Le président sud-coréen, Lee Jae-myung, a demandé à son homologue chinois, Xi Jinping, de jouer un rôle de médiateur auprès du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, qui avait annoncé préparer ses forces nucléaires à une « guerre réelle ».
Le président sud-coréen, Lee Jae-myung, et son homologue chinois, Xi Jinping, au Palais du peuple, à Pékin, le 5 janvier 2026. CHINA DAILY VIA REUTERS
S’adressant à des journalistes à Shanghaï à l’issue de sa visite en Chine, le président sud-coréen, Lee Jae-myung, a déclaré, mercredi 7 janvier, avoir demandé l’aide du dirigeant chinois, Xi Jinping, pour freiner le programme nucléaire de Pyongyang, en suggérant un gel de ce programme en échange d’une « compensation ». « J’aimerais que la Chine joue un rôle de médiateur sur les questions liées à la péninsule coréenne, y compris le programme nucléaire nord-coréen. Tous nos canaux sont complètement bloqués », a-t-il dit avoir déclaré à M. Xi en début de semaine lors de leurs entretiens à Pékin.
Selon lui, le dirigeant chinois a répondu en exhortant Séoul à faire preuve de « patience » envers son voisin, compte tenu de la détérioration des relations entre les deux Corées. « Et ils ont raison. Pendant assez longtemps, nous avons mené des actions militaires que la Corée du Nord a pu percevoir comme menaçantes », a concédé Lee Jae-myung.
« Il est dans l’intérêt commun de toutes les parties de maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule [coréenne]. La Chine continuera à sa façon de jouer un rôle constructif à cette fin », a dit une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Mao Ning.
Recevant une vingtaine de dirigeants, dont Vladimir Poutine et Narendra Modi, le président Xi Jinping a dénoncé, lundi, « la mentalité de guerre froide » et s’est posé en alternative à la puissance américaine défaillante, avant une grande parade militaire à Pékin, mercredi.
Vladimir Poutine reçu par Xi Jinping et son épouse, Peng Liyuan, au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, à Tianjin, le 31 août 2025. ALEXANDER KAZAKOV/SPUTNIK/VIA AP
Les avenues régulièrement bouclées à la circulation, grâce à un strict maillage policier, permettent le ballet des limousines officielles. Chaque réverbère est orné de bannières annonçant en chinois, russe et anglais : « Se retrouver à Tianjin pour une coopération gagnant-gagnant ! » La vaste cité portuaire, à 150 kilomètres de Pékin, est pour deux jours au centre de l’effort chinois pour redessiner l’ordre mondial à la défaveur de l’Occident.
Le président Xi Jinping y accueille, dimanche 31 août et lundi 1er septembre, une vingtaine de dirigeants étrangers, notamment son ami Vladimir Poutine et le premier ministre indien, Narendra Modi, particulièrement frustré du tour qu’a pris sa relation avec les Etats-Unis. Pour le Russe, Donald Trump a déployé le tapis rouge en Alaska, à la mi-août, malgré la poursuite de sa guerre en Ukraine mais pour l’Indien, le président américain a opté pour d’humiliants droits de douane du fait de ses achats de pétrole à Moscou. Tous deux regardent vers la Chine.
Le sommet de Tianjin, une ville d’environ 15 millions d’habitants dont le centre témoigne d’un passé douloureux de concessions étrangères coloniales, est au départ une rencontre des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), un forum régional sur l’Asie centrale, mais jamais elle n’avait accueilli autant d’Etats observateurs, de l’Egypte à la Malaisie. Xi Jinping en fait une plateforme pour un message bien plus vaste sur la nécessité de se départir des normes et des valeurs longtemps portées par les Etats-Unis et les Européens. Il entend poser la Chine en pôle de stabilité dans un contexte devenu si incertain.
Après un nouvel échange avec Vladimir Poutine, le président américain souhaite désormais inclure cet allié du président russe dans les discussions sur l’avenir de Kiev.
Thomas Peter / Reuters Donald Trump et Xi Jinping lors d’une diner à Pékin en novembre 2017.
INTERNATIONAL – La mainmise du Kremlin. Alors que les relations entre les États-Unis et la Chine ne sont pas vraiment au beau fixe, le président américain Donald Trump a dévoilé ce lundi 26 août qu’après une nouvelle discussion avec son homologue russe Vladimir Poutine, la Chine pourrait elle aussi prendre part au dialogue entre l’Ukraine et la Russie.
