Culture
Esther Rasoloarimalala Randriamamonjy: académicienne
Esther Rasoloarimalala Randriamamonjy est mère de famille de quatre enfants, grand-mère de neuf petits enfants.
Elle a fait ses classes primaires dans les écoles protestantes à Ambohimahasoa, sa ville natale, et à Fianarantsoa au Collège protestant Rabaut-Saint Etienne, devenu plus tard Collège Randzavola, puis ses études secondaires entièrement au Collège Protestant Paul Minault où elle avait, par la suite, enseigné le malgache, le français et l’anglais , pendant des années. Ayant obtenu une bourse des Eglises, elle a continué ses études supérieures à Strasbourg et à Dijon, suivies par une formation d’éducateur à Birmingham.
Après ses études supérieures à Montpellier, son mari, M. Frédéric Randriamamonjy, Docteur es Sciences, fut nommé ambassadeur de Madagascar en ex-URSS, en Roumanie, en Yogoslavie et en R.D.A. Toute sa famille séjournait à Moscou pendant onze ans.
Grande passion pour la littérature
Pendant toute sa vie tant privée que professionnelle, au pays comme à l’étranger, Esther Randriamamonjy se passionnait pour la littérature, malgache d’abord et étrangère ensuite. Son amour des langues se fusionnait avec son désir de connaître une vaste culture du monde entier et ceci particulièrement à travers la littérature. « Aimer et faire aimer la littérature » restait depuis longtemps sa devise. C’est pour elle, une façon de voyager, de visiter des pays , d’approcher et de connaître des gens de toutes les races, de différentes cultures.
En tant qu’écrivain depuis plus d’une cinquantaine d’années, E.Randriamamonjy aborde presque tous les genres littéraires en malgache : romans, pièces de théâtre, nouvelles, récits, contes, poèmes.
Valorisation de la langue malgache
Pendant un certain temps cette écrivaine qui pense en malgache n’écrit qu’en malgache. « J’ai ma langue qu’est le malgache, une langue bien vivante, florissante et poétique. Je ne vois pas pourquoi je me soucierai des lecteurs qui ne comprennent ni ne parlent ma langue ! Je me contente quand même de produire des articles de fond en français et en anglais sur la culture et la littérature malgaches en général, partout où l’occasion se présente. Et j’en profite pour parler de mes propres travaux. Ceux qui veulent connaître réellement mes écrits, ils les traduisent en leur langue ».
Grâce à la collaboration du Docteur Ludmilla Kartachova, ses romans « Ho avy ny maraina » (« Le matin viendra » ) ainsi que « Trano rava » ( « La maison en ruines ») sont traduits en russe avec un tirage de 950.000 exemplaires qui s’écoulent en moins d’une semaine. …
Littérature sans frontière
Mais d’un autre côté, E.R.Randriamamonjy ne cesse de traduire des œuvres littéraires étrangères mondialement connues en malgache non seulement pour le plaisir et pour démontrer aux gens qui refusent d’admettre que la langue malgache est capable d’exprimer toutes les pensées enrichissantes, mais aussi et surtout pour faire profiter ses lecteurs qui en général ne lisent que le malgache des richesses inouïes qu’apporte la lecture. En effet, elle a publié l’ « Anthologie de la Poésie classique Russe » présentée en version parallèle russe-malgache ainsi que des dizaines de contes russes, français et anglais pour les jeunes et les moins jeunes lecteurs malgaches. Contrairement à ce que l’on pense, il faut croire que les contes, quelle que soit leur provenance ne sont pas uniquement destinés aux enfants. « Mes lecteurs adultes appréciant mes contes par la lecture ou assistant les séances de contes dans les villages, et vue que j’en publie régulièrement dans les quotidiens comme « Tribune » depuis plus de dix ans , semblent ignorer les grands romans étrangers déjà traduits depuis des années en malgache, tel que « Ireo fadiranovana » (« Les Misérables » de Victor Hugo), ainsi que « Vahiny » ( « L’étranger » d’Albert Camus)…
« Ces contes ont fait des heureux partout dans le monde, comme dit l’auteur, pourquoi mes lecteurs malgaches qui ne lisent ni le chinois ni le norvégien ne profiteront-ils pas de ces richesses culturelles et éducatives, dans leur propre langue maternelle ? »
Privilégier la lecture
E. R. Randriamamonjy s’efforce d’encourager la lecture dans les lycées et collèges et utilise tous les moyens pour y arriver. Pour exemple, elle conte en plein air, dans les écoles, dans les églises, sur les places publiques et en même temps présente ses collections de livres. Il semble que de cette façon elle accroît énormément le nombre de ses lecteurs devenus de plus en plus gourmands de lecture. Il faut noter qu’un livre, dans une famille malgache, trouve au moins une dizaine de lecteurs. « Il est faux de dire que les Malgaches ne lisent pas ». La lecture est une habitude et en même temps une culture qu’il faut créer et à laquelle chaque famille, les écoles, chaque éducateur devraient se sentir responsables ».
