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Lutte contre la Corruption – Le Premier ministre veut du concret
Le Comité de pilotage de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption a tenu sa première réunion, hier, à Mahazoarivo. Un rendez-vous qui marque le coup d’envoi de la concrétisation de ce document en janvier 2026.

Une nouvelle étape de la lutte contre la corruption». À l’unisson, les entités publiques dont les chefs de file ont pris part à la réunion qui s’est tenue au palais d’État de Mahazoarivo, hier, reprennent cette phrase d’attaque pour démarrer leur communiqué.
Le comité est coprésidé par Herintsalama Rajaonarivelo, Premier ministre, et Jean Louis Andriamifidy, président du Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI). Selon le communiqué de la Primature, le chef du gouvernement «veut des actions concrètes» pour atteindre les objectifs inscrits dans cette SNLCC. «Il appartient à tous les acteurs d’assumer pleinement leurs responsabilités, car la réforme ne saurait se limiter aux discours. Elle doit se traduire par des actions concrètes et des comportements exemplaires au quotidien, tant dans l’exercice des fonctions que dans les relations sociales et la vie en communauté», déclare-t-il.
Il s’agit de la première réunion du Comité de pilotage de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) sur la période 2025-2030. Le document-cadre de cette stratégie a été validé en Conseil des ministres le 15 janvier 2025. Une validation suivie d’une cérémonie de lancement, le 31 janvier 2025. Toutefois, sur le plan technique, la réunion d’hier constitue «concrètement» le coup d’envoi de sa mise en œuvre, selon les explications. Ce n’est qu’un an après donc que la SNLCC entre dans le vif du sujet.
«Cette réunion démontre la volonté politique de l’État à lutter contre la corruption. Il ne s’agit pas juste de déclarations d’intention. Les discours seront accompagnés d’actions. Il y a déjà un chronogramme précis et une stratégie pour mettre en œuvre et suivre les étapes franchies», renchérit maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre d’État chargée de la Refondation. À lire le document-cadre de la SNLCC, c’est le Comité de pilotage qui «approuve les plans d’actions annuels et propose des mesures correctives adaptées si nécessaire».
Les objectifs de la SNLCC 2025-2030 reposent sur trois axes principaux, qui sont «la lutte contre l’impunité, la coordination de l’ensemble des acteurs concernés [incluant l’État, les institutions, la société civile, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que la population], et le respect des lois et règlements afin d’ancrer durablement une culture de l’intégrité au sein de la société».
Fin de l’impunité
L’élaboration de la SNLCC a été précédée d’une période d’évaluation et de consultation à travers le pays. Lire la suite »
Léon XIV à l’ACERAC: adaptez l’Evangile à la culture de chacun

Vatican News
Le Pape a adressé un message, signé par le cardinal Pietro Parolin, aux participants à la 13e Assemblée plénière de l’Association des Conférences Épiscopales de la Région de l’Afrique Centrale (ACERAC) réunie à N’Djamena, au Tchad, du 25 janvier au 1er février. Dans ce message, le Saint-Père se réfère à l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa qui célèbre son 31e anniversaire et rappelle les défis majeurs que l’Église est appelé à relever sur le continent africain pour que son message reste crédible. L’exhortation apostolique Ecclesia in Africa, publiée par Jean-Paul II en 1995, identifie plusieurs défis dont l’inculturation de la foi; la justice, la paix et le développement; l’autofinancement et l’autonomie ; la formation des agents d’évangélisation; le dialogue interreligieux; ainsi que les défis contemporains, notamment la lutte contre les idéologies contraires aux valeurs anthropologiques et chrétiennes.
Rendre l’Évangile présent dans le tissu social
Bien qu’en Afrique centrale, les défis que l’Eglise est appelée à relever prennent parfois la forme du tribalisme, des conflits interethniques et des divisions familiales, il existe en même temps des cultures riches et diverses appelées à devenir un terreau fertile pour la proclamation de l’Evangile, capables de susciter un esprit de réconciliation. Le message du Pape, lu le lundi 26 janvier à l’ouverture de la session plénière par le nonce apostolique au Tchad, Mgr Giuseppe Laterza, commence par un mot de bienvenue au président de l’ACERAC, Mgr Martin Waïngue Bani. Le Saint-Père adresse ensuite ses pensées aux évêques, qui se consacrent quotidiennement au service des communautés qui leur sont confiées, et aux prêtres, leurs premiers collaborateurs. Les réunions régulières de l’ACERAC, écrit le Pape, favorisent la coopération mutuelle, approfondissent les vérités chrétiennes et développent les relations avec les autres communautés religieuses et les autorités civiles. Elles contribuent à rendre l’Évangile présent dans la culture et la société; à promouvoir la protection de la vie humaine, la paix et la justice; à prendre soin des victimes vulnérables des conflits et à défendre la Création.
L’Église en Afrique est vivante, forte et dynamique
Le Pape rappelle la commémoration, cette année, du 31e anniversaire de l’exhortation post-synodale Ecclesia in Africa, qui affirme que le continent africain vit «un signe des temps, un moment propice, un jour de salut». La communauté ecclésiale locale, ajoute Léon XIV, est une réalité «vivante, forte et dynamique», et les paroles de l’exhortation publiée en 1995 restent pleinement d’actualité aujourd’hui. L’un des défis importants reste l’inculturation de la foi: «Il ne s’agit pas d’adapter l’Évangile au monde, mais de trouver dans chaque culture les manières appropriées de proclamer la Parole qui ne périt jamais, enrichissant et servant l’existence humaine».
État civil : lancement de l’enrôlement biométrique

