Le président américain Joe Biden lors d’une marche commémorative sur le pont Edmund Pettus pour le 58e anniversaire du «dimanche sanglant». JONATHAN ERNST / REUTERS
Le président américain s’est rendu dimanche sur le pont Edmund Pettus pour le 58e anniversaire du «dimanche sanglant».
Joe Biden a insisté dimanche sur l’importance de connaître l’histoire américaine dans son intégralité, «le bien comme le mal», en commémorant la répression brutale il y a 58 ans d’une marche pour les droits civiques.
Ce «dimanche sanglant» avait traumatisé les États-Unis et avait abouti quelques mois plus tard au Voting Rights Act, une loi fédérale garantissant l’accès au droit de vote pour tous. Ces manifestants «ont forcé l’Amérique à faire face à la vérité et à agir», a déclaré Joe Biden en accusant l’opposition de vouloir, aujourd’hui, «dissimuler la vérité» historique. «On ne peut pas choisir d’apprendre que ce que l’on veut savoir», a-t-il lancé, alors qu’un débat fait rage sur l’enseignement du passé esclavagiste et ségrégationniste dans les écoles du pays. «On doit tout savoir, le bien comme le mal», a-t-il martelé.
Plusieurs États conservateurs ont adopté depuis 2020 des lois pour interdire d’enseigner la «théorie critique de la race», un concept universitaire devenu une formule attrape-tout pour les programmes de sensibilisation au racisme. Le gouverneur de Floride Ron de Santis, qui nourrit des ambitions présidentielles, a défendu récemment l’interdiction d’un cours au lycée sur l’histoire afro-américaine, accusé d’«endoctriner» les jeunes.
Dans son discours, Joe Biden a également appelé à rester «vigilant» sur le droit de vote menacé selon lui par la Cour suprême, qui a en partie détricoté le Voting Rights Act, ainsi que par des «dizaines de lois» restrictives adoptées dans les États conservateurs.
Le président de 80 ans, dont la carrière politique a reposé en grande partie sur le soutien des électeurs afro-américains, a exhorté le Congrès à adopter une grande réforme électorale, bloquée par les élus républicains. Sans grande chance d’être entendu.
Conférence de presse conjointe d’Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi
À Kinshasa, le président français s’est engagé à jouer un rôle central dans le pont aérien humanitaire vers Goma, annoncé par l’UE samedi matin.
Emmanuel Macron est retourné sur le difficile terrain de la diplomatie de guerre ce samedi 4 mars en République démocratique du Congo, dernière étape de sa tournée africaine, où ses efforts de paix dans l’est du pays face à la rébellion du M23 sont contestés. Après un sommet sur les forêts tropicales à Libreville, un accord de coopération agricole à Luanda et un hommage à la France Libre à Brazzaville, place au grand «chaudron» de Kinshasa.
Le chef de l’État est arrivé vendredi soir dans la capitale du plus grand pays francophone du monde et a tenu une conférence de presse samedi midi avec son homologue Félix Tshisekedi. «C’est dans le malheur qu’on reconnaît ses amis, les relations entre la RDC et la France sont au beau fixe», a assuré le président de la RDC en guise d’introduction.
34 millions d’aide humanitaire
En premier lieu, le dirigeant a indiqué que la France serait le premier État à répondre à l’initiative de l’UE de mettre en place un pont aérien humanitaire vers Goma, ville de l’est de la RDC touchée par la résurgence de la rébellion du M23. L’Hexagone y participera à hauteur de «34 millions d’aide humanitaire, qui s’ajouteront aux 50millions promis par l’Union européenne». Emmanuel Macron a également déclaré que tous les acteurs du conflit, y compris les membres du M23, ont «apporté un soutien clair» à un cessez-le-feu dès «mardi prochain».
Le président français a ensuite exposé les quatre grands domaines de coopération à venir entre l’Hexagone et la RDC. «Le Congo ne peut être le Congo sans la grandeur», a-t-il justifié, paraphrasant le général de Gaulle. Emmanuel Macron a ainsi annoncé un «partenariat nouveau sur le plan sécuritaire et militaire», rappelant que la RDC était déjà «le premier partenaire dans le domaine de la formation militaire».
Sur le plan économique ensuite, le président français a insisté sur une plus grande collaboration, «du numérique jusqu’au domaine minier, pour une exploitation au service des Congolais».
