dans les infrastructures de télécommunications.
Le consortium prévoit d’offrir aux clients tanzaniens une meilleure couverture réseau et une amélioration de la qualité de service, en particulier pour le réseau 4G. De plus, l’inclusion financière est aussi dans la ligne de mire du groupe en s’appuyant sur le succès des services financiers mobiles de MIC Tanzania Plc pour poursuivre le développement de nouveaux services adaptés aux besoins des clients tanzaniens. Le consortium veillera également à ce que MIC Tanzania Plc bénéficie de l’expertise du Groupe en matière de développement de services financiers mobiles dans d’autres pays.
S’appuyant sur son expertise notamment dans le déploiement de technologies de pointe telles que les réseaux 5G et le développement réussi de services financiers mobiles, Axian Telecom ambitionne de dynamiser l’écosystème des télécommunications en Tanzanie en s’attachant à garantir une meilleure expérience aux clients. Pour rappel, Axian intervient dans les finances, les télécoms, l’énergie et l’immobilier. Depuis 2017, le groupe a rejoint d’autres fonds d’investissement dédiés à l’Afrique comme Emerging Capital Partners, Adenia et Partech Africa dans le but de participer à une croissance inclusive et pérenne du continent.
Université d’Antananarivo – Le Pr Mamy Ravelomanana obtient un second mandat

Le Professeur Mamy Raoul Ravelomanana sort en tête de l’élection du président de l’université d’Antananarivo, pour le mandat 2022-2024. Il a remporté cette élection, en obtenant 52,80% des voix des Enseignants-chercheurs et 52,77% des votes du personnel administratif et technique. Mamy Ravelomanana devance, donc, son homologue de la faculté des Sciences, le professeur Rivoarison Randrianasolo, en obtenant trois cent quatre-vingt points, selon les calculs. Il dirigera l’université pour les trois années à venir, après un premier mandat, de 2019 à 2021.
Les noms des nouveaux chefs d’établissement ont été, également, proclamés, hier. Solofoniaina Ndimbisoa Tinarivo Vonjy Rasendrahasina, maître de Conférences, à la tête de l’École normale supérieure. Le Professeur Rijalalaina Rakotosaona, est le chef d’établissement de l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo (ESPA). Le professeur Arsène Jules Mbolatianarizao Randrianariveloseheno, est élu à la tête de l’École Supérieure des Sciences Ag ronomiques (ESSA ). Ononamandimby Antso- nantenainarivony, maître de Conférences, pour l’Institut d’Enseignement Supérieur d’Antsirabe Vakinankaratra (IESAV). Le professeur titulaire Roger Randrianja, dirigera l’Institut d’Enseignement Supérieur de Soavinandriana Itasy (IESSI). Le Domaine Arts, Lettres et Sciences Humaines (FLSH) sera dirigé par Fanja Tahina Ralinirina, maître de Conférences. Le professeur Faratiana Esoavelomandroso est réélue à la tête du Domaine Droit et Sciences Politiques (FDSP). Le professeur titulaire Harilalaina Willy Randriamarotia est le nouveau doyen de la Faculté de Médecine. Fanomezantsoa Ramaromanana Andriamahefazafy, maître de conférences, est élu chef d’établissement du Domaine Sciences de la Société (Fac.EGS ). Et le professeur Hery Tiana Rakotondramanana, dirigera pour les trois prochaines années, le Domaine Sciences et Technologies (Fac. Sciences).
(source: lexpress.mg)
L’UE lance contre Budapest la procédure liant fonds européens et respect de l’État de droit

La procédure inédite permet de suspendre le versement de fonds européens en cas de violation des principes de l’État de droit. Utilisée pour la première fois, elle vise la Hongrie.
La Commission européenne a décidé de lancer contre la Hongrie une procédure inédite permettant de suspendre le versement de fonds européens en cas de violation des principes de l’État de droit, a annoncé ce mardi 5 avril la présidente de cette institution, Ursula von der Leyen, au Parlement européen.
