Education
Ambohiniazy, Itasy: Taom-baovao malagasy 2018
Nankalazain’ny mpandala ny nentin-drazana tao amin’ny Ivon’i Madagasikara, antsoina hoe Ambohiniazy, izay toerana nanjakan’Andriambahoakafovoanitany ny faha-17 sy 18 Mars 2018 ny Taom-vaovao malagasy 2018.
Vohipeno: béatification de Ramose Lucien Botovasoa
« Habemus Olontsambatra Lucien Botovasoa ! » (Avril 2018)
Olon-tsambatra malagasy fahatelo izy, taorianan’i Victoire Rasoamanarivo sy Frère Raphaël Louis Rafiringa.
Le Maître Lucien BOTOVASOA (1908 – 1947)
Hira Faneva Olontsambatra Ramose Lucien Lire la suite »
In Homogeneous Japan: Oussouby SACKO, an African-Born University President

KYOTO, Japan — On a beautiful spring Sunday during cherry blossom season, the new president of Kyoto Seika University welcomed students for the start of the Japanese school year. “You have left your home,” he told the 770 first-year and graduate students gathered in a gym on the hilly campus. “But this is also your home.”
Dr. Sacko, a citizen of Japan for 16 years, says he is treated differently because he does not look Japanese. But he distinguished that from racism. “It’s not because you’re black,” he said.
Euthanasie: affaire Vincent Lambert, éthique de fin de vie
Le docteur Vincent Sanchez se prononce pour l’arrêt des soins. La réaction de Maître Triomphe
On l’apprend aujourd’hui. Le CHU de Reims, et plus précisément le docteur Vincent Sanchez, décide l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert « passé un délai de 10 jours ». A cet arrêt serait donc associée une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Cette affaire, dans laquelle les « grands médias » n’ont pas cessé d’ostraciser Viviane Lambert et son époux depuis huit ans, cette affaire connaît donc ici un nouvel épisode. La décision de mettre fin à l’alimentation et à l’hydratation de Vincent a été prise aujourd’hui lundi 9 avril par le Dr Vincent Sanchez, à l’issue d’une procédure collégiale d’environ cinq mois qui a conclu à une « obstination déraisonnable » envers le patient tétraplégique, selon une source proche du dossier. (… lire l’intégralité de l’article >>)
Macron veut « réparer le lien » entre l’Eglise catholique et l’Etat
Discours à la Conférence des évêques de France.
Pour Emmanuel Macron, ce « dialogue est indispensable » car « une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation » tandis « qu’un président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir ». Ce discours d’Emmanuel Macron est inédit car c’est la première fois que l’Église catholique organise un tel événement médiatique.
« J’entends la voix de l’Église. J’entends la place essentielle donnée à la famille dans nos sociétés. Certains principes énoncés par l’Église se confrontent à une réalité complexe et contradictoire. » – Président Emmanuel Macron.
« La laïcité n’a pas pour fonction de déraciner de nos sociétés la spiritualité qui nourrit tant de nos concitoyens. » – Président Emmanuel Macron.
« J’appelle les catholiques à s’engager politiquement. Votre foi est une part d’engagement dont notre politique a besoin. » – Président Emmanuel Macron.
Pendant une heure, lundi soir 9 avril, Emmanuel Macron s’est employé à ravauder les liens en voie de relâchement tissés entre les catholiques et la République. Au terme de son discours, les représentants de l’Eglise catholique réunis au collège des Bernardins, à Paris, ont applaudi un président de la République qui a su mettre des mots sur leurs tourments et leur promettre d’avoir toute leur place dans la vie politique. (… lire sur le journal Le Monde >>)
Lettre Encyclique DOMINUM ET VIVIFICANTEM – Pape Jean-Paul II

Le Saint-Siège
LETTRE ENCYCLIQUE
DOMINUM ET VIVIFICANTEM
DU SOUVERAIN PONTIFE
JEAN-PAUL II
SUR L’ESPRIT SAINT
DANS LA VIE DE L’ÉGLISE ET DU MONDE
Bénédiction
Vénérables Frères, chers Fils et Filles,
Salut et Bénédiction Apostolique!
