Les jeunes hommes doivent servir dans l’armée entre 18 et 22 mois. Sous la pression d’objecteurs de conscience, un service civil de trois ans a été institué en 2020.
De jeunes Sud-Coréens passent des examens médicaux d’aptitude au service militaire, à Séoul, le 1er février 2023. JUNG YEON-JE/AFP
Le visage est rond, la voix douce mais les propos tranchants. « Le service militaire forme des gens disciplinés pour la société et les entreprises qui fonctionnent selon les principes militaires et ont besoin de salariés obéissants. La Corée du Sud telle qu’elle apparaît à travers la K-Pop ou les séries télévisées peut sembler splendide et avancée. En coulisses, elle reste médiévale. » Jeong Wook, 23 ans, est objecteur de conscience et rejette par principe la conscription, obligatoire dans un pays qui est toujours officiellement en guerre contre la Corée du Nord.
Ce discours est une exception dans ce pays, où le service militaire est considéré comme une institution. De nombreux Sud-Coréens relaient d’ailleurs avec enthousiasme sur les réseaux sociaux les premiers pas sous les drapeaux de Kim Seok-jin, alias « Jin », chanteur du BTS, un groupe de K-pop mondialement connu. La star planétaire a terminé le 19 janvier ses classes au centre d’entraînement de la cinquième division d’infanterie à Yeoncheon, à 60 kilomètres au nord de Séoul. « Je passe de bons moments », a-t-il lancé sur la plate-forme Weverse, destinée aux fans de K-pop. Le voilà instructeur adjoint jusqu’à la fin de son service, le 12 juin 2024. Les six autres membres du groupe le suivront bientôt.
Chaque jeune Sud-Coréen en bonne santé doit en effet effectuer entre dix-huit et vingt-deux mois de service, selon l’arme choisie. Environ 90 % des hommes d’une classe d’âge se plient à cette obligation. « Je suis pour, en raison de la menace nord-coréenne », confirme Park Sung-chul, étudiant à l’université Koryo, qui déplore pourtant que le service ne soit rémunéré que l’équivalent de 400 euros par mois. Le service alimente aussi les tensions entre les jeunes des deux sexes, les jeunes femmes n’y étant pas soumises, ce qui leur laisse une longueur d’avance pour s’insérer dans un marché du travail tendu. Le refus de servir empêche d’ailleurs d’être recruté par une administration ou par une grande entreprise, le dossier militaire étant exigé pour ces embauches.
Professeur ANDRIANTSEHENO Marcellin – Président du Parti TAFAJIABY Candidat N°7 tamin’ny Présidentielles 2018. Mety ho vaha-volana no arosony fa mila fotoana, ary tsy maintsy « miara »-mientana raha te hahomby.
Au terme d’une mission de 5 jours à Madagascar (du 26 au 30 septembre dernier), l’heure est au bilan pour la délégation des Nations unies conduite par le représentant spécial du secrétaire général auprès de l’Union africaine, Parfait Onanga-Anyanga. Dans une déclaration transmise à la presse hier, la mission « réitère l’engagement du Système des Nations unies à appuyer le peuple et le Gouvernement de Madagascar dans l’organisation d’une élection présidentielle crédible et transparente dans un climat socio-politique apaisé ». Face aux tensions politiques qui prévalent actuellement, elle encourage toutes les parties prenantes à considérer en priorité l’intérêt national tout en incitant à une résolution pacifique des différends par la concertation et ce, en conformité avec la Constitution malagasy. La mission interpelle particulièrement la classe politique et les médias, « à s’abstenir de disséminer et à combattre tout discours qui pourrait inciter à la haine, à la discrimination, à la division ou à la violence avant, pendant et après l’élection présidentielle ».
La mission onusienne ne manque pas d’appeler toutes les parties prenantes au processus électoral à la retenue et à faire montre d’un sens élevé de responsabilité. Selon elle, chaque entité dispose du droit de s’exprimer et de se réunir pacifiquement. En revanche, il est important d’établir les balises dans le cadre d’un processus électoral équitable et crédible en vue d’un résultat accepté par tous et en total respect de la volonté du peuple.
