Abstract : L’échec relatif du Système de Riziculture Intensive (SRI) à Madagascar révèle un paradigme sociétal profond : la préférence systématique pour la sécurité du court terme au détriment des investissements prometteurs à long terme. Inventé par des paysans malgaches dans les années 1980, le SRI affiche des performances remarquables dans plus de 50 pays (gains de 30-100%, économies d’eau de 40%), mais Madagascar n’atteint que 20-25% d’adoption effective et importe désormais du riz de pays utilisant cette technique malgache. Cette dynamique illustre un mécanisme fondamental qui structure tous les domaines de la vie collective malgache : politique, économie, éducation, santé et environnement. Cette préférence pour l’immédiat, si elle révèle une tendance anthropologiquement universelle de l’humanité, est à Madagascar renforcée par l’incertitude chronique et la pauvreté, et crée un cercle vicieux hypothéquant l’avenir du pays.
L’histoire du Système de Riziculture Intensive (SRI) à Madagascar dépasse largement le cadre agricole pour peut-être révéler un paradigme sociétal profond qui qui imprègne tous les domaines de notre vie collective. Cette innovation, née dans les rizières d’Antananarivo et de Fianarantsoa dans les années 1980, caractérise un vrai cas d’école pour illustrer comment la préférence systématique pour la sécurité du court terme au détriment des investissements prometteurs à moyen-long terme structure nos choix collectifs et individuels.
Le SRI présentait toutes les caractéristiques de ce qui pouvait s’avérer une révolution technique et agricole : conception locale participative des paysans gasy, faible coût en intrants, adaptation aux contraintes nationales, réduction de la contrainte hydrique, potentiel de rendement considérable… Ici, son échec relatif à Madagascar révèle des mécanismes qui dépassent l’agriculture pour interroger notre rapport collectif au risque, à l’innovation et au développement.
Actus. Anicet-Georges Dologuélé, principal opposant en Centrafrique, a annoncé lundi 1er septembre qu’il abandonnait sa nationalité pour pouvoir participer à l’élection présidentielle du 28 décembre, alors que le climat politique reste tendu.
Anicet-Georges Dologuélé a abandonné sa nationalité française pour se présenter à l’élection présidentielle en Centrafrique, qui aura lieu le 28 décembre. – Illustration
En Centrafrique, le principal opposant au président Faustin-Archange Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé, a annoncé lundi 1er septembre avoir renoncé à sa nationalité française pour se conformer à la Constitution et se présenter à l’élection présidentielle du 28 décembre. Une décision prise « avec beaucoup de peine », confie cet économiste de formation, Premier ministre de 1999 à 2001, qui affirme néanmoins être « fier » d’avoir porté la nationalité française.
Une candidature contrainte par la Constitution
L’opposant centrafricain Anicet Georges Dologuele
La révision constitutionnelle adoptée en 2023 interdit aux candidats bi- ou multinationaux de briguer la magistrature suprême, écartant plusieurs figures de l’opposition. « Il ne fait l’ombre d’aucun doute que mon ambition est de diriger mon pays », assure Anicet-Georges Dologuélé, qui se présente comme « chef de file de l’opposition » sans avoir encore officialisé sa candidature. Il devra affronter le président sortant Faustin-Archange Touadéra, autorisé par ce nouveau texte à solliciter un troisième mandat.
Arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2020, l’opposant accuse l’Autorité nationale des élections (ANE) d’incompétence et de partialité. « Les vrais problèmes, c’est l’impossibilité d’organiser ces élections à bonne date, l’incompétence de l’ANE et sa partialité revendiquée », dénonce-t-il.
La Commission « Justice et Paix » de la Conférence des évêques catholiques de Madagascar pointe du doigt la mauvaise gouvernance, le manque de transparence et l’absence de priorités claires dans les politiques publiques. Dans un message publié à l’occasion de la Journée internationale pour la protection de la création, instituée par le Pape Léon XIV, les évêques mettent en garde contre une gestion du pays qui fragilise la cohésion sociale et alimente la pauvreté.
Ils soulignent que la société malgache traverse une période difficile, marquée par l’insécurité, la précarité et la mauvaise exploitation des ressources naturelles et économiques. Selon eux, les stratégies de développement restent floues et incohérentes, sans répondre aux besoins réels de la population. Cette situation favorise les inégalités et entretient un climat de méfiance.
Les évêques estiment que le redressement de Madagascar passe par une gouvernance basée sur la clarté des objectifs, la transparence dans la gestion publique et le respect des valeurs de justice et de solidarité. Ils appellent les responsables politiques à définir des priorités concrètes, notamment en matière de lutte contre la pauvreté, d’éducation, de protection sociale et de sauvegarde de l’environnement.