Récentes publications
Actuellement, notre illustre écrivaine vient de publier un roman français « Retour à l’amer » – Roman à quatre mains, écrit intégralement par é-mail, avec la collaboration d’une amie française Chantal Constant de Bordeaux.
Outre les dizaines d’ouvrages littéraires épuisés et recherchés par les anciens lecteurs qui les réclament pour leurs enfants ou leurs petits-enfants, notre écrivaine intarrissable présente à son actif une vingtaine de titres présents dans toutes les librairies : romans, contes et nouvelles, des pièces de théâtre, jouées jusqu’à une trentaine de fois, soit au théâtre Municipal, soit dans les églises de la capitale et dans les environs, etc. Elle prépare également une collection de brochures « Amboara ny maraina » pour les tout-petits de deux et trois ans commence à paraître avec ses deux premiers titres sur les six qui vont paraître bientôt : « I Kinga sy i Bota » et « Manao baolina i Bota sy i Kinga ». Neuf nouveaux titres verront donc le jour pendant le courant de cette nouvelle année 2008. Plus d’un vont se réjouir et se régaler. En voilà une pierre, deux coups : les deux générations se rencontrent d’une façon détendue et se complètent tout en s’instruisant ; les mamans qui veulent réduire les heures de télé aux tout petits vont être tranquilles et s’amuser, ces derniers commenceront à enrichir leur petite bibliothèque, à connaître, à soigner leurs propres livres et les apprécier très tôt, pour devenir plus tard des grands lecteurs, non seulement des contes mais de tous les ouvrages utiles à leur développement intellectuel, culturel et spirituel .
29 Mars 1947: faha-70 taonan’ny Tolom-panafahana
Ireo zava-dehibe tsara fantarina sy tsiahivina, arahina resadresaka sy fifanakalozan-kevitra mety hahaliana ny olom-pirenena rehetra. Ary satria efa misokatra malalaka koa ny « archives » miafina tany France, dia tokony hohatevenina amin’izay ny « Tantara ofisialy malagasy » sy ny fomba fampianarana azy any an-tsekoly.
Nisy fihaonam-pikarohana ara-tsiantifika iraisam-pirenena nandalinana ny tena zava-niseho marina tamin’ny 29 Marsa 1947 teny Tsimbazaza. “Firenena Malagasy afaka sy mahaleotena”, io no lohahevitry ny fihaonana. Nosafidiana m
anokana ity lohahevitra ity mba hahafahan’ny rehetra mahafantatra ny tantaram-pirenena satria tsy misy firenena mandroso raha tsy mahafantatra ny tantarany ny vahoaka ao aminy. Ankoatra ny mba hahafantarana ny zava-nisy marina dia natao ihany koa ny mba hiraisan’ny Malagasy hevitra momban’ ny tantara tamin’ny 1947 ny fotoana omaly. Betsaka noho izany ireo tahirin-kevitra nivoaka momba iny tantara iny raha ny nambaran’ny filohan’ny Akademia Malagasy.
En 1947, les paysans ont lutté pour leur libérté
Code des 305 articles promulgué par la reine Ranavalona II
Oeuvre majeure de l’Admnistration royale impulsée par le Premier Ministre Rainilaiarivony, reflétant le « génie malgache » en vue de la transformation de la société traditionnelle sous la Monarchie.