Mettre l’accent sur les domaines scientifique et culturel
Emmanuel Macron a également appelé à ne pas négliger les domaines scientifiques et de recherche. Il a rappelé que la France s’était engagée dans la lutte contre Ebola et s’est félicité de la collaboration avec l’Afrique sur la pandémie de Covid-19. «Mais je souhaite qu’on aille plus loin sur les échanges scientifiques et universitaires», a-t-il ajouté, tout en mettant l’accent sur «la biodiversité».
Enfin, le président de la République a annoncé vouloir mettre l’accent sur le domaine culturel, en fournissant à la RDC «outils et réseaux pour l’aider à se développer» dans plusieurs domaines comme les jeux vidéo, la bande dessinée ou encore l’e-sport, qui sont à ses yeux des «moyens d’expression de la jeunesse».
Avant de conclure sur l’importance de la langue française, soulignant que la RDC était «le premier pays francophone au monde de par sa démographie». «À mes yeux, la langue française n’est pas seulement un trait d’union mais un trésor en partage, dont vous êtes devenu le centre de gravité», a-t-il déclaré, s’adressant au président Félix Tshisekedi.
Dans notre 2e épisode de la série de podcasts « What Matters Now », une experte juridique en droit constitutionnel explique pourquoi Israël est susceptible de devenir une dictature
Bienvenue à « What Matters Now » (Ce qui importe maintenant), un nouveau podcast hebdomadaire qui examine un sujet déterminant façonnant Israël et le monde juif – aujourd’hui.
Au début du mois, des dizaines de milliers d’Israéliens ont pris un jour de congé pour protester à l’extérieur de la Knesset contre le projet de réforme du système judiciaire qui était – au même moment – discuté à l’intérieur lors d’une session animée de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice.
La foule arborait une mer de drapeaux israéliens bleus et blancs. Majoritairement laïcs, ils ont chanté, crié, ri et pleuré ensemble contre les projets de loi qui, malgré toute leur énergie tapageuse, ont été adoptés en lecture préliminaire.
Nombreux sont ceux qui, en Israël, soutiennent la refonte du système judiciaire et affirment qu’en adoptant les pratiques des systèmes judiciaires d’autres pays, ils mettent le pays en conformité avec les normes de la communauté internationale. Beaucoup de ceux qui s’opposent à la législation conviennent de la nécessité d’une réforme, mais disent qu’ils ont peur qu’en piochant dans le monde entier – la clause dérogatoire du Canada, la Loi norvégienne et différents éléments des États-Unis – nous nous dirigions vers un Frankenstate – « État Frankenstein »
En 2013, la professeure Kim Lane Scheppele de l’université de Princeton a inventé ce terme viscéral dans son article intitulé « Not Your Father’s Authoritarianism : The Creation of the ‘Frankenstate’. » Dans cet essai, elle écrit « qu’un Frankenstate est une forme abusive de règles, créé en combinant des morceaux d’institutions démocratiques parfaitement raisonnables de manière monstrueuse, un peu comme le monstre de Frankenstein a été créé à partir de morceaux d’autres êtres vivants. Aucune partie n’est néfaste mais l’horreur émerge des combinaisons ».
Je me suis rendue au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem, à l’Institut israélien de la démocratie (IDI), où j’ai demandé à Suzie Navot, vice-présidente de l’IDI et professeure de droit constitutionnel, ce qui pourrait se passer si d’autres systèmes judiciaires étaient greffés sur le système judiciaire israélien.
La vice-présidente de l’Institut israélien de la démocratie, la professeure Suzie Navot, à l’IDI, en décembre 2022. (Crédit : Yaël Tsur/IDI)
Née en Uruguay, Suzie Navot a fait son alyah en Israël à l’âge de 14 ans. Polyglotte, elle a enseigné à la Sorbonne en tant que professeure invitée, ainsi qu’à la Faculté de droit de Striks, au College of Management et au National Security College en Israël.
Navot est spécialisée dans le droit constitutionnel, le droit des institutions, le droit parlementaire et le droit constitutionnel comparé, ce qui lui donne un aperçu unique de ce qui pourrait se passer si cette mosaïque de lois mondiales était adoptée.
Après des semaines tumultueuses, écoutons « ce qui importe maintenant » pour cette éminente experte juridique israélienne.
