îles éparses

Norbert Lala Ratsirahonana: Hanohana an’i Andry Rajoelina ny AVI

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Norbert Lala Ratsirahonana, considéré comme l’un des dinosaures politiques malgaches, n’est pas seulement sorti de son silence, il est surtout sorti de l’ombre avec le parti Asa vita no ifampitsarana (AVI) son propre parti politique. Samedi dernier, cet ancien président de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et non moins ancien ambassadeur itinérant du président Ravalomanana, a annoncé son soutien inconditionnel à l’ex- président de la transition, Andry Rajoelina, à la présidentielle du 7 novembre 2018.

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Comprendre les tensions entre les Comores et la France sur Mayotte

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Aux yeux de nombreux Comoriens et de Français, la situation de Mayotte est une aberration. Cette île est un département français depuis 2011. Mais Mayotte fait historiquement partie d’un archipel plus grand composé de trois autres îles : Anjouan, Moheli et Grande Comore.

Le 22 décembre 1974, à l’occasion d’une consultation d’autodétermination des Comores, les habitants d’Anjouan, de Moheli et Grand Comore votent à plus de 95%  pour l’indépendance. Seuls les habitants de Mayotte votent largement (64%) pour le maintien au sein de la République française. La France décide alors de prendre en compte les résultats île par île, et ce, en violation du droit international. L’ONU avait d’ailleurs mis en garde la France dans une résolution adoptée par l’Assemblée Générale quelques jours avant le scrutin.

 

Sommet du BRICS en Afrique du Sud

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L’Afrique était à l’honneur lors du dernier jour du sommet des BRICS à Johannesburg, samedi 28 juillet. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a invité de nombreux chefs d’État du continent à participer au forum BRICS-Afrique qui a pour ambition d’intégrer les organisations régionales africaines aux nations des BRICS. Ce sont plus d’une quinzaine de chefs d’états africains qui ont fait le déplacement, principalement pour des rencontres bilatérales avec les puissances émergentes.

En tant que seul chef d’état africain membre des BRICS – qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud -, Cyril Ramaphosa s’est fait un devoir d’inviter le continent à la table des cinq puissances émergentes. « Nous avons senti le besoin d’être représentatif de l’Afrique au sein des BRICS. Et nous avons utilisé notre participation comme un levier pour pouvoir défendre le développement et le progrès en Afrique. »

1944: La face cachée de la Libération de la France

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Pierre Lescure, avec la collaboration de l’historien Olivier Wieviorka relate l’un des épisodes cruciaux de l’histoire de France : la Libération, en 1944. Les témoignages d’anciens résistants, de protagonistes et de témoins de cette période, illustrent cette évocation des petites histoires qui ont fait la grande, notamment celle du plan Drouot-Lhermine, à Gap, de Pierre Héraud, héros local de la résistance, ou encore de Madeleine Riffaud, alors jeune lycéenne et chef de file d’un petit groupe de résistants à Paris.

Arlette Ramaroson – FPRM: candidate à l’élection présidentielle

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Juge à Madagascar durant 25 ans et juge international durant 15 ans, Arlette Ramaroson est candidate à la prochaine élection présidentielle au nom du Front patriotique pour la reconstruction de Madagascar (FPRM). Un de ses alliés, en l’occurrence le Cercle de réflexion pour l’avenir de Madagascar (CRAM), présidé par Marie René Joël Harison, a décidé de lui retirer son soutien. Il tient des propos assez durs à l’endroit de la candidate (cf. notre édition de vendredi). Dans une interview exclusive, celle-ci met les points sur les « i ».

La Vérité (+) : Quelle était votre réaction à la lecture de l’article paru dans le journal qui a rapporté la dissidence entre le FPRM et le CRAM ?

Arlette Ramaroson (=) : Mes amis magistrats, les connaissances et les proches m’ont appelée. Ils m’ont exhortée à me défendre car c’est de la diffamation pure et simple. J’y ai prêté attention même si j’ai prévu de ne rien faire. Ses allégations sont de trop. Rien de ses propos n’est fondé. La nouvelle a attristé mon enfant à l’étranger. Elle m’a demandée de la démentir.

+ : Qu’en est-il effectivement de votre vision politique ?

= : Elle est axée sur la refondation et la reconstruction de Madagascar. Il (ndlr : président du CRAM) a dit que nous l’avons copiée sur la sienne. Je lui ai déjà dit à maintes reprises que nous ôterions de la nôtre ce qui lui appartient.

+ : Voulez-vous alors expliciter les origines de la discorde entre le FPRM et le CRAM ?

