Science / Technologie

Ukraine : après la signature d’un accord de partenariat économique avec les Etats-Unis, Kiev « conserve l’entière propriété et le contrôle de ses ressources », souligne la ministre de l’économie ukrainienne

Publié le Mis à jour le

Le texte crée un « fonds d’investissement pour la reconstruction de l’Ukraine », a expliqué Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, qui a salué un « accord historique ». Il permettra de financer des « projets d’extraction de minerais, de pétrole et de gaz », a précisé Ioulia Svyrydenko.

La ministre de l’économie ukrainienne, Ioulia Svyrydenko, à Kiev, en janvier 2024. EVGENIY MALOLETKA / AP
  • Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a salué un accord « historique ». Il a aussi estimé que les Etats-Unis envoyaient ainsi « un signal clair » à la Russie : les Etats-Unis s’engagent « dans un processus de paix centré sur une Ukraine libre, souveraine et prospère sur le long terme ».
  • De son côté, le premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal, a salué un « bel accord international équitable entre les gouvernements américain et ukrainien ». La ministre de l’économie a, elle, insisté sur le fait que l’Ukraine conservait « l’entière propriété et le contrôle » des ressources concernées par l’accord.
  • Une frappe russe a tué deux personnes et en a blessé sept autres à Odessa, a annoncé le gouverneur de l’oblast, Oleh Kiper, dans la nuit de mercredi à jeudi. Des explosions ont également été entendues à Soumy, dans le nord-est du pays.
  • L’Union européenne prépare un « plan B » pour parvenir à maintenir les sanctions économiques contre la Russie si l’administration Trump abandonne les pourparlers de paix sur la guerre en Ukraine et cherche à se rapprocher de Moscou, a annoncé la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, dans une interview au Financial Times.

Les Etats-Unis et l’Ukraine décident de créer un fonds d’investissement commun pour les ressources naturelles

Les négociations ont été âpres, longues, souvent peu amènes du côté américain. Elles ont néanmoins trouvé une conclusion positive, mercredi 30 avril. Les Etats-Unis et l’Ukraine ont annoncé la signature d’un accord sur l’exploitation des ressources naturelles dans le pays dévasté par la guerre, depuis l’invasion russe de 2022. Les deux parties vont établir un fonds d’investissement et de reconstruction, à participation égale, qui devra veiller aux projets d’exploitation des minerais contenus dans le sol ukrainien, ainsi que le pétrole et le gaz.

L’idée d’origine d’une implication américaine dans ces projets avait été avancée par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, en septembre 2024. Mais à son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a envisagé ce sujet comme une forme de paiement pour l’aide américaine militaire et financière engagée depuis le début la guerre. Une aide qu’il a estimée de façon arbitraire à 350 milliards de dollars, alors que le montant réel est environ trois fois inférieur.

Le président américain voulait donc une forme de réparation gigantesque, et cela sans offrir l’essentiel aux yeux de l’Ukraine : des garanties de sécurité, pour la protéger d’éventuelles attaques russes futures. La venue de Volodymyr Zelensky dans le bureau Ovale, fin février, fut un désastre diplomatique, reportant la signature de l’accord sur les minerais. Sa première mouture était extrêmement défavorable à Kiev et ressemblait à une extorsion, que Washington voulait faire signer sans tarder.

Un rapport interne très attendu conclut à un climat antisémite et anti-Israël à Harvard

Publié le Mis à jour le

Le président de l’université présente ses excuses alors que le groupe de travail préconise des réformes en matière d’admission, de programmes d’études, de recherche et de formation sur les préjugés.

Un étudiant manifestant se tient devant la statue de John Harvard, le premier grand bienfaiteur de l’université de Harvard, drapée du drapeau palestinien, au milieu d’un campement d’étudiants protestant contre la guerre à Gaza, à l’université de Harvard à Cambridge, Massachusetts, le 25 avril 2024. (AP Photo/Ben Curtis, File)

L’université de Harvard a publié mardi un rapport interne très attendu sur l’antisémitisme sur le campus, qui dépeint une atmosphère hostile envers les juifs et les Israéliens avant et après l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël.