Avant cette révélation de taille pour l’avenir des négociations pour la paix en Ukraine, Donald Trump avait donc commencé par répondre à une journaliste qu’il s’était bel et bien entretenu avec le chef du Kremlin depuis le sommet à la Maison Blanche la semaine dernière avec Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens.
« Je crois que nous allons mettre fin à la guerre », a ensuite lâché le chef d’État américain, alors que tous les indicateurs semblent plutôt montrer une situation au point mort entre Kiev et Moscou. Qui n’arrivent absolument pas à s’entendre sur la tenue d’une réunion en tête à tête entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. Même le lieu de cette entrevue entre les deux présidents en guerre semble difficile à établir.
« Ils ne s’aiment pas », a simplement reconnu Donald Trump, interrogé sur les difficultés à organiser une telle rencontre. C’est dans ce contexte flou sur l’avenir du conflit ouvert en février 2022 que Donald Trump a lâché l’information selon laquelle la Chine de Xi Jinping pourrait entrer dans la danse. L’information a été dévoilée par le locataire de la Maison Blanche alors qu’il évoquait un point de sa dernière conversation avec Vladimir Poutine sur leur volonté commune de « dénucléariser ».
Shi Yongxin, l’abbé du temple Shaolin depuis 1998, avait transformé le monastère en une multinationale des arts martiaux. Depuis qu’il a été arrêté, les autorités chinoises ont lancé une vaste campagne de « décommercialisation » des temples bouddhistes.
Des moines Shaolin exécutent des figures d’arts martiaux dans la zone touristique du temple Shaolin, dans la ville de Zhengzhou (province du Henan), le 6 mai 2023. HUANG YUYANG/IMAGINECHINA VIA AFP
Ce lundi midi, au temple des Lamas de Pékin, une rangée d’étudiants s’agenouille devant le pavillon du bonheur infini, leurs bâtons d’encens levés au ciel. Un moinillon assis contre un mur contemple la scène en égrenant un collier… avant que deux jeunes femmes hilares ne l’approchent pour tenter un selfie. Derrière eux se dresse un « bureau de logistique juridique » couleur ocre, en réalité une boutique d’objets consacrés contrôlée par les moines. « Nous sommes le seul canal de gestion des fournitures bouddhistes », avertit un panneau marquant le début d’une longue file indienne.
D’autres croyants patientent devant le bureau suivant pour y faire consacrer leurs propres objets de méditation : un panneau de « conseils aimables » rappelle que « conformément aux rituels bouddhistes, les cartes d’identité, permis de conduire, billets d’entrée ne nécessitent pas de consécration ».
Dans les temples bouddhistes chinois, le sacré et le lucratif se confondent dans un ballet bien rodé. Et parfois l’un prend ostensiblement le dessus. Ce fut le cas avec le temple Shaolin, fondé en l’an 495, perché dans les montagnes du Henan. Mêlant bouddhisme zen et enseignement du kung-fu, le monastère s’est transformé ces trente dernières années en multinationale, prêtant son nom à plus de 700 entreprises, des chaussures de sport aux protections de lunettes de W-C… Il a accueilli de nombreuses personnalités – de Vladimir Poutine en 2006 à Victor Wembanyama en 2025 –, lancé des académies en Occident, organisé une tournée mondiale annuelle de spectacles de kung-fu… jusqu’à générer un revenu annuel de 1,2 milliard de yuans (143 millions d’euros).
Le Dalaï-Lama a déclaré que l’ancienne institution bouddhiste tibétaine qu’il dirige perdurerait après sa mort, mettant fin aux spéculations selon lesquelles il serait le dernier à occuper ce poste, puisqu’il envisage de se réincarner. autonome de Chine. La Chine revendique son droit à cette nomination!
À l’occasion des célébrations de son 90e anniversaire, le lauréat du prix Nobel de la paix a également signalé que la Chine, accusée par les militants tibétains de réprimer leur langue, leur culture et leur religion, devrait rester à l’écart du processus de sélection du prochain Dalaï-Lama. Les rares déclarations du 14e Dalaï-Lama interviennent alors que l’inquiétude grandit quant à son successeur à la tête du bouddhisme tibétain. « J’affirme que l’institution du Dalaï-Lama perdurera », a déclaré le Dalaï-Lama, qui a passé près de 70 ans en exil en Inde après avoir fui le Tibet, une région himalayenne
Pékin a annoncé sa riposte, mardi, à l’application par Washington de droits supplémentaires de 10 % sur les produits chinois importés aux Etats-Unis.