= : Nous avons fait chemin ensemble depuis quelque temps. Mais on a constaté un changement dans son attitude. Il aurait peut-être trouvé quelque chose d’autre ailleurs. Puis, il a commencé à se tenir à l’écart petit à petit. Pourtant, nous avons tout envisagé en vue de la propagande. Le FPRM s’en tiendra pour toujours à son programme. C’est de refonder le pays, de reconstruire un nouveau Madagascar et de bien tracer la voie à suivre pour y parvenir. Ma profonde conviction est que je faisais partie de ceux ayant œuvré pour la restauration de l’Etat de droit au Rwanda. J’y tiens beaucoup de telle sorte que j’ai décidé de faire autant pour notre pays. C’est facile d’y arriver. Notre pays a d’énormes richesses contrairement au Rwanda. Le plan consiste à contrôler les ressources et à mettre en œuvre la politique d’austérité. Les richesses appartiennent au peuple, selon la loi internationale. Il reste souverain. Il décide avec l’Etat qui doit s’abstenir de décider de leur exploitation au profit des gouvernants. Nous avons convenu de restituer aux gens ce dont ils ont été spoliés. Chaque région doit profiter des atouts existant dans l’ensemble de son territoire. J’insiste aussi sur la décentralisation effective. J’ai dit tout cela et non lui.

+ : Quand est-ce que vous avez mis au point cette vision ?

= : L’Association Nosy Malagasy (ANM) en était le point de départ. Je suis rentrée au pays en 2016. Dans le cadre de l’ANM, je suis au courant des lois et résolutions des Nations unies se rapportant aux îles éparses. Je savais que Marie René Joël Harison a travaillé un peu sur le même sujet. Je lui ai alors proposé une collaboration. Tout a bien marché. La réaction des Français s’est aussi améliorée. Je disais avec diplomatie au président Emmanuel Macron que la France « commet un crime contre l’humanité » si elle refuse de nous restituer nos îles. Je me suis levée pour aller faire un discours au sommet des Nations unies à New York en 2016. Mais on m’a empêchée d’y procéder. J’ai renouvelé la démarche en 2017. Les deux présidents se sont déjà parlé entre-temps. Notre président a effectivement dit que ces îles sont bien malagasy. Il a évoqué le mode de cogestion. En réponse, je lui disais qu’il n’est pas le propriétaire de ces îles et moi non plus. Je lui ai proposé de demander l’avis de leur vrai propriétaire : le peuple malagasy. Autrement, lui et moi n’avons aucunement le droit d’y toucher. Puis, le secrétaire d’Etat à la mer m’a informée de l’accord du président et d’un voyage à New York. Mais le président n’a rien dit une fois rentré au pays. Ils auraient préparé quelque chose en catimini. En revanche, nous avons préconisé d’intégrer la commission à mettre en place à ce propos. L’idée de refondation s’est consolidée en prévision de toute éventualité, d’où la vision. Son esprit est de se concerter avec le peuple aux fins de lui restituer le patrimoine de Madagascar. La naissance du FPRM s’y appuie.

+ : Voulez-vous en dire plus ?

= : Notre vision est en cours de révision maintenant. J’ai mené la guerre contre la corruption au Rwanda. Nous y parviendrons chez nous quelles que soient les embûches. Dieu est avec nous. J’aime mon peuple et, avec l’aide Dieu, nous nous en sortirons. Je ne comprends pas pourquoi il nous a accusés d’être à la solde des Indopakistanais et des Chinois qui auraient financé nos activités. Je ne connais aucun Indopakistanais ni Chinois. Par contre, je suis prête à m’investir pour sauver mon pays par tous les moyens. Notre problème n’est pas de déclarer la guerre à notre dénigreur. Nous ne le ferons jamais. En revanche, sa diffamation est constituée. Mais je ne l’attaquerai pas quels que soient ses propos.

+ : Quelle est alors la raison véritable de votre mésentente ?

= : Il persiste à dire que nous avons dévié du droit chemin, ce qui est complètement faux.

+ : Il a bien explicité dans son communiqué des particularismes familiaux…

= : Cela n’a jamais existé. De quoi s’agit-il exactement s’il y en a eu réellement ?

+ : A-t-il été justement éjecté de l’ANM ?

= : Il ment. Vous le verrez bientôt. Je ne peux pas dire du mal de lui. Mais Dieu vous montrera ce qu’il en est effectivement de son intention. Il est déjà parti ailleurs. Il n’y a eu aucun désaccord entre nous. C’est lui qui a décidé de retirer le soutien du CRAM au FPRM. Cela ne nous fait rien. Plusieurs entités forment le Front. Au contraire, nous sommes soulagés de son départ. L’avenir nous dira quels sont ses véritables objectifs. Je demande au peuple malgache d’être courageux et de nous donner la main parce qu’ensemble nous réussirons.