INTRODUCTION

1. Dans sa foi en l’ Esprit Saint, l’Eglise proclame qu’il «est Seigneur et qu’il donne la vie». C’est ce qu’elle proclame dans le Symbole de la foi, dit de Nicée-Constantinople, du nom des deux Conciles – de Nicée (325) et de Constantinople (381) -, où il fut formulé ou promulgué. Il y est dit aussi que l’Esprit Saint «a parlé par les prophètes».
Ces paroles, l’Eglise les reçoit de la source même de la foi, Jésus Christ. En effet, selon l’Evangile de Jean, l’Esprit Saint nous est donné avec la vie nouvelle, comme Jésus l’annonce et le promet au grand jour de la fête des Tentes: «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi! Selon le mot de l’Ecriture: De son sein couleront des fleuves d’eau vive»1. Et l’évangéliste explique: «Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui»2.
C’est la même comparaison de l’eau que Jésus emploie dans le dialogue avec la Samaritaine, quand il parle de la «source d’eau jaillissant en vie éternelle»3, et dans le dialogue avec Nicodème, quand il annonce la nécessité d’une nouvelle naissance «d’eau et d’Esprit» pour «entrer dans le Royaume de Dieu»4.
Par conséquent, l’Eglise, instruite par la parole du Christ, puisant dans l’expérience de la Pentecôte et dans son histoire apostolique, proclame depuis le début sa foi en l’Esprit Saint, celui qui donne la vie, celui par qui le Dieu un et trine, insondable, se communique aux hommes,
établissant en eux la source de la vie éternelle.
2. Cette foi, professée sans interruption par l’Eglise, doit être sans cesse ravivée et approfondie dans la conscience du Peuple de Dieu. Depuis un siècle, cela a été proposé plusieurs fois: de Léon XIII , qui publia l’Encyclique Divinum illud munus (1897) entièrement consacrée à l’Esprit Saint, jusqu’à Pie XII qui, dans l’Encyclique Mystici Corporis (1943), présentait l’Esprit Saint comme le principe vital de l’Eglise où il est à l’oeuvre en union avec le Chef du Corps Mystique, le
Christ5; et jusqu’au Concile OEcuménique Vatican II qui a fait comprendre qu’une attention renouvelée à la doctrine sur l’Esprit Saint était nécessaire, comme le soulignait Paul VI : « A la christologie et spécialement à l’ecclésiologie du Concile, doivent succéder une étude nouvelle et un culte nouveau de l’Esprit Saint, précisément comme complément indispensable de l’enseignement du Concile»6.
Ainsi, à notre époque, la foi de l’Eglise, la foi ancienne qui demeure et qui est toujours neuve, nous appelle à renouveler notre approche de l’Esprit Saint comme celui qui donne la vie. En cela, nous sommes aidés et encouragés par notre héritage commun avec les Eglises orientales, qui ont conservé jalousement les richesses extraordinaires de l’enseignement des Pères sur l’Esprit Saint. C’est pourquoi on peut dire aussi que l’un des événements ecclésiaux les plus importants de ces
dernières années a été le XVIe centenaire du Premier Concile de Constantinople, célébré simultanément à Constantinople et à Rome en la solennité de la Pentecôte de l’année 1981. Dans la méditation sur le mystère de l’Eglise, l’Esprit Saint est alors mieux apparu comme celui qui ouvre les voies conduisant à l’unité des chrétiens, comme la source suprême de l’unité qui vient de Dieu lui-même et que saint Paul a exprimée particulièrement par les paroles prononcées fréquemment au début de la liturgie eucharistique: «La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous»7.