Série de rencontres
La délégation – composée de représentants des Divisions de l’Afrique de l’Est et de l’Assistance électorale du Département des affaires politiques et consolidation de la paix, du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, du Programme des Nations unies pour le développement, avec l’appui du bureau du coordonnateur des Nations unies à Madagascar, Issa Sanog – a pu suivre de près l’avancée des préparatifs en vue de l’élection présidentielle, le 9 novembre prochain. Cette mission fait suite à une précédente mission déployée au mois de mars dernier, à la requête du Gouvernement de Madagascar.
La délégation a enchaîné les rencontres avec différents acteurs, notamment les membres de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le président du Sénat, le Premier ministre, chef du Gouvernement collégial, les membres du Gouvernement, les candidats à l’élection présidentielle, les organisations de la Société civile ainsi que les leaders religieux au sein du Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM).
Ce samedi, une messe grégorienne célébrait le début du Triple Jubilé du célèbre religieux et théologien saint Thomas d’Aquin. Ces trois années jubilaires (2023 – 2024 – 2025) marqueront les 700 ans de sa canonisation , puis les 750 ans de sa mort et enfin les 800 ans de sa naissance.
À cette occasion, les Frères dominicains de la Province de Toulouse organisent à partir de ce mois de janvier de nombreux événements culturels, universitaires, liturgiques, artistiques ainsi que des processions du crâne de saint Thomas d’Aquin, qui a été transféré dans un nouveau reliquaire.
Vue aérienne du monastère chrétien d’Al Sinniyah, découvert par une équipe internationale aux Émirats arabes unis. L’établissement aurait été actif du VIe au VIIIe siècle. Umm Al Quwain’s Department of Tourism and Archaeology
ARCHÉOLOGIE – Les vestiges d’une communauté d’ascètes, active du temps de la naissance de l’Islam, ont été mis au jour aux Émirats arabes unis. Ils témoignent d’une époque où un autre monothéisme faisait florès dans la péninsule.
Al Sinniyah n’a rien des perles chargées de palaces et de gratte-ciels qui forment le chapelet luxueux des îles émiraties. L’îlot désertique ne fait pas de vagues le long de la côte méridionale du golfe Persique, au nord de Dubaï. Cette langue aride et ensablée ravit en revanche les archéologues des Émirats arabes unis. Ils y ont mis au jour, ces derniers mois, des vestiges pour le moins inattendus dans cette partie du monde : un monastère chrétien.
Selon les premières datations réalisées sur les vestiges découverts sur place, le complexe religieux aurait été fondé entre la fin du VIe et le début du VIIe siècle. Cela en ferait un site qui précède de quelques dizaines d’années la naissance et la diffusion de l’Islam dans la péninsule arabique, voire qui en serait contemporain.
Découvert dès 2021, le monastère d’Al Sinniyah a été minutieusement dégagé au cours de l’année écoulée. Le chantier a été confié aux archéologues de l’université des Émirats arabes unis, en collaboration avec l’université de New York et la mission archéologique italienne d’Umm Al Quwain. «C’est une découverte extrêmement rare», s’est réjoui dans le quotidien émirati The National , en novembre, l’archéologue britannique Tim Power, qui a participé à l’opération de fouille. «Le fait qu’il y ait eu une population arabe chrétienne en Arabie orientale a été un peu oublié, poursuit-il. Cette découverte est donc un rappel important d’un chapitre perdu de l’histoire arabe.»
Contemporain de la conquête islamique
Le site religieux était composé d’une église à nef unique, de cellules et d’un réfectoire. Une résidence privilégiée, une maison à cour, qui devait accueillir le responsable de la communauté a aussi été mise au jour. Des structures liées à la vie quotidienne – citernes, fours, espaces de stockage… – complétaient le tout. Parmi les éléments les plus remarquables, les chercheurs révèlent avoir identifié de possibles fonts baptismaux près de l’autel, ainsi que les vestiges de larges calices en verre sans doute d’anciennes coupes liturgiques, pour l’Eucharistie.
