Emmanuel Macron a défendu, dans une interview à une télévision israélienne, sa décision de reconnaître un Etat palestinien, « meilleure manière d’isoler le Hamas » à ses yeux, tout en condamnant à nouveau vivement l’offensive à Gaza qui « détruit totalement » la « crédibilité » d’Israël.
Une commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU considère, dans un rapport publié mardi 16 septembre, qu’Israël est en train de commettre un « génocide » à l’égard des Palestiniens dans le cadre de la guerre menée dans la bande de Gaza en riposte aux attaques terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023.
Le rapport juge que l’Etat hébreu commet quatre des cinq catégories de faits qui définissent le crime de génocide, selon la convention de 1948.
Israel has committed genocide in Gaza, says UN commission of inquiry
A United Nations commission of inquiry says Israel has committed genocide against Palestinians in Gaza.
A new report says there are reasonable grounds to conclude that four of the five genocidal acts defined under international law have been carried out since the start of the war with Hamas in 2023: killing members of a group, causing them serious bodily and mental harm, deliberately inflicting conditions calculated to destroy the group, and preventing births.
Israel’s foreign ministry said it categorically rejected the report, denouncing it as « distorted and false ».
An Israeli spokesperson accused the three experts on the UN commission of serving as « Hamas proxies » and relying « entirely on Hamas falsehoods, laundered and repeated by others » that had « already been thoroughly debunked ».
Israeli rights groups accuse government of genocide: ‘We are doing it with a heavy heart’
Leaders of B’Tselem and Physicians for Human Rights Israel say they’re taking this step because « Denial is what allows these atrocities to continue.”
Le ministre israélien des Affaires étrangères dresse ce constat alors que de nombreux pays ont annoncé vouloir reconnaître la Palestine.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar le 8 septembre 2025. Bernadett Szabo / REUTERS
Le ministre israélien des Affaires étrangères a affirmé mardi 9 septembre que la reconnaissance d’un État palestinien nuirait «à la stabilité régionale», à quelques jours de l’Assemblée générale de l’ONU où plusieurs pays ont déjà annoncé leur intention en ce sens. «L’initiative actuelle visant à reconnaître un supposé État palestinien (…) récompense le Hamas pour le massacre du 7 octobre» a déclaré Gideon Saar depuis la Croatie, dont le ministre des Affaires étrangères avait auparavant souligné sa croyance dans une solution à deux États.
Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé en juillet que Paris allait reconnaître un État de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU fin septembre. D’autres pays, dont le Canada, l’Australie et la Belgique, ont ensuite fait part de la même intention. Londres a dit en août qu’il leur emboîterait le pas si une trêve n’était pas conclue à Gaza, où Israël mène une guerre contre le Hamas en riposte à l’attaque lancée par ce mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023 sur le sol israélien.
«La paix sera atteinte dans un contexte bilatéral»
L’attaque du 7 octobre a causé la mort de 1219 personnes en Israël, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Les représailles israéliennes ont causé au moins 64.300 morts à Gaza, en majorité des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, mais dont les données sont jugées fiables par l’ONU.
Lundi, l’Espagne – qui a reconnu en mai 2024 l’existence d’un État palestinien, a annoncé une série de mesures destinées à mettre fin à ce que le Premier ministre Pedro Sanchez a qualifié de «génocide à Gaza», notamment un embargo sur les armes à destination d’Israël. «La paix sera atteinte dans un contexte bilatéral et non par des décisions prises à Paris ou à Madrid», a répondu Gidéon Saar mardi.
Le ministre des Affaires étrangères israélien appelle la France à « reconsidérer » son initiative visant à reconnaître un État palestinien.
VES HERMAN, ABIR SULTAN / AFP Le ministre des Affaires étrangères israélien a affirmé ce jeudi 4 septembre qu’une visite d’Emmanuel Macron en Israël n’était pas à l’ordre du jour.
INTERNATIONAL – Persona non grata. Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a affirmé ce jeudi 4 septembre qu’une visite du président français Emmanuel Macron en Israël n’était pas à l’ordre du jour tant qu’il ne reviendrait pas sur sa décision de reconnaître un État palestinien.
Dans un entretien avec son homologue français Jean-Noël Barrot, Gideon Saar a appelé la France à « reconsidérer » son initiative visant à reconnaître un État palestinien, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Tant que la France poursuivra ses efforts et initiatives allant à l’encontre des intérêts d’Israël, une telle visite (de Macron en Israël) n’aura pas lieu d’être », a-t-il ajouté.