Les principaux organisateurs du Symposium National pour la Restitution des Iles Malagasy (Iles Eparses) – Mr M. R.  Joël Harison du CRAM à l’extrême gauche (Crédit: nosymalagasy).

+ : Les vôtres ne sont-ils vraiment pas la chaise, l’argent et l’honneur dont il a été question dans l’article ?

= : J’ai eu la chaise et l’honneur durant 15 ans. Personne à Madagascar ne connaissait qu’une Malagasy était juge internationale. Les gens connaissaient seulement Raymond Ranjeva et Honoré Rakotomanana. Ce dernier y était durant trois ans. L’article 12 du statut du Tribunal international pour le Rwanda (TIP-R) dit que le juge est une personne de haute moralité, impartialité et intégrité. J’ai été réélue deux fois par le vote de 105 pays de l’Assemblée générale des Nations unies. Mon mandat a été renouvelé trois fois, au total 15 ans. J’étais élue à l’unanimité des juges internationaux vice-présidente du TIP-R. Mais je ne me montrais jamais. On m’a encore proposé un autre poste encore plus honorable. J’ai refusé l’offre. Mes enfants m’ont reprochée à ce propos. C’était de l’argent perdu à leurs yeux. J’ai préféré rentrer chez moi avec la ferme conviction de pouvoir me consacrer à mon pays. Mes compatriotes sont dans la misère. Les diffamations de monsieur Joël Harison et de ceux qui pourraient être avec lui ne m’empêcheront jamais d’avancer pour sauver mon pays. La lutte doit réussir pour moi (ndlr : phrase prononcée avec emphase).

(source: laverite.mg)

En Afrique, la RDC fait trembler les géants miniers

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La réforme du code minier lancée par la République démocratique du Congo (RDC) est observée avec attention par les groupes de matières premières mais aussi par les pays voisins.

Dans l’esprit de la réforme minière venue de République démocratique du Congo (RDC), il flotte un petit parfum de nationalisme économique. L’idée de base : augmenter les royalties (redevances) payées par les opérateurs du secteur extractif. Fixé jusqu’ici à 2 %, le taux de cette redevance devrait prochainement monter à 10 % pour les minerais « stratégiques », (dont la liste reste à déterminer) et à 3,5 % pour les ressources dites « classiques » (tous les autres). Une taxe sur les « super bénéfices » semble pour l’heure difficilement applicable, et suscite bien moins de craintes que le relèvement de la taxation. Selon des sources congolaises, le cobalt (plus de la moitié de la production mondiale), mais aussi le coltan devraient être classés dans la catégorie « stratégiques » et donc voir leurs royalties multipliées par cinq.

Et ce n’est pas tout. Au Mining Indaba – la grand-messe annuelle du secteur minier africain – qui se tenait au Cap, en Afrique du Sud, début février, le ministre congolais des mines, Martin Kabwelulu, avait promis lors d’un dîner, un « feu de brousse » dans le secteur, selon une source présente. Albert Yuma, le patron de la société nationale minière, la Gécamines, prépare pour le second semestre 2018 une nouvelle salve de réformes avec un passage en revue des accords qui permettent aux compagnies minières étrangères d’opérer. « Les concessions [minières] avaient été vendues à vil prix », estime John Kanyoni, vice-président de la chambre des mines au sein de la FEC (Fédération des entreprises du Congo), qui voit à présent émerger « une forme de nationalisme fiscal ».

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Jeannot Rasoloarison: « En Mars 1947, les paysans ont lutté pour leur liberté »

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Le Professeur Jeannot Raloloarison, Histoirien. (photo: l’Express de Madagascar)

Jeannot Rasoloarison est enseignant chercheur au département d’Histoire de l’Université d’Antananarivo. Il est particulièrement spécialisé dans l’Histoire contemporaine malgache. À l’occasion de la commémoration du 29 mars 1947, il apporte quelques éclaircissements sur l’évènement et n’hésite pas à faire tomber des mythes.

Comment définir les évènements du 29 mars 1947 ?

Il s’agit d’une révolte menée par des paysans malgaches de la côte Est. Ils ont voulu, avant tout, se libérer de l’oppression coloniale. Ils étaient, en fait, encadrés par les membres des sociétés secrètes : le « Jina » et le « Panama ».