Le commissaire européen au Budget Johannes Hahn, «a parlé aujourd’hui avec les autorités hongroises et les a informées que nous allions maintenant envoyer la lettre de mise en demeure pour activer le mécanisme. Cela déclenche une procédure comportant des échéances précises», a déclaré Ursula von der Leyen, sous les applaudissements des eurodéputés.
(source: lefigaro.fr)
Législatives en Hongrie : Viktor Orbán revendique une quatrième victoire d’affilée
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a revendiqué dans la nuit la victoire de son parti aux législatives organisées dimanche. Les résultats portant sur la quasi-totalité des bulletins donnent en effet plus de 53 % des voix à sa formation souverainiste Fidesz contre près de 35 % pour l’opposition.
L’UE tire les leçons de la nouvelle victoire électorale de Viktor Orban
Les relations devraient rester difficiles entre l’UE et la Hongrie après le nouveau succès électoral du Premier ministre populiste.
Émission spéciale: Filoha Tale Jeneraly – Vondrona SODIAT: Mamy RAVATOMANGA, 01 Avril 2022
Monopole du litchi, bois de rose, bien mal acquis, etc. – Mamy Ravatomanga dit tout sur tout !
Non ce n’est pas un poisson d’avril ! Mamy Ravatomanga, PDG du groupe SODIAT est sorti du silence. Cet opérateur économique renommé mais discret, a choisi la date d’hier, 1er avril, pour s’exprimer au cours d’une interview diffusée sur trois chaînes privées de la Capitale dans la soirée. Une sortie médiatique inédite durant laquelle l’homme d’affaires a abordé tous les sujets épineux dans lesquels son nom a été cité, à tort ou à raison. Des accusations de monopole dans la filière litchi ou encore d’une mainmise sur la filière crabe en passant par les imputations de trafic de bois de rose ainsi que ses relations étroites avec le Président de la République, le numéro un du groupe SODIAT répond à toutes les questions des journalistes sans langue de bois. Fidèle à son statut de grand entrepreneur, il ne manque pas de donner quelques pistes qui peuvent être utiles au développement du milieu de l’entreprenariat à Madagascar.
Eclairages.
D’emblée, Mamy Ravatomanga a tenu à apporter des précisions concernant plusieurs affaires qui font polémique dans le monde politique. Son nom a été notamment cité dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le Parquet National Financier (PNF) de Paris pour soupçon de corruption et de fraude, sur fond de trafic de bois de rose. D’après ses explications, l’enquête a été ouverte suite au témoignage d’une personnalité du pouvoir à l’époque, ayant témoigné contre sa personne. « Mes biens ont été saisis, notamment trois constructions en France que j’avais achetées, sous prétexte que c’étaient les fruits de trafic de bois de rose. On m’a accusé de trafic, durant la Transition, alors que j’avais acheté ces maisons en France en 2008, bien avant la Transition. Mais en 2019, après perquisitions et enquêtes, le PNF a sorti un jugement, ordonnant la levée de saisie de tous mes biens. D’ailleurs, l’auteur dudit témoignage a déclaré en 2020 avoir fait un faux témoignage, en s’excusant par le biais de plusieurs lettres », explique – t – il.
Répondant aux sollicitations sur le cas de l’ex – ministre, Rolly Mercia pour un retrait de plainte dans un souci d’apaisement, Mamy Ravatomanga de déclarer que « Rolly m’a écrit plusieurs fois et personnellement, je n’ai aucun problème avec lui. Seulement, il n’y a plus de plainte à retirer puisque sa condamnation a déjà été prononcée ». Quant au cas de Mbola Rajaonah, l’homme d’affaires affirme ne rien à voir avec l’affaire tout en soulignant que cet opérateur économique a été épinglé par la justice pour infraction douanière.
