Madagascar – Visite d’Emmanuel Macron : des mouvements de contestation se préparent

La venue du président français Emmanuel Macron à Madagascar à partir du 23 avril prochain fait des vagues. Des appels à manifestation et de contestation ont été lancés sur les réseaux sociaux par des partis politiques, particulièrement ceux de l’opposition. Les uns envisagent de descendre dans les rues, d’autres prévoient de faire sonner des cloches ou de faire des bruits avec les couvercles de marmites.
Les gesticulations des autorités autour de cette visite officielle du président français attisent les mécontentements. Les mesures contraignantes obligeant entre autres les fonctionnaires à nettoyer les rues où Emmanuel Macron va passer. La question de double nationalité du président malgache est également revenue sur le tapis.
Le Préfet d’Antananarivo, le Général Angelo Ravelonarivo, a fait savoir hier que la Préfecture se prépare à d’éventuelles perturbations pendant et après le Sommet de la COI. « Nous suivons de près tout acte que l’opposition envisage de faire contre cet événement », a-t-il déclaré, L’Organisation Militaire de Crise (OMC) et l’État-Major Mixte Opérationnel National (EMMONAT) ont déjà mis en place des mesures préventives, affirme le préfet.
Selon plusieurs sources diplomatiques, Emmanuel Macron devrait être accompagné d’une importante délégation d’environ 80 personnes, composée de chefs d’entreprises et de diplomates.
(source: Mandimbisoa R. – madagascar-tribune.com)
Histoire – À l’origine de la RNS il y avait l’AEOM
Genèse et mission de l’AEOM
Fondée en 1934 par une trentaine d’étudiants malgaches installés en France, l’Association des Étudiants d’Origine Malgache (AEOM) est la plus ancienne structure associative malgache hors de Madagascar. À une époque où l’identité malgache était niée par les autorités coloniales — les Malgaches étant qualifiés « d’indigènes » et privés de leurs droits les plus élémentaires — l’AEOM s’est donnée pour mission première de défendre les intérêts matériels et moraux de tous les Malgaches résidant en France, sans distinction d’ethnie, de croyance ou d’opinion. Portée par l’idéal de solidarité nationale, elle entendait œuvrer conjointement pour l’indépendance de Madagascar et pour la reconnaissance de sa civilisation.
L’engagement politique et la lutte pour l’indépendance (1934–1947)
Dès ses débuts, l’AEOM a condensé en son nom l’affirmation d’une « origine malgache » face à la domination coloniale, tout en se démarquant des enfants de colons français installés en métropole. Pendant la guerre d’Espagne, plusieurs de ses membres rejoignent les Brigades internationales ou s’engagent dans la Résistance au cours de la Seconde Guerre mondiale. Après la libération, d’anciens étudiants de l’AEOM assistent les trois parlementaires malgaches à l’Assemblée nationale française : Raseta, Ravoahangy et Rabemananjara dans la bataille pour l’abrogation de la loi d’annexion de 1896. Ces parlementaires créeront plus tard le MDRM, Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache.
L’insurrection malgache de mars 1947 constitue un tournant : écrasée dans le sang (près de 90 000 victimes) et suivie de procès sommaires, elle suscite à Paris l’émergence d’une voix militante au sein de l’AEOM. Révision des procès, dénonciation des conditions de détention, appel à la libération des prisonniers politiques… l’association se fait alors porte-parole du peuple malgache en exil et organise, dès 1948, des journées de commémoration du 29 mars, longtemps interdites à Antananarivo.
Solidarité étudiante et actions sociales (1947–1960)
Face à l’afflux croissant d’étudiants malgaches non bacheliers en France, l’AEOM multiplie les initiatives d’entraide : obtention de places en internat, introduction du malgache comme langue vivante au baccalauréat et attribution de bourses, grâce à son adhésion à l’Union internationale des étudiants, UIE, basée à Prague. À l’arrivée des nouveaux venus, des bénévoles de la section de Paris les accueillent à Orly, les assistent dans leurs formalités administratives et veillent à leur bonne installation. Par ailleurs, l’AEOM siège dans les commissions d’attribution des chambres de la résidence universitaire d’Antony, garantissant des critères équitables.
Contestation des accords de coopération et répression (1960–1962)
La Chine torpille l’économie américaine : vers une récession ?
Les États-Unis sont-ils au bord d’une nouvelle récession ? Alors que les rendements des obligations s’envolent et que la dette américaine arrive à échéance, la Chine pourrait jouer une carte décisive dans cette guerre économique. Donald Trump recule sur les tarifs, Wall Street retient son souffle, et les grandes entreprises annoncent déjà un ralentissement brutal. Mais que cache réellement cette tension sur les marchés ? Guerre monétaire ? Manœuvre stratégique de Pékin ? Ou simple réaction des fonds américains à la chute des actions ?
Dans cette vidéo, on décrypte ce que Washington ne veut pas admettre : l’économie américaine pourrait vaciller, et la Chine n’a peut-être même pas besoin de bouger le petit doigt.
Réforme – Le permis environnemental mis à jour