Tout en affirmant que l’Église n’a pas vocation à se substituer aux institutions, la Commission « Justice et Paix » rappelle son rôle de veille morale, destinée à éclairer les consciences et à promouvoir la dignité humaine. Elle encourage également les citoyens à cultiver l’honnêteté, la vigilance et l’engagement pour le bien commun.
Le message évoque enfin les Journées nationales des laïcs catholiques, organisées à Morondava du 28 au 31 août 2025, autour du thème : Des hommes et des femmes de foi au service de la justice, de la dignité et de la paix.
Au-delà des critiques, les évêques lancent un appel à l’espérance et au sursaut collectif, invitant l’ensemble des citoyens et des responsables publics à travailler ensemble pour bâtir un avenir plus juste, plus solidaire et plus respectueux de la création.
À leur retour à Madagascar, les joueurs des Barea ont été accueillis en héros après leur parcours historique au CHAN 2024. Le président Andry Rajoelina a remis des distinctions honorifiques et annoncé des récompenses exceptionnelles pour célébrer cette performance inédite.
Les Barea sont arrivés à l’aéroport d’Ivato à 15 heures, et après un long défilé festif accompagné par les supporters malgaches, ils ont rejoint le Stade Barea Mahamasina à 19h47. Le cortège a traversé plusieurs quartiers de la capitale, de Tsarasaotra à Ivandry, en passant par Alarobia, Ankorondrano, Antanimena, Analakely, pour finalement arriver à Mahamasina. À leur arrivée, le président Andry Rajoelina les attendait pour les féliciter personnellement. « C’est la première fois que Madagascar se qualifie pour une finale », a rappelé le chef de l’État, soulignant que le football malgache n’avait pas été très visible pendant de nombreuses années en termes de résultats internationaux.
Des récompenses et un avenir prometteur
Pour saluer la performance historique des Barea, le président a remis des distinctions à chacun des 29 joueurs et à leur staff technique. Chaque joueur et coach se verra offrir une villa individuelle, dont la construction débutera dès la semaine prochaine. Cette initiative complète le soutien continu apporté aux joueurs depuis leur parcours exceptionnel au CHAN 2024. Le président de la Fédération malgache de football (FMF), Alfred Randriamanampisoa, a également souligné que le football malgache avait franchi un cap. Selon lui, les performances des Barea ont été comparables à celles des plus grandes équipes mondiales, évoquant même un style de jeu digne du Brésil. Le chef de la FMF et les représentants de la FIFA présents ont unanimement reconnu l’évolution spectaculaire du football à Madagascar, promettant un avenir radieux pour les prochaines compétitions internationales.
Recevant une vingtaine de dirigeants, dont Vladimir Poutine et Narendra Modi, le président Xi Jinping a dénoncé, lundi, « la mentalité de guerre froide » et s’est posé en alternative à la puissance américaine défaillante, avant une grande parade militaire à Pékin, mercredi.
Vladimir Poutine reçu par Xi Jinping et son épouse, Peng Liyuan, au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï, à Tianjin, le 31 août 2025. ALEXANDER KAZAKOV/SPUTNIK/VIA AP
Les avenues régulièrement bouclées à la circulation, grâce à un strict maillage policier, permettent le ballet des limousines officielles. Chaque réverbère est orné de bannières annonçant en chinois, russe et anglais : « Se retrouver à Tianjin pour une coopération gagnant-gagnant ! » La vaste cité portuaire, à 150 kilomètres de Pékin, est pour deux jours au centre de l’effort chinois pour redessiner l’ordre mondial à la défaveur de l’Occident.
Le président Xi Jinping y accueille, dimanche 31 août et lundi 1er septembre, une vingtaine de dirigeants étrangers, notamment son ami Vladimir Poutine et le premier ministre indien, Narendra Modi, particulièrement frustré du tour qu’a pris sa relation avec les Etats-Unis. Pour le Russe, Donald Trump a déployé le tapis rouge en Alaska, à la mi-août, malgré la poursuite de sa guerre en Ukraine mais pour l’Indien, le président américain a opté pour d’humiliants droits de douane du fait de ses achats de pétrole à Moscou. Tous deux regardent vers la Chine.
Le sommet de Tianjin, une ville d’environ 15 millions d’habitants dont le centre témoigne d’un passé douloureux de concessions étrangères coloniales, est au départ une rencontre des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), un forum régional sur l’Asie centrale, mais jamais elle n’avait accueilli autant d’Etats observateurs, de l’Egypte à la Malaisie. Xi Jinping en fait une plateforme pour un message bien plus vaste sur la nécessité de se départir des normes et des valeurs longtemps portées par les Etats-Unis et les Européens. Il entend poser la Chine en pôle de stabilité dans un contexte devenu si incertain.