Notre entretien a été édité et condensé dans un souci de clarté et de concision.
Times of Israel : Professeure Susie Navot, merci beaucoup de me permettre d’entrer dans votre bureau, ici à l’Institut israélien de la démocratie, au cœur de la belle Jérusalem, un bâtiment étonnamment magnifique et son merveilleux jardin. Et nous sommes ici assises par une journée glaciale dans votre salle chauffée. Merci beaucoup de me recevoir.
Prof. Suzie Navot : C’est un plaisir de vous accueillir, Amanda. Merci d’être venue.
Le mois de février a été assez mouvementé. Nous avons vu des manifestations de masse, nous avons vu des hauts et des bas à la Knesset. L’opposition est en colère, la coalition est déterminée. Alors, Pr. Suzie Navot, dites-moi : qu’est-ce qui importe aujourd’hui ?
Comme nous allons parler de cette réforme, laissez-moi vous dire quelque chose qui se passe en Israël, mais que peut-être nous ne voyons pas, parce que si vous regardez ce qui se passe dans le monde, nous voyons maintenant une montée du populisme dans plusieurs pays. Et parallèlement à cette tendance au populisme, nous assistons à une érosion démocratique dans de très nombreux pays.
Les démocraties ne meurent pas en un jour. Il n’y aura pas de coup d’État violent qui renversera le gouvernement. Les démocraties meurent très lentement. Elles s’usent. Et nous le remarquons parfois avec de lents changements. Et puis on se réveille un jour et le pays n’est plus démocratique. Ce qui se passe en Israël suit exactement la même tendance. Notre structure constitutionnelle expose en réalité Israël aux dangers de cette érosion démocratique bien plus que dans tout autre pays.
Israël est unique – il est unique à bien des égards – mais surtout parce que dans tous les autres pays, vous avez des mécanismes, vous avez des outils qui décentralisent le pouvoir politique. Vous avez des contrôles et des équilibres. Or, nous entendons tous les jours qu’Israël doit rétablir les freins et contrepoids. Et je cite le ministre de la Justice [Yariv] Levin, nous devons restaurer les contrôles et les équilibres entre les branches et restaurer la séparation des pouvoirs. Et je soutiens qu’il est très difficile de rétablir quelque chose dont on ne dispose pas, dont on ne dispose vraiment pas.
Le ministre de la Justice, Yariv Levin, lors d’une audience de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, le 11 janvier 2023. (Autorisation)
Nous n’avons pas d’outils pour décentraliser le pouvoir politique de la Knesset. Dans chaque pays, il existe une Constitution rigide. Vous avez une division de l’autorité législative en deux chambres du gouvernement. Aux États-Unis le président a un droit de veto sur la législation. Ils disposent d’une structure fédérale. Ainsi, si la Cour suprême, par exemple, rend une décision qui n’est pas conforme à ce que les différents États des États-Unis feraient, il y a un système électoral régional. Et en Europe, par exemple, il existe des tribunaux internationaux comme la Cour européenne des droits de l’Homme [CEDH]. Or, tous ces outils sont des freins et des contrepoids. Israël n’en a aucun.
Il est donc très facile de changer le système en Israël. Il serait très facile de devenir un État non-démocratique.
Nous ne disposons d’aucun outil de ce type. Donc ce que nous voyons, je pense, c’est que les politiciens, le gouvernement actuel, veulent gouverner par la majorité. La majorité gouverne en Israël. Et je pense que la chose la plus importante est qu’en Israël, 61 membres de la Knesset – la Knesset en compte 120 – 61 suffisent pour faire tout ce qu’ils veulent. Il n’y a pas la moindre limitation de leur pouvoir. Donc, si 61 membres veulent renverser le président, il ne faudra que deux ou trois jours à la Knesset, un projet de loi, une Loi fondamentale, et hop, nous n’aurons plus de président. Vous voulez déclarer que la Haute Cour de justice n’existe pas ? Aucun problème. Deux contre un à la Knesset suffisent pour dire que nous n’avons plus de Cour suprême.
Et c’est là, le problème d’Israël. C’est bien le problème lorsque nous entendons tout le temps que les gens comparent Israël à d’autres pays. Nous sommes totalement différents. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui en Israël : une lutte pour le pouvoir, pour le pouvoir absolu du nouveau gouvernement.
