Nouvellement réélu à la tête du pays, le Président Andry Rajoelina est en déplacement à Dubaï depuis le 2 décembre. Il prend part, en tant qu’invité spécial, à la Conférences des Partis qui s’y tient depuis le 30 novembre. En marge de cet évènement planétaire, le Chef de l’Etat malagasy s’est entretenu avec plusieurs personnalités issues de différents pays. Avant-hier, le numéro un malagasy été reçu par le ministre des Affaires étrangères des Emirats Arabes unis, Sheikh Shakhboot bin Nahyan AlNahyan.
D’emblée, ce membre du gouvernement émirati a félicité le Président malagasy pour sa réélection et a particulièrement applaudi son leadership exemplaire qui, selon lui, « est reconnu non seulement à Madagascar mais également dans toute l’Afrique ». Il considère que le Président Andry Rajoelina est un modèle pour sa détermination et pour son engagement pour le continent africain. D’ailleurs, ce représentant de l’Etat des Emirats Arabes unis n’a pas caché la fierté de son pays à coopérer avec Madagascar. Leur souhait est d’être au premier rang des pays ayant des échanges avec la Grande île dans un avenir proche, s’ils en sont au cinquième rang actuellement.
Plusieurs domaines de coopération ont été particulièrement évoqués par le ministre émirati, qu’il a tenu à proposer au Président malagasy à savoir le tourisme, l’agriculture, la construction d’infrastructures, l’industrialisation et la création d’emplois, la formation aux hauts emplois de l’Etat, entre autres. Les Emirats Arabes unis ont renouvelé leur volonté d’accroître le volume de leurs investissements à Madagascar pour soutenir les efforts du Président Andry Rajoelina d’accélérer le développement du pays. « Nous voulons des échanges gagnant – gagnant avec Madagascar », a affirmé le ministre émirati des Affaires étrangères.
Les Emirats arabes unis assurent des transactions essentielles à l’offensive russe contre l’Ukraine, alors que Dubaï est devenue le sanctuaire des oligarques visés par les sanctions occidentales.
Le 25 février 2022, au lendemain de l’invasion russe de l’Ukraine, le Conseil de sécurité de l’ONU vote sur un projet de résolution occidentale appelant au « retrait immédiat » des troupes russes. Onze membres du Conseil approuvent le texte, qui est rejeté du fait du très prévisible veto russe. Mais la surprise vient des Emirats arabes unis, qui s’abstiennent, à l’unisson de la Chine et de l’Inde.
Cinq jours plus tard, sans doute du fait de pressions américaines, les Emirats votent cette fois, à l’Assemblée générale de l’ONU, une résolution « exigeant que la Russie cesse immédiatement le recours à la force contre l’Ukraine ». Mais Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, le président de la fédération des Emirats, n’a rien amendé de sa prétendue « neutralité » dans la crise ukrainienne, qui conduit son pays à assurer aujourd’hui des transactions essentielles pour la campagne russe, tout en devenant le sanctuaire privilégié des oligarques sous sanctions occidentales.
Vladimir Poutine et Mohammed Ben Zayed, au palais présidentiel d’Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, le 15 octobre 2019. CHRISTOPHER PIKE / REUTERS
Armement et blanchiment
Les doutes qui pouvaient encore subsister sur la « neutralité » des Emirats ont été dissipés en février, lors du salon international de l’armement IDEX, qui s’est tenu à Abou Dhabi, pendant le premier anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine. Le Kremlin avait en effet décidé d’y exposer des véhicules blindés, des hélicoptères de combat et des missiles antiaériens, tous testés en Ukraine et destinés à l’exportation. Le vice-premier ministre, Denis Mantourov, qui a ouvert le pavillon russe, s’est félicité à cette occasion que les Emirats soient devenus le premier partenaire de son pays dans le monde arabe, avec « en 2022, des échanges commerciaux en progression de 68 % ». Au même moment, la Banque centrale d’Abou Dhabi accorde une licence à la banque russe MTS au motif qu’elle « contribue à soutenir le commerce légitime entre les deux pays et à servir la communauté russe aux Emirats arabes unis ».