Le coup d’envoi de l’enrôlement biométrique des citoyens âgés de 18 ans et plus a été donné hier dans la commune d’Ampitatafika, dans le district d’Atsimondrano. Cette phase initiale, prévue jusqu’au 24 février dans la zone pilote, précède une extension progressive à l’ensemble du territoire à partir du 3 avril.
Sur le terrain, l’opération se veut accessible et volontaire. À Ampitatafika, les centres d’enrôlement accueillent les citoyens sans prise de rendez-vous, avec un objectif quotidien d’environ 120 personnes enregistrées. Chaque procédure dure une quinzaine de minutes. Des campagnes de sensibilisation, appuyées par des réunions locales et des supports d’information déployés dans les fokontany, ont été mises en place afin d’encourager la population à participer.
Le dispositif est organisé du lundi au vendredi, avec une combinaison d’équipes fixes installées dans certains fokontany et d’unités mobiles chargées de couvrir les zones plus éloignées. Présenté comme gratuit et réalisé une seule fois par citoyen, l’enrôlement biométrique est décrit par les autorités comme une étape structurante vers une identité légale sécurisée et reconnue. Lire la suite »
Université Anjombakilala d’Androy : Le Dr Jonary Tolérant opère une modernisation historique

L’image d’une université isolée aux effectifs réduits appartient désormais au passé. Depuis octobre dernier, un vent de dynamisme souffle sur Ambovombe. Le Dr Jonary Tolérant a transformé les défis en opportunités. En quelques mois, l’établissement est passé du statut de simple centre régional rattaché à celui d’université de plein exercice. L’objectif affiché est clair : offrir aux enfants de l’Androy une formation d’excellence égale à celle des grandes métropoles de la Grande Île. Alors qu’il ne comptait que 19 étudiants à l’arrivée du nouveau directeur, l’établissement s’apprête aujourd’hui à franchir le cap symbolique des 1 000 inscrits. Pour le Dr Jonary Tolérant, l’urgence était de sortir ce pôle d’une léthargie qui aura duré treize ans. Lire la suite »
Développement et Vie politique – L’armée veut être un acteur à part entière
Le chef d’état-major, le général Démosthène Pikulas, annonce que l’armée ne se taira plus face à la situation dans le pays. Sans remettre en cause les lois ni les institutions, il affirme que l’armée compte désormais être un acteur à part entière dans la gouvernance nationale.