Donald Trump avait lancé en février l’idée d’une prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis pour en faire la «Riviera du Moyen-Orient». EYAD BABA / AFP
Le plan de 38 pages envisage le déplacement «volontaire» des quelque deux millions d’habitants de Gaza vers d’autres pays ou dans des zones sécurisées à l’intérieur du territoire dévasté par près de deux ans de guerre, le temps de sa reconstruction.
Le plan des États-Unis pour l’après-guerre à Gaza prévoit de déplacer toute la population du territoire palestinien, qui serait placé sous administration américaine pendant dix ans pour le transformer en un centre touristique et technologique, rapporte dimanche le Washington Post .
Le plan de 38 pages, consulté par le quotidien américain, envisage le déplacement «volontaire» des quelque deux millions d’habitants de Gaza vers d’autres pays ou dans des zones sécurisées à l’intérieur du territoire dévasté par près de deux ans de guerre, le temps de sa reconstruction. Ceux qui accepteraient de partir recevraient 5000 dollars en cash ainsi qu’une aide couvrant quatre ans de loyer et un an de nourriture, selon ce plan.
Nouvelles «villes intelligentes»
Les propriétaires terriens se verraient quant à eux offrir des «jetons numériques», à utiliser pour financer une nouvelle vie ailleurs ou à échanger contre un appartement dans l’une des six à huit nouvelles «villes intelligentes et alimentées par l’IA» devant être construites à Gaza. Des usines de voitures électriques, des centres de données ou des hôtels y seraient financés par des investissements publics et privés.
Le territoire palestinien serait placé le temps de la reconstruction sous l’administration d’une entité baptisée Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust, ou GREAT Trust. Le plan prévoit que cet organisme gouverne pendant dix ans avant de laisser la place à une «entité palestinienne réformée et déradicalisée».
Il a été élaboré, selon le Washington Post, par certains des Israéliens à l’origine de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation privée soutenue par Israël et les États-Unis, créée pour distribuer l’aide alimentaire et au centre de nombreuses critiques. Sollicité par l’AFP, le département d’État américain n’a pas répondu dans l’immédiat.
«Nettoyage ethnique»
Donald Trump avait lancé en février l’idée d’une prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis pour en faire la «Riviera du Moyen-Orient», une fois vidée de ses habitants qui pourraient selon lui être déplacés vers l’Égypte et la Jordanie.
Salué par l’extrême droite israélienne, ce plan a été rejeté par les pays arabes et la plupart des pays occidentaux, l’ONU mettant de son côté en garde contre un «nettoyage ethnique» à Gaza.
La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. La campagne de représailles d’Israël a fait au moins 63.459 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
Après bientôt 23 mois d’une guerre ayant dévasté la bande de Gaza, l’évacuation de Gaza-ville «entraînerait un déplacement massif de population», alerte Mirjana Spoljaric. Dawoud Abu Alkas / REUTERS
«Il est impossible que l’évacuation massive de la ville de Gaza puisse être menée à bien de manière sûre et digne dans les conditions actuelles», a déclaré la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
La Croix-Rouge a mis en garde samedi contre une évacuation massive de la population de Gaza-ville, à l’heure où Israël durcit le siège de l’agglomération en vue d’une offensive annoncée comme majeure contre le Hamas palestinien. «Il est impossible que l’évacuation massive de la ville de Gaza puisse être menée à bien de manière sûre et digne dans les conditions actuelles», a déclaré la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric.
Un tel projet est «non seulement irréalisable, mais aussi incompréhensible» si Israël entend respecter les principes du droit international humanitaire, a-t-elle estimé. Des milliers d’habitants ont déjà fui la ville, située dans le nord du territoire, où vivent près d’un million de personnes selon les estimations de l’ONU.
Après bientôt 23 mois d’une guerre ayant dévasté la bande de Gaza, l’évacuation de Gaza-ville «entraînerait un déplacement massif de population qu’aucune zone de la bande de Gaza ne serait en mesure d’absorber», a averti Mirjana Spoljaric.
«Zone de combat»
Malgré des pressions croissantes, tant à l’étranger qu’en Israël, pour mettre fin à la guerre, le gouvernement du premier ministre Benyamin Netanyahou affirme vouloir poursuivre l’offensive dans la bande de Gaza et l’ordre a été donné à l’armée de préparer un assaut généralisé sur Gaza-ville.
Pour Benyamin Netanyahou et ses alliés d’extrême droite, il s’agit d’en finir avec le Hamas, le mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre le 7 octobre 2023, et de ramener tous les otages enlevés ce jour-là. Lire la suite »