Cette « communauté russe » était déjà très active à Dubaï avant l’invasion de l’Ukraine, notamment autour des réseaux liés à Ramzan Kadyrov, l’autocrate placé par Vladimir Poutine à la tête de la Tchétchénie. Mais les oligarques se sont massivement repliés sur les Emirats pour échapper aux sanctions qui les frappent désormais en Europe et aux Etats-Unis. Près de deux millions de passagers russes ont utilisé l’aéroport de Dubaï en 2022,
Vue aérienne du monastère chrétien d’Al Sinniyah, découvert par une équipe internationale aux Émirats arabes unis. L’établissement aurait été actif du VIe au VIIIe siècle. Umm Al Quwain’s Department of Tourism and Archaeology
ARCHÉOLOGIE – Les vestiges d’une communauté d’ascètes, active du temps de la naissance de l’Islam, ont été mis au jour aux Émirats arabes unis. Ils témoignent d’une époque où un autre monothéisme faisait florès dans la péninsule.
Al Sinniyah n’a rien des perles chargées de palaces et de gratte-ciels qui forment le chapelet luxueux des îles émiraties. L’îlot désertique ne fait pas de vagues le long de la côte méridionale du golfe Persique, au nord de Dubaï. Cette langue aride et ensablée ravit en revanche les archéologues des Émirats arabes unis. Ils y ont mis au jour, ces derniers mois, des vestiges pour le moins inattendus dans cette partie du monde : un monastère chrétien.
Selon les premières datations réalisées sur les vestiges découverts sur place, le complexe religieux aurait été fondé entre la fin du VIe et le début du VIIe siècle. Cela en ferait un site qui précède de quelques dizaines d’années la naissance et la diffusion de l’Islam dans la péninsule arabique, voire qui en serait contemporain.
Découvert dès 2021, le monastère d’Al Sinniyah a été minutieusement dégagé au cours de l’année écoulée. Le chantier a été confié aux archéologues de l’université des Émirats arabes unis, en collaboration avec l’université de New York et la mission archéologique italienne d’Umm Al Quwain. «C’est une découverte extrêmement rare», s’est réjoui dans le quotidien émirati The National , en novembre, l’archéologue britannique Tim Power, qui a participé à l’opération de fouille. «Le fait qu’il y ait eu une population arabe chrétienne en Arabie orientale a été un peu oublié, poursuit-il. Cette découverte est donc un rappel important d’un chapitre perdu de l’histoire arabe.»
Contemporain de la conquête islamique
Le site religieux était composé d’une église à nef unique, de cellules et d’un réfectoire. Une résidence privilégiée, une maison à cour, qui devait accueillir le responsable de la communauté a aussi été mise au jour. Des structures liées à la vie quotidienne – citernes, fours, espaces de stockage… – complétaient le tout. Parmi les éléments les plus remarquables, les chercheurs révèlent avoir identifié de possibles fonts baptismaux près de l’autel, ainsi que les vestiges de larges calices en verre sans doute d’anciennes coupes liturgiques, pour l’Eucharistie.
Les vestiges les plus récents du site dateraient du milieu du VIIIe siècle, de la fin du Califat omeyyade, dont l’emprise s’étendait de la façade atlantique à la vallée de l’Indus. «La communauté n’a pas fait l’objet d’une conquête violente, mais a été lentement abandonnée», pointe néanmoins Tim Power, qui indique que les archéologues n’ont pas mis en évidence de traces de destruction violente du monastère. Le souvenir du site, comme des autres monastères, s’est dissipé au fil des siècles. «C’est tout un pan d’histoire cachée, en somme», résume encore Tim Power pour l’agence américaine Associated Press.
Le monastère d’Al Sinniyah est le second établissement chrétien de ce genre découvert aux Émirats arabes unis depuis les années 1990, et le sixième autour du golfe Persique. À quelques centaines de mètres du monastère, les vestiges de deux villages ont également été fouillés par les chercheurs. Le premier avait été détruit par les Britanniques en 1820. Le second datait de l’époque préislamique. En visite sur place en novembre, la ministre émiratie de la Culture, Noura Al Kaabi, a assuré que ces différents sites feraient l’objet d’une protection patrimoniale. L’île d’Al Sinniyah n’était, au bout du compte, pas si vide que cela.
Les ministères émiratis travaillent avec Yad Vashem et le groupe de veille IMPACT-se basé à Londres pour élaborer du matériel destiné aux écoles primaires et secondaires.
‘ambassadeur d’Israël aux Émirats arabes unis, Eitan Naeh, à droite, et l’ambassadeur d’Allemagne aux Émirats, Peter Fischer, deuxième à droite, assistent à une cérémonie à la bougie lors d’une exposition commémorant la Shoah juive à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 26 mai 2021. (Crédit : Kamran Jebreili/AP)
DUBAI – Les Émirats arabes unis ont pris des mesures importantes pour combattre le phénomène régional de négation de la Shoah dans la foulée des Accords d’Abraham de 2020 qui ont permis de normaliser leurs relations avec Israël.