C’est dans une telle orientation que les précédentes Encycliques Redemptor hominis et Dives in misericordia ont trouvé en quelque sorte un point de départ et une inspiration: elles célèbrent
l’événement de notre salut accompli dans le Fils envoyé par le Père dans le monde «pour que le monde soit sauvé par lui»8 et «que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père»9. A cette même orientation répond aujourd’hui la présente Encyclique sur l’Esprit Saint qui procède du Père et du Fils; avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire: Personne divine, il est au coeur de la foi chrétienne et il est la source et la force
dynamique du renouveau de l’Eglise10. Cette Encyclique découle du plus profond de l’héritage du Concile. En effet, les textes conciliaires, par leur enseignement sur l’Eglise elle-même et sur l’Eglise dans le monde, nous invitent à pénétrer toujours mieux le mystère trinitaire de Dieu, en
suivant la voie évangélique, patristique, liturgique: au Père, par le Christ, dans l’Esprit Saint.
De cette manière, l’Eglise répond aussi à certains désirs profonds qu’elle pense lire dans le coeur des hommes d’aujourd’hui: une découverte nouvelle de Dieu dans sa réalité transcendante d’Esprit infini, tel que Jésus le présente à la Samaritaine; le besoin de l’adorer «en esprit et en
vérité»11; l’espoir de trouver en lui le secret de l’amour et la puissance d’une «création nouvelle»12: oui, vraiment celui qui donne la vie.
L’Eglise se sent appelée à cette mission d’annoncer l’Esprit alors qu’avec la famille humaine, elle arrive au terme du second millénaire après le Christ. Devant un ciel et une terre qui «passent», elle sait bien que «les paroles qui ne passeront point»13 revêtent une éloquence particulière. Ce sont les paroles du Christ sur l’Esprit Saint, source inépuisable de l’«eau jaillissant en vie éternelle»14, vérité et grâce du salut. Elle veut réfléchir sur ces paroles, elle veut rappeler ces paroles aux croyants et à tous les hommes, tandis qu’elle se prépare à célébrer – comme on le
dira en son temps – le grand Jubilé qui marquera le passage du deuxième au troisième millénaire chrétien.
Naturellement, les réflexions qui suivent n’ont pas pour but d’examiner de manière exhaustive la très riche doctrine sur l’Esprit Saint, ni de privilégier telle ou telle solution des questions encore ouvertes. Elles ont comme objectif principal de développer dans l’Eglise la conscience que «l’Esprit Saint la pousse à coopérer à la réalisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier»15.
PREMIÈRE PARTIE – L’ESPRIT DU PERE ET DU FILS DONNE A L’EGLISE
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Mpanjaka merina hatramin’i Andrianjaka
Tamberina sy Tadidy
Documentaire réalisé par Robert Andriantsoa
In Memoriam: Marcellin HARVEL
Nahavita be teo amin’ny sehatry ny Fanabeazana sy ny Fanatanjahantena ary nitondra avo aman-taonany maro ny Fanevam-pirenena tany ampitan-dranomasina Ny Andriana Ramahafadrahona Marcellin HARVEL.

« Nous avons la conviction que les métiers de l’éducation sont de ceux qui investissent sur le futur et le développement. »

A la périphérie de la ville, sur le By Pass, le Lycée Peter Pan occupe son nouveau site scolaire construit depuis 2014 dans la localité d’Imerimanjaka, après une quarantaine d’années d’implantation à Mahamasina, site définitivement fermé.
Pâques – Pentecôte 2018: Gaudete et exsultate
La sainteté en images: exhortation apostolique du Pape François. La sainteté conçue comme un appel universel adressé à tout chrétien, et non pas simplement à une élite.
Soyez dans la joie et l’allégresse (Mt 5, 12)-, est un document d’une quarantaine de pages, divisé en 5 chapitres et 177 paragraphes. D’emblée, le Souverain Pontife précise qu’il ne s’agit nullement d’un traité savant sur la question, mais bien d’un appel à une sainteté simple et joyeuse dans le monde actuel, «avec ses risques, ses défis et ses opportunités».