Le rapport a été publié alors que l’administration Trump exerce une forte pression sur l’université et présente une série de recommandations que l’université devrait prendre pour remédier à cet environnement sur le campus.

« Je suis désolé pour les moments où nous n’avons pas réussi à répondre aux attentes élevées que nous avons légitimement fixées pour notre communauté », a déclaré Alan Garbar, président par intérim de Harvard, dans un communiqué.

« Harvard ne peut pas – et ne va pas – tolérer l’intolérance. Nous continuerons à protéger tous les membres de notre communauté et à les préserver du harcèlement », a ajouté Garber, en promettant de « superviser la mise en œuvre des recommandations » préconisées. Selon le rapport, les étudiants juifs, et en particulier les Israéliens, ont souvent été victimes de harcèlement, d’exclusion sociale et d’intimidation.

Le document de 311 pages s’ouvre sur une anecdote qui, selon les auteurs, reflète bon nombre des tensions qui règnent sur le campus. Lors d’une conférence, un étudiant juif avait prévu de raconter l’histoire de son grand-père, survivant de la Shoah, qui avait trouvé refuge en Israël. Les organisateurs ont dit à l’étudiant que l’histoire n’était pas « de bon goût » et se sont moqués de lui lorsqu’il a manifesté sa perplexité. L’histoire aurait été perçue comme un moyen de « justifier l’oppression », selon les auteurs.

« La meilleure façon de décrire l’existence de nombreux étudiants juifs et israéliens à Harvard au cours de l’année universitaire 2023-24 est peut-être que leur présence était devenue un déclencheur ou le sujet d’une controverse politique », indique le rapport, ajoutant que les juifs avaient atterri « du mauvais côté d’une vision politique binaire qui ne laissait pas de place à la complexité de l’histoire ou de la politique actuelle. »

« Aucun autre groupe n’a été constamment informé que son histoire était une imposture, qu’il était suprématiste et oppresseur, tout comme ses coreligionnaires ou ses co-ethnies, et qu’il n’avait pas droit aux protections offertes par les normes antiracisme », précise le rapport.

L’atmosphère qui régnait sur le campus a poussé les Juifs à cacher leur identité, à refuser des offres d’admission, à quitter le monde universitaire et à se retirer de la vie du campus. Des groupes d’amis se sont séparés et des étudiants ont fait pression sur leurs pairs pour qu’ils cessent de parler avec des Israéliens, uniquement en raison de leur identité. Les Juifs ont été impliqués dans des atrocités en raison de leur perception d’une « culpabilité héréditaire et collective », selon le rapport.

(…lire l’intégralité)

Réarmement : la course est lancée

Publié le

Face aux tensions autour de la guerre en Ukraine et à l’incertitude concernant l’avenir de l’OTAN, l’Europe cherche à s’émanciper militairement. Financer le réarmement et les industries de défense est la nouvelle priorité et les enjeux sont colossaux.

La France, deuxième pays exportateur mondial d’armes, voit ses industries en pleine expansion, mais les défis financiers et humains sont nombreux. Comment s’adapter à cette nouvelle cadence ? Reportage au cœur des entreprises qui tentent de satisfaire l’ambition militaire française.

Le gouvernement annule 3,1 milliards d’euros de crédit pour les missions écologie, économie et recherche et enseignement supérieur

Publié le

Selon un décret publié samedi au « Journal officiel », ces annulations sont faites dans le cadre de l’effort supplémentaire de 5 milliards d’euros pour 2025.

Eric Lombard, le ministre de l’économie, et Amélie de Montchalin, la ministre chargée des comptes publics, lors d’une conférence de presse après le conseil des ministres, à l’Elysée, le 16 avril 2025. LUDOVIC MARIN / AFP

Le gouvernement a acté, samedi 26 avril, au Journal officiel (JO) des annulations de crédits à hauteur de 3,1 milliards d’euros dans le cadre de l’effort supplémentaire de 5 milliards d’euros pour 2025 déjà annoncé par Bercy début avril.

La ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, avait alors expliqué que ces 5 milliards d’euros devaient permettre de tenir les objectifs de déficit public pour cette année dans un contexte de croissance moindre. « Ces 5 milliards d’euros que nous allons soit annuler, soit repousser, soit réorienter, c’est notre réponse à un monde instable. C’est la manière de faire face quoi qu’il arrive à ce monde instable », avait-elle déclaré.

Une partie de cette somme s’est concrétisée à travers le décret publié au JO. « Afin de prévenir une détérioration de l’équilibre budgétaire sur le budget de l’Etat », « le présent décret porte des annulations de crédits à hauteur de 3,1 milliards d’euros en autorisations d’engagement », peut-on lire dans le JO. « Cet effort porte essentiellement sur les crédits hors masse salariale mis en réserve en début d’année », est-il précisé, « ces annulations ne devraient ainsi pas remettre en cause de façon significative la capacité d’exécution des politiques publiques, selon les termes convenus dans la loi de finances initiale pour 2025 ».

« Respecter la trajectoire de redressement des comptes publics »

Parmi les annulations de crédits, sont concernés la mission « écologie, développement et mobilité durable » (549,6 millions d’euros), la mission « économie » (517,7 millions d’euros), la mission « recherche et enseignement supérieur » (493,3 millions d’euros) ou encore la mission « agriculture, alimentation et affaires rurales » (140 millions d’euros).

« La dégradation récente des perspectives macroéconomiques conduit à anticiper de moindres recettes publiques, en lien notamment avec une révision de la prévision de croissance à 0,7 %. Ces risques sont également renforcés par le contexte géopolitique incertain », souligne le décret. « Dans ce cadre, un effort supplémentaire de maîtrise de la dépense est nécessaire pour respecter la trajectoire de redressement des comptes publics sur laquelle le gouvernement s’est engagé », est-il ajouté.

(source: Le Monde avec AFP)

Coopération renforcée – Le GEM et le MEDEF dessinent l’économie de demain

Publié le Mis à jour le

(©laverite.mg)

C’est dans l’écrin historique de la salle de l’Horloge de la gare de Soarano que s’est tenue hier, en marge de la visite d’Etat du Président français, Emmanuel Macron, une réunion stratégique entre le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) et le Mouvement des entreprises de France (MEDEF). A travers cet échange de haut niveau, les deux délégations ont affiché une volonté claire de renforcer leur coopération économique dans des domaines d’avenir. Les discussions ont mis en lumière plusieurs axes prioritaires notamment l’outsourcing, les services numériques, la cybersécurité, la digitalisation des services publics ou encore les innovations dans les secteurs de l’agriculture (Agritech) et de l’environnement (Green Tech).

Selon un membre du bureau du GEM, « Madagascar dispose de talents et d’un vivier de jeunes qu’il faut absolument accompagner par des partenariats solides, notamment dans les domaines de la formation numérique et de l’emploi. » La délégation française, quant à elle, a souligné les atouts stratégiques de l’île en matière de sous-traitance, notamment sa proximité culturelle et linguistique avec la France, et un bassin de compétences techniques en constante expansion.

Accompagnement technique

Au cœur des échanges, la nécessité de mettre en place un cadre réglementaire clair, incitatif et sécurisé a été largement évoquée. Les représentants du MEDEF ont insisté sur l’importance de la stabilité politique et de la transparence administrative pour attirer davantage d’investissements dans les secteurs technologiques et industriels.

« Nous croyons au potentiel de Madagascar, mais nous avons besoin de garanties en matière de cybersécurité et de protection des données pour développer des services IT de qualité », a déclaré un chef d’entreprise français présent lors de la réunion. La question de l’inclusion financière, à travers la démocratisation de l’accès aux services bancaires par les outils numériques, a également été soulevée, en lien avec le rôle croissant des fintechs dans l’économie locale. Du côté malagasy, les entrepreneurs ont exprimé leur intérêt pour un accompagnement technique renforcé, notamment par le biais de formations en cybersécurité et de transferts de compétences. Pour clore la rencontre, les deux parties sont convenues d’instaurer un cadre de concertation régulier et de travailler à la mise en œuvre concrète de projets pilotes dès cette année. Cette réunion, bien que discrète, marque une étape importante dans la redéfinition des relations économiques franco-malagasy, avec un accent fort mis sur la co-construction, l’innovation et la durabilité.