Le stand Google, lors de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC) de Shanghaï, le 5 juillet 2024. STR / AFP
La Chine a annoncé, mardi 4 février, qu’elle allait imposer des droits de douane de 15 % sur les importations de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL) américains, répliquant à l’application par Washington de droits supplémentaires de 10 % sur les produits chinois importés aux Etats-Unis.
Ces nouveaux droits de douane imposés par Pékin doivent entrer en vigueur le 10 février. Des taxes douanières de 10 % seront par ailleurs infligées aux importations de pétrole américain et à d’autres catégories de biens venant des Etats-Unis, comme les machines agricoles, les véhicules sportifs de grosse cylindrée et camionnettes, a ajouté le ministère des finances chinois.
Le ministère du commerce chinois a également annoncé avoir déposé plainte « devant le mécanisme de règlement des différends de l’Organisation mondiale du commerce » (OMC) à la suite de la hausse des droits de douane sur les produits chinois.
Plainte de Pékin auprès de l’OMC
Ces annonces de Pékin sont une réplique immédiate à l’entrée en vigueur, mardi dans la nuit, d’une augmentation de 10 % par les Etats-Unis des droits de douane américains sur l’ensemble des produits importés de Chine. Ces taxes américaines promulguées par Donald Trump « violent gravement les règles de l’Organisation mondiale du commerce, ne font rien pour résoudre les propres problèmes [des Etats-Unis] et perturbent la coopération économique et commerciale normale » entre les deux pays, a insisté le ministère chinois.
Pékin a déclaré porter plainte contre Washington auprès de l’Organisation mondiale du commerce. Mexico a de son côté a annoncé «des mesures tarifaires et non tarifaires en défense des intérêts» de son pays.
La Chine, le Mexique et le Canada ne comptent pas se laisser faire. Pékin a promis dimanche 2 février de répliquer aux nouveaux droits de douane américains sur ses produits officialisés par Donald Trump, en réaffirmant que les guerres commerciales ne faisaient «pas de vainqueurs». Le président républicain a imposé la veille 10% de taxes supplémentaires à celles déjà existantes sur les biens provenant du deuxième plus important partenaire des États-Unis, derrière le Mexique. Ce dernier, qui absorbe plus de 80% des exportations américaines, se voit quant à lui imposer des droits de douane à 25%. Idem au Canada. De quoi agacer les chefs d’État.
Le commerce sino-américain a représenté environ 500 milliards d’euros sur les 11 premiers mois de 2024 mais la balance est grandement en défaveur des États-Unis, avec un déficit de quelque 260 milliards d’euros sur la période, selon les chiffres de Washington. «La Chine est vivement mécontente et s’oppose fermement» au relèvement des taxes, a fustigé le ministère du Commerce dans un communiqué, en annonçant des mesures «correspondantes pour protéger résolument» les «droits et intérêts» chinois. «Il n’y a pas de vainqueurs dans une guerre commerciale ou une guerre de droits de douane», a assuré le ministère des Affaires étrangères dans un autre communiqué.
«La meilleure voie est de s’associer avec le Canada, et non de nous punir»
Pékin a annoncé porter plainte contre Washington auprès de l’Organisation mondiale du commerce pour ce qu’il a qualifié d’«imposition unilatérale de droits de douane en violation sérieuse des règles de l’OMC». Ces taxes ne sont «pas seulement inutiles à la résolution des problèmes des États-Unis, elles sapent aussi une coopération économique et commerciale normale», a dénoncé le ministère du Commerce. «La Chine espère que les États-Unis vont objectivement et rationnellement regarder et s’occuper de leurs problèmes tels que le fentanyl, plutôt que de menacer à tout bout de champ d’autres pays avec des droits de douane», a-t-il poursuivi.
Pékin «exhorte les États-Unis à corriger leurs pratiques erronées, (…) à faire face à leurs problèmes, à avoir des discussions franches, à renforcer la coopération et à gérer les différences sur la base de l’égalité, du bénéfice et du respect mutuels», toujours selon le communiqué du ministère.
De son côté, le Canada va également mettre en place des droits de douane sur les produits américains en représailles à ceux annoncés plus tôt par le président américain. «Si le président Trump veut inaugurer un nouvel âge d’or pour les États-Unis, la meilleure voie est de s’associer avec le Canada, et non de nous punir», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse au ton très dramatique.