Des sociétés secrètes ?
Oui. Elles ont été créées durant la Seconde guerre mondiale. Le Jina était basé à Antananarivo et le Panama sur la côte Est, à Toamasina. L’objectif de leurs dirigeants était de lutter par les armes pour obtenir l’indépendance. C’est en vue de l’atteinte de cet objectif qu’ils ont soutenu et encouragé les paysans à se soulever et à « mettre dehors les colonisateurs français », d’après leur expression. D’un côté, nous avons les membres des sociétés secrètes qui ont planifié la révolte sur la côte Est et de l’autre, les véritables acteurs, les paysans, qui se sont soulevés avec les armes à leur disposition. Voilà le point de départ du soulèvement de 1947.

Pourquoi la côte Est ?
Les petits colons, on les appelait aussi les « colons marécageux », habitaient la côte Est. Ils n’avaient pas d’importants moyens financiers pour pouvoir bien mettre en valeur leurs exploitations. Ils ont exploité la force de travail des Malgaches. À l’époque, les Malgaches étaient régis par ce qu’on appelle le Code de l’indigénat où chaque homme âgé de 16 à 60 ans pouvait être mobilisé pour la cause de l’administration coloniale. Les petits colons de la côte Est ont profité de ce système pour fructifier leur gain. Ils se sont enrichis aux dépens des paysans malgaches. Ces derniers n’ont pas accepté cette injustice et c’est en quelque sorte pour se libérer de cette oppression qu’ils ont accepté de prendre les armes.

Les paysans étaient-ils nombreux à se soulever ?
Pour bien comprendre l’importance du mouvement, situons d’abord sa zone géographique. Il y avait d’abord le secteur Nord, situé autour de Moramanga, Toamasina, jusqu’à Fénérive Est. Puis il y avait le secteur Sud : Fianarantsoa, Ambositra, Mananjary et Vohipeno. Dans tous ces secteurs, le soulèvement était majoritairement suivi grâce, notamment, à l’influence des « mpimasy », des guérisseurs traditionnels qui s’occupent en quelque sorte du bien-être des villageois. Comme ils ont une autorité morale sur l’ensemble de la population, tout le monde accepte leurs directives. De ce fait, tous ont pris les armes, y compris les femmes et les enfants.

Les archives concernant cette révolte ont été ouvertes il y a vingt-sept ans, en 1997 précisément. Où peut-on trouver des documents sur cet évènement ?
Aux archives nationales à Tsaralalàna. En France, il y a les archives nationales d’Outre mer à Aix-en-Provence, celles du service historique de la défense à Vincennes dans la région parisienne, et également les archives judiciaires. Mais ces dernières ne sont pas encore ouvertes au public à cause de la règle de prescription de cent ans. Les archives judiciaires concernent des affaires personnelles avant tout. Or, la règle de prescription stipule que lorsqu’une affaire touche un individu, la règle de cent ans s’applique. En France, seules les archives concernant l’administration civile ainsi que celles militaires ont été mises à la disposition du public.

L’ouverture de ces archives ont-elles permis de faire avancer les recherches ?
Absolument. Grâce aux documents retrouvés dans les archives militaires à Vincennes, par exemple, nous pouvons avoir une idée sur le déroulement des combats entre les insurgés et les forces militaires françaises. C’est également grâce à elles que nous avons pu démystifier des faits relatifs à quelques épisodes de l’insurrection. Par exemple, dans la région du Fisakàna, on avait toujours cru que le fameux chef Pelimaitso, invincible grâce à ses amulettes, a été tué parce que des traitres avaient livré les secrets de leurs interdits à l’ennemi. Or, les archives militaires stipulent qu’il a été tué au combat par une grenade.

Des mythes se sont donc effondrés …
En quelque sorte, mais c’est également grâce à ces archives militaires françaises que l’on a pu constater le rôle important dans l’insurrection, des tirailleurs malgaches, qui ont combattu pendant la Seconde guerre mondiale en France. Ce sont eux qui ont encadré les paysans et les ont surtout encouragés à poursuivre la lutte. Ces gens étaient témoins de la défaite de la France face à l’Allemagne nazie. Ils se sont alors dit que si l’armée française a pu être un temps battue par l’Allemagne nazie, la victoire pouvait donc être possible à Madagascar.

Est-ce que la France participe à une meilleure connaissance de cet évènement ? et puis surtout, a-t-elle admis sa responsabilité par rapport au 29 mars 1947 ?
Au début des années 2000, des chercheurs français comme Jean Fremigacci ont commencé à dire dans leurs écrits que les forces militaires françaises ont commis des atrocités dans la répression du soulèvement. C’est à partir de là que des responsables étatiques français, comme le président Jacques Chirac, ont commencé à admettre la responsabilité de la France dans cet épisode douloureux de l’Histoire commune des deux pays. Et justement, pour faire la lumière sur ces évènements de 1947, le ministère de la Culture français facilite le travail des chercheurs en permettant l’accès aux archives qui sont encore frappées de non communicabilité. Il y a, en effet, encore des documents qui ne peuvent être ouverts qu’en 2020 ou en 2030. On fournit aux chercheurs des dérogations pour qu’ils puissent avancer dans leurs travaux.