Le Code des 305 articles fut promulgué par la reine Ranavalona II le 29 Mars 1881 ( Texte malgache intégral avec traduction française et notes bibliographiques par E.-P. Thébault,).
Le 3 septembre 1868, sur la place d’Andohalo, eut lieu le couronnement de la princesse Ramoma, sous le nom de Ranavalona II, la première à se faire couronner en tant que reine chrétienne à Madagascar. À la place des idoles royaux, la population vit une Bible à la portée de sa main, placée sur une table, tandis que trois pasteurs, dont Andriambelo, l’assistèrent.
Le dimanche 29 février 1869, la reine et son époux, le premier ministre Rainilaiarivony furent baptisés par le pasteur Andriambelo, à Imanampisoa, une des maisons royales bâties dans l’enceinte du palais.

L’assistance, qui comprenait la famille royale, les dignitaires du royaume, ainsi que les dirigeants des églises à Antananarivo et même le pasteur Andriambelo qui la baptisa était émus, les larmes aux yeux, en voyant la reine faire sa promesse devant Dieu, au cours du sacrement, que Dieu serait son seul maître jusqu’à sa mort. Le baptême d’une reine aurait été inimaginable dix années auparavant. Leur mariage fut aussi célébré religieusement en même temps. Ils devinrent membres de la Sainte Cène, le 4 juillet 1869, après quatre mois d’études du catéchisme.
Cliquer pour lire le Code des 305 articles
(Fichier lourd, patienter svp. pour le téléchargement)
« Confession »: Henri Ratsimbazafy (l’artiste), auteur – compositeur – chanteur
Anisan’ny andrarezina sy nateza, ela velona teo amin’ny sehatry ny kanto sy mozika malagasy i Henri Ratsimbazafy, ary nitondra ny talentany teo amin’ny sehatra iraisampirenena ihany koa.
Tourist taxes around Europe: in Belgium and Italy tourists pay the most
An ever-increasing number of European cities or regions are applying tourist taxes to travelers who stay overnight in their lodgings, albeit with large differences in the amount charged depending on the tourist destinations.
Both Catalonia and the Balearic Islands, the only two of Spain’s Autonomous Communities to charge a tourist tax, are among regions which charge the least. For a one week stay in a 5 star hotel in Catalonia, the visitor will be required to pay up to 17.75 euros, while in the Balearic Islands this number is around 14 euros.
The Highest Taxes – Belgium and Italy
According to statistics gathered by Kayak, Belgium and Italy are the tourist destinations with the highest tourist taxes. Travelers who decide to visit Brussels are required to pay approximately 42, 56 or 70 euros for a seven night stay in a 3, 4, or 5 star hotel respectively.
In the case of Italy, Rome is in the lead with a maximum tax of 49 euros for the same seven-night stay. Next in line is Florence, Venice and Milan with an average of 35 euros. Except in the case of Venice, where only the first 5 days are charged for, in the rest of Italy’s cities, the tax is charged for the first ten days.
The Lowest Taxes – Lisbon
Taom-baovao malagasy iraisana: mby aiza, ka ho aiza?
Adihevitra sy Fanazavana. Namaly ny fanasan’ny Fandaharana ny Solontenan’ireo mpamolavola ny fampiraisana azy eto amin’ny Firenena.
Vahiny eto: ny Jeneraly Ramakavelo Désiré (mpanabe) sy mpandalina Tantara, Rabedaoro Eris (mpanoratra sy mpanandro), Zakariasy Patrick (Tangalamena, « gardien des valeurs traditionnelles »), Ratsimizivason Jacques (teolojiana).
Initiatives oecuméniques: le Groupe des Dombes
Identité et Conversion
A l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, « La foi prise au mot » met le projecteur sur l’une des plus belles initiatives oecuméniques du monde francophone : le groupe des Dombes. Fondé juste avant la guerre de 1940 dans les environs de Lyon, ce groupe de théologiens catholiques et protestants n’a cessé depuis de proposer des pistes de réflexion pour une théologie commune. Pour découvrir son histoire (ses origines et son développement), son fonctionnement et les avancées qu’il a permises, Régis Burnet reçoit ses deux co-présidents : le Pasteur Jacques-Noël Pérès, professeur (émérite) à l’Institut Protestant de Paris, et le Père Jean-François Chiron, prêtre du diocèse de Chambéry et professeur de théologie à l’université catholique de Lyon. Retour sur une belle histoire commune entre protestants et catholiques et sur ses avancées.