«Des mesures en défense des intérêts du Mexique» Lire la suite »
Un don d’appareils d’hémodialyse a été octroyé par la République populaire de Chine à Madagascar. Ce soutien vise à améliorer l’accès aux soins pour les patients souffrant d’insuffisance rénale et à renforcer les compétences locales.
Le 6 novembre 2024, un accord a été signé entre Madagascar et la Chine pour la fourniture d’équipements d’hémodialyse. La cérémonie de signature a réuni le ministre malgache des Affaires étrangères, Rafaravavitafika Rasata, et l’ambassadeur de la République populaire de Chine à Madagascar, SEM Ji Ping, en présence de la Secrétaire générale du Ministère de la Santé Publique, Madame Lethicia Lydia Yasmine. Cette initiative, concrétisée par des Lettres à échanger, s’inscrit dans le cadre d’une coopération sino-malgache pour le développement du secteur de la santé.
Ce don, estimé à 6 150 000 RMB (3,90 milliards Ar), comprend non seulement les appareils d’hémodialyse, mais également les coûts associés au transport et à l’installation des équipements. Il vise à appuyer les efforts du Ministère de la Santé Publique malgache pour Lire la suite »
Le premier ministre australien Anthony Albanese a fait l’annonce du PPI. L’Australie est le partenaire privilégié de plusieurs nations du Pacifique en matière de sécurité. Tracey Nearmy / REUTERS
Face à Pékin qui forme des unités ou fournit des véhicules aux forces de police de plusieurs îles, l’Australie entend faire de même au travers de l’initiative de police du Pacifique (PPI).
Les représentants des territoires réunis au Forum des îles du Pacifique se sont accordés sur un partenariat policier commun, considéré comme une tentative de limiter le rôle de la Chine en matière de sécurité dans la région, a annoncé l’Australie mercredi. L’initiative de police du Pacifique (PPI) «renforcera la capacité des pays du Pacifique à respecter les exigences en matière de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure, et à se soutenir mutuellement en cas de besoin», peut-on lire dans un communiqué publié par le cabinet du premier ministre Anthony Albanese.
Ce nouveau partenariat prévoit la création de jusqu’à quatre centres régionaux de formation policière, et la mise en place d’une force multinationale de réaction aux crises. L’Australie est le partenaire privilégié de plusieurs nations du Pacifique en matière de sécurité. Elle a déjà mené des missions de maintien de la paix aux îles Salomon et a assuré la formation d’agents à Nauru, aux Fidji ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le ministre des Affaires étrangères de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Justin Tkatchenko, a déclaré mercredi à l’AFP que son pays souhaitait «collaborer avec l’Australie» pour mettre en œuvre la proposition.
Les deux partis ennemis ont signé, mardi à Pékin, une déclaration d’intention en faveur d’une réconciliation. La Chine estime que le rôle du Hamas ne pourra être ignoré dans l’après-guerre.
De gauche à droite, Mahmoud Al-Aloul (Fatah), le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, et Moussa Abou Marzouk (Hamas), à Pékin, le 23 juillet 2024. PEDRO PARDO / VIA REUTERS
Alors que le conflit à Gaza est entré dans son dixième mois, la déclaration prévoit, selon la partie chinoise, la création d’un « gouvernement intérimaire de réconciliation nationale », qui devra se focaliser sur la reconstruction de l’enclave après la guerre. Aucun calendrier ni détail ne sont avancés. « La clé de la réconciliation palestinienne est de renforcer la confiance, de rester dans la bonne direction, et de faire des progrès par étapes », a justifié M. Wang.
La Chine renforce ainsi sa stature diplomatique, se posant en faiseuse de réconciliation. Sous son égide, l’Iran et l’Arabie saoudite avaient déjà scellé la normalisation de leurs relations, en mars 2023, mais Pékin récoltait alors un fruit quasiment mûr. Cette fois, les divergences persistent sur le fond. Deux délégations du Hamas et du Fatah s’étaient déjà rendues dans la capitale chinoise en avril pour plusieurs jours de discussions, mais l’absence de communiqué commun à leur issue signifiait le peu d’avancées concrètes.
« Séparer les Palestiniens est un échec »
La République populaire de Chine est un soutien historique de la Palestine, même si elle a renforcé ces dernières années ses liens avec Israël. Mais elle a longtemps considéré qu’il n’y aurait que des coups à prendre à s’immiscer dans les tentatives de règlement du conflit, s’en tenant à distance. Gagnant en confiance et se posant aujourd’hui en contre-modèle des Etats-Unis, elle tente désormais d’obtenir des avancées dont elle peut revendiquer la paternité.