L’armée sort de sa réserve. À entendre le discours du général Démosthène Pikulas, chef d’état-major des armées, hier, c’en est terminé de la Grande muette. Selon lui, dorénavant, l’armée ne compte plus fermer les yeux, ni rester indifférente, ni garder le silence. Elle a l’intention de jouer pleinement sa partition dans la vie de la nation, notamment sur le plan politique.
“On dit souvent que l’armée est sourde, muette et aveugle. (…) L’armée s’exprime aujourd’hui dans ce pays. Elle ne se considère pas comme un simple acteur réclamant sa part, mais comme un véritable copropriétaire de la nation, détenteur d’une part légitime de responsabilité. Ainsi, il faut écarter l’idée que l’Armée resterait silencieuse à l’avenir. Elle aura son mot à dire sur toutes les situations à venir, elle ne restera ni passive, ni indifférente, ni muette”, déclare le général Pikulas, en abordant la rubrique “l’armée et la nation”, en ouverture des assises militaires, au Centre de conférences international (CCI) d’Ivato, hier.
Les propos du récemment promu général de corps d’armée marquent un tournant dans la posture, vis-à-vis des affaires nationales, de celle qui pourrait alors se départir de l’indicatif Grande muette. Un concept qui veut que l’armée soit une institution qui ne s’exprime pas sur les affaires politiques. Qui lui impose une neutralité politique et un devoir de réserve. Il y a aussi la subordination de l’armée au pouvoir civil légalement établi. À Madagascar, comme dans la plupart des pays du monde, le Président ou le Chef de l’État est érigé par la Constitution comme le Chef suprême des Forces armées.
De tradition, par ailleurs, il y a aussi l’idée que les militaires exécutent les ordres sans poser de questions. À écouter l’allocution du général Pikulas, ce concept de Grande muette n’a donc plus lieu d’être. Comme argument pour défendre sa position, il sort le principe de l’intérêt supérieur de l’État.
Une stèle pour le 90e anniversaire du Lycée Rabearivelo : le STM apporte sa pierre à l’édifice

Une stèle sera érigée à l’occasion du 90e anniversaire du lycée Jean Joseph Rabearivelo (1936-2026), célébrée dignement vendredi Analakely. Le groupe Sakaizan’ny Teatra Malagasy (STM) de l’établissement, a annoncé sa contribution à ce projet, en organisant une exposition éphémère rétrospective, retraçant ses dix années de scène et de création théâtrale.
«Une stèle commémorant le centenaire du Lycée Rabearivelo, sera installée dans l’enceinte de l’établissement. Et, nous souhaitons apporter notre contribution, à travers une série de représentations théâtrales. Une manière pour nos membres, d’exprimer leur gratitude et reconnaissance envers leur école», souligne Michèle Razafimahay, coordinatrice du groupe théâtral.
Dans cette optique, plusieurs événements artistiques sont programmés cette saison. Une première représentation est prévue lors de la Journée des écoles, le 20 février, avec la présentation de « Kolosaina », une compilation d’œuvres créées par le groupe au cours des dix dernières années. Le programme se poursuivra au mois de mars, dans le cadre du Mois du théâtre à l’IFM Analakely et à l’AFT Andavamamba. Lire la suite »
« Madagascar – Une approche de l’Histoire par les documents »: présentation officielle de l’ouvrage au Café histoire

Après une première présentation à Paris en novembre de l’année écoulée, l’ouvrage collectif « Madagascar – Une approche de l’Histoire par les documents » (Editions Hémisphères) a été lancé officiellement samedi au Musée de la Photographie de Madagascar à Anjohy, lors d’un café histoire éponyme animé par l’historienne Faranirina Rajaonah. Un rendez-vous qui, comme d’habitude, a rassemblé de nombreux passionnés d’histoire.
Faisant suite à « L’Histoire de Madagascar : la construction d’une nation » en 2022, cet ouvrage conçu par une équipe pluridisciplinaire composée de Sylvie Andriamihamina-Ravoniharoson, Philippe Beaujard, Didier Nativel, Nicolas Pesle, Chantal Radimilahy, Raivolala Rahelison, Faranirina Rajaonah, Bako Rasoarifetra et Samuel F., apporte de nouveaux éclairages sur l’histoire de Madagascar, depuis son peuplement initial jusqu’à la période contemporaine.
« Ce livre est le fruit de trois années de recherches, d’écriture et d’harmonisation », explique Faranirina Rajaonah, docteure d’État et agrégée d’histoire, dont les travaux portent principalement sur l’histoire sociale et culturelle de Madagascar, durant l’époque coloniale.
(source: Joachin Michaël – newsmada.com)
Face aux défis de l’IA, le manifeste de Léon XIV pour un sursaut de l’humain