Bienheureuse Anne Catherine Emmerich
Bienheureuse Anne Catherine Emmerich
(1774-1824)
Béatification en octobre 2004

télécharger gratuitement les 9 livres d’Anne-Catherine Emmerich 1720 pages 1,92 Mo
Les 9 livres de l’édition papier sont mis en lecture sur le site en 6 pages au format html.
N° 1
N° 2
N° 3
N° 4
N° 5
N° 6
Les Mystères de l’Ancienne Alliance—télécharger
La Douloureuse Passion
3 Tomes de la Vie d’Anne-Catherine Emmerich
par le père Schmoeger
source: http://www.livres-mystiques.com/
Dimanche 3 octobre 2004 – Anne-Catherine Emmerich tirait sa force de l’Eucharistie, a souligné Jean-Paul II lors de la béatification d e la mystique allemande, ce matin, place Saint-Pierre.
En Allemand, le pape évoquait, dans son homélie, la figure d’Anne-Catherine Emmerich, soulignant qu’elle avait souffert dans son corps « l’amère Passion de Notre Seigneur Jésus Christ ». Le pape rappelait que la « Mystique du pays de Münster » était la fille de « paysans pauvres », et cherchait avec ardeur la « proximité de Dieu » et que s’est accomplie en elle « l’œuvre de la gloire de Dieu ». Le pape soulignait
l’opposition entre sa « pauvreté matérielle » et la « richesse de sa vie intérieure ». La « patience » qu’elle démontra pour surmonter sa « faiblesse corporelle » est caractéristique de la « force des nouveaux bienheureux et de leur fermeté dans la foi ».
Mais elle tirait cette force, expliquait encore le pape, « de la sainte Eucharistie », en sorte que son exemple a attiré au Christ « pauvres et riches, gens simples ou cultivés ». « Aujourd’hui encore, disait le pape, elle partage à tous les rachetés la Bonne nouvelle : C’est par les blessures du Christ que nous sommes sauvés (Cf. 1 Petr 2, 24) ».
2004-09-30
Anne-Catherine Emmerich, portrait par une Orthodoxe du Liban
Jeudi 30 septembre 2004 – Lina Murr Nehmé est orthodoxe et libanaise. Artiste et historienne, elle est également auteur de nombreux ouvrages dans les domaines historique, artistique et exégétique. À l’occasion de la béatification d’Anne-Catherine Emmerich, elle publie, aux Éditions François-Xavier de Guibert, une nouvelle version de « la Douloureuse Passion du Christ » qui sera prochainement en librairie en France.
Qui est Anne-Catherine Emmerich ?
Anne-Catherine Emmerich était une paysanne de Westphalie, en Allemagne. Elle avait dix-neuf ans quand a commencé la Révolution française.
Elle voulait devenir moniale, mais elle se heurtait à un mur. D’abord, son père ne voulait pas. Ensuite, les couvents étaient si pauvres qu’ils ne pouvaient pas accepter de nouvelles recrues si elles n’avaient pas de dot. Anne-Catherine pensa que si elle apprenait l’orgue, elle serait acceptée quelque part. Elle se mit à faire des travaux de couture, pour économiser de quoi payer ses leçons. Quand elle pensa avoir suffisamment d’argent, elle quitta la maison paternelle et alla s’installer chez son maître à musique.
Mais vite, elle réalisa que lui et sa fille Clara avaient faim et vivaient dans la saleté. Elle se mit à les servir, et elle n’apprit pas l’orgue. Plus : elle dépensa toutes ses économies pour les nourrir, et quand elles furent finies, elle se retrouva sans rien, à avoir faim avec eux. Ce furent des années très dures. En cachette de son père, sa mère lui apportait de la nourriture. Quand elle lui reprochait ce qu’elle avait fait, Anne-Catherine, pourtant très malheureuse, répondait que si Dieu la voulait au couvent, il trouverait moyen de l’y mettre.