Nous sommes tous, bien sûr, très inquiets de ce qui se passe. Expliquons un peu plus ce qui se passe pour nos auditeurs. Vous avez mentionné qu’il y a bien des pays qui ont une Constitution rigide, mais évidemment, il y a également des pays qui n’ont pas de Constitution.
Je n’en connais que deux.
L’Angleterre, la Nouvelle-Zélande, le Canada…
Le Canada a la Loi constitutionnelle et la Charte des droits et libertés. Donc pour moi, ils ont bien une Constitution. Je n’en connais donc que deux.
Très bien, et donc les deux sont ?
L’Angleterre et la Nouvelle-Zélande.
L’Angleterre et la Nouvelle-Zélande – et Israël ?
Israël ? Eh bien, nous n’avons pas de document appelé « Constitution ». Mais j’avais l’habitude de demander à mes étudiants, « qu’est ce que la Constitution ? ». Ce n’est pas seulement un document, c’est quelque chose qui fonctionne comme une Constitution. Donc si vos droits, Amanda, et mes droits, sont protégés par une Loi fondamentale, et si nous avons une Cour suprême qui peut déclarer qu’une Loi fondamentale est inconstitutionnelle, comme c’est le cas en Israël, alors nous avons quelque chose qui ressemble effectivement à une Constitution.
Ce n’est pas une Constitution rigide, c’est une Constitution très fragile. Elle n’est pas complète, mais elle fonctionne pour moi – et pour vous – comme une Constitution. Et je pense que c’est ce qui est important. Si je peux effectivement revendiquer mes droits, ils sont de facto protégés. Parce qu’en l’absence de Constitution, la majorité qui est au gouvernement en ce moment, peut faire ce qu’elle veut. Mais en Israël, aujourd’hui – je ne peux pas parler de ce qui se passera demain ou après-demain – mais aujourd’hui, vos droits et mes droits sont protégés par la Cour suprême. Et la Cour suprême peut décider qu’une loi qui a été promulguée ce matin à la Knesset peut être déclarée inconstitutionnelle.
La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, à droite, et son successeur désigné, Chris Hipkins, arrivant pour le vote de leur caucus au Parlement à Wellington, le 22 janvier 2023. (Crédit : Mark Mitchell/New Zealand Herald via AP)
Nous avons un contrôle judiciaire des lois comme aux États-Unis et dans la plupart des autres pays. C’est un mécanisme constitutionnel. Il ne s’agit donc pas d’une Constitution. Si vous regardez sur Wikipedia et que vous écrivez « Constitution d’Israël », vous ne la trouverez pas. Mais dans de nombreux livres, par exemple, on parle d’Israël comme d’un État constitutionnel doté de Lois fondamentales. Par exemple, en Allemagne, la Constitution n’est pas appelée « Constitution de l’Allemagne », mais elle est appelée « Loi fondamentale de l’Allemagne ». Et pourtant, elle fonctionne comme une Constitution. Si ça marche comme une Constitution, que ça sonne comme une Constitution et que ça ressemble à une Constitution… Même si vous l’appelez « Loi fondamentale », alors c’est une Constitution. Donc je dis que je pense que nous sommes deux pays et demi dans le monde sans Constitution formelle et rigide.
Donc, il y en a qui qualifient Israël de démocratie constitutionnelle, comme vous l’avez dit, et il y en a d’autres qui l’appellent « démocratie parlementaire ». Selon moi, cela touche le cœur du problème : où se trouve la véritable démocratie ? Dépend-elle du Parlement ? Ou repose-t-elle sur l’idée de la Constitution et ses protections ?
Ce n’est pas exactement l’un ou l’autre, car un pays démocratique peut être une démocratie parlementaire ou une monarchie constitutionnelle, par exemple. L’Espagne est un pays démocratique. C’est un système parlementaire, mais ils ont un monarque, et il peut s’agir d’une démocratie présidentielle comme aux États-Unis. Nous sommes donc une démocratie constitutionnelle. Notre système de gouvernement n’est pas fondé sur la séparation des pouvoirs comme c’est le cas aux États-Unis. C’est très, très clair. Il y a un président avec tout – vous savez – le pouvoir gouvernemental et le pouvoir exécutif et la Chambre des représentants. C’est complètement différent.
En Israël, le système est le suivant : nous avons un Parlement, et le gouvernement est issu du Parlement. La plupart de nos ministres sont membres de la Knesset, presque tous en général. Ce n’est donc pas une séparation stricte du pouvoir. Mais malgré tout, nous sommes une démocratie.