Autrefois totalement absent du matériel scolaire des enfants des Émirats – où Israël ne figurait par ailleurs ni sur les cartes du monde ni sur les globes terrestres -, la Shoah devrait dorénavant faire partie intégrante du programme scolaire, le pays du Golfe cherchant à se positionner comme un faiseur de paix régional.
L’année dernière, la première exposition commémorative de la Shoah de la région a été inaugurée à Dubaï, quelques mois seulement après que les accords négociés par les États-Unis ont mis fin à une impasse de plus de 70 ans entre Israël et les Émirats
Depuis lors, sept survivants de la Shoah ont été invités dans le pays pour témoigner des horreurs du génocide nazi, notamment Eve Kugler, 91 ans, originaire d’Allemagne, qui a pris la parole au début du mois à l’occasion de l’anniversaire de la Nuit de Cristal, le pogrom du 9 novembre 1938 en Allemagne.
L’Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education (IMPACT-se), basé à Tel Aviv et à Londres, a collaboré avec le ministère de l’Éducation des Émirats afin d’élaborer les nouveaux programmes, qui s’adresseront aux enfants des écoles primaires et secondaires.
Marcus Sheff, directeur général d’IMPACT-se, a déclaré que les programmes des Émirats étaient déjà bien plus avancés que ceux des autres pays de la région, car ils ne contiennent « aucune trace de haine », ni d’antisémitisme, et « reconnaissent la place historique du judaïsme dans le monde arabe »..
#Kristallnacht was a tragic event that led to genocide. Crossroads of Civilizations Museum in Dubai hosted a historic commemoration last week, a first in the MENA region, where holocaust survivor Eve Kugler eloquently spoke. We were proud to participate and support. #NeverAgainpic.twitter.com/prt8bkDWtH
Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, a également travaillé avec le ministère de la Culture et de la Jeunesse des Émirats arabes unis sur l’élaboration de programmes d’études. Il partagera une grande partie de son contenu arabe et contribuera à l’élaboration de nouveaux matériels pour les Émirats.
« La négation de la Shoah dans le monde arabo-musulman a été un défi historique pour nous… mais ces développements importants sont le signe d’un changement qui a été amorcé au Maroc, où la Shoah a commencé à être abordée plus ouvertement », a déclaré Robert Rosette, historien principal au International Institute for Shoah Research de Yad Vashem. Lire la suite »
Le secteur de l’extraction de l’or échappe de plus en plus aux circuits traditionnels. Le nombre de mines artisanales augmente car les zones d’orpaillage échappent progressivement au contrôle des Etats
Le Mali s’impose progressivement comme le centre d’achat d’or des pays sahéliens et Dubaï est devenu ces cinq dernières années la principale destination de la production d’or artisanal du continent africain. En fermant les yeux sur l’origine des lingots qui arrivent sur leur territoire, les Emirats Arabes Unis nourrissent-ils indirectement tous les trafics ? Les institutions, comme l’OCDE, demandent en tout cas des régulations bien plus strictes. Notre enquête, réalisée dans plusieurs pays africains, permet de mieux comprendre comment et pourquoi le secteur aurifère mondial change de visage.
Si le président malgache, Andry Rajoelina, est prévu prendre la parole au forum du Seamless 2022, à Dubaï, le 1er juin, samedi, il a eu une séance de travail avec la Fédération arabe pour l’économie numérique. Cette organisation régionale, créée en 2018 par le Conseil de l’unité économique Arabe et la Ligue arabe, est connue mondialement dans le domaine du développement de l’économie numérique. Présente au niveau de 22 pays dans le monde, elle se propose de soutenir la mise en œuvre du Plan Émergence Madagascar, à travers la transformation digitale du pays.
La transformation digitale de l’administration du pays et le déploiement de l’e-Gouvernance à l’échelle nationale est d’ailleurs l’objet de la visite officielle du président aux Emirats Arabes Unis actuellement. Il est l’invité d’honneur de la Conférence et exposition sur le développement de l’économie numérique ou Seamless Middle East 2022 qui débute demain à Dubaï.
Déjà officieusement aux commandes depuis plusieurs années, le dirigeant succède à son frère Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, mort vendredi, à la tête de l’un des pays les plus puissants du Moyen-Orient.