De fait, Clara, au contact d’Anne-Catherine, eut elle aussi la vocation religieuse. Elle n’avait aucune difficulté à trouver un couvent, puisqu’elle savait jouer de l’orgue. Mais son père exigea qu’Anne-Catherine soit acceptée aussi. Et c’est ainsi qu’Anne-Catherine entra avec Clara au couvent des Augustines d’Agnetenberg à Dülmen.
Mais l’Allemagne passa sous la domination napoléonienne, et Jérôme Bonaparte décréta la dissolution de ses monastères. Anne-Catherine fut jetée dans le monde, où elle perdit toute espèce d’anonymat. Elle avait des visions depuis l’enfance, et elle avait même reçu les stigmates de la couronne d’épines. Personne ne le savait : elle les cachait soigneusement. Mais dans la petite ville de Dülmen, où elle vécut jusqu’à sa mort, ses visions, ses miracles, autrefois protégés derrière les murs du couvent, se trouvèrent étalés au grand jour. Et elle reçut les autres stigmates. On ne peut pas cacher des blessures aux mains, et toute la ville le sut.
Les admirateurs et les faux amis la firent souffrir autant que les cancans et les persécutions des inquisiteurs religieux, politiques, médiatiques et médicaux. Les autorités française et allemande la soumirent à des examens médicaux pour prouver qu’elle entretenait ses blessures en cachette, qu’elle mangeait et excrétait en secret. Elles la firent surveiller nuit et jour. Elles ne purent que constater qu’elle ne mentait pas, mais n’en tirèrent pas de conclusion.
On parlait de plus en plus d’Anne-Catherine en Allemagne. On disait qu’elle voyait la vie du Christ, des saints, des prophètes de la Bible. Le leader du mouvement romantique allemand, Clemens Brentano, vint la voir. Il fut tellement enthousiasmé par ce qu’il entendit, qu’il s’installa à Dülmen, où, pendant six ans, il prit des notes et tenta d’en tirer des récits cohérents.
C’est à Brentano qu’on doit ainsi de connaître les précieux récits concernant le Christ, la Vierge et de nombreux saints. On lui doit aussi de savoir ce qu’Anne-Catherine endura de souffrances pour soulager ceux qui ployaient sous le poids de leurs fardeaux et pour leur donner la force de se relever. Elle parlait par obéissance, parce que ses supérieurs le lui avaient ordonné, et quand elle recevait l’ordre de se taire, elle se taisait. Elle aurait bien préféré rester cachée, et surtout, ne pas avoir vu certaines choses.
Un jour, alors qu’elle avait vu les malheurs qui allaient fondre sur l’Église d’Espagne, elle pensa : « Pourquoi faut-il que je voie tout cela, moi, pauvre pécheresse ; je ne peux pas le raconter, et il y a tant de choses que je ne comprends pas ! » Alors son ange gardien lui dit : « Tu ne peux pas savoir combien d’âmes liront un jour cela et seront par là consolées, ranimées et incitées au bien. Il existe beaucoup de récits de grâces semblables accordées à d’autres, mais la plupart du temps, ils ne sont pas faits comme il faudrait. De plus, les anciennes choses sont devenues étrangères aux hommes de ce temps, et elles ont été discréditées par des inculpations téméraires : ce que tu peux raconter est suffisamment intelligible, et cela peut produire beaucoup de bien que tu ne peux pas apprécier. »
« Ces paroles, me consolèrent », dit simplement Anne-Catherine, en rapportant l’épisode.
Elle avait bien besoin de consolation : quand Brentano publia la Douloureuse Passion, il fut traîné dans la boue, lui qui avait brillé comme une étoile au sommet du monde littéraire allemand. Le livre fut cependant un succès de librairie. Grâce à cette publicité, qui la fit tant souffrir, Anne-Catherine avait déclenché, au cœur de l’Europe matérialiste et athée, un extraordinaire mouvement de conversion, qui ne s’est jamais arrêté depuis.