Je pense qu’il est très clair qu’il y a différents camps en Israël.
Oui, malheureusement, parce que je pense que la démocratie n’a rien à voir avec la droite ou la gauche, avec les religieux ou les laïcs, avec les Juifs ou les Arabes. Je pense que la démocratie est quelque chose d’important pour tout le monde, parce que personne ne saura jamais quand il fera partie d’une minorité.
C’est vrai. Et c’est quelque chose que je voulais vous demander, parce qu’un camp dit « hey, la majorité gouverne. Nous avons été élus. Nous devrions être ceux qui, par exemple, élisent les juges de la Cour suprême. Le peuple nous a donné le pouvoir, et nous devrions représenter le peuple ». Et puis il y a un autre camp qui dit « hey, et les minorités alors ? ».
Le premier camp, celui qui se réfère à la règle de la majorité, a une idée, je pense, très très erronée de ce qu’est la démocratie. La démocratie n’est pas la règle de la majorité, car si c’est le seul principe de la démocratie, alors la majorité pourrait faire des choses terribles à la minorité et on ne pourrait plus, en conséquence, parler de pays démocratique. Et l’histoire nous a beaucoup appris sur les règles de la majorité.
Manifestation contre la refonte du système judiciaire, devant le Parlement israélien à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Dans mes cours, je demande « comment définissez-vous la démocratie ? ». Et la réponse que j’obtiens est « la règle de la majorité ». Donc, quelques mots. Ok, vous définissez donc la majorité en quelques mots ? Très bien, maintenant essayez de définir le football en quelques mots. Et la réponse que j’obtiens à cette question, « non, pas le football. C’est beaucoup plus compliqué ». Ben voilà, la démocratie – c’est beaucoup plus compliqué que les règles de la majorité. La démocratie est comme une étoile à cinq branches. Il faut une séparation des pouvoirs, une protection des minorités, un État de droit et un pouvoir judiciaire totalement indépendant. Et vous avez besoin, bien sûr, d’élections libres. Sans cela, il ne s’agit pas d’une démocratie.
J’ajouterais également la liberté de la presse.
Une presse libre, pour moi, fait partie des élections libres. Parce que pour avoir des élections libres, les gens doivent savoir comment voter et pour qui voter. Et cela dépend de la liberté de la presse et de la liberté d’expression et de la liberté d’aller manifester. Sans cela, nous n’aurons pas d’élections libres. Cela en fait donc partie.
Et si vous voulez connaître la véritable définition de la démocratie, je pense qu’il existe un indice de démocratie établi par les économistes. Ils ont 60 paramètres pour définir ce qu’est une démocratie, et sur la base de ces 60 paramètres, ils vérifient chaque pays.
Il ne s’agit donc pas de « règles de la majorité ». Pour moi, quand vous dites règles de la majorité, je dis, très bien, ce gouvernement a été élu, légalement élu, et il peut gouverner comme il le souhaite, mais je veux savoir quelles en sont les limites, et quelles choses il ne peut pas faire. Par exemple, à mon avis, il ne peut pas changer la structure de base d’Israël, il ne peut pas décider. Il n’est pas légitime pour décider que ce pays ne sera plus juif. De même, il ne peut pas décider que ce pays ne sera plus démocratique, parce que ce sont des choses qui sont les valeurs fondamentales de l’État. Cela fait partie de la Déclaration d’Indépendance.
Donc le gouvernement que nous choisissons tous les quatre ans, la Knesset et le gouvernement peuvent gouverner comme ils l’entendent sur une partie de l’économie et de la sécurité, et ce de l’intérieur. Et tout ira bien. Mais vous ne changerez pas la structure de base de l’État comme si nous avions une Constitution. Par exemple, il y a un président aux États-Unis, et il y a beaucoup de choses qu’il ne peut pas faire, même s’il le voulait. Il faut passer par le Sénat et le Congrès. Par ailleurs, leur Constitution a été modifiée 27 fois. En Israël, nous avons nos Lois fondamentales qui, au cours des cinq dernières années, ont été modifiées plus de 27 fois.