Les vestiges les plus récents du site dateraient du milieu du VIIIe siècle, de la fin du Califat omeyyade, dont l’emprise s’étendait de la façade atlantique à la vallée de l’Indus. «La communauté n’a pas fait l’objet d’une conquête violente, mais a été lentement abandonnée», pointe néanmoins Tim Power, qui indique que les archéologues n’ont pas mis en évidence de traces de destruction violente du monastère. Le souvenir du site, comme des autres monastères, s’est dissipé au fil des siècles. «C’est tout un pan d’histoire cachée, en somme», résume encore Tim Power pour l’agence américaine Associated Press.
Le monastère d’Al Sinniyah est le second établissement chrétien de ce genre découvert aux Émirats arabes unis depuis les années 1990, et le sixième autour du golfe Persique. À quelques centaines de mètres du monastère, les vestiges de deux villages ont également été fouillés par les chercheurs. Le premier avait été détruit par les Britanniques en 1820. Le second datait de l’époque préislamique. En visite sur place en novembre, la ministre émiratie de la Culture, Noura Al Kaabi, a assuré que ces différents sites feraient l’objet d’une protection patrimoniale. L’île d’Al Sinniyah n’était, au bout du compte, pas si vide que cela.
En 2022, 28 titres du genre se sont hissés dans le classement des 100 premiers livres achetés.
L’envolée des bandes dessinées japonaises s’expliquerait surtout par la conquête de nouveaux publics, qui n’en achetaient pas jusqu’à récemment. Lewis Tse Pui Lung / stock.adobe.com
Environ un livre sur sept achetés en France en 2022 a été un manga, avec une croissance qui devrait se prolonger vu le jeune âge des lecteurs, selon une étude révélée par l’institut GfK. L’institut, qui fait référence pour les ventes de livres, a relevé pendant le Festival international de la BD à Angoulême que le manga représentait en volume 57% du marché de la bande dessinée, qui elle-même pèse pour 25,2% du marché du livre. «Le manga atteint des sommets, alors qu’il avait déjà connu une année historique en 2021», a expliqué lors d’une conférence de presse une consultante de GfK, Casseline Rosello.
Environ un livre sur sept achetés en France en 2022 a été un manga, avec une croissance qui devrait se prolonger vu le jeune âge des lecteurs, selon une étude révélée par l’institut GfK. L’institut, qui fait référence pour les ventes de livres, a relevé pendant le Festival international de la BD à Angoulême que le manga représentait en volume 57% du marché de la bande dessinée, qui elle-même pèse pour 25,2% du marché du livre. «Le manga atteint des sommets, alors qu’il avait déjà connu une année historique en 2021», a expliqué lors d’une conférence de presse une consultante de GfK, Casseline Rosello.
En dix ans, le volume du marché français du manga, deuxième au monde derrière le Japon, a été multiplié par quatre. Il a atteint 381 millions d’euros en valeur en 2022. Un genre du manga, le shônen (à destination des garçons adolescents), représente à lui seul 43% des ventes de BD en France.
De nouveaux adeptes
Alors qu’aucun manga n’apparaissait parmi les 100 livres les plus vendus en 2019, ils ont été trois en 2020, 24 en 2021 et 28 en 2022. Ces titres très populaires, à l’image des 253.000 exemplaires en 2022 du premier tome de One Piece , sont généralement des débuts de série à bas prix, pour convaincre le lecteur de poursuivre plus loin. One Piece compte ainsi 103 tomes à ce jour en français.
Le rôle du Pass culture, subvention étatique aux collégiens, lycéens et étudiants pour acheter des produits culturels, est à relativiser. «Le Pass culture qui serait un Pass manga, c’est une idée reçue», soulignait jeudi matin à Angoulême la ministre de la Culture Rima Abdul Malak.
Pour ce qui est des livres achetés grâce à ce pass, premier poste d’achat de ses détenteurs, le manga représente 43% des ventes en volume, et 29% en valeur. GfK a noté l’élargissement de la clientèle des mangas. En 2022, «les lecteurs qui achetaient déjà du manga en ont acheté un peu moins. On a plus de croissance du côté de ceux qui n’en achetaient pas», a souligné Casseline Rosello.
Le Festival d’Angoulême accueillait cette année plusieurs vedettes du manga comme Hajime Isayama (L’Attaque des titans ), Ryoichi Ikegami, dessinateur entre autres de la série Crying Freeman, ou encore Junji Ito (Maniac par Junji Ito, anthologie macabre sur Netflix).