L’Église catholique enrichit ses orientations et précise sa pensée sur la révolution de l’IA. Dans un dense message pour la 60e journée mondiale des communications sociales, paru le 24 janvier, fête de saint François de Sales, patron des journalistes, Léon XIV a évoqué l’immense défi anthropologique soulevé par les systèmes d’intelligence artificielle. Le Pape plaide pour une alphabétisation numérique d’ampleur afin d’y faire face sans voir se consumer la civilisation humaine sous nos yeux.
Delphine Allaire – Cité du Vatican
Préserver les voix et les visages humains. C’est en partant de l’identité incarnée de la personne humaine, caractéristique singulière et «sacrée», que Léon XIV a développé les enjeux anthropologiques sous-jacents à la révolution récente de l’IA, scrutée depuis plusieurs années au Vatican. Après de nombreuses prises de parole sur la technologie numérique, le Pape américain, diplômé en mathématiques et en philosophie, alerte dans ce texte sur le risque d’une modification radicale de certains des piliers fondamentaux de la civilisation humaine, en commençant par le niveau «le plus profond de la communication» qu’est celui de la relation entre les êtres humains. Car «nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques prédéfinis».
L’effondrement cognitif
Léon XIV cible d’abord le système de récompense émotionnelle intrinsèque aux réseaux sociaux alimentés par les algorithmes. Les expressions humaines qui nécessitent plus de temps, comme l’effort de compréhension et la réflexion, en sortent pénalisées. «En enfermant des groupes de personnes dans des bulles de consensus facile et d’indignation facile, ces algorithmes affaiblissent la capacité d’écoute et de pensée critique et augmentent la polarisation sociale», regrette le Pape, vilipendant de surcroît «la confiance naïve et acritique» dans l’intelligence artificielle, lorsqu’elle est considérée comme une «amie» omnisciente, dispensatrice de toutes les informations, archive de toutes les mémoires, «oracle» de tous les conseils. «Tout cela peut encore affaiblir notre capacité à penser de manière analytique et créative, à comprendre les significations, à distinguer la syntaxe de la sémantique», a-t-il ajouté.
Créativité et génie humain, la grande régression
Ainsi, en dépit des nombreuses tâches d’assistance fournie par l’outil IA, se soustraire à l’effort de réflexion, «en se contentant d’une compilation statistique artificielle», risque bien à long terme d’éroder nos capacités cognitives, émotionnelles et communicatives. Léon XIV cite pour preuve le risque de démantèlement des industries créatives par une IA ayant pris le contrôle de la production de textes, de musique et de vidéos. L’homme devenant un simple consommateur passif «de pensées non réfléchies, de produits anonymes, sans paternité, sans amour»; tandis que les chefs-d’œuvre du génie humain dans le domaine de la musique, de l’art et de la littérature sont réduits «à un simple terrain d’entraînement pour les machines». Pour Léon XIV, renoncer au processus créatif et céder nos fonctions mentales et notre imagination aux machines revient aussi à enterrer les talents reçus afin de grandir en tant que personnes dans notre relation avec Dieu et les autres, revient «à cacher notre visage et à faire taire notre voix».
Être ou faire semblant: simulation des relations et de la réalité
Outre ce péril d’affadissement intellectuel, l’évêque de Rome met en garde contre les anthropomorphisations trompeuses des machines, autre terrain de vigilance. Léon XIV vise les «bots» (robots) et autres «influenceurs virtuels» particulièrement efficaces «dans la persuasion occulte», grâce à une optimisation continue de l’interaction personnalisée. «Cette anthropomorphisation, qui peut même être amusante, est en même temps trompeuse, surtout pour les personnes les plus vulnérables», souligne-t-il. «Les chatbots rendus excessivement ‘’affectueux’’, en plus d’être toujours présents et disponibles, peuvent devenir les architectes cachés de nos états émotionnels et ainsi envahir et occuper la sphère intime des personnes.»
Un très illusoire monde de miroirs Lire la suite »