Les chercheurs malgaches s’intéressent-ils à ce pan important de l’Histoire ?
La réponse est oui. Vous avez des travaux qui ont été menés par les historiens, les enseignants-chercheurs de l’Université d’Antananarivo, ainsi que ceux de Toamasina. Des étudiants ont également effectué des travaux de recherche du niveau master ou doctorat. Et l’on peut retenir de ces travaux que ce sont avant tout des Malgaches qui ont élaboré cette lutte. C’est seulement après qu’il y a eu une infiltration de la Sûreté générale de l’administration coloniale dans les bureaux des sociétés secrètes. C’est grâce à ce qu’on appellerait aujourd’hui dans le langage de l’espionnage, les agents doubles que l’administration coloniale a pu connaître l’organisation mise en place pour le déclenchement de l’insurrection et a conduit à son échec.

Qui sont ces chercheurs ? Vous-même, vous êtes-vous intéressé à la question ?
Oui, parce que je me suis spécialisé dans l’Histoire économique et sociale et dans l’Histoire politique de Madagascar pendant la colonisation. Ce sont, en fait, surtout les chercheurs qui s’intéressent à l’Histoire politique qui ont orienté leurs recherches sur la question. Mais je voudrais parler, si vous me le permettez, du problème de la vulgarisation. J’ai cité tout à l’heure le nom d’un collègue, Jean Fremigacci. Il avait sorti plusieurs publications sur l’insurrection de 1947 dans la revue Tsingy, éditée et publiée à La Réunion. La revue est disponible à Madagascar mais ce sont les Malgaches eux-mêmes qui ne sont pas intéressés par la lecture de ces travaux. En 2005, nous avions également sorti un ouvrage sur l’insurrection de 1947, qui a vu la participation de chercheurs malgaches et français.

Pourquoi n’avons-nous essentiellement qu’une vision historique politique de l’insurrection de 1947 ?
Parce que ce sont d’abord les histoires politiques qui sont traitées autour de 1947. Mais tout récemment, une collègue, Milson Sylvie Rasoanandrasana, a commencé à s’intéresser à la dimension culturelle de cette insurrection. J’ai moi-même participé à l’encadrement de cette thèse. Elle a bien mis en évidence le rôle, l’influence des «mpimasy» dans le mouvement. Ce sont, par exemple, eux qui ont servi de relais aux actions de l’état-major politique du MDRM, le parti politique malgache qui a réclamé l’indépendance en 1946 et 1947. Les «mpimasy», avec les tirailleurs, étaient chargés de transmettre à la base, les paysans, cette volonté d’indépendance.

Quel est l’héritage du 29 mars 1947 ? Qu’est-ce que cet évènement a apporté à notre mémoire collective ?
Des collègues du département d’Histoire avaient effectué des enquêtes sur la perception des Malgaches des évènements de 1947. Et malheureusement, il s’est avéré que pour les citadins, surtout aujourd’hui, le 29 mars 1947 se résume au jour férié. Ceux qui ont un peu de connaissance pensent que le 29 mars 1947 est une lutte menée par le MDRM pour la libération nationale. Or ceux qui ont véritablement combattu en 1947 ont montré de l’héroïsme. Ils n’ont pas eu peur de la mort pour recouvrer leur propre liberté. Et c’est cette idée de combat pour la liberté, pour un idéal, qui manque aujourd’hui.

Pourquoi cet idéal n’a-t-il pas pu survivre jusqu’à notre époque ?
Simplement parce que ceux qui ont détenu le pouvoir depuis 1960 n’ont pas un lien véritable avec cette lutte de 1947. L’indépendance de Madagascar en 1960 était, comme on dit, une indépendance octroyée. La France n’a plus voulu supporter les coûts de la colonisation. Les Français ont ainsi donné le pouvoir à des personnes en qui ils avaient confiance. Ces personnes sont les descendants, ou ont milité dans les rangs du Padesm, ou le Parti des déshérités de Madagascar. Il a été présenté comme étant l’adversaire du MDRM puisqu’il a voulu seulement l’émancipation de Madagascar et non pas son indépendance proprement dite vis-à-vis de la France. Ils n’ont donc pas eu d’intérêt à faire revivre la mémoire du mouvement.