Lina Murr Nehmé
– Lina Murr Nehmé, pourquoi une nouvelle édition du livre d’Anne-Catherine Emmerich ?
Lina Murr Nehmé : Parce que le livre est beau à l’extrême, et pourtant, il contient des longueurs, des redondances, des passages qui ne sont pas mis au bon endroit. Tout le monde n’a pas l’indulgence de supporter cela. Il fallait présenter au public une version dans un français moderne, et mettre les longueurs sous forme de notes en fin de livre. De plus, il y a un grand décalage entre ce qu’Anne-Catherine Emmerich dit et ce que nous pensons de l’époque du Christ, je le sais par expérience. Il m’a semblé utile de fournir aussi des notes et des hors-textes explicatifs, avec, en plus, des photos nombreuses.
– Quel est le message d’Anne-Catherine pour notre temps ?
Lina Murr Nehmé : Je pense que son message essentiel est œcuménique, et ceux qui la prétendent sectaire sont ceux qui ne la
connaissent pas. Pour elle, les hommes, les femmes ne sont pas bons ou mauvais en fonction de leurs religions ou de leurs idées, mais de leurs actes. Par exemple, elle décrit Pilate et les grands-prêtres juifs avec une égale sévérité, mais il en est tout autrement quand elle parle de la femme de Pilate, ou des Juifs ou Romains compatissants qui avaient des gestes de miséricorde envers cet être qui, pour eux, n’était ni Dieu, ni le Messie, mais rien qu’un pauvre condamné. Il est vrai que dans la Douloureuse Passion, elle accuse surtout les Juifs, mais c’est parce qu’elle y raconte une tragédie qui s’est déroulée en pays juif. Quand elle raconte des tragédies qui se sont déroulées en pays païen, elle accuse les païens. Ce qui est logique : la foule, sauf de rares exceptions, est généralement persécutrice, et le scénario de la Passion est criant de vérité.
– Comment se fait-il que vous, une Orthodoxe, vous intéressiez à elle ?
Lina Murr Nehmé : Au ciel, il n’y a pas de schisme orthodoxe. Soit Anne-Catherine a pratiqué l’Evangile et elle est au ciel — et alors, elle nous appartient à tous — soit elle ne l’a pas fait, et elle ne nous intéresse pas. Être Orthodoxe ou Catholique ne change pas l’attitude d’une Église face aux saints de l’autre, puisque sur tous les problèmes importants de la foi, nous pensons la même chose. Je ne vois pas pourquoi je me priverais de la moitié des saints. L’Union est un enrichissement, et j’ai écrit les arguments bibliques qui m’ont
convaincue de la légitimité du pape dans une annexe de mon livre « 1453 : Mahomet II impose le schisme orthodoxe », et je n’y reviendrai pas ici.
– Anne-Catherine Emmerich a-t-elle influencé votre façon de voir le pape ou d’autres éléments de la foi ?
Lina Murr Nehmé : Oui. À partir du moment où j’ai réalisé qu’elle racontait des choses qui, dans leur majorité, étaient logiques, j’ai été obligée, par honnêteté, de voir que je me trompais quand je pensais tant de mal de la papauté, de l’Ancien Testament, de Moïse et des prophètes, et des Juifs de l’Antiquité. J’ai fait des recherches dans la Bible, et j’ai été obligée de reconnaître que ce qu’elle disait des Juifs et de leurs prophètes était exact du point de vue évangélique. Cette remise en question a été une des plus douloureuses de ma vie, et certainement, la plus douloureuse pour mon orgueil. Je trouve ridicule qu’on accuse Anne-Catherine d’antisémitisme, quand elle force le lecteur le plus hostile aux Juifs, à les réhabiliter dans ce qu’ils ont de plus sacré, et à les aimer.
– Comment en êtes-vous arrivée à connaître Anne-Catherine Emmerich ?