Fin juillet, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait reconnaître l’État de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre. Dans la foulée, plus d’une dizaine de pays occidentaux parmi lesquels le Canada, l’Australie et la Belgique ont appelé d’autres nations du monde à faire de même.
Netanyahu aurait rejeté une demande de Macron
Cette déclaration a provoqué une crise entre les deux pays, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ayant accusé le mois dernier le président français « d’alimenter le feu antisémite » en France.
La chaîne publique israélienne Kan, citant l’ancien député français Meyer Habib, a annoncé mercredi que Benjamin Netanyahu avait rejeté une demande d’Emmanuel Macron de se rendre en visite en Israël.
Dans son entretien avec Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie israélienne a estimé que l’initiative française « compromet la stabilité au Moyen-Orient et porte atteinte aux intérêts nationaux et sécuritaires d’Israël ».
La Cour pénale internationale estime que ces sanctions représentent une « attaque flagrante » contre l’indépendance de l’institution. La décision américaine a été saluée par le premier ministre israélien, lui-même visé par un mandat d’arrêt de la CPI.
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, dans le bureau Ovale de la Maison blanche, à Washington, le 18 août 2025. MANDEL NGAN/AFP
Les Etats-Unis ont annoncé, mercredi 20 août, prendre de nouvelles sanctions visant deux juges français et canadien, ainsi que deux procureurs, de la Cour pénale internationale (CPI), devenue la bête noire de l’administration Trump. Une décision qui a provoqué la « consternation » de la France et de la CPI.
« Aujourd’hui, je désigne Kimberly Prost du Canada, Nicolas Guillou de France, Nazhat Shameem Khan des Fidji et Mame Mandiaye Niang du Sénégal », pour avoir « directement participé aux efforts déployés par la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des ressortissants des Etats-Unis ou d’Israël, sans le consentement de l’un ou l’autre de ces pays », a déclaré le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, dans un communiqué.
Les Etats-Unis « ont clairement et fermement exprimé leur opposition à la politisation de la CPI », a-t-il ajouté, en soulignant que l’institution basée à La Haye représentait, selon Washington, « une menace pour la sécurité nationale et a été utilisée comme un instrument de guerre juridique contre les Etats-Unis et leur proche allié Israël ».
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a salué cette décision. « Je félicite Marco Rubio, le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, qui a décidé d’imposer des sanctions contre les juges de la Cour pénale internationale à La Haye », a déclaré M. Nétanyahou dans un communiqué. « C’est une action décisive contre la campagne de diffamation et de mensonges visant l’Etat d’Israël [et son armée] en faveur de la vérité et de la justice », a ajouté le premier ministre, lui-même visé depuis novembre 2024 par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.
La France s’est dite « consternée » par cette décision dans un communiqué diffusé par le Quai d’Orsay en fin de journée. Paris « exprime sa solidarité à l’égard des magistrats visés par cette décision », parmi lesquels le juge français Nicolas Guillou, et estime que les sanctions américaines sont « contraires au principe d’indépendance de la justice » alors que les Etats-Unis les justifient par « une politisation » de la CPI.
Les Etats-Unis s’offusquent en particulier des procédures ayant visé des soldats américains en Afghanistan, suspectés de crimes de guerre présumés ou encore les mandats d’arrêt de la CPI contre le premier ministre israélien et son ancien ministre de la défense, Yoav Gallant.
Les mesures annoncées consistent en une interdiction d’entrée sur le sol américain et le gel des avoirs éventuels détenus aux Etats-Unis et toute transaction financière avec eux.
Le ministre des finances, Bezalel Smotrich, qui plaide pour la construction des 3 000 logements de la colonie E1, juge qu’elle porterait un « coup de grâce » à la possibilité d’un Etat palestinien.
Bezalel Smotrich, le ministre des finances israélien, montre une carte situant la future colonie E1, lors d’une conférence de presse à Maalé Adoumim, en Cisjordanie, le 14 août 2025. OHAD ZWIGENBERG/AP
« Un coup de grâce porté à l’idée d’un Etat palestinien. » Bezalel Smotrich, le ministre des finances israélien, membre de l’extrême droite nationaliste et religieuse, n’a pas dissimulé sa satisfaction et ses intentions, jeudi 14 août, en annonçant la décision de valider le projet de développement d’une colonie juive stratégique, à l’est de Jérusalem, en Cisjordanie, territoire occupé par Israël de façon illégale depuis 1967.