Mais a-t-on au moins eu le désir de faire revivre cet idéal ?
Lorsque le président Philibert Tsiranana a institué en 1967 la première commémoration, il avait pour objectif de réconcilier les Malgaches entre eux. Puisqu’il y avait eu ceux qui étaient pour cette lutte et ceux qui étaient contre. Au temps de la Deuxième République, on avait essayé de faire revivre cette lutte en préconisant la révolution des mentalités à travers la révolution nationale démocratique du Président Didier Ratsiraka mais cela n’a pas non plus pu passer. Dans son autobiographie, l’amiral avait lui-même reconnu que les gens n’étaient pas prêts à changer de mentalité. Après, il y a eu le retour de ce que l’on appelle les héritiers du Pedesm au pouvoir et l’idéal n’a pas pu être transmis.

Pourtant depuis 1972, des « grèves », des manifestations, qualifiées parfois de cycliques (1991, 2002, 2009), ont été tenues sur la fameuse place du 13-mai de la capitale. Est-ce que, quelque part, il y a quelque chose du 29 mars 1947 dans ces grèves ?
Non. À proprement parler, non. Pour la simple et bonne raison que depuis 1972, les différentes grèves ont été organisées par les personnes qui ont lutté pour le pouvoir. Ceux qui ont organisé le mouvement de 1972 ont voulu remplacer les Français au pouvoir. Ils faisaient partie de l’opposition. Le même état d’esprit a continué en 1991, en 2002 et en 2009. La cause de la liberté a été sans doute secondaire pour eux car leur principal objectif était d’évincer du pouvoir un groupe et de prendre sa place. En mars 1947, les paysans ont lutté pour leur liberté.

« Malheureusement, il s’est avéré que pour les citadins, surtout aujourd’hui, le 29 mars 1947 se résume au jour férié »

Propos recueillis par Rondro Ramamonjisoa

Iles Eparses : Poursuite du dialogue entre la France et Madagascar

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 Quelque peu éclipsée derrière des affaires plus impérieuses, l’affaire «Iles éparses» revient actuellement sur le tapis. La visite d’une personnalité française dans notre pays est une occasion de relancer le sujet.

Jean Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat auprès de l’Europe et des Affaires étrangères.

Les relations entre la France et Madagascar n’ont pas régressé, au contraire, elles se sont renforcées. La visite en terre malagasy de Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères françaises a été axée sur ce renforcement. Le sujet de l’intégrité territoriale a été évoqué par les journalistes, présents au ministère des Affaires Etrangères d’Anosy où ce membre du gouvernement français a annoncé l’évolution de la situation des Îles Eparses. « Le dialogue », c’est le terme qui a été martelé par Jean-Baptiste Lemoyne à cette occasion. En effet, les deux pays maintiennent le dialogue au sujet de ce dossier qu’il a qualifié de sensible. « Des techniciens des deux pays vont travailler sur ce dossier sur des sujets complexes. Place maintenant au travail » a souligné le Secrétaire d’Etat. Celui-ci a rappelé que les deux Chefs d’Etat, malgache et français, ont tous deux affiché leur volonté de poursuivre le dialogue autour de ce dossier au mois de Juin prochain à Paris.

(source: Ma-Laza)

Les clans nobles Antakarana

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Le roi Antakarana Issa Tsimiharo III (crédit: FB Fanjakana Avaratra)

 

LES CLANS NOBLES ANTANKARANA.

I – KOZOBE , premier prince Sakalava Zafinifotsy , s’est établi dans le nord après avoir été vaincu et chassé par une tribu Zafimbolamena ( Sakalava de Boéni ). Il demeurait à Mangabe ( bas Sambirano ) avec sa famille et devint roi Zafinifotsy de Nosy – Komba et de Nosy-Be vers l’an 1609 ; il mourut en 1639 et fut inhumé à Antagnianaomby ( Nosy-Komba ). Kozobe eut sept enfants et ce sont les cinq qui formèrent les clans nobles ci-dessous :