Après plus de vingt ans, le gouvernement malgache a révisé le décret MECIE pour mieux encadrer les projets, en conciliant protection de l’environnement, besoins locaux et développement durable.
Le décret MECIE, qui encadre les investissements à Madagascar en veillant à leur compatibilité avec les enjeux environnementaux, a fait l’objet d’une révision significative après plus de deux décennies sans modification. Cette mise à jour, intervenue en 2025, se veut une réponse aux défis mondiaux actuels : changement climatique, érosion de la biodiversité et pression croissante sur les ressources naturelles.
Le ministre de l’Environnement, Max Andonirina Fontaine, a souligné hier, lors du lancement officiel du décret à Anosy, que cette réforme vise à « concilier le respect de l’environnement avec le financement des projets », un équilibre jugé crucial pour un développement économique durable.
Instauré en 1992, le décret MECIE connaît en 2025 sa cinquième révision. Elle vise à mieux répondre aux exigences contemporaines en matière de protection environnementale et d’inclusion sociale. Parmi les changements majeurs figure l’instauration d’une classification rigoureuse des projets selon leur impact environnemental. Cette nouvelle approche renforce le cadre d’évaluation des investissements et durcit les conditions d’obtention du permis environnemental. Désormais, les projets d’infrastructure, qu’ils soient publics ou privés, devront être évalués selon leur niveau d’impact environnemental et social.
Évaluation
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Coopération militaire : Des centaines de soldats étrangers stationnés au pays jusqu’au 25 avril

La manœuvre militaire conjointe « Tulipe 2025 » est une démonstration stratégique sous l’égide de la France dans un contexte diplomatique sensible.
Mahajanga accueille, du 20 au 25 avril 2025, la manœuvre militaire conjointe « Tulipe 2025 », réunissant près de 1 500 soldats issus de cinq pays de la région : Madagascar, Seychelles, France, Comores et Maurice. Dans cette ville, la présence des soldats français est déjà effective depuis quelques jours. Organisé dans plusieurs localités de la province de Mahajanga, notamment Antsanitia, Ankilahila, Ambalakida, Mahajanga ville, Katsepy, Bekipay, Soalala et Andranomavo, cet exercice militaire d’envergure s’inscrit dans une logique de coopération régionale en matière de défense, mais résonne aussi avec une actualité politique et diplomatique chargée.
Pour la partie malgache, l’exercice représente une opportunité de renforcer les capacités de ses forces terrestres, navales et aériennes. « Il s’agit d’une occasion pour que nos soldats puissent renforcer leurs compétences et leurs capacités opérationnelles », explique le général Rakotoarisoa, coordonnateur de l’exercice auprès de l’Etat-major de l’armée malgache. À travers des scénarios opérationnels réalistes, les forces armées malgaches s’exercent, dans le cadre de « Tulipe 2025 », à la coordination interarmées, à la gestion de crise et à l’intervention en zone côtière et rurale, en collaboration avec leurs homologues des îles voisines.
Déploiement temporaire
Au-delà de l’aspect strictement militaire, l’exercice « Tulipe 2025 » traduit une volonté régionale de renforcer l’interopérabilité entre les armées des pays membres de la Commission de l’océan Indien (COI). La première manœuvre du même nom a eu lieu en 1999 à Madagascar. La participation de la France, à travers les Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), illustre l’importance stratégique que Paris accorde à cette zone géopolitique, à la croisée des routes maritimes internationales.
Les forces françaises sont déjà déployées. Le capitaine Thibaut Semen, officier français auprès de la FAZSOI, souligne le caractère temporaire et autonome du déploiement français : « Nous logeons ici de façon temporaire. Nous sommes autonomes en termes d’alimentation avec nos rations de combat et nous avons une capacité d’hygiène corporelle en autonomie. » Les soldats français, basés dans le gymnase sportif de Mahajanga, disposent, en effet, de leur propre logistique, réduisant ainsi leur empreinte sur les infrastructures locales.
Tensions géopolitiques
La tenue de « Tulipe 2025 » à Madagascar coïncide avec deux événements diplomatiques majeurs dans le pays. Notamment la visite d’État d’Emmanuel Macron à Madagascar, prévue pour le 23 avril, et la tenue du Vème sommet des chefs d’État et de gouvernement de la COI, le 24 avril, à Antananarivo. Ce chevauchement soulève des interrogations. Faut-il y voir un simple hasard du calendrier ou une mise en scène diplomatique subtile ?
Dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants – piraterie maritime, trafics en tout genre, tensions géopolitiques dans l’Indo-Pacifique – la présence simultanée de troupes étrangères et de dirigeants politiques dans l’Île traduit une convergence entre sécurité régionale et diplomatie de haut niveau. Pour Madagascar, cet exercice militaire et les événements diplomatiques qui l’accompagnent peuvent être perçus comme une forme de repositionnement stratégique. La Grande Île semble vouloir renforcer sa stature régionale, en jouant un rôle plus actif dans la sécurité de l’océan Indien. L’accueil du sommet de la COI et d’un président français en visite d’État vient asseoir cette ambition. Reste à savoir si cette dynamique s’accompagnera d’un investissement structurel dans les capacités militaires locales et d’un renforcement durable de la coopération régionale. En attendant, Mahajanga devient, pour plus d’une semaine, le théâtre d’une démonstration militaire aussi symbolique que stratégique.
(source: Rija R. – Midi M/kara)
Conseil des Ministres de la COI – La Corée du Sud admise en tant que membre observateur