Jeannot Rasoloarison: « En Mars 1947, les paysans ont lutté pour leur liberté »

Jeannot Rasoloarison est enseignant chercheur au département d’Histoire de l’Université d’Antananarivo. Il est particulièrement spécialisé dans l’Histoire contemporaine malgache. À l’occasion de la commémoration du 29 mars 1947, il apporte quelques éclaircissements sur l’évènement et n’hésite pas à faire tomber des mythes.
Comment définir les évènements du 29 mars 1947 ?
Il s’agit d’une révolte menée par des paysans malgaches de la côte Est. Ils ont voulu, avant tout, se libérer de l’oppression coloniale. Ils étaient, en fait, encadrés par les membres des sociétés secrètes : le « Jina » et le « Panama ».
Des sociétés secrètes ?
Oui. Elles ont été créées durant la Seconde guerre mondiale. Le Jina était basé à Antananarivo et le Panama sur la côte Est, à Toamasina. L’objectif de leurs dirigeants était de lutter par les armes pour obtenir l’indépendance. C’est en vue de l’atteinte de cet objectif qu’ils ont soutenu et encouragé les paysans à se soulever et à « mettre dehors les colonisateurs français », d’après leur expression. D’un côté, nous avons les membres des sociétés secrètes qui ont planifié la révolte sur la côte Est et de l’autre, les véritables acteurs, les paysans, qui se sont soulevés avec les armes à leur disposition. Voilà le point de départ du soulèvement de 1947.
Pourquoi la côte Est ?
Les petits colons, on les appelait aussi les « colons marécageux », habitaient la côte Est. Ils n’avaient pas d’importants moyens financiers pour pouvoir bien mettre en valeur leurs exploitations. Ils ont exploité la force de travail des Malgaches. À l’époque, les Malgaches étaient régis par ce qu’on appelle le Code de l’indigénat où chaque homme âgé de 16 à 60 ans pouvait être mobilisé pour la cause de l’administration coloniale. Les petits colons de la côte Est ont profité de ce système pour fructifier leur gain. Ils se sont enrichis aux dépens des paysans malgaches. Ces derniers n’ont pas accepté cette injustice et c’est en quelque sorte pour se libérer de cette oppression qu’ils ont accepté de prendre les armes.
Les paysans étaient-ils nombreux à se soulever ?
Pour bien comprendre l’importance du mouvement, situons d’abord sa zone géographique. Il y avait d’abord le secteur Nord, situé autour de Moramanga, Toamasina, jusqu’à Fénérive Est. Puis il y avait le secteur Sud : Fianarantsoa, Ambositra, Mananjary et Vohipeno. Dans tous ces secteurs, le soulèvement était majoritairement suivi grâce, notamment, à l’influence des « mpimasy », des guérisseurs traditionnels qui s’occupent en quelque sorte du bien-être des villageois. Comme ils ont une autorité morale sur l’ensemble de la population, tout le monde accepte leurs directives. De ce fait, tous ont pris les armes, y compris les femmes et les enfants.
Les archives concernant cette révolte ont été ouvertes il y a vingt-sept ans, en 1997 précisément. Où peut-on trouver des documents sur cet évènement ?
Aux archives nationales à Tsaralalàna. En France, il y a les archives nationales d’Outre mer à Aix-en-Provence, celles du service historique de la défense à Vincennes dans la région parisienne, et également les archives judiciaires. Mais ces dernières ne sont pas encore ouvertes au public à cause de la règle de prescription de cent ans. Les archives judiciaires concernent des affaires personnelles avant tout. Or, la règle de prescription stipule que lorsqu’une affaire touche un individu, la règle de cent ans s’applique. En France, seules les archives concernant l’administration civile ainsi que celles militaires ont été mises à la disposition du public.
L’ouverture de ces archives ont-elles permis de faire avancer les recherches ?