1° – SOANAOMBY ,sa première fille , habitait à Ramena ( Haut Sambirano ) ; sa descendance forme le clan Anti-Ramena , c’est-à-dire habitant de Ramena.
2° – ANDRIAMAHITSO , qui lui succéda sur le trône , fonda son royaume à Nosy-Be à Ambohimalaza ( Antafondro actuel ) ; il mourut vers 1689 et fut inhumé à Andokobe ( Lokobe ) à Nosy-Be. Sa descendance forme le clan des Antinosy , c’est-à-dire : Les Insulaires ; qui comprennent :
A – Andriamanampela qui lui succéda comme roi ; Andriamanampela a formé le clan Antinosy-Ambatoloho , c’est-à-dire habitant à Ambatoloho , près de Bobasatrana ( Ambilobe ) ; il fut tué par les Sakalava à Bejofo ( Sambirano ) en 1682.
B – Samarimbazaha , fille du roi Andriamahitso , sa descendance forme :
Ba ) – Le clan de Antinosy-Befotaka ( son fils Ndranivoho habitait à Befotaka )
Bb ) – Le clan de Antinosy-Analalava ( sa fille Mpisofetaka donna naissance aux clans Antinosy-Analalava et Irohono )
3° – MITIVALANA , troisième enfant du roi Kozobe ; sa descendance comprend les Antinosy-Maharana , c’est-à-dire habitants de Maharana ( district de Vohémar )
4° – SOALANDY , cinquième enfant du roi Kozobe ; sa descendance forme le clan Antandrona
5° – VAVIHELY , sixième enfant du roi Kozobe ; sa descendance forme le clan Anti-Mahatera , c’est-à-dire habitants de Mahatera ( Sambirano ) , district d’Ambanja.

II – C’est le clan Antandrona qui donna les rois :
A – Soalandy eut un fils Andriamampegny qui eut six enfants :
1 ° – Andriamandiniky , qui a formé le clan Anti-Mananara à Mananara-Nord ( côte est )
2° – Andriantsirotso (1692-1710), premier roi Antankarana qui habitait à Mahavanona ( Ambilobe actuelle ) ; sa descendance conserva toujours le titre royal
3° – Andriantsifahagna a formé le clan Anti-Bemarivo , c’est-à-dire habitants de Bemarivo ( Sambava )
4° – Andriambavimerina a formé le clan Anti-Manambery , c’est-à-dire habitants au bord de la rivière Manambery ( district de Vohémar )
5° – Andriambavimanjaka a formé le clan Antankatafana , c’est-à-dire habitants d’Ankatafana ( district de Vohémar )
6° – Tsiombe a formé le clan Anti-Fagnambana , c’est-à-dire habitants de Fanambana ( district de Vohémar )

B – Andriantsirotso , roi des Antankarana eut deux enfants :
1° – Lamboény (1710-1790) , qui le succéda , habitait à Mahavanona et eut trente-trois enfants qui ont formé la caste noble Antankarana actuelle du premier rang
2° – Nagnaretana qui forma trois clans :
a ) – Anti-Moheli , réfugiés à Moheli ( Comores ) pendant la guerre Hova-Antankarana et revenus du temps de Tsialana II qui les en voya chercher
b) – Anti-Ambatobe , habitant à Ambatobe ( Nosy-Faly )
c) – Anti-Mandririnina , à l’est d’Antsirane

C – Parmi les trente-trois enfants du roi Lamboeni se trouva une fille , l’aînée de tous , SOZO , qui eut trois enfants :
1° – Lemahery
2° – Tsialana I
3° – Njakasaidy

Le roi Lamboeni eut comme successeur un de ses fils , Tiambola , qui n’eut pas d’enfant , et son frèe Boanahajy lui succéda malgré la volonté du peuple et fonda son royaume à Marivorahona. Après sept années du règne , ses neveux , Tsialana Ier , fils de sa sœur Sozo et Andrianjalahy , fils de son frère Lehilahy , lui déclarèrent la guerre et le firent abdiquer.

Tsialana Ier devint alors roi des Antankarana et habitait à Ambatoaranana. Quand à son cousin Andrianjalahy , il devint son aide de camp et habitait à Berantsana ; il forma le clan Anti-Berantsana ; sa descendance habite actuellement à Antafiambotry Nosy – Faly , Beramanja et Ambatoben’Anjavy ( tombeaux ).

Le roi Tsialana Ier fut remplacé par son fils TSIMIARO , roi qui se battit contre les Hova ; vaincu , il s’installa aux îles Mitsiou où il contracta l’alliance avec la France en 1840 et 1841. Il mourut le 18 décembre 1882.

– RÉPARTITION DES CLANS NOBLES ANTANKARANA PAR DEGRÉ

I – Le clan le plus célèbre est formé par des descendants de SOALANDY , le clan Antandrona , qui comprend les :
– Antambatoharanana
– Anti-Berantsana
– Anti-Bemarivo
– Anti-Mananara
– Anti-Fagnambana
– Anti-Manambery
– Anti-Ambatobe
– Anti-Moheli
– Anti-Mandririniny ou Anti-Vovogno descendant de Nanaretana
– Anti-Mahatera descendant de Vavihely
II – Antinosy-Mahanara , descendant de Mitivalagna
III – Antinosy-Ambatoloha , descendant d’Andriamampela ou de Mananjobe , son fils
IV – Antinosy-Analalava , descendant d’Ampisofetaka ou de Mahalilatsa , son frère.
V – Antinosy-Ironono , descendant de Mahavory.
VI – Clan Zafirabay , prince d’origine Betsimisaraka immigré dans l’Antankarana avec le roi Andriantsirotso.