Le 39e Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien s’est tenu durant deux jours aux Seychelles et a pris fin hier. La réunion a entériné l’admission de la Corée du Sud en tant que membre observateur de l’organisation régionale.
Un signe de l’attractivité croissante de la Commission de l’océan Indien (COI). C’est ainsi que peut être interprétée l’admission de la Corée du Sud, qui rejoint la liste des partenaires observateurs de l’organisation.
Le feu vert accordé à la Corée du Sud est l’une des décisions majeures prises au cours de ce 39e Conseil des ministres, tenu les 15 et 16 avril aux Seychelles. Selon les statuts et modalités d’adhésion révisés concernant les observateurs auprès de la COI, « toute nouvelle demande d’obtention du statut d’observateur doit être introduite par voie diplomatique au secrétariat général et exposer de façon concise en quoi le candidat remplit les critères d’obtention du statut ».
Une procédure à laquelle s’est conformée la Corée du Sud. Conformément aux dispositions en vigueur, «le secrétariat général prépare un rapport circonstancié à l’intention des membres du Conseil, dans lequel il livre une évaluation de la candidature au regard des critères d’octroi du statut d’observateur et émet une recommandation quant à la suite à donner à cette demande». Ce document a été présenté à l’occasion de ce 39e Conseil des ministres.
La demande soumise par la République de Corée s’aligne ainsi avec les grands enjeux de la COI et ses domaines d’intervention. La participation du président de la République des Seychelles à l’ouverture du Conseil des ministres a été particulièrement remarquée. Elle témoigne de l’importance accordée à l’action régionale et à l’avenir de l’organisation. Ce 39e Conseil a également été marqué par la passation de la présidence du Conseil des ministres, des Seychelles vers les Comores, dans un esprit de continuité et de solidarité entre les États membres.
Une réunion à haute portée politique Lire la suite »
Macron va-t-il lâcher nos îles de l’Océan indien ?
Emmanuel Macron est attendu à Madagascar pour le 5e sommet de la Commission de l’Océan Indien (COI). Alors que les tensions avec Antananarivo persistent, cette visite s’annonce stratégique. Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe), invité par Antoine Colonna décrypte les enjeux : souveraineté française dans l’océan Indien, diplomatie indo-pacifique, avenir des îles Éparses, relations franco-malgaches… Une interview essentielle pour comprendre les défis à venir dans cette région cruciale.
Macron rappelle l’ambassadeur français à Alger et dénonce « la dégradation » des relations
La présidence française réplique après l’expulsion d’une douzaine de ses agents par l’Algérie.

POLITIQUE – Ce n’est pas ce qui va réchauffer les relations, bien loin de là. Le président de la République Emmanuel Macron a rappelé l’ambassadeur de France à Alger pour consultation, a annoncé l’Élysée ce mardi 15 avril. Ce rappel intervient dans un regain de tension, après l’expulsion par l’Algérie d’agents français.
En représailles, l’Élysée a également annoncé « l’expulsion de douze agents » du réseau algérien. « Les autorités algériennes prennent la responsabilité d’une dégradation brutale de nos relations bilatérales », a estimé la présidence française dans un communiqué, tout en appelant Alger à « faire preuve de responsabilité » pour « reprendre le dialogue ».