CNaPs, « Panama Papers » et JIRAMA
Cité dans le fameux scandale lié au « Panama Papers », Mamy Ravatomanga d’expliquer qu’ « il y a des lois qui régissent les sociétés offshores. Certains pays offrent des avantages fiscaux pour attirer des investisseurs étrangers. Toutes les sociétés offshores ne sont pas forcément illégales ». Également pointé du doigt dans le scandale qui a récemment éclaté au sein de la CNaPS et les liens avec l’AFF (« Andry sy Fototra ho an’ny Fampandrosoana ») dirigé par son épouse, cet opérateur économique d’expliquer que l’association de sa femme est totalement transparente. Par ailleurs, la CNaPS fait partie des nombreuses entreprises qui ont répondu favorablement à la demande d’aide de l’AFF. Toujours dans cette logique de transparence, Mamy Ravatomanga de déclarer que « Je suis un entrepreneur Malagasy, je resterai toujours à Madagascar et s’il le faut, je répondrai présent aux enquêtes me concernant, comme je l’ai toujours fait ».
« Ce qui lie Pékin et Moscou, c’est leur priorité stratégique commune : affaiblir un ordre international qu’ils estiment dominé par les Etats-Unis »
La guerre en Ukraine met en lumière une « nouvelle guerre froide », avec d’un côté Américains et Européens, et de l’autre, la Russie de Vladimir Poutine politiquement appuyée par la Chine de Xi Jinping, observe Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.
Chronique
Retour à un univers bipolaire ? La guerre entre la Russie et l’Ukraine conforterait une division du monde en deux camps. Le « collectif occidental », comme on dit à Moscou, s’oppose au duo Vladimir Poutine – Xi Jinping, chefs de file de la famille des autocrates. Avec, au milieu, le club des puissances émergentes qui se refusent à choisir mais, en l’espèce, pencheraient plutôt du côté de Moscou et Pékin.
Il n’est pas sûr que cette géographie des rapports de force sur la planète survive en l’état à la fin de la guerre russo-ukrainienne. Mais, pour le moment, telle est bien la carte géopolitique de ce qu’on appelle « la nouvelle guerre froide » : d’un côté, les alliés atlantiques, Américains et Européens, et, de l’autre, la Russie de Poutine politiquement appuyée par la Chine de Xi. L’agression contre l’Ukraine soude le camp occidental, celui des démocraties libérales, et elle n’ébranle en rien l’amitié sino-russe, socle du groupe des autocraties.
Les deux camps sont tout proches de l’affrontement sur le théâtre européen – plus qu’ils ne l’ont jamais été durant la première guerre froide, ces années de confrontation entre l’URSS et les Etats-Unis. Une bavure, une erreur de tir ou une provocation dans les jours qui viennent, et le conflit entraîne l’OTAN – dont l’Ukraine n’est pas membre – directement dans les combats. Entre Moscou et Washington, la rupture des relations diplomatiques n’est pas loin. En février encore, la hiérarchie militaire russe gardait le contact avec le Pentagone : cela permet d’éviter le pire. Signe inquiétant : depuis quelques jours, le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, et le chef d’état-major, Valéri Guerassimov, ne prendraient plus leurs homologues américains au téléphone.
Peu importe que le propos soit fondé ou non, mais en qualifiant Poutine de « boucher » et de « criminel de guerre », avant de l’exhorter à quitter le pouvoir, Joe Biden a encore accentué la rupture américano-russe. La « nouvelle guerre froide » est aussi dans les mots – même si la fin des combats en Ukraine devra, d’une façon ou d’une autre, passer par un accord entre le Kremlin et la Maison Blanche. Biden conforte tous ceux qui défendent la thèse d’une irréductible hostilité américaine à l’adresse de la Russie. Il a divisé le camp occidental, jusqu’alors uni comme rarement, en amenant l’Allemagne et la France à prendre leurs distances avec un propos qui fleure bon l’époque ou l’Amérique appelait, ici et là, à des « changements de régime ».
Cependant, l’amitié « sans limites » liant les présidents russe et chinois ne se dément pas. La Chine de Xi s’abstient de condamner la guerre de Poutine. Sans un seul couac, la machine de propagande pékinoise reprend l’ensemble de la désinformation concoctée au Kremlin pour justifier l’agression contre l’Ukraine. Xi n’a jamais parlé à Volodymyr Zelensky. La Chine a choisi son camp.