GÉNÉALOGIE ROYALE ANTAKARANA ZAFIMBOLAFOTSY:

Tingimaro (1540-1623), Roi de Konkomaro.
Kozobe (1609-1639) (+ Antanianaompy, Nosy-Komba).
Soanaomby: 1639: Reine sanguinaire et jalouse.
Andriamaitso (1639-1689) (+ Andokobe, Nosy-Be): Résidence à Ambohimalaza, l’actuel Tafondro.
Andriamanampela (1689-1692): assassiné à Ankazokogniny par Andriantahora ou Tsitavana, Andrianehevenarivo ? (1742-1752).
1. Andriantsirofra (1692-1710), le roi fondateur de la monarchie.
2. Lamboeny (1710-1790) • Mayeur à Madagascar en 1774.
3. Tehimbola (1790-1802).
4. Boanahajy (1802-1809).
5. Tsialana 1er (1809-1822).
6. Tsimiharo 1er (1822-1882).
7. Tsialana II (1883-1921).
8. Lamboeny II (1925-1938).
9. Tsialana III (1938-1959).
10. Tsimiaro II (1959-1982).
11. Tsimiaro III (1982 … ) Issa (sur la photo), actuel roi en fonction, siégeant à Ambilobe.

(source: Fanjakana Avaratra)

Réalisation: Robert Andriantsoa


Légitimation du pouvoir royal et conflits internes


Le roi Andriantsirotso et l’origine du Tsangantsaina (ou Tsangan-tsainy)

Ny « Ziva » (t)eo amin’ny Fihavanana malagasy

Collectif TANY: lettre ouverte à l’ambassadeur Sud-Coréen Lim-Sang-Woo du Sud

Publié le Mis à jour le

Excellence,

Nous avons l’honneur de vous adresser cette lettre ouverte dont nous transmettrons une copie aux autorités et à la presse malagasy.

En ce début de l’année 2018, dans le cadre de la remise de votre lettre de créances, le site de la Présidence de la République Malagasy a annoncé « de nombreux projets [qui] vont être accélérés » dans le cadre du renforcement du partenariat entre la Corée du Sud et Madagascar : « infrastructures, énergie, et échanges d’expériences en matière de nouvelles technologies » (1).

Auparavant, le site de la Présidence avait déjà informé sur des actions de la Corée du Sud comme

– des dons au Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes de 22 pelles hydrauliques, 22 tractopelles, 22 camions-benne, 22 ambulances, 22 véhicules pompiers, avec bras élévateur, 22 motopompes de grande capacité, et 11 postes de commandement et cliniques mobiles, ainsi que des matériels et équipements informatiques destinés aux Services de la Météorologie des 22 régions ;

– l’ouverture d’un centre d’accès à l’information au sein de l’Ecole Supérieure Polytechnique à Antananarivo ;

– et un projet intitulé « Better Life For Girls », visant à améliorer la vie des jeunes filles malgaches.(2)

(… lire l’intégralité sur Madagate)

Mamy Rakotondrainibe, Président du Collectif TANY(*), est membre du Conseil d’Administration de l’Association aGter (association pour améliorer la gouvernance de la Terre, de l’Eau, des Ressources naturelles.)

(*): Le COLLECTIF POUR LA DEFENSE DES TERRES MALGACHES – TANY regroupe des individus d’origine malgache déterminés à unir leurs forces et à travailler ensemble pour s’opposer à la spoliation des citoyens et paysans malgaches de leurs terres. Il vise à rassembler tous les Malgaches, sans discrimination aucune, prêts à s’investir pour la réalisation de cet objectif.

—> Visiter leur site

Mamy Rakotondrainibe, Président du Collectif TANY(*):  sur Tv5 Monde:


Le GESC (Groupement des Experts et scientifiques) plaide pour la protection des terres malgaches

Dans le cadre de la célébration du vingt-cinquième anniversaire du GESC ou Groupement des Experts et Scientifiques, une table ronde a été organisée au Café de la gare à Soarano vendredi dernier autour du thème : « Renouveau de la vie nationale. Qu’est-ce ? Comment ? » Cette conférence a mis en lumière les questions existentielles de notre Nation et a forgé l’opinion de l’assistance sur la nécessité de revenir à la source c’est-à-dire la terre. Reconquérir les valeurs fondamentales malgaches à la conservation des terres ancestrales car ce sont les raisons d’être de la Nation toute entière.