Absolument. Grâce aux documents retrouvés dans les archives militaires à Vincennes, par exemple, nous pouvons avoir une idée sur le déroulement des combats entre les insurgés et les forces militaires françaises. C’est également grâce à elles que nous avons pu démystifier des faits relatifs à quelques épisodes de l’insurrection. Par exemple, dans la région du Fisakàna, on avait toujours cru que le fameux chef Pelimaitso, invincible grâce à ses amulettes, a été tué parce que des traitres avaient livré les secrets de leurs interdits à l’ennemi. Or, les archives militaires stipulent qu’il a été tué au combat par une grenade.
Des mythes se sont donc effondrés …
En quelque sorte, mais c’est également grâce à ces archives militaires françaises que l’on a pu constater le rôle important dans l’insurrection, des tirailleurs malgaches, qui ont combattu pendant la Seconde guerre mondiale en France. Ce sont eux qui ont encadré les paysans et les ont surtout encouragés à poursuivre la lutte. Ces gens étaient témoins de la défaite de la France face à l’Allemagne nazie. Ils se sont alors dit que si l’armée française a pu être un temps battue par l’Allemagne nazie, la victoire pouvait donc être possible à Madagascar.
Est-ce que la France participe à une meilleure connaissance de cet évènement ? et puis surtout, a-t-elle admis sa responsabilité par rapport au 29 mars 1947 ?
Au début des années 2000, des chercheurs français comme Jean Fremigacci ont commencé à dire dans leurs écrits que les forces militaires françaises ont commis des atrocités dans la répression du soulèvement. C’est à partir de là que des responsables étatiques français, comme le président Jacques Chirac, ont commencé à admettre la responsabilité de la France dans cet épisode douloureux de l’Histoire commune des deux pays. Et justement, pour faire la lumière sur ces évènements de 1947, le ministère de la Culture français facilite le travail des chercheurs en permettant l’accès aux archives qui sont encore frappées de non communicabilité. Il y a, en effet, encore des documents qui ne peuvent être ouverts qu’en 2020 ou en 2030. On fournit aux chercheurs des dérogations pour qu’ils puissent avancer dans leurs travaux.
Les chercheurs malgaches s’intéressent-ils à ce pan important de l’Histoire ?
La réponse est oui. Vous avez des travaux qui ont été menés par les historiens, les enseignants-chercheurs de l’Université d’Antananarivo, ainsi que ceux de Toamasina. Des étudiants ont également effectué des travaux de recherche du niveau master ou doctorat. Et l’on peut retenir de ces travaux que ce sont avant tout des Malgaches qui ont élaboré cette lutte. C’est seulement après qu’il y a eu une infiltration de la Sûreté générale de l’administration coloniale dans les bureaux des sociétés secrètes. C’est grâce à ce qu’on appellerait aujourd’hui dans le langage de l’espionnage, les agents doubles que l’administration coloniale a pu connaître l’organisation mise en place pour le déclenchement de l’insurrection et a conduit à son échec.
Qui sont ces chercheurs ? Vous-même, vous êtes-vous intéressé à la question ?
Oui, parce que je me suis spécialisé dans l’Histoire économique et sociale et dans l’Histoire politique de Madagascar pendant la colonisation. Ce sont, en fait, surtout les chercheurs qui s’intéressent à l’Histoire politique qui ont orienté leurs recherches sur la question. Mais je voudrais parler, si vous me le permettez, du problème de la vulgarisation. J’ai cité tout à l’heure le nom d’un collègue, Jean Fremigacci. Il avait sorti plusieurs publications sur l’insurrection de 1947 dans la revue Tsingy, éditée et publiée à La Réunion. La revue est disponible à Madagascar mais ce sont les Malgaches eux-mêmes qui ne sont pas intéressés par la lecture de ces travaux. En 2005, nous avions également sorti un ouvrage sur l’insurrection de 1947, qui a vu la participation de chercheurs malgaches et français.
Pourquoi n’avons-nous essentiellement qu’une vision historique politique de l’insurrection de 1947 ?