La conséquence de cette annonce, si elle devait se réaliser, est majeure : avec cette colonie de 3 000 logements, connue sous le nom de code E1, située dans la ville de Maalé Adoumim, la Cisjordanie, déjà morcelée, se retrouverait coupée en deux, et la perspective de création d’un Etat palestinien viable serait presque impossible.
« La construction coloniale dans la zone E1 est une continuation des plans d’occupation visant à anéantir toute possibilité de réaliser l’Etat palestinien sur son territoire », a réagi l’Autorité palestinienne. L’ONG israélienne La Paix maintenant a dénoncé pour sa part un plan qualifié de « fatal pour l’avenir d’Israël et pour toute chance d’une solution à deux Etats ». L’annonce a provoqué un tollé parmi les pays arabes.
Quatre jours après le début des « pauses tactiques » décrétées par les autorités israéliennes à Gaza, le nombre de morts et de blessés dans la bande de Gaza continue d’augmenter, s’est inquiété mercredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.
Lors des funérailles de Palestiniens tués par des tirs israéliens alors qu’ils tentaient de recevoir de l’aide mercredi, et de Palestiniens tués lors d’une frappe aérienne israélienne nocturne sur une maison, selon des médecins, à l’hôpital Al-Shifa, dans la ville de Gaza, le 31 juillet 2025. DAWOUD ABU ALKAS / REUTERS
Berlin juge qu’Israël est de plus en plus isolé sur le plan diplomatique
Le ministre allemand des affaires étrangères a jugé Israël de plus en plus isolé sur le plan diplomatique face au désastre humanitaire à Gaza et aux menaces d’annexion de la Cisjordanie, avant de s’envoler jeudi pour Tel Aviv.
« La récente conférence de l’Organisation des Nations unies à New York a montré qu’Israël se trouve de plus en plus en position minoritaire », a déclaré Johann Wadephul à propos de la conférence ministérielle de lundi et mardi, où de nombreux Etats membres ont plaidé pour une solution à deux Etats, israélien et palestinien.
La Suède exige que l’Union européenne gèle la partie commerciale de son accord d’association avec Israël
Sur X, le premier ministre suédois a exhorté l’Union européenne à geler la partie commerciale de son accord d’association avec Israël. « La situation à Gaza est absolument terrible, et Israël ne respecte pas ses obligations les plus fondamentales ni les accords conclus concernant l’aide humanitaire, a écrit sur le réseau social Ulf Kristersson. La Suède exige donc que l’Union européenne gèle au plus vite la partie commerciale de l’accord d’association. La pression économique sur Israël doit s’intensifier. Le gouvernement israélien doit permettre une aide humanitaire sans entrave à Gaza. »
« Parallèlement, la pression sur le Hamas doit également s’accentuer, afin que les otages soient libérés immédiatement et sans condition, a ajouté le premier ministre. La Suède se félicite que de plus en plus de pays du Moyen-Orient exigent le désarmement du Hamas et qu’il ne puisse pas jouer de rôle dans une future administration de Gaza. »
Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande et présidente de The Elders, a prononcé un discours cinglant à l’ONU, qualifiant la guerre à Gaza de « génocide en cours » et accusant Israël de déshumaniser les enfants palestiniens. Mme Robinson a souligné que le Premier ministre israélien Netanyahou avait présenté ses excuses pour la blessure d’un prêtre, mais pas pour la mort de plus de 17 000 enfants.
Elle a appelé à des sanctions immédiates, à l’arrêt des transferts d’armes vers Israël et à la suspension des échanges commerciaux avec les colonies. « N’attendez pas que le génocide soit prouvé ; prévenez-le maintenant », a-t-elle déclaré aux délégués, avertissant que le droit international s’effondre face à l’inaction mondiale.
Présidente de » The Elders, a Nelson Mandela Group »
Saudi Arabia, Qatar, and Kuwait have welcomed French President Emmanuel Macron’s decision to recognize the State of Palestine in September. Riyadh called it a “historic decision,” while Doha and Kuwait hailed it as a step toward justice and regional peace. The Gulf Cooperation Council (GCC), including UAE and Bahrain, backed the move despite their ties with Israel.
U.S., Israel condemn France’s move to recognize Palestinian state