Voilà donc la différence fondamentale. Donc, oui, la majorité gouverne toujours, mais tout dépend de quoi il est question. Et ce que ce gouvernement essaie de faire, c’est d’éliminer toutes les limitations de son pouvoir. Il veut pouvoir décider sur tout ce qu’il veut. Et c’est quelque chose qui, pour moi, s’avère être très dangereux.
Assis de gauche à droite : Hitler, Rudolf Hess, chef adjoint du parti nazi, Hermann Goering, président du Reichstag, Joachim Von Ribbentrop, ministre allemand des Affaires étrangères, Wilhelm Frick, ministre allemand de l’Intérieur. Le ministre allemand de la Propagande, le Dr. Joseph Goebbels, non visible, présentant le chancelier allemand Adolf Hitler, à gauche, au grand public du Palais des sports, à Berlin, le 26 septembre 1938. (Crédit : Photo AP)
Une partie de ce qui rend Israël si grand est que nous sommes rapides. Nous sommes capables d’improviser et de changer très rapidement lorsque cela est nécessaire. Et c’est peut-être en partie grâce au fait que nous avons décidé de ne pas avoir de Constitution. Nous avons décidé de ne pas inscrire les choses dans la loi. Ainsi, oui, ce gouvernement peut virevolter et tout changer avec un minimum de 61 voix, mais le prochain gouvernement pourrait faire de même et tout changer à nouveau, n’est-ce pas ? Lire la suite »
L’histoire extraordinaire des Juifs de Perse, d’Irak, d’Égypte, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie … du Moyen-Orient au Maghreb, installés avant que Mahomet ne structure l’Islam, participant au rayonnement de ces pays, ils découvrent l’éducation par le réseau d’écoles de l’Alliance.
Sous-dhimmis, traités comme les femmes, victimes de pogromes, alors qu’ils fournissent médecins, avocats, rattrapés par l’antisémitisme nazi au sortir de la deuxième guerre mondiale, les Juifs sont expulsés sans Avis : – » c’est comme une corde que l’on vous met autour du cou et que l’on sert un peu plus chaque jour ».
Beaucoup de ces Juifs iront reconstruire Israël. Leurs traces sont effacées : synagogues, cimetières… En attendant une hypothétique acceptation du rôle des Juifs dans leur histoire, un nouveau négationnisme arabe se met en place.
Basé sur des archives privées, associatives et diplomatiques, le fantastique travail de Georges Bensoussan est un flash-back qui ravive peines et joies Judéo-musulmanes qui ont fait le passé.
Au tout début du XIIe siècle, une institution d’un genre nouveau, une des créations les plus originales de la civilisation occidentale naît simultanément à Paris, à Bologne et à Oxford : l’université. Pendant près de trois siècles, tout ou presque se faisait dans les universités : théologie, philosophie mais aussi droit et sciences.
L’Eglise aux origines des Universités:
Votre émission « Au risque de l’Histoire » vous propose de comprendre le rôle de l’église, le rôle de la papauté aussi dans la création de ces institutions. Quand apparaît tout d’abord l’universitas ? Que disent ces créations de la culture occidentale médiévale ? Qui sont les acteurs de l’université ? Christophe Dickès reçoit les historiens Jacques Verger et Nathalie Gorochov.
Le ministre russe des Affaires étrangères a eu du mal à finir sa phrase, interrompue par les rires de l’Assemblée, quand il a évoqué à New Delhi «la guerre qui a été lancée contre nous en utilisant des Ukrainiens».
La «neutralité» de l’Inde dans la guerre en Ukraine ne dupe pas sa population. Un récent discours de Sergueï Lavrov à New Delhi en a apporté la preuve éclatante. Invité d’une conférence sur la géopolitique dans la capitale indienne, le ministre russe des Affaires étrangères a tenté de mettre son pays dans la peau de l’agressé. Il n’a récolté que l’hilarité de la salle.
«Vous savez, la guerre que nous tentons d’arrêter, qui a été lancée contre nous en utilisant des Ukrainiens…», a-t-il commencé. Mais le diplomate en chef de Moscou a peiné à finir sa phrase, interrompue par les rires des auditeurs. Il a finalement poursuivi, visiblement déstabilisé : «(La guerre) a bien sûr influencé la politique russe, ce qui inclut la politique énergétique».