Parce que ce sont d’abord les histoires politiques qui sont traitées autour de 1947. Mais tout récemment, une collègue, Milson Sylvie Rasoanandrasana, a commencé à s’intéresser à la dimension culturelle de cette insurrection. J’ai moi-même participé à l’encadrement de cette thèse. Elle a bien mis en évidence le rôle, l’influence des «mpimasy» dans le mouvement. Ce sont, par exemple, eux qui ont servi de relais aux actions de l’état-major politique du MDRM, le parti politique malgache qui a réclamé l’indépendance en 1946 et 1947. Les «mpimasy», avec les tirailleurs, étaient chargés de transmettre à la base, les paysans, cette volonté d’indépendance.
Quel est l’héritage du 29 mars 1947 ? Qu’est-ce que cet évènement a apporté à notre mémoire collective ?
Des collègues du département d’Histoire avaient effectué des enquêtes sur la perception des Malgaches des évènements de 1947. Et malheureusement, il s’est avéré que pour les citadins, surtout aujourd’hui, le 29 mars 1947 se résume au jour férié. Ceux qui ont un peu de connaissance pensent que le 29 mars 1947 est une lutte menée par le MDRM pour la libération nationale. Or ceux qui ont véritablement combattu en 1947 ont montré de l’héroïsme. Ils n’ont pas eu peur de la mort pour recouvrer leur propre liberté. Et c’est cette idée de combat pour la liberté, pour un idéal, qui manque aujourd’hui.
Pourquoi cet idéal n’a-t-il pas pu survivre jusqu’à notre époque ?
Simplement parce que ceux qui ont détenu le pouvoir depuis 1960 n’ont pas un lien véritable avec cette lutte de 1947. L’indépendance de Madagascar en 1960 était, comme on dit, une indépendance octroyée. La France n’a plus voulu supporter les coûts de la colonisation. Les Français ont ainsi donné le pouvoir à des personnes en qui ils avaient confiance. Ces personnes sont les descendants, ou ont milité dans les rangs du Padesm, ou le Parti des déshérités de Madagascar. Il a été présenté comme étant l’adversaire du MDRM puisqu’il a voulu seulement l’émancipation de Madagascar et non pas son indépendance proprement dite vis-à-vis de la France. Ils n’ont donc pas eu d’intérêt à faire revivre la mémoire du mouvement.
Mais a-t-on au moins eu le désir de faire revivre cet idéal ?
Lorsque le président Philibert Tsiranana a institué en 1967 la première commémoration, il avait pour objectif de réconcilier les Malgaches entre eux. Puisqu’il y avait eu ceux qui étaient pour cette lutte et ceux qui étaient contre. Au temps de la Deuxième République, on avait essayé de faire revivre cette lutte en préconisant la révolution des mentalités à travers la révolution nationale démocratique du Président Didier Ratsiraka mais cela n’a pas non plus pu passer. Dans son autobiographie, l’amiral avait lui-même reconnu que les gens n’étaient pas prêts à changer de mentalité. Après, il y a eu le retour de ce que l’on appelle les héritiers du Pedesm au pouvoir et l’idéal n’a pas pu être transmis.
Pourtant depuis 1972, des « grèves », des manifestations, qualifiées parfois de cycliques (1991, 2002, 2009), ont été tenues sur la fameuse place du 13-mai de la capitale. Est-ce que, quelque part, il y a quelque chose du 29 mars 1947 dans ces grèves ?
Non. À proprement parler, non. Pour la simple et bonne raison que depuis 1972, les différentes grèves ont été organisées par les personnes qui ont lutté pour le pouvoir. Ceux qui ont organisé le mouvement de 1972 ont voulu remplacer les Français au pouvoir. Ils faisaient partie de l’opposition. Le même état d’esprit a continué en 1991, en 2002 et en 2009. La cause de la liberté a été sans doute secondaire pour eux car leur principal objectif était d’évincer du pouvoir un groupe et de prendre sa place. En mars 1947, les paysans ont lutté pour leur liberté.
« Malheureusement, il s’est avéré que pour les citadins, surtout aujourd’hui, le 29 mars 1947 se résume au jour férié »