Mohammed Ben Zayed Al Nahyane d’Abou Dhabi (en gris) serre la main du cheikh Houmaïd Ben Rachid Al-Nouaïmi d’Ajman, à Abou Dhabi, le 14 mai 2022. HAMAD AL-KAABI / AGENCE DE PRESSE DES EMIRATS ARABES UNIS (WAM) / AFP
Le dirigeant de fait est devenu aussi le dirigeant en titre. C’est de cette manière que l’on peut résumer les développements politiques survenus en fin de semaine aux Emirats arabes unis (EAU). A la suite du décès, vendredi 13 mai, à 73 ans, de Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, le président de cette fédération de principautés du Golfe, qu’un accident cérébral avait obligé à se retirer de la scène politique en 2014, son demi-frère Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, l’homme fort de la pétromonarchie depuis cette date, a accédé, samedi 14 mai, à la présidence. « Tout cela ne change pratiquement rien, reconnaît le politologue émirati Abdulkhaleq Abdullah. Cela fait près d’une dizaine d’années que Mohammed Ben Zayed agissait comme le président et était reconnu comme tel, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. »
Les dignitaires étrangers ont aussitôt commencé à affluer à Abou Dhabi, la capitale des EAU, devenus, en l’espace d’une décennie, l’un des pays les plus puissants du Moyen-Orient. Parmi eux figure Emmanuel Macron, arrivé dimanche dans le Golfe, son premier déplacement hors d’Europe depuis sa réélection. Durant son premier mandat, le président français a fait des Emirats le pilier de son action dans le monde arabo-musulman, un partenariat mis en lumière par le mégacontrat de quatre-vingts Rafale, signé, en décembre 2021, à Abou Dhabi. M. Macron a présenté ses condoléances au nouveau chef d’Etat émirati et l’a félicité pour son « élection ».
En fait d’élection, il s’est agi d’une formalité. Le Conseil suprême fédéral, organe réunissant les monarques des sept émirats composant les EAU, a désigné celui que l’on surnomme « MBZ » comme président à l’unanimité, entérinant un schéma de succession préparé de longue date. Devenu prince héritier d’Abou Dhabi en 2004, à la mort de son père, Zayed, le fondateur des EAU, et alors que Khalifa devenait émir d’Abou Dhabi et président, cheikh Mohammed était programmé pour parvenir au pouvoir suprême.
L’alliance entre Israël et des pays arabes envoie un message fort à l’Iran, a déclaré lundi le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid à l’issue d’une rencontre inédite dans le sud israélien: Etats-Unis, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Israël, Maroc, Egypte.
Israël et les Emirats arabes unis ont décidé d’exempter leurs ressortissants de visas, la première mesure du genre pour des citoyens d’un pays arabe annoncée mardi à l’occasion d’une visite d’une délégation officielle émiratie en territoire israélien.
Des délégués émiratis et israéliens signent un accord lors du premier Sommet commercial des accords d’Abraham à Abu Dhabi le 19 octobre 2020 en présence du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin (back-C) . AFP
La délégation émiratie, conduite par le ministre d’Etat aux Affaires financières Obaid Al-Tayer et le ministre de l’Economie Abdallah ben Touq Al-Mari, est également la première à se rendre en Israël depuis l’accord de normalisation entre les deux pays.
Elle est arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv à bord d’un avion de la compagnie Etihad Airways, accompagnée du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, impliqué dans le processus de normalisation. La visite sera brève et les responsables émiratis tiendront leurs entretiens à l’aéroport.
« Nous exemptons nos ressortissants de visas », a annoncé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur le tarmac de l’aéroport après avoir accueilli la délégation émiratie.
« Aujourd’hui nous faisons l’histoire qui perdurera sur des générations », a affirmé M. Netanyahu, entouré de MM. Tayer et Mnuchin. « Nous nous souviendrons de ce jour comme d’un jour glorieux pour la paix. »
Après cette courte allocution, des représentants israéliens et émiratis ont signé quatre accords sur l’exemption de visas, la protection des investissements, l’aviation et la coopération scientifique.
Aucune enquête ne vise à ce jour Juan Carlos lui-même mais les accusations d’une ancienne maîtresse, Corinna Larsen, relayées par la presse, ont éveillé la curiosité d’un procureur de Genève sur sa fortune qu’il aurait placée sur des comptes secrets en Suisse.
L’ancien monarque qui entretient des liens étroits avec les monarchies du Golfe, y aurait notamment reçu 100 millions de dollars de l’Arabie saoudite en 2008.