This is hilarious. And embarrassing. Russian Foreign Affairs Minister Lavrov says "the war we are trying to stop was launched against us" and the Indian audience – supposedly sympathetic – audibly laughs. Russian "diplomats" think that the lies they use to feed Putin's fantasies… https://t.co/TyUV8WvYQbpic.twitter.com/ue5I61ZvuO
« Il est temps que Madagascar se ressaisisse et fasse une analyse sérieuse des raisons pour lesquelles le pays n’a pas su se développer au fil des ans », a déclaré Abe Koji, ambassadeur du Japon dans la Grande île, à l’occasion du 63ème anniversaire de l’Empereur du Japon, hier. Cette déclaration qui ne devrait pas plaire aux autorités en place, résume en quelque sorte la vision du monde extérieur de la situation malgache.
Madagascar se dote d’un plan de développement réaliste focalisé sur les domaines de priorité, a constaté le diplomate japonais. Pour l’intérêt général de la population, le régime en place devrait alors se mobiliser davantage pour rendre effectif ce plan et que les résultats se fassent sentir auprès de la population.
L’ambassadeur du Japon a indiqué à titre de suggestion qu’ « un autre élément clé pour Madagascar serait l’attraction des investissements étrangers. Tous les pays asiatiques, que ce soit le Japon, la Chine ou encore des pays de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) sont tous passés par cette voie. Raison pour laquelle, je me réjouis à cet instant qu’Ambatovy, une société dont la firme japonaise Sumitomo en est l’actionnaire majoritaire, soit l’un des plus grands projets d’investissements à Madagascar et contribue énormément à l’économie malgache tant en termes d’employabilité que sur les revenus de l’Etat. »
Pour pouvoir attirer les investissements étrangers, il est important d’instaurer l’État de droit, de lutter contre la corruption, de développer les infrastructures telles que les routes, les chemins de fer, les ports, et les réseaux électriques et de conclure des accords de protection des investissements. Dans ce contexte, le rôle des dirigeants malgaches dans la création d’un climat d’investissement favorable est d’une importance capitale.
« Plusieurs entreprises japonaises avaient des bureaux et des activités à Madagascar, dans le passé, mais étaient contraintes de se retirer pour diverses raisons. Cela montre l’importance pour le développement de Madagascar de créer, à nouveau, un environnement favorable et durable aux investissements étrangers. Il ne faut surtout pas oublier que l’attraction des investisseurs étrangers est une concurrence avec les autres pays », a-t-il mentionné. Abe Koji a ajouté que « dans une perspective plus large, la relation gagnant-gagnant à long terme entre Ambatovy et la société malgache conduira également au développement de l’industrie et des ressources humaines à Madagascar ».
L’ambassadeur japonais n’a pas non plus manqué d’évoquer de l’élection présidentielle qui va se tenir cette année. « Les résultats et le processus des élections auront immanquablement un impact lourd sur le développement de Madagascar. C’est pourquoi, nous espérons que les élections se déroulent dans un climat apaisé et que celles-ci soient libres, transparentes et équitables ».
Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles.
Le traité de Nice est un traité signé le par les États membres de l’Union européenne (UE), entré en vigueur le . Il fixa les principes et les méthodes d’évolution du système institutionnel au fur et à mesure que l’UE s’élargit avec l’entrée des Pays d’Europe centrale et orientale (« PECO »).
En effet, dans la perspective d’un élargissement à 28 États membres à l’horizon 2007, les modalités de prise de décision au sein des institutions ont dû faire l’objet d’adaptations. Une nouvelle répartition des voix attribuées à chaque État au Conseil, ainsi que la définition d’un nouveau calcul de la majorité qualifiée, ont paru nécessaires au bon fonctionnement de cette instance décisionnelle menacée de paralysie.
Le traité de Nice et l’élargissement ont fait l’objet d’un référendum en en Irlande. Les Irlandais avaient alors dit « non » le 2 ; après un second référendum, ils ont finalement ratifié le traité.
La majorité qualifiée nécessite de rassembler 62 voix sur 87, soit 71,2 % des voix, alors que la minorité de blocage est atteinte avec 26 voix. C’est le système de votes pondérés : un acte est adopté lorsque le total des voix qu’il recueille est au moins égal au nombre de voix définissant le seuil de majorité qualifiée, soit 62 voix (correspondant au vote favorable d’au moins 10 États membres). La minorité de blocage peut être obtenue par trois grands États membres, ou même par deux grands États membres et l’Espagne. Lire la suite »