(source: laverite.mg)


Macron à Madagascar : les Îles Éparses, un enjeu pour la France

Publié le Mis à jour le

À Madagascar, où la dernière visite bilatérale d’un président français remonte à 2005 avec Jacques Chirac, la visite d’Emmanuel Macron mettra l’accent sur le renforcement des échanges commerciaux et des investissements. Parmi les sujets qui fâchent, les Îles Éparses, territoire français revendiqué par Madagascar, seront « évoquées » par le président français et son homologue Andry Rajoelina, avec l’idée de relancer la Commission mixte sur l’avenir de l’archipel initiée en 2019, pointe sobrement l’Élysée.


Offensive de Trump contre les sciences : « Le préjudice pour la recherche américaine et mondiale sera considérable »

Publié le

Dans une tribune au « Monde », le spécialiste en prospective Hugues de Jouvenel et le physicien Pierre Papon soulignent que les injonctions et coupes budgétaires de l’administration américaine ne concernent pas seulement les sciences humaines, soupçonnées de « wokisme », mais aussi des domaines stratégiques, sinon vitaux, relevant des sciences « dures », tels que la santé, l’environnement, l’énergie et le climat.

Manifestation le 3 mars à Silver Spring (Maryland) en faveur de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), dont 10 % des 13 000 salariés ont quitté l’agence. CHIP SOMODEVILLA / AFP

La tempête suscitée par la décision du président Donald Trump sur les tarifs douaniers a naturellement capté l’attention des médias. Mais un séisme plus grave encore, et plus irréversible, menace la recherche et l’enseignement aux Etats-Unis et dans le monde. Trump s’attaque à la recherche scientifique et aux universités, notamment dans les domaines de la santé, de l’environnement, de l’énergie et du climat.

Cinq directeurs des National Institutes of Health (NIH) ont ainsi été démis de leurs fonctions. Parmi eux figure Jeanne Marrazzo, la directrice du centre sur les allergies et les maladies infectieuses, chargé entre autres de recherches sur les vaccins qui risquent de ne plus être soutenues.

Rappelons que les NIH ont contribué, sur la période 2010-2019, à la mise sur le marché de 354 médicaments nouveaux, sur 356 approuvés par la Food and Drug Administration (FDA). L’administration Trump a également supprimé les crédits du Center for Diseases Control and Prevention (CDC) et licencié 2 400 de ses employés, alors qu’il jouait un rôle important dans la prévention et le suivi des épidémies.

L’Iran et les Etats-Unis reprennent les discussions sur le nucléaire iranien, à Rome

Publié le

La délégation iranienne est arrivée à Rome dans la nuit, selon des images diffusées par la télévision d’Etat iranienne. A la veille des discussions, Téhéran avait fait part de ses « sérieux doutes » quant aux intentions de Washington.

Une fresque anti-américaine dans une rue de Téhéran, le 8 avril 2025. MAJID ASGARIPOUR / VIA REUTERS

Une deuxième session de discussions entre l’Iran et les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien s’est ouverte à Rome, samedi 19 avril en fin de matinée, selon la télévision d’Etat iranienne. Ces pourparlers intervienent une semaine après de premiers échanges qualifiés de « constructifs » par les deux pays. Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, et l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, tiendront ces discussions sous la médiation du sultanat d’Oman, comme lors des précédents pourparlers tenus à Mascate.

Il s’agit de la deuxième réunion à ce niveau depuis le retrait américain, en mai 2018, lors de la première présidence de Donald Trump, de l’accord international sur le nucléaire iranien qui prévoyait un encadrement des activités de l’Iran dans ce domaine en échange d’une levée des sanctions. Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, M. Trump a relancé sa politique dite « de pression maximale » contre l’Iran, avec lequel les Etats-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980.

En mars, il avait appelé le pouvoir iranien à négocier un nouvel accord, mais avait menacé de bombarder l’Iran en cas d’échec de la diplomatie. M. Trump a toutefois affirmé jeudi qu’il n’était « pas pressé » d’utiliser l’option militaire. « Je pense que l’Iran veut discuter », a-t-il souligné.

Lire la suite »