Lina Murr Nehmé : Des prêtres français m’avaient parlé d’elle, quand j’étais jeune. Ils m’avaient prêté le livre sur la Passion. Je l’avais ouvert, et je l’avais aussitôt refermé en me disant : « C’est de la fumisterie. » Mais dix ans plus tard, voulant écrire un livre sur le Christ, j’ai réalisé qu’en dehors de la Bible et de Flavius Josèphe, il n’existe quasiment pas d’écrits datant de cette époque, et parlant de cette société. La plupart, malheureusement, ont disparu. Et comme on m’avait dit qu’Anne-Catherine avait donné des renseignements
historiques et archéologiques qui, par la suite, s’étaient révélés exacts, je m’étais procuré ses livres pour avoir des renseignements, ou plutôt, des signes de piste, que je pourrais vérifier ou infirmer dans mes recherches. Je ne cite jamais Anne-Catherine dans mes travaux scientifiques, mais ce que je dis, je le dois aux recherches que j’ai faites pour voir si ce qu’elle disait était vrai.
– Comment situer Anne-Catherine en tant que religieuse ?
Lina Murr Nehmé : Je crois qu’il faut la situer surtout par rapport à son ordre, celui des Augustins, qui était aussi l’ordre de Luther et d’Érasme. C’est une coïncidence curieuse, car Anne-Catherine a été leur antithèse, surtout, l’antithèse d’Érasme. Anne-Catherine, comme Erasme, a eu une influence décisive sur l’Europe de son temps, par ses écrits. Mais Érasme faisait de la démolition ; Anne-Catherine faisait l’inverse. En fait, elle a été victime de l’esprit de persiflage et d’hostilité à l’Eglise qu’il avait semé. Si elle avait vécu un ou deux siècles avant lui, on n’aurait pas mis tant de temps à la canoniser à cause de ses visions, comme le prouve l’exemple de sainte Catherine de Sienne, dont les textes « passent » beaucoup moins que ceux d’Anne-Catherine Emmerich. Mais pourquoi ne critique-t-on que les saints ? Que dire des écrits d’Érasme !
– Comment pouvez-vous situer Anne-Catherine en tant que femme ?
Lina Murr Nehmé : C’est vrai, on se demande pourquoi c’est à une femme, Anne-Catherine, qu’a été donnée cette science que tant d’hommes auraient voulu avoir. Peut-être parce que, comme dit saint Paul, la force de Dieu se manifeste dans la faiblesse. La science était devenue une déesse pour les hommes, et les rois les plus chrétiens, les papes permettaient qu’avec leur propre argent, des artistes honorent, sur les portes de leur palais, et parfois dans leurs églises, des dieux et de déesses dont les premiers chrétiens avaient brisé les statues. Si les riches désertent, Dieu fera appel aux pauvres. Si les hommes désertent, Dieu choisira les femmes pour leur donner des leçons, comme il a fait après la Passion, quand il a envoyé les femmes annoncer sa Résurrection aux disciples. Et Anne-Catherine était ce que les hommes haut placés qui prisaient tant le nouvel art païen, trouvaient alors de plus méprisable : une paysanne illettrée, une religieuse chassée de son couvent, une malade, une infirme. C’est là qu’on réalise combien l’égalité qu’on nous pousse à réclamer est fictive : quelle égalité une Anne-Catherine pouvait-elle réclamer, elle qui n’avait pas la force de bouger un panier de linge mouillé qu’on mettait sur son lit, et dont personne ne voulait ? Pourtant, Brentano, une des stars littéraires de son temps, la considérait infiniment supérieure à lui. Et c’est devant elle, pas devant ses persécuteurs, qu’on sent le désir de se mettre à genoux aujourd’hui.
– Que signifie pour vous la béatification d’Anne-Catherine Emmerich ?
Lina Murr Nehmé : Je crois qu’on ne peut que s’incliner devant le courage de Jean-Paul II et de son Église, qui ont reconnu la sainteté d’Anne-Catherine, en des temps où il suffit de dire qu’on ne la méprise pas pour être soi-même méprisé.
La maison de la Vierge Marie redécouverte à Ephèse (Turquie)
La Réalité c’est quoi? Et quels niveaux?
Physique et Philo: Conférence de Mr Bernard d’Espagnat, à la fois physicien et philosophe, Professeur émérite de l’Université Paris-Orsay. « Le réel voilé » vs